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Souvenirs en vrac...... La fin d'août paresse

31 Août 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #Souvenirs en vrac


La fin d'août paresse, et les arbres font
de lentes caresses aux plafonds profonds.
Mémoires qui meurt, photos effacées,
rumeur ô rumeur des choses passées,
odeurs des myrtils dans les paniers.
Que demeure-t-il de nous au grenier ?

Extrait d'un poème de Louis Aragon mis en musique et chanté par Jean Ferrat.

 La fin d'août paresse ... et la mémoire qui meurt..... À qui le dit-il.... mais je vais quand même essayer..... sans me presser.... le citron.
 En fait ce n'est qu'une remise en ordre de la mémoire tant le mois d'août est riche de souvenirs.
 Souvenirs de vacances d'enfance (Fouras, Andernos), de jeunesse (Palavas les flots), souvenirs de famille (Chaudes-Aigues, La Rochefoucauld).... la tâche est immense pour une fin août paresseuse, les photos enfouies et mon grenier encombré.  J'aurai bien l'occasion d'y revenir en évoquant des voyages pèlerinages plus récents.

 Août c'est d'abord chez nous le mois des anniversaires :
 D'abord le mien, histoire de chiffres : avoir 42 ans le 08/08/1988 puis 62 ans le 08/08/2008 il y aurait de quoi être superstitieux.
 Ensuite celui du regretté oncle Rafaël né, lui aussi, un 8 août, et dont on fêta les 80 ans chez Paqui en 1991 et qui nous quitta onze ans plus tard. Anniversaire aussi en août de Paqui la soeur de Pilou.
 Comment oublier l'anniversaire de Cécile née un 15 août en 1972 ? Astucieuses les filles de la famille, un jour férié ça ne peut pas s'oublier ; Pilou avait montré l'exemple en choisissant le 11 novembre.
 Et puisque que je parle de Cécile ma fille je me rappelle d'un magnifique concert de Claude Nougaro au théâtre antique d'Arles; c'était en août 1976.
 Oui je sais c'est un peu confus.... paresse de fin août...

 De fil en aiguille, association d'idées, Nougaro chanteur, armistice, chanteur antimilitariste, un autre souvenir me revient : C'était fin août 1963, nous circulions dans la région de Sommières dans le Gard : Raymond était au volant et ma tante Mauricette à ses côtés, mon frère et moi derrière. Nous doublions une grosse Chrysler (ou Buick ou Cadillac ?) immatriculée à Monaco mais plutôt « cradingue » qui roulait au pas, conduite par un type louche, hirsute... Raymond croyant dépasser un « romanichel » se moqua en lançant  « Les amerloques ce n'est plus ce que c'était. »
 Quelques kilomètres plus loin la route était coupée par des inondations suite aux pluies diluviennes des jours précédents. Raymond plein d'assurance et voulant faire le malin devant ses jeunes neveux entreprit de passer malgré tout ... bientôt nous avions de l'eau au bas des portières, affolement de Raymond qui cala.... et panique à bord... heureusement le « métèque » avait suivi... et après avoir un peu hésité... faisant mine de passer sur le côté et se faisant alors copieusement engueuler par ma tante......il nous poussa et il nous sortit de ce mauvais pas, en escagassant quelque peu l'arrière de la voiture mais qu'importe... Boudu ! Nous étions sauvés des flots par un « clodo »... Arrivés en terre ferme nous nous sommes arrêtés pour remercier notre sauveur.... et là, plus de « romano », plus de « métèque » plus de « clodo », plus d'engueulade, ma tante avait reconnu Léo Ferré (moi à cette époque j'étais plutôt Chaussettes noires, alors Léo le poète....). Comme elle devenait très élogieuse pour ne pas dire dithyrambique, j'ai pensé que c'était une sorte d'idole des vieux, genre Mariano ou Tino Rossi. Nous avons même pris le temps de nous arrêter dans une auberge proche pour offrir un pot de remerciement à l'idole de Mauricette....
 Quand nous nous sommes séparés je m'informai sur l'exceptionnelle notoriété de ce chanteur dont le nom m'était que très, très, vaguement connu, et là le masque de ma tante tomba  « Penses-tu, il est nul c'est une sorte d'anarchiste qui ne fera jamais rien de bien.. » et pourtant ...avec le temps... c'est extra...
 J'ai commencé ce jour là, à m'intéresser à Léo, peut-être même avant Brassens, Brel, et Ferrat... ... et je suis bien content d'avoir un jour croisé sa route.... enfin façon de parler....

 Puisque nous étions dans le Gard avec Léo.... je reste sur ce terrain... nous fûmes terre d'accueil estivale tant que nous avions un pied-à-terre sur Arles puis près de Nîmes .... La famille de Pilou et la mienne venaient quelques jours chaque été ; même les niçois casaniers Serge, Odile et les enfants faisaient une halte avant de rejoindre une réserve ardéchoise ; sans oublier quelques cousins ou amis oiseaux de passage....
 Depuis que nous somme à Niort....presque plus personne ne s'invite, serions nous moins accueillants ?...c'est pourtant beau le Poitou-Charentes et garanti sans mistral. Du coup, maintenant c'est nous qui faisons en août la tournée des copains et de la famille, un peu comme le tour de France une année dans un sens une année dans l'autre : Villefranche-de-Rouergue, Aurillac, Toulouse et ses environs, Frontignan, Alès, St Clar, quelques fois Perpignan, Agen, Cestas et cette année de très agréables retrouvailles à Martigues... et puis depuis une dizaine d'années la Vendée voisine, Jard puis les Sables.
 En 1997 nous sommes allés jusqu'au bout de la France à Nice, même qu'Odile à l'occasion d'une promenade impromptue m'a conduit sur la tombe de la famille Médecin : à défaut de recueillement ce fut un grand moment de solitude accompagnée. J'attends qu'elle vienne me voir un jour en Poitou-Charentes pour aller à Jarnac... sur la tombe de Mitterrand....

  Enfin tous les deux ans nous faisons une incursion en Espagne, le plus souvent à Barcelone, mais il y eut aussi Santander, Peniscola....
 En août 1978 nous avons fait le retour du Maroc, en voiture, avec de nombreuses haltes ou pauses pour l'aller, Grenade étouffante de chaleur, bien plus que du Maroc dont on arrivait, puis Alicante et enfin quelques jours à Barcelone où l'on retrouvait la famille. Le bonheur de ces républicains espagnols qui retrouvaient la démocratie était beau à voir. Même le roi Juan Carlos leur convenait.
 Je revois encore José le vieux compagnon de Santiago Carrillo me dire « Nous sommes en train de mettre en place la meilleure constitution d'Europe ». Elle fut ratifiée par référendum le 6 décembre 1978.  

 Je parlerai bien aussi d'une soirée sympa mais un peu surréaliste à Toulouse en 2000 avec l'oncle et la tante espagnols du Canada, mais je l'évoquerai dans un billet « No pasaran ».
 Idem pour tout ce qui concerne la politique : Les universités d'été du PS de la Rochelle et celles à Fouras de NPS.... un article spécifique pour chaque verra le jour... un jour que j'aurai évacué les récentes images parasites pour me souvenir uniquement des bons moments.

  Août fut parfois le mois de la douleur ... ce sont les quelques jours passés, cet été, chez Jef qui souffrait de coliques néphrétiques qui me remettent ces mauvais moments en tête.
 Moi aussi j'en ai fait quelques unes, trop à mon goût, avant d'avoir un traitement adapté. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet qui n'est guère bloguant... encore que certaines se soient déroulées dans des conditions pour le moins originales à défaut d'être agréables....
 J'ajoute qu'après la première crise, en août 1983 sur un chantier à Bourg en Bresse,  toutes sont survenues en été ou en Afrique... par fortes chaleurs.... avec une moyenne d'environ une par an..... Faites le compte.
 La seule que je veux mentionner ici c'est la dernière, celle de l'été 1994....je devrais dire celles de l'été 1994  car cette année là j'en ai fait deux, une sorte de rappel pour finir un cycle en beauté.  La première fut très ordinaire, encore sur un chantier TP, en juillet : « au moins tu es peinard pour fin août » m'avait dit Pilou pour me remonter le moral.... et bien non ! J'ai récidivé fin août à l'occasion du grand rassemblement, de la grande messe familiale.... ils étaient tous venus, ils étaient tous là..... il y avait même Odile .... Et moi, comme la Mama, couché et entouré de tous les miens, je souffrais le martyr... N'exagérons rien... le toubib était passé et m'avait balancé par piqûre une dose de calmant.... au petit matin j'avais pissé la pépite, ma dernière, et je ne l'ai même pas gardée..... Le plus important étant que le lendemain, en début d'après-midi, j'ai pu tenir le rôle qui m'était dévolu et que je répétais depuis des semaines.... celui de père de la mariée....   j'ai même pu participer à la fête jusqu'au petit matin... j'ai ensuite dormi 48 H.

   Je ne peux finir ces souvenirs en vrac d'août sans évoquer la terrible frousse que nous avons eue en août 1975 au Zaïre quand Cécile âgée de 3 ans fut victime d'une dysenterie bacillaire, mais tout a déjà été dit dans « Inga, éléphant blanc et bacille Shigellas. » 

 
(A suivre)
 

 

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Daniel 30/09/2008 06:54

Désolé Lesly mais ça ne me dit rien.... J'ai travaillé sur le barrage Inga 2 de novembre 1973 à Août 1976. Il y avait beaucoup de monde... Je connaissais surtout les français de EDF Daféco, Les Italiens de l'entreprise Astaldi, quelques zaïrois de la Snel et ceux qui travaillaient dans nos service, quelques belges, suisses .... mais il y avait tant de monde (plus de 300 expatriés) dont les américains qui travaillaient sur la ligne à Haute tension et qui restaient à l'écart des européens et puis d'autres, suédois, autrichiens, etc... Et puis depuis et en dehors de la trentaine de collègues français.... si je me souviens encore d'une vingtaine de noms.... ça doit bien être le maximum..... Je n'ai d'ailleurs plus de contact même avec les français dont plus d'une quinzaine avait entre 50 et 60 ans ...il y a maintenant 33 / 35 ans.

Marzan Lesly 29/09/2008 21:02

bonjour, ceci n'est pas vraiment un commentaire; en fait, je suis à la recherche de mon père qui a travaillé au barrage Inga dans les années 70 et à lire votre histoire, j'ai bien l'impression que vous l'avait connu. Il s'appele John Marzan, si vous avez un petit renseignement quelque soit, ça m'aiderait énormement. Merci d'avance