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L'invité..... ......Barthélemy Alcantara

21 Septembre 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #L'invité

 Malgré le break politique que je m'impose et que je savoure pleinement au milieu de la cacophonie socialiste d'avant congrès je prends toujours de l'intérêt à lire, les propositions ou contributions d'amis ou camarades dont je connais la compétence.
 J'ai reçu de Barthélemy Alcantara un texte de 9 pages, intitulé le Syndrome de Rennes ! Après les contributions, avant les motions, Pour un autre socialisme ! De ce texte, très intéressant, j'ai extrait un chapitre qui me parait essentiel et que je propose ci après dans ce billet.
 Je connais Barthélemy depuis 1994, depuis le congrès de Liévin où nous nous étions retrouvés avec V.Peillon, A.Hazan, C.Clergeau... et d'autres, réunis dans la motion réformatrice « Agir en socialistes ».... Depuis de l'eau a coulé sous les ponts... les chemins ont pu diverger... mais « certains moments forts permettent de garder une réelle amitié même si nous ne sommes pas contraints d'avoir toujours les mêmes analyses... ».
 
  Professeur, Barthélemy a enseigné l'économie et la gestion à Paris X Nanterre puis à Versailles St Quentin en Yvelines où il a mis en place et dirigé une filière MST- DESS puis une licence Master en management de logistique, système d'information et NTIC.

 
LES GRANDS CHANTIERS
 Voici quelques grands chantiers, quelques grandes ambitions à proposer aux Français :

 1 - PREMIER CHANTIER : Redonner au modèle social français et européen sa pleine capacité à reprendre une dynamique de progrès social pour construire une politique de santé efficace et un financement de la protection sociale et de la santé qui assure la pérennité de ces avancées sociales.
 Le plus grand nombre des experts favorables à notre modèle social s'accordent cependant sur ses limites actuelles. Les « pères fondateurs » souhaitaient un système universel, égal pour tous mais la forte croissance des trente glorieuses et les réticences de nombreuses catégories sociales ont conduit à privilégier une approche plus corporative s'appuyant pour le financement sur une assiette en forte croissance, le travail et plus particulièrement le travail salarié. Les crises successives - chômage, précarité ...- mais aussi des avancées très positives comme le vieillissement de la population ont fortement alourdi les charges alors que la croissance de l'assiette retenue était beaucoup plus faible que la croissance des prestations et que la croissance de la richesse nationale, nous aborderons ce problème un peu plus loin.
 Nous devons donc proposer aux syndicats mais aussi à tous les acteurs de notre système social et de santé une réflexion pour conforter le système par répartition par une diversification des financements - fonds sociaux ou citoyens, FRR, Etat - et une extension de l'assiette appuyée sur la création globale de richesse selon des modalités à définir ( VA, CSG ...). De nombreuses propositions ont été faites sur les financements des piliers actuels et de ceux futurs liés au vieillissement et à la dépendance, elles doivent être étudiées avec soin.
 Par ailleurs les prestations sociales et l'ensemble de notre organisation devraient progressivement s'appuyer moins systématiquement sur le travail :
 Couverture de vie universelle - CVU - traitant de tous les besoins fondamentaux des individus et tout particulièrement des enfants, définir une entrée dans la vie citoyenne et sociale à 18 ans, ce qui impliquerait un contrat social et citoyen lié à toute la vie adulte.
 Ainsi, les grandes tendances dans l'évolution de notre société seraient-elles intégrées dans la réforme :

  • a) Intégration et possibilité de gestion des souplesses nécessaires, des temps de formation qui sont des temps de travail parfois les plus intensifs, de l'obsolescence de plus en plus accélérée des savoirs qui impliqueront un important travail d'acquisition de nouveaux savoirs tout au long de la vie ou des périodes de travail encore plus courtes ou intenses suivies d'activités plus sociales ou culturelles?
  • b) Permettre une responsabilisation des citoyens avec de nouvelles souplesses dans la gestion personnalisée des retraites (rachats de points ou d'annuités, rattrapages de cotisation...)
  • c) Harmonisation progressive des différentes caisses en commençant par le Régime Général et les caisses complémentaires
  • d) Un comité de pilotage, à partir des informations fournies par un observatoire des financements sociaux, pourrait gérer l'évolution des systèmes en utilisant des critères rigoureux - taux de remplacement, évaluation actuarielle des inégalités d'espérance de vie, pénibilité, valeurs des points ou bonification de temps... -
  • e) Faciliter les retraites partielles choisies et la transition en supprimant les fortes pénalisations liées à des carrières écourtées
  • f) Faire progresser le taux d'activité excessivement faible des 50-60 ans

 Sans rupture et grâce à une harmonisation positive sur les dix prochaines années serait construit un système universel de retraite équitable et généreux pour les jeunes entrant dans la citoyenneté sociale et dans lequel, à titre transitoire, sans bouleversement majeur pourraient s'intégrer les diverses caisses et régimes actuels.
 Cette réforme assurerait grâce à un plan stratégique glissant sur les dix prochaines années, une sortie de la crise du financement des retraites par le haut et à gauche qui en recréant la confiance en l'avenir assurera la pérennité d'une retraite par répartition plus juste et plus responsable.
 Chaque citoyen tout au long de sa vie serait responsable de ses choix : 
       - Rallongement de la durée ou cotisations plus élevées ou retraites plus faibles. 
      - Carrières plus ou moins intenses et retraites plus ou moins longues avec les financements associés et le support des dividendes du capital social.
 Ce grand chantier est plus qu'une rupture, c'est une véritable révolution sociale. Cette construction d'un modèle social plus universel, moins corporatiste et moins inégalitaire assurant des prestations égales pour tous permettrait de faire reculer la société de défiance et d'égoïsme actuelle - « essayer d'obtenir plus que son voisin » - de combattre efficacement « l'effet Mathieu » - «  donner plus à ceux qui ont plus »-cependant, elle remet en cause les équilibres actuels et le rôle des partenaires sociaux. Seule une réelle redéfinition d'une démocratie sociale où le rôle des syndicats serait renforcé et précisé permettrait peut être de faire reculer leurs réticences initiales. Inutile de préciser que ce chantier constitue un pari risqué, une gageure ambitieuse et difficile mais c'est probablement un des secteurs où des changements fondamentaux sont possibles avec une dimension réformiste et socialiste pour une meilleure efficacité et justice sociale incontestable en accord avec l'évolution de notre société au 21ème siècle.

 2 - DEUXIEME CHANTIER : Redonner dans le cadre de l'évolution actuelle,  (mondialisation, globalisation financière, nouveaux pays émergents et nécessité de nouvelles politiques pour préserver l'humanité et la planète : défi écologique et développement durable), du sens à une politique économique nationale et européenne,, redonner aux citoyens les moyens d'intervenir dans la politique économique, dans les négociation sociale  
 Ce deuxième chantier a une forte dimension politique et même idéologique, il doit être proposé principalement à nos partenaires politiques au niveau national et Européen en nous appuyant sur les multiples recherches dans ce domaine.
 En caricaturant quelque peu, après la période des trente glorieuses et de la croissance mondiale liée au compromis Fordiste et de la période de reconstruction de l'après guerre, le ralentissement de l'économie mondiale dans les années 80 et la montée relative des salaires par rapport aux profits ont entraîné ou ont été suivies par une très forte reprise en main capitaliste. La généralisation des politiques économiques libérales au niveau mondial a entraîné : 
       - l'accélération de la mondialisation des moyens de production, localisation dans les pays en voie de développement.
    - parallèlement, la croissance vertigineuse de la globalisation financière et un développement exponentiel insuffisamment régulé et chaque jour plus complexe d'une industrie financière autonome.
 Dans le bilan de cette mondialisation libérale et de cette financiarisation, la croissance soutenue sur une longue période, le développement des économies émergentes, un enrichissement de nouvelles couches sociales dans l'ensemble des pays émergents, et même des plus pauvres, sont à porter au crédit de cette évolution.
 A contrario, la globalisation financière qui joue sur une croissance non maîtrisée des crédits en particulier aux USA, qui multiplie les intermédiaires, les commissions et les gains financiers de moins en moins liés à l'économie réelle, de plus en plus spéculatifs jouant sur la dilution des risques et dont les revers sont des crises plus ou moins systématiques et l'éclatement de plus en plus fréquent des bulles spéculatives jusqu'à la crise actuelle des subprimes où l'on socialise les pertes des plus gros - les jumeaux Fanny and Freddie - ainsi que la nationalisation de AIG, tout en restant impitoyable à la détresse des plus petits ayant tout perdu.
 Tout ceci marque une accélération d'une évolution inéluctable vers un hyper capitalisme, accompagnée des nombreuses délocalisations, de l'affaiblissement des pouvoirs de négociation des salariés et de la multiplication des nouveaux pauvres, des travailleurs pauvres, d'une forte croissance de l'exclusion, de la précarité et du chômage accompagnée, en contre point, par la montée d'une aristocratie pétro financière qui s'accorde des avantages et des rémunérations astronomiques dépassant très largement les inégalités que l'on a pu connaître dans l'histoire de l'humanité et où, pour la première fois, le bilan des avantages en patrimoine et en revenus financiers ou salariaux a un impact macroéconomique certain.
 Il semble de plus en plus difficile de s'en tenir au discours équilibré sur les avantages et les inconvénients de la mondialisation, de l'évolution actuelle vers un hyper capitalisme et d'une généralisation des politiques ultra-libérales au niveau mondial,
 Dans ce contexte, nombreuses sont les contributions qui parlent de la perte de 8 à 10 points dans le partage de la valeur ajoutée au détriment des salariés. C'est exact et ces contributions en concluent que ces transferts massifs doivent pouvoir être reconquis sur une période plus ou moins longue, ces gains de pouvoir d'achat redonnant du grain à moudre pour le financement social et permettant une relance de notre économie.
 Pour éviter des conclusions hasardeuses, il faudrait néanmoins nuancer ce constat et dans ce domaine où la volonté politique ne suffit pas, une analyse approfondie et sérieuse devrait être menée dans une authentique université ou centre de recherche soutenu par notre parti, pour déterminer quelles sont véritablement les marges de manoeuvre macroéconomiques et industrielles au niveau national ou Européen. 
Contentons-nous de préciser quelques points, le partage très favorable pris en référence en 1982, 63,3 % de la valeur ajoutée pour la rémunération des salariés correspond à des circonstances exceptionnelles après la période de forte croissance de l'après guerre, le mouvement de hausse des salaires et les rapports très favorables aux négociations salariales se sont poursuivis par inertie sociale alors que l'économie mondiale ralentissait fortement.
 Le raidissement libéral que nous venons d'évoquer qui a entraîné l'affaiblissement du pouvoir de négociation salariale, la financiarisation du financement des grosses et moyennes entreprises est largement aussi important que les données de la politique salariale au niveau national même si nous constatons des disparités entre les nations européennes. Après une forte baisse jusqu'en 1989 de 63,3 à  56,9%, il y a une très légère remontée grâce à l'action du gouvernement Jospin puis une stagnation avec une légère baisse en 2006-2007 - 57,6% - n'en doutons pas, la relative constance de ce partage sur le long terme montre que rétablir un équilibre plus favorable aux ménages dans le partage de la richesse nationale sera plus difficile que ne le pensent certains de nos camarades, il faudra certes de la volonté politique mais aussi un immense effort pour persuader nos partenaires européens, pour construire un modèle social Européen. Une politique industrielle, technologique, de recherche et développement audacieuse, un renforcement du pouvoir syndical et du pouvoir de négociation des salariés dans les entreprises européennes et peut être rechercher d'autres moyens comme nous le proposerons dans notre troisième chantier. 
 Soyons clair, contrairement à ce que pensent certains des experts proches des socialistes, ces choix économiques ne se feront pas par un simple pouvoir de persuasion dans le monde enchanté des idées et des valeurs partagées. Au niveau européen, les forces politiques et sociales qui veulent une Europe plus forte et plus autonome économiquement, des convergences sociales et fiscales rapides ainsi qu'une politique qui relève vraiment le défi écologique dans le cadre d'un développement maîtrisé durable et soutenable doivent s'entendre sur un projet commun et mener les difficiles luttes pour contrer l'évolution économique actuelle vers un grand marché sans contrainte et largement ouvert. Cette réflexion économique et sociale exigera que nous réexaminions :

  • - le lien temps de travail-chômage à la lueur du vieillissement de la population en France, en Europe mais aussi, a contrario, dans les pays émergents où l'impressionnante vague démographique et l'augmentation vertigineuse des populations actives entraîne une forte croissance du chômage en dépit de la forte croissance, sans préjuger du résultat des analyses nous pensons que la poursuite de la réduction du temps de travail restera à moyen terme un élément de la solution pour combattre le chômage
  • - l'intégration de la flexibilité dans nos propositions sur la sécurité professionnelle mérite aussi d'être approfondie en y associant la défense des conditions de travail, le rétablissement du droit du travail et des contrats de travail après la période Sarkozienne.

 Ce premier chantier est politique, le débat prévu doit nous permettre d'examiner les véritables marges de manoeuvre économiques pour une politique économique et sociale offensive et respectueuse des contraintes liées au développement durable mais nous devrons aussi prendre dans ce domaine des initiatives au niveau européen sans pour cela être certain que nos efforts auront un écho très positif chez nos partenaires du PSE, pour une politique économique et sociale plus offensive, pour une protection réelle des intérêts fondamentaux des citoyens européens, il faudra certainement mobiliser le mouvement social Européen.

 3 - TROISIEME CHANTIER : Proposer de nouveaux outils pour une meilleure définition et un partage plus favorable des richesses, faire reculer les risques liés aux contradictions croissantes entre les exigences des sociétés démocratiques et les tendances à la précarité et l'exploitation des évolutions de notre système économique mondial ainsi que les riques de catastrophes naturelles et technologiques.
 Toujours dans ce contexte, il faut analyser plus particulièrement la montée des fonds institutionnels, des fonds spéculatifs (hedge funds) dans la gestion stratégique et financière des grands groupes mais aussi, pour les entreprises petites et moyennes par le biais des nombreux achats à crédit - « private equity »,LBO, levier - et la recherche de profits maximaux avant revente.
 Ces fonds n'ont pas tous des pratiques similaires, les zinzins privilégient parfois  un peu plus le long terme mais les exigences de revenus importants et réguliers pour assurer les retraites des classes moyennes américaines et les politiques de forte rémunération des placements dans les fonds spéculatifs accentuent la dimension financière des gestions des entreprises et les exigences croissantes au niveau des dividendes distribués par les entreprises. Cette politique souvent favorable au court terme a d'autres conséquences en imposant une rémunération des dirigeants liée aux dividendes distribués beaucoup plus qu'à la santé économique des entreprises. Tout ceci peut être caractérisé par l'émergence d'un compromis que l'on pourrait qualifier de « fondiste » entre les épargnants, les détenteurs des patrimoines, les dirigeants au détriment des salariés et des investissements.
 Enfin les excédents gigantesques des pays émergents et les bénéfices pétroliers entre autres alimentent les fonds souverains des nations concernées, cette abondance de liquidités non utilisée sur place peut intervenir en soutien pour compenser des déficits ou des pertes liées aux crises diverses, elles sont actuellement plus qu'appréciées, nécessaires et conditionnent l'équilibre de l'économie américaine.
 Ils peuvent néanmoins constituer de réelles menaces pour le maintien de l'indépendance des économies nationales voire régionales et exigent une veille politique et économique permanente.
 Ce constat incertain et fluctuant nécessite une vigilance extrême, les jugements péremptoires sur les nouveaux ordres internationaux ou les grands marchés transatlantiques peuvent devenir totalement dépassés en quelques mois, cependant, nous avons malheureusement une certitude le modèle social-démocrate des trente dernières années est devenu obsolète et les nations scandinaves ont du s'adapter à ces évolutions et contraintes mondiales. 
 Ceux qui au sein de notre parti s'y réfèrent ont quelques trains de retard mais c'est aussi le cas pour ceux qui préconisent la relance uniquement à l'aide des instruments classiques de nos politiques sociales et économiques pour une croissance forte et triomphante.
 Nous devons ouvrir une réflexion importante pour proposer à nos concitoyens de nouveaux outils qui permettent d'obtenir un partage plus favorable de la richesse national.
 Cette approche proposée depuis plusieurs congrès semble faire son chemin, il nous faut mobiliser l'épargne disponible mais il faut éviter dans ce domaine tout bricolage :

  • - Nous devons mettre en place, non pas forcément des fonds souverains mais des fonds sociaux et citoyens qui attirent une partie de l'épargne nationale à la recherche d'un placement sur au rendement raisonnable mais garanti
  • - Renforçons la Caisse des dépôts et consignation, pas comme fond souverain mais pour la recentrer sur ses importantes missions d'aide au logement social et de banquier des collectivités locales
  • - Renforçons fortement le fond de réserve pour les retraites
  • - Ces fonds doivent devenir un nouveau capital social Toute intervention économique de l'Etat et des collectivités locales comme toutes les subventions à caractère économique doivent devenir des investissements et donner lieu à des dividendes de préférence, sous une forme à définir, de participation aux fonds propres des entreprises concernées.

Un compromis avec les entreprises pourrait se dégager car les fonds citoyens pourraient être à l'écoute des intérêts fondamentaux des entreprises sur le long terme, imposer des dividendes moins gourmands dans le cadre de normes de gestion démocratiquement définie et de taux de retour soutenables économiquement, en favorisant :

  • - Les politiques d'investissements dans le domaine des économies d'énergie et le développement soutenable mais aussi d'investissements offensifs de recherche et développement,
  • - Certains investissements dans l'économie sociale ou solidaire en exigeant en retour le contrôle démocratique des citoyens et une démocratie réelle loin des coquilles démocratiques formelles et routinières constatées dans certains cas,
  • - Dans le capital risque ou le micro investissements

L'expérience des erreurs passées devrait nous permettre d'éviter les écueils d'une gestion routinière et bureaucratique et d'assurer éventuellement une véritable émulation entre les fonds.
 Les dividendes sociaux des différents fonds constitueraient un patrimoine mixte, pour les épargnants mais aussi collectif pour conforter le financement de la protection sociale pour les générations futures si l'effort de soutien à ces fonds est à la hauteur des besoins futurs.
 Enfin, dernier outil à renforcer fortement, le Pouvoir Consumériste avec la possibilité de modifier les lois existantes pour permettre les actions de groupe et les interventions réelles - informations, boycotts ...- sur la consommation concernant la qualité des produits ou des pratiques critiquables des entreprises ( délocalisations, licenciements abusifs ...)
Ce chantier de conquête de nouveaux pouvoirs et de dividendes sociaux doit être approfondi en rassemblant de nombreux experts, les acteurs sociaux et les organisations concernés ainsi que nos partenaires de gauche.

 4 - QUATRIEME CHANTIER : Une politique d'éducation plus démocratique
 Dans ce domaine aussi, une convention apparaît comme trop restreinte, c'est un véritable débat national avec les syndicats, les parents et les associations concernées ainsi que nos partenaires de gauche afin de redéfinir en concertation une véritable deuxième étape pour la démocratie de la politique d'éducation :

  • - Le service public de la petite enfance et la scolarité obligatoire dès trois ans.
  • - Le passage d'une démocratisation quantitative à une démocratisation qualitative pour le primaire et le secondaire, pour une véritable école de la réussite.
  • - Enfin, en dépassant le simple élitisme républicain comme la participation des meilleurs élèves issus des classes défavorisées aux classes préparatoires ou à sciences politique qui est nécessaire mais non suffisant pour accentuer la démocratisation de l'enseignement supérieur en renforçant toutes les universités, qu'elles soient petites, grosses ou moyennes pour qu'elles puissent devenir:
  • des vecteurs de développement et d'initiatives régionales
  • des pôles d'excellence en recherche scientifique et technologique
  • - et, grâce à un rapprochement de l'université et des grandes écoles permettre une diversification et une démocratisation réelle de la production des élites et contrer la stérilisation des intelligences et de la créativité liée à l'hyper sélection des futurs cadres de la nation.

 
  Ces quatre chantiers de pérennisation de la protection sociale, de son financement et de celui de la politique de santé, une politique économique et sociale offensive, le capital social et un nouveau partage de la richesse national, la deuxième étape dans la démocratisation de notre politique éducative donneront incontestablement une nouvelle dimension socialiste à nos propositions.

 D'autres chantiers et conventions pourraient être programmés mais, il faut continuer et amplifier le travail habituel de recherche et de proposition du parti socialiste, la mise en place d'une véritable université, d'un centre de recherche et d'une information et d'une formation de qualité. De nombreux sujets, dont la dimension théorique et idéologique sont incontestables, devraient être abordés et exige des recherches de qualité :

  • - La politique de création monétaire laissée aux banques qui est à l'origine des crises actuelles du crédit - immobilières, alimentaires, financières, énergétiques - et de l'insuffisance de la disponibilité des liquidités pour les investissements vitaux, pour le développement durable, l'éducation et la lutte contre la pauvreté dans le monde. Taxes mondiales, droit de tirages spéciaux, monnaie mondiale sont des pistes proposées (Stiglitz entre autres).
  • - La non valorisation de la création des richesses les plus vitales - éducation, santé, recherche, culture ...-.
  • - Une réforme globale de la fiscalité sans oublier l'examen de la TVA en étudiant si les nouveaux moyens informatiques ne permettent pas de la rendre plus conforme à nos exigences de justice sociale.
  • - Les conditions d'une politique écologique et économique liée au développement durable et compatible avec le progrès social et humain

Les deux derniers points, très importants, devraient probablement constituer un cinquième et un sixième grand chantier ?

   (A suivre)

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PROST Félix 21/09/2008 17:15

Je trouve ces propositions de chantiers très déterminées, élaborées avec beaucoup d'intelligence et d'esprit de recherche vers une justice fondamentale (française et européenne).
Sur la mise en oeuvre des propositions, il faudra que l'état s'investisse plus conséquement auprès des différents types de production (industrie agroalimentaire, manufactures, pharmacopée,etc.) afin de donner des prérogatives strictes. Par ex.: donner, aux agriculteurs (à qui l'on verse des subventions) l'obligation de production des cultures nécessaires aux besoins alimentaires et que ces produits soient réservés en priorité aux marchés français et européens. Et à des taux modérés. Voir le scandale du prix des céréales.