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Souvenirs en vrac.... Quand la plaine fumante tremble sous juillet

31 Juillet 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #Souvenirs en vrac

  J'ai un peu de mal à trier dans les souvenirs de juillet... trop nombreux et parfois dérangeants. Juillet le mois des départs, de séparations qui s'accompagnent certes souvent de recommencements avec les incertitudes, de l'inquiétude, mais aussi quelques départs définitifs, des pertes, des regrets...
 
 
 Parmi mes souvenirs les plus lointains j'ai en mémoire des vacances à Fouras en 1950, mais ce souvenir est parfaitement daté c'était en août car je n'avais pas 4 ans pour le voyage SNCF aller mais plus pour le retour. J'ai un autre souvenir sensiblement aussi lointain et toujours en été. C'est un voyage dans le nord chez Guillaume le frère aîné de ma mère... ce devait être, d'après une photo retrouvée, en 1951, juillet ou août je ne sais plus. Guillaume était mineur et sa famille vivait dans un coron. J'ai des images très nettes qui me reviennent... il me faudra en parler à ma cousine Evelyne.

 


  Après l'âge de 6 ans, juillet fut le mois en colonie... il fallait débarrasser le plancher, c'est du moins comme ça que je le ressentais... Pendant mes plus jeunes années, les années Kodak, c'était à la ferme chez des paysans du Jura à la Chapelle sur Furieuse : On se tapait deux mois d'affilé. J'ai ainsi fait connaissance avec les moissons, le bétail, l'étable et la traite, les voyages en charrette.... Que du bonheur enfin presque... peut-être une des raisons pour laquelle je ne suis pas fan de la vie campagnarde. Pendant 3 années consécutives j'avais été pris en charge par la famille Poupon. L'année de mes 8 ans mon frère Serge qui avait 5 ans était lui aussi du séjour : il est revenu un bras dans le plâtre. 
 
  Plus tard lors des années Péchiney, et là j'arrivais sur les 12 ans, ce fut l'île de Ré en juillet, en attendant août le mois où l'on partait en camping à Andernos avec des parents qui, avec l'arrivée de De Gaulle au pouvoir, accédaient au rang de classe moyenne. Une seule année j'ai échappé à la colo purgatoire ça devait être en 1959, un toubib m'avait trouvé de santé fragile (?) et il avait fait peur à ma mère sur les risques d'exposition au soleil : pas d'île de Ré, mais du vélo dans les environs de Tarascon sur Ariège, du vélo et avec d'autres mômes, l'écoute à la radio des reportages du tour de France. J'ai encore dans la tête des noms que nous récitions, rabâchions en ce temps là : Bahamontes, Gaul, Gimondi, Anquetil, Anglade, Rivière, Bobet... A l'époque le tour se courait par équipes nationales et régionales ; chacun avait un coureur préféré, français de préférence, encore que dans l'Ariège Bahamontes avait des supporters. Comme mes copains se disputaient Rivière, Anglade, Bobet et Anquetil (Les pokémons de l'époque), pour moi qui n'y connaissais rien, on m'avait refilé Darrigade un  sprinter explosif mais bien piètre grimpeur.
 Le Comité d'entreprise de Péchiney avait organisé un suivi d'étape et nous étions allés en car au Col de Peyresourde. A 13 ans j'ai été abasourdi par l'ambiance de folie en haut du col et puis tout était allé tellement vite.... je n'ai même pas vu le maillot vert de mon champion..... Au retour le chauffeur mit la radio et nous écoutâmes la retransmission de l'arrivée dans le car.... et ce fut mon heure de gloire car à Albi c'est mon champion qui a gagné l'étape, une étape de montagne.
 Pour être franc, c'est sans doute la seule année que cette épreuve sportive populaire mais inhumaine de souffrances et d'excès m'a vraiment intéressé.  

  C'est en juillet 1962 que nous avons quitté l'Ariège, 3 mois après le décès de papa, pour nous installer à Montpellier. Deux ans plus tard, et encore en juillet, nous quittions Montpellier pour retourner en région parisienne, à Villiers, où ma mère allait enfin trouver du travail. J'ai aimé ces deux années languedociennes : 16 et 17 ans c'est le bel âge et puis il y avait Mauricette la plus jeune sœur de ma mère et Raymond notre oncle qui était souvent plus gamin que mon frère et moi, mais qu'est ce qu'ils nous ont gâtés... et puis l'Hérault le département de Jef, c'est chouette... surtout quand il n'y a pas de Mistral.
 Je me souviens que le jour de juillet 1964 où le déménagement est arrivé à Villiers, je devais, avec l'aide de mon oncle Didi, réceptionner les meubles car ma mère avait du se rendre aux obsèques de son frère Guillaume....

 Juillet 1966 une expérience de moniteur de colonie de vacances à l'initiative de ma tante Mauricette. C'était une colo catho à Villefranche de Pana dans l'Aveyron. Malgré la beauté du site je n'étais décidément pas fait pour ça; ni comme jeune colon ni comme moniteur.... Et puis cette année là ma pensée était plutôt du côté de Champigny. 
 
  En 1969 j'étais en Guyane depuis mi-juin et je préparais une mission de reconnaissance géotechnique en forêt. Mes premiers pas de crapahutage en forêt amazonienne eurent lieu mi-juillet... Epoustouflant, grandiose, écrasant : Une marche insignifiante pour l'humanité mais un grand pas pour moi jeune homme de presque 23 ans.... Le même jour, où le lendemain peu importe, au dessus ma tête sur un sol lunaire désertique un certain Neil Armstrong disait exactement le contraire.

  Pendant les années africaines, juillet était souvent synonyme de séparation. Pilou et les enfant rentraient en France retrouver les grands-parents généralement dès la mi juin. Ce fut systématique pendant notre séjour au Cameroun : moi je rentrais fin juillet début août.... Le pire étant la dernière année, les fins de chantiers ou de missions.... surtout quand on passe un mois inutile sans pouvoir marcher pour cause d'accident de football (juillet 76 au Zaïre). Pendant la période Maroc Il y eut un mois de juillet 1977 où, ne prenant pas de vacances, je suis resté seul (hormis un rapide aller retour en avion pour assister au mariage de Malou). En juillet 1978 nous sommes rentrés en voiture en passant par l'Andalousie écrasée de chaleur. En juillet 1979 le dernier retour du Maroc s'est fait par bateau, le Tanger Sète.

  Le 5 juillet 1980, mon grand père maternel Ernest Bauchaud, l'ancien poilu (poil au cul) poète à ses heures, est décédé. Il était né le 15 janvier 1893 à Marillac en Charente. Il a vécu longtemps avec nous après la mort de papa pour aider maman à tenir en main des grands gaillards adolescents. Il fut mon témoin de mariage pour pallier le forfait, pour cause d'examens, de Jef. Fin cuisinier pâtissier, il me faisait, entre autres, des « Saint-Honoré » de rêve.
  Il avait passé ses dernières années dans un hospice, touché par ce que l'on n'appelait pas encore la maladie d'Alzheimer. Le jour de ses obsèques il faisait en début juillet un froid de canard (poil au dard). Adieu Néness je t'aimais bien, tu sais. 

  Juillet 1989, j'emmenai maman chez un cousin à mon père. André Hurey et sa femme Raymonde, qui avaient pris leur retraite en Gironde limite Dordogne près de leurs enfants. C'était curieux de constater que ces cousins originaires de L'Isle sur Serein dans l'Yonne en Bourgogne, finissaient leurs jours à St Serin sur L'Isle dans le Bordelais. Un regret : je n'ai pas vu ce jour là, leurs filles, de lointaines cousines....
 Une opération similaire en juillet 1997 en Charente, j'accompagnai maman à Chasseneuil, chez la tante Fernande, une sœur d'Ernest.
 Voilà des membres de la famille, comme Guillaume et la famille Combes, mes cousines, ou la famille Bauchaud, ou encore du côté de mon père les Hurey, dont on parlait souvent, mais que j'ai finalement peu vu, si peu connu au cours de cette vie de patachon, de voyages, depuis l'enfance.

  Du 10 au 12 juillet 1992 je participai à mon premier congrès national du PS. J'avais été désigné comme délégué lors du congrès fédéral 79, sans avoir posé ma candidature. Comme ça se tenait à Bordeaux et que je passais déjà professionnellement 1 ou 2 jours chaque semaine à Bordeaux ça ne me posait guère de problème.
 Ce fut mon premier congrès et ensuite j'ai fait tous les autres, soit comme délégué soit comme membre de droit. Le Bourget (octobre 93) Liévin (novembre 94), Brest  (novembre 97), Grenoble (novembre 2000) Dijon (mai 2003), Le Mans (novembre 2005). J'ai même fait toutes les conventions de 1992 à 2005 mais je ne ferai pas le prochain congrès celui de Reims ..... Je le regrette pour Adeline Hazan, nouveau maire de Reims, une bonne camarade, une amie que j'apprécie beaucoup depuis Liévin qu'on se connaît.... mais j'ai décidé de passer la main, d'en finir avec cette comédie politique..... (Ségolène ou Bertrand ? Rien à foutre aucun des deux n'est à la hauteur ....)

  Juillet 1998 : La France championne du monde de football.... Tout ce tintamarre malgré le côté sympathique blancs, blacks, beurs de l'équipe je n'arrivais pas à partager l'enthousiasme chauvin.

  24 juillet 1999, notre fils Eric se mariait, épousait Olivia. Il nous avait dit quelques semaines plus tôt qu'ils envisageaient de se marier très simplement : une formalité administrative. Nous ne pensions pas que ça serait aussi promptement : en début de semaine il nous téléphonait pour nous demander si on était libre le samedi. Bien sûr qu'on était libre et même si on ne l'avait pas été on se serait libéré. Voilà une affaire qui fut rondement menée, qui ne nous a pas provoqués de stress, ni entraîné trop de dépenses. Eric nous a même offert une superbe soirée cabaret à Paris, nous n'étions qu'une quinzaine dont, bien sûr, les parents d'Olivia, tous prévenus de façon parfaitement équitable 5 à 6 jours avant.

  Alors que j'étais en rupture d'envie politique après le choc de mai 2002, et que je ne restais membre du P.S qu'en service minimum et par amitié pour Geneviève et Vincent, j'appris en juillet 2002 que quelque chose était en train de se mettre en place, quelque chose qui allait être NPS. Tout l'été les choses, les tractations avançaient et puis se défaisaient ; il fallut attendre l'université d'été de La Rochelle puis une tribune dans Libération en septembre signée par Peillon, Dray et Montebourg pour qu'une nouvelle aventure politique débute. J'y ai cru, j'y ai vraiment cru au big bang au PS et je me relançais dans activisme politique et par conséquence je repiquais au leadership local comme mandataire départemental.

  On n'a pas su, pu rafler la mise au congrès de  Dijon car, in fine, Dray a changé de camp.... mais peu importe, nous portions l'avenir de la gauche, j'y croyais encore ....car Peillon, Montebourg et les autres étaient tellement talentueux. C'est ce que nous expliquions ce samedi 5 juillet 2003 à nos amis Magali et Pierre, lors d'une belle soirée chez Annick et François.
 Nous étions tous NPS sauf Magali et Pierre qui avaient choisi de rester avec la majorité hollandaise. On en rigolait, Magali aussi  « Ah vous faites une belle bande de rénovateurs vous qui approchez de l'âge de la retraite » nous disait-elle « Je vous imagine dans 20 ans tous en maison de retraite tendance NPS, moi qui suis de loin la plus jeune je viendrai vous voir.... Vous finirez peut être par me convertir à la pensée rénovatrice, je serai presque mûre en arrivant à la soixantaine... ». Charmante, gentille Magali qui avait de gros problèmes avec son employeur. Douze jours plus tard Magali était victime d'un très grave accident cardiaque dans le bureau de l'inspecteur du travail où elle venait, accompagnée d'un médecin, dénoncer les conditions de travail dans son entreprise. Le 28 juillet Magali, le plus jeune, la plus joviale, de cette soirée « déconnante », ce jour là de fin juillet Magali décédait. Que les bisbilles internes du PS étaient loin et puériles !
 Bien sûr il y eut encore de belles soirées NPS notamment à Fouras fin août et j'en reparlerai. Tant de talents réunis mais pour quoi faire ? Pour se disperser, se jalouser, se disputer. Problèmes d'ego.

  Juillet 2005 : Je sais depuis 6 mois que Maman est touchée par la maladie d'Alzheimer. Tout au long du 1er semestre j'ai fait au moins 2 voyages par mois pour gérer la situation. J'ai réussi à la convaincre de venir s'installer dans une maison de retraite près de chez nous. André a fait le choix de l'accompagner.

  Vendredi 8 Juillet 2005 : ça tangue pas mal à NPS. Le congrès du Mans approchait ; c'était la phase des contributions. Ce soir là, au sous-sol de l'Assemblée, tous les mandataires sont rassemblés pour trancher un problème, non pas sur le contenu du texte, mais pour savoir qui sera le 1er signataire : Vincent ou Arnaud ? Une soirée lourde de rancœurs. Quelque chose sera cassé ce soir là .... Arnaud ne prit pas le risque d'un vote laissant la 1ère place à Vincent..... mais le lendemain matin tout était déjà déballé dans Libération. Bien sûr il y aura un semblant de rabibochage pendant l'été et ça tiendra jusqu'en novembre ... mais tout cela ne fut plus qu'hypocrisie. J'en veux terriblement à Arnaud et surtout à ses lieutenants. C'était chouette NPS, une belle utopie.

  Dimanche 2 Juillet 2006 : Réunion au Sénat, salle François Mitterrand ; tous les proches de Peillon ont été réunis pour essayer de tirer le bilan de la défaite de Ségolène Royal. Trop tôt, Vincent n'a pas l'air bien dans ses baskets : il a besoin de vacances. Il semble déçu par la prestation finale de celle dont il fut le porte parole pendant la campagne.... Mais à ses côtés il y a David qui veille et le ramène dans la ligne royale. Une plaisanterie qui circulait au PS pendant la campagne des présidentielles : Qui c'est la dame brune qu'on voit toujours à la télé légèrement devant David Assouline ?

  Juillet 2008 : En début de mois un séjour de 5 jours dans l'Aveyron, autour de Villefranche de Rouergue, pour cause de mariage de Fabienne. Au cours de ce séjour nous en avons, aussi, profité pour revoir nos très chers amis Françoise et Christian : de la joie, de l'émotion qui nécessitent incontestablement un billet détaillé à venir. Quelle belle région ! 
 
 Encore un départ : Ce cher Louis Charly, l'entraîneur paternaliste de notre équipe de rugby des années 60 est mort le 12 juillet ; il aurait eu 82 ans fin décembre. Un sacré bonhomme. Notre association eut l'excellente idée (merci Alain et Richard) d'organiser un week-end à Vannes début mai pour les voir lui et Chris son fils. Je sais qu'il en fut très heureux et qu'il en parlait encore les derniers jours. Je ferai un jour prochain un billet sur ce grand Monsieur : Adieu Louis, adieu l'ami. 
 
 J'ai parlé dans un billet récent, de la semaine passée avec les petits enfants dans le Puy de Dôme. J'ai oublié de parler de Gérard Verchère..... Un chanteur retraité qui venait faire un petit récital pour un copain à lui qui tient le resto du camping.
 Un récital en plein air par un temps plus que frisquet. Le chanteur a interprété une quinzaine de chansons en deux parties. Au début il y avait une trentaine de spectateurs, à la fin nous n'étions plus qu'une dizaine. Il eut du mal à se chauffer lui qui a une belle voix de basse dérapait quelque peu sur les aigus. Il fut un peu pathétique avec le répertoire de Jean Ferrat, « La Montagne, Potemkine » et surtout  « Que c'est beau la vie ». C'était mieux avec « l'Auvergnat » et « les Corons ». Lors de la pause il a du prendre un café ou un grog car au retour il avait retrouvé sa voix mais perdu des spectateurs.
 Dommage car cette seconde partie était vraiment bien avec un excellent « Plat Pays » ; quand la plaine est fumante et tremble sous juillet, ce n'était vraiment pas le cas ce soir là, et puis il interpréta des chansons dont il est l'auteur avec un magnifique hommage à Jacky « d'Amsterdam à Varsovie » et un hymne à la nature « Un arbre » puis un autre à l'abbé Pierre.
 Cette seconde partie du spectacle qui m'a incité à acheter son CD que j'écoute vraiment avec plaisir.... Et qui mérite bien un petit coup de chapeau avec ce billet.

 (A suivre)

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