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Didi..........la vie d'artiste (1)

10 Juillet 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #Didi

  Par le cinéma et son travail sur les décors Didi est passé progressivement  d'ouvrier serrurier tôlier à technicien spécialiste des effets spéciaux puis artiste. Dès son jeune âge il eut le goût de l'œuvre artistique.... mais ce ne fut le plus souvent que des épures ou au mieux des œuvres inachevées. Le rythme de travail dans le cinéma, fait de déplacements et d'attentes, lui a donné l'occasion d'aller jusqu'au bout... de ses rêves...en réalisant de magnifiques tableaux. 
 
C'est à partir de 1966 ou 1967 que le bouche à oreille dans le milieu cinématographique a permis la reconnaissance de son talent d'artiste. 

  C'est sans doute par le Film de Tati « Play time » que tout a commencé. D'abord il dut faire, pour les décors du film, un tableau  « Les joueurs de Jazz », et puis ce tournage se traînant en longueur (plus de 3 ans), Didi occupa les temps morts (et ruineux pour Tati) en faisant ce magnifique chef-d'œuvre qui servit de modèle à l'affiche du film.
Ce film  fut l'un des plus retentissants échecs du cinéma français, mais l'affiche postérisée est classée parmi les 300 affiches les plus célèbres ;  une  affiche mythique sur la base d'une oeuvre  originale d'un travailleur. 
 J'ai déjà raconté cet épisode dans le billet « Ciné-cure ...les vacances de M. Hulot ». J'ai rappelé que la production a acheté ce tableau pour 500 F (lettre du 30 juin 1967).

  
  Le véritable coup de pouce, Didi le doit à Roger Vadim et ça s'est passé sensiblement à la même époque, sans doute fin 1967, car le film est sorti à l'occasion de ce qui aurait du être le festival de Cannes en mai 68. Ce film « Histoires extraordinaires » était un film à sketchs, tiré de trois nouvelles d'Edgar Poe. Roger Vadim réalisa « Metzengerstein » et les deux autres sketchs furent tournés par Louis Malle et Federico Fellini.
 La scène s'est déroulée dans un restaurant à Roscoff, où le film fut tourné. Un assistant signala à Vadim que Didi, qui était présent,  avait fait un superbe tableau « La fête foraine » : celui-ci voulut voir ce tableau et comme Didi l'avait dans son camion il alla le chercher et le présenta. Vadim s'émerveilla devant l'oeuvre et grand seigneur des nuits de Saint Tropez l'acheta pour 2500 F.... peut être pour faire cadeau à Jane Fonda son épouse du moment et actrice principale du film.

  Une aventure similaire se répéta lors du tournage en 1968 de la « Puce à l'oreille », d'après la pièce de Faydeau, sous la direction de  Jacques Charon.
 Didi avait fait à l'époque un tableau, peut-être d'inspiration bretonne roscovite puisque « La Marine » représente l'entrée d'un voilier dans un port.
Je ne connais pas, pour ce cas, le montant de la transaction, par contre j'ai une photo sympathique où l'on voit mon oncle avec, à ses côtés, Jacques Charon lors d'une présentation (ou la remise) du tableau
 .

 Didi avait déjà su se faire une petite pub notamment par quelques articles dans des journaux régionaux. J'ai ainsi retrouvé une coupure d'un journal du Var, probablement l'édition varoise du Provençal, qui trace le portrait d'un  « spécialiste des effets spéciaux qui  lance  la sculpture imaginée ». C'était en 1966 et Didi était alors en vacances à Bagnol en Forêt.
« Il serait vain de définir ce qui n'est encore que l'ébauche d'une forme originale de l'art, issue de l'inspiration tardive d'un technicien serrurier, habitué à travailler aux montages métalliques des décors et effets spéciaux particuliers au domaine du cinéma.
Si le lecteur arrive à imaginer une sorte de concrétisation matérielle d'un tableau de Buffet, il possèdera une représentation approximative d'une "sculpture imaginée" , dont les caractéristiques, dans la composition du tableau faite essentiellement de lignes verticales et horizontales, rappellent le grand peintre contemporain.
Son créateur André Baudin, ne cache pas la satisfaction et le plaisir qu'il éprouve, à la réalisation, de ce qui n'était qu'un violon d'Ingres, à l'époque où il collaborait au dernier film de Jacques Tati " Play Time" . Le metteur en scène devait d'ailleurs l'encourager à poursuivre dans cette voie qui s'éloignait des sentiers battus de la sculpture Pop'art, assemblage baroque de ferrailles et autres matériaux de casse........partie illisible...... le travail de l'artiste devant un chevalet orientable supporte l'oeuvre composée après esquisse générale à l'aide de baguettes de soudure et d'éléments de tôles assemblés au chalumeau.  
Le résultat est édifiant et de ses principales oeuvres, un "Christ" offert à l'église de Bagnolet, un tableau commémoratif offert au musée de la Résistance de l'Yonne, "La Corrida" sculpture dans le mouvement , "La Misère" d'inspiration abstraite qui rappelle une toile d'araignée, l'auteur ne conserve qu'un souvenir ému......
suite illisible avec cependant un projet d'exposition à St Tropez l'été suivant... »

  Didi a continué à travailler pour le cinéma jusqu'en 1988 et à faire, en parallèle et pour le plaisir, des tableaux..... son style évoluant au fil du temps comme en témoignent les deux tableaux suivant " La Bataille d'Eylau " et "Paysage de montagne" mais toujours selon la technique d'assemblage de tôles et fils métalliques soudés......  


    
Une activité artistique  que Didi poursuivit et qui s'amplifia dès qu'il fut à la retraite.

(À suivre
)

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