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Ciné-cure.....Great balls of fire & Walk the line

19 Août 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

 Depuis quelques années le cinéma  américain produit des films qui retraçent la vie et la carrière de grandes vedettes, parfois d'éphémères idoles. Je cite en titre de ce billet « Walk the line »  et « Great balls of fire » mais j'aurai pu retenir « La déchéance » un film de Martha Coolidge sortit en 1999 qui raconte l'histoire de Dorothy Dandridge chanteuse et actrice qui devint la  première femme  de couleur a être nominée aux oscars pour « Carmen Jones ». La magnifique Halle Berry obtint le Golden Globe de meilleure actrice pour ce grand rôle de femme talentueuse, fragile et déchirée.
 Il y eut plus récemment en 2005 « Ray » de Taylor Hackford avec Jamie Foxx qui obtint l'oscar du meilleur acteur pour le rôle du Ray Charles. Rappelons la critique de Studio « Grâce au génie de Jaimie Foxx, on a l'impression d'assister en spectateurs privilégiés à la création en direct de « I got a woman » « What'd I say » «  ou « Georgia on my Mind » grands classiques du Génius ».
 Et comment ne pas citer «Tina » le film de Brian Gibson de 1993 avec Angela Bassett et Laurence Fishburne, ou comment la jeune chanteuse Anna Bullock, originaire de Nubush Tennessee, après avoir épousé et reçu beaucoup de coups du musicien talentueux et odieux Ike Turner, devint Tina Turner.
 Il y avait eu, aussi, en 1987 « La Bamba » de Luis Valdes  qui retraçait la très courte carrière de Richie Valens, avec Lou Diamond Phillips, et bien avant en 1972, « Lady sings the blues »  avec Diana Ross dans le rôle de Billie Holiiday.  En 1988, Clint Eastwood, fou de jazz, rendait hommage à Charly Parker avec « Bird », film où Forest Whitaker fut récompensé à Cannes pour son interprétation de cet oiseau de génie. On pourrait encore citer « The Doors » d'Oliver Stone en 1991 ......et pourquoi ne pas aller jusqu'au plus rock'n'roll des musiciens, mais d'un autre temps, avec « Amadeus »  de Milos Forman ? 

  Et pourtant si ces films, ces biopics, furent tous, pour le moins, intéressants et pour certains magnifiques, les deux qui m'ont le plus intéressé sont « Walk the line »  et « Great balls of fire »  et pas seulement à cause du talent de Johnny Cash et de Jerry Lee Lewis qui ont sans doute plus entraîné mes vingt ans que Ray Charles ou Tina (et je ne parle pas de Dorothy Dandridge ou d'autres que je n'ai vraiment découverts qu'avec ces films), mais surtout à cause du lieu magique où tout a commencé,  le Tennessee et plus précisément  la ville mythique, Memphis, melting-pot de tous les genres musicaux « made in U.S ». Le blues, le jazz, le country, le rock & roll, le rythme & blues, la soul, le folk...  et pas uniquement des musiciens : ainsi l'écrivain Tennessee Williams (en réalité Thomas Williams) a choisi ce pseudo en hommage à ses grands-parents qui vivaient à Memphis où il a passé son enfance.

 Memphis se trouve en amont du delta du fleuve Mississipi, à la jonction entre deux régions très différentes : au sud les terres pauvres des bayous marécageux de Louisiane, à l'ouest des riches plaines et encore plus au nord les villes industrielles.... le fleuve et les steamboats ont véhiculé tous les types de musiques : Le Blues né à Memphis dans les années 1920 s'échappa en partie vers Chicago et Détroit, emporté par des musiciens comme Muddy Waters et John Lee Hooker, alors que d'autres, à l'instar de B.B. King à Beale street, résistaient à la vague rock & roll. Le rock et le country qui à leur tour échappèrent à Memphis pour se ressourcer à Nashville quand le rythme & blues s'imposa à Memphis.

 Les studios Sun records fondés en 1950 par Sam Phillips s'appuyèrent d'abord sur les bluesmen, notamment B.B. King, puis sur le rock black avec Ike Turner avant de toucher le jackpot avec le rock blanc. En 1954,  Elvis Presley enregistrait son premier disque et puis Sam Phillips sut reconnaître le talent de Carl Perkins, Roy Orbison, Johnny Cash et Jerry Lee Lewis.

 C'est cette période qui fait la première partie des deux films, biopics, référencés.
 « Great balls of fire » fut tourné en 1989 par Jim Mac Bride avec Dennis Quaid dans le rôle de Jerry Lee et Winona Ryder dans celui de sa très jeune épouse et néanmoins nièce Myra.
 Mac Bride avait déjà tourné en 1983 un remake de « A bout de souffle » avec Richard Gere où la musique de Jerry Lee Lewis est omniprésente.
« Great balls of fire » montre un Jerry Lee qui arrive à Memphis avec le désir de faire tomber Elvis de son piédestal grâce à l'inégalable talent que Dieu lui avait  donné. Tout est conflictuel, surtout avec l'interprétation de Dennis Quaid, que ce soit vis-à-vis d'Elvis que de Chuck Berry (l'auteur de « Memphis Tennessee »). A revoir la scène du concert où Jerry Lee qui était obligé de passer en première partie de Chuck met le feu à son piano après avoir interprété Great balls of fire.
 Mais c'est son mariage avec sa nièce Myra âgée de 13 ans qui ruina sa carrière et c'est au cours de la tournée en Angleterre qui suivit que le scandale éclata. Le roi du boogie-woogie, tueur de pianos, tombait de haut.
 
 « Walk the line»
raconte la vie Johnny Cash. Ce film fut tourné en 2005 par James Mangold, avec Joaquim Phoenix  et Reese Witherspoon qui sera oscar de la meilleure actrice 2006 pour son interprétation de la chanteuse June Carter. La critique de Studio mérite d'être rappelée : « Ce biopic à la forme classique (ascension-chute-rédemption) vaut surtout par l'angle que le réalisateur a choisi de traiter son sujet : la liaison complexe du rocker avec la chanteuse June Carter, issue d'une famille très religieuse et mise au pilori dans les Etats-Unis puritains des années 50-60 parce que mère célibataire. Dominé par l'interprétation habitée, chantante et flamboyante de Joaquim Phoenix et Reese Witherspoon, le film réussit à brosser finement le portrait d'une certaine Amérique... ».
 Précisons aussi que le choix des acteurs fut fait avec l'accord de Cash et Carter, et que contrairement à Great Balls of fire les chansons ne sont pas interprétées par le chanteur dont on raconte la vie mais par les acteurs et que ce sont de magnifiques interprétations, avec notamment un extraordinaire  duo «Jackson » qui me semble meilleur que l'original.
  June Cater est décédée avant la sortie du film et Johnny Cash suivit sa compagne quelques mois plus tard.

 Dans « Walk the Line » il n'y a pas l'esprit de concurrence exacerbée entre les divers chanteurs comme dans « Great balls of fire » : Johnny Cash, Elvis, Jerry Lee et Carl Perkins ont même l'air tous très potes......En réalité ces mômes de 20 ans étaient sans doute amis et rivaux. Il y eut quand même l'enregistrement par Sam Phillips d'une improvisation exceptionnelle en studio en décembre 1956 de The Million Dollars Quartet. Le quartet  de rêve : Presley, Lewis, Cash et Perkins.... (Je n'ai pas cet enregistrement.....et je ne l'ai jamais entendu....)

  En 1969 Sam Phillips vendit Sun records. Entre temps une nouvelle vague avait déferlé sur Memphis, la vague soul. Jim et Estelle Steward qui découvraient le rythme and blues avaient fondé le studio Stax records en s'appuyant au début des années 60 sur le duo Rufus et Carla Thomas, mais c'est l'arrivée d'Otis Redding à Memphis qui révolutionna le genre musical. Dans la foulée d'Otis, Sam & Dave, Isaac Hayes et d'autres firent les grandes heures de gloire du label Stax records. Aretha Franklin revint à Memphis la ville de son enfance pour enregistrer et relancer sa carrière en reprenant « Respect » d'Otis Redding. Wilson Picket vint aussi à Memphis chercher le son soul.  En 1967 la mort d'Otis Redding dans un accident d'avion marqua le début du déclin  de Memphis... en faveur de Nashville la capitale, ville voisine et rivale vers laquelle les rockers et chanteurs de country s'étaient déjà répliés.

   L'assassinat de Martin Luther King le 4 avril 1968 au Lorraine Motel de Memphis,  semble avoir sonné le glas de la révolution musicale de la ville.... il ne restait plus que le mythe qui s'amplifia à la mort d' Elvis le 16 août 1977 et les processions à Graceland.

   Politiquement le Tennessee est un état qui vote plutôt démocrate ce qui n'est pas dans ce sud  américain conservateur, chrétien et populaire synonyme de vote à gauche. Le Tennessee est blanc à 80 % même si les villes comme Memphis et Nashville sont majoritairement blacks. Al Gore qui fut pourtant sénateur du Tennessee y fut battu par Bush lors des élections présidentielles en 2000 comme le fut encore plus nettement John Kerry en 2004. Le dernier candidat démocrate à l'avoir emporté en Tennessee pour les présidentielles est Bill Clinton en 1996.
 Lors  des primaires démocrates de février 2008 Hilary Clinton battit nettement Barak Obama. Ses électeurs démocrates conservateurs se reporteront-ils sur Obama lors du scrutin de novembre prochain ou préféreront-ils le conservateur républicain John Mac Cain? Il est à craindre que l'élection présidentielle se joue encore en grande partie dans cette région du Mississipi, et notamment dans cet état où fut assassiné Martin Luther King.

 40 ans plus tard Barak Obama peut-il bousculer l'Histoire ?  Je l'espère.... 

  
 (À suivre)

 

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