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Saga Africa & Co.........Toué lé jolie, mon île. Le retour (2)

23 Septembre 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #saga africa

La suite du carnet de voyage 2006 à la Réunion.

  

Vendredi 15 septembre.

Encore une journée sans audit, mais comme j’avais réussi à en faire trois dans la semaine en bouleversant mon planning je ne me plaignais pas. Un week-end élargi sur la côte ouest, la côte sous le vent protégée des alizés.

C’est selon les seules traces connues l’endroit où des marins de passage auraient fait relâche pour la 1ère fois, sur cette île déserte. C’était en 1646, un 29 juin pour la saint Paul.

Saint Paul accueille le vendredi, toute la journée, et le samedi matin le marché le plus sympathique de l’île, nou la parti gran bazar fé indé kommission.
Du centre ville au front de mer les étals, karos,  des commerçants, bazardiers, proposent les produits alimentaires dont bien sûr des poissons frais et des fruits et légumes du terroir, d’autres présentent des herbes et épices, zépiss, ou des fleurs et l’artisanat local, trouvé dé ti betiz, des linges, nappes brodées ou petits meubles d’origine malgache.


 On apprécie la promenade bordant l’océan, la plage de sable noir. La rade de Saint Paul est considérée comme le meilleur ancrage de l’île et sert toujours de refuge aux bateaux à l’annonce d’un cyclone. On ne peut avoir qu’un aperçu de cette ville, la seconde commune de France en superficie (juste après Arles), aussi, après avoir quelque peu flâné en ville du côté de l’hôtel de ville, ancien bâtiment de la Compagnie des Indes, nous avons pris la direction du cimetière marin où l’on trouve pèle mêle les tombes de redoutables pirates et de merveilleux poètes. 

 Parmi les pirates il faut citer le célèbre la Buse qui fut pendu en 1727 laissant enfoui quelque part sur l’île un fabuleux trésor que personne n’a jamais trouvé et sur lequel certains fantasment toujours. Parmi les poètes, trône le buste de la gloire régionale, Leconte de l’Isle né à Saint Paul en 1817 mort en métropole à Louveciennes. Ses cendres furent rapatriées en 1977 au cimetière de St Paul. Fils de riches il fut pourtant sensible au sort des esclaves.

Poète parnassien, un temps engagé en politique, républicain et anti-esclavagiste, mais c’est par la poésie qu’il devint immensément célèbre. Il ne chanta pas que son île mais les vers qu’il lui a accordés sont immortels, surtout ceux gravés sur la pierre tombale. Il fut élu à l’académie française en 1886.

Juste en face du cimetière marin se trouve la grotte des premiers français, mais son approche était interdite en raison des risques de chutes de roches de la falaise.

 Selon la légende ce fut dans cette grotte que s’installèrent en 1663 les premiers résidents, deux français provenant de Madagascar avec outils, semences, bétail et accompagnés de femmes malgaches. Trois ans plus tard ils furent rejoints par une vingtaine de colons français qui s’établirent aussi à Saint Paul. La petite histoire dit que cette première colonie était pour l'essentiel composée  de bagnards et de prostituées.

 


  Samedi 16 septembre :
une journée de farniente à Saint Gilles la station balnéaire de l’île. Entre le port de pêche et de plaisance au nord et le lagon au sud bordé côté océan par une barrière de corail située à 100 m de la plage de sable clair. Cette plage ombragée de filaos et la barrière de corail se prolongent sur plus de 15 km jusqu’aux Salines.

Au-delà on retrouve des plages et lagons notamment à  Etang salé les bains. Les zones de ravines avec écoulements, même très irréguliers, d’eau douce ne permettent pas le développement de barrières de corail. Nous aurions aimé visiter l’aquarium de Saint Gilles dont les guides de voyage vantent la richesse. Hélas il était fermé pour travaux.

 

Dimanche 17 septembre : Levés de bonne heure, comme c’est absolument nécessaire à la Réunion nous avons pris la route du Maïdo. Nous reprenions la route du Guillaume, que nous dépassâmes ainsi que les champs de cannes à sucre et les plantations de géranium pour atteindre l’altitude de 2200 m.

Maïdo signifie terre brûlée en malgache ; à cette altitude on ne trouve comme végétation que des brandes. Un belvédère aménagé permet de découvrir un magnifique panorama : le cirque de Mafate et les pitons qui l’entourent : le Piton des neiges, Le Grand Bénare, le Gros Morne, le Piton Marmite. Des trois grands cirques réunionnais le cirque de Mafate est le seul à n’être accessible que par une bonne marche ou par hélicoptère. Il faut compter sur une randonnée de 7 à 8 heures aller-retour pour descendre à Mafate. Il vaut mieux s’organiser et y passer une nuit ; ça sera pour une autre fois.

Nous sommes redescendus à Saint Gilles en fin de matinée pour faire l’après midi une ballade en mer avec un bateau- visio-bulle, le Grand bleu. Un magnifique voyage qui s’imposait faute d’aquarium.

Le soir ce fut le concert de Francis Cabrel au théâtre de plein air : c’était très bien dans une ambiance très chaleureuse. Le chanteur avait besoin de faire pardonner l’annulation de sa tournée l’année précédente « pour cause d’épidémie de Chikungunya et sur injonctions des assurances » a-t-il dit. Un très belle soirée, une chouette ambiance. Moin lé kontan, zot la vni !

 

Lundi 18 septembre : encore un jour de repos mais celui là était prévu car nous nous avions prévu de changer d’hôtel, quittant Saint Gilles pour Saint Denis. Nous sommes encore dans un hôtel aux tarifs qui donnent mauvaise conscience. L’hôtel est situé sur les hauts de Saint Denis, un quartier résidentiel accroché à la montagne d’où la vue sur la ville et l’océan est superbe et puis nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres de chez nos amis Jipé et Michelle, Michelle étant la sœur de Claudine notre amie toulousaine ex compatriote d’émigration camerounaise.
 Après avoir déposé nos valises nous sommes descendus au centre ville pour effectuer diverses formalités. Du jardin de l’Etat, nous avons descendu la rue de Paris, puis l’avenue de Victoire pour atteindre la préfecture puis le front de mer, Barachois. Le nom des rues et des places évoquent pour l’essentiel l’histoire de la Réunion : Place Sarda Garriga, commissaire de la république qui proclama le décembre 1848, l’abolition de l’esclavage à la Réunion, mais aussi les divers gouverneurs de île, dont Mahé de la Bourdonnais qui fit en 1738, de Saint Denis la capitale de l’île, et une héroïne de la guerre de 1870, Juliette Dodu.

 En soirée, nous étions invités chez Michelle et Jipé que nous retrouvions avec beaucoup de plaisir.

  

Mardi 19 septembre : Au boulot, mais j’allais auditer une centrale à Saint Louis en me tapant encore de ses embouteillages mais dans l’autre sens…. Les ralentissements me permirent d'examiner la paroi rocheuse qui surplombe la route de corniche. C'est impressionnant tous ces filets protecteurs pour éviter les chutes de roches. Il y  eut des morts les mois précédents et heureusement que les éboulements se sont passés la nuit hors heures d'affluence et embouteillages. La  DDE  fait parfois des nettoyages de zones en provoquant des chutes préventives contrôlées mais un jour il pourrait y avoir un terrible drame. 
 Pendant que je bossais, Pilou et Michelle se baladaient entre Sainte Suzanne et Saint Benoit. Elles se rendirent au Grand Hazier, un domaine et une concession créée en 1690 qui s’étalait au long de la rivière Sainte Suzanne où étaient cultivés le café, le maïs et le tabac puis elles allèrent à Bethléem un magnifique site le long de la rivière des marsouins.

 

Mercredi 20 septembre : Règlement de comptes à Bras Panon ; Patrick était de retour et c’était notre premier audit ensemble : il n’y eut pas de ralé poussé entre nous, on est ami depuis trop longtemps, mais moin lé pa bon ek ou minm et moin la done alï son paké…..et pendant ce temps là Pilou, qui m’avait déposé à la centrale en gardant le pot de yaourt canari, était allée rejoindre nos autres amis de la Réunion, Mado et Gilles qui habitent à quelques kilomètres de la centrale où je travaillais ce jour. Patrick pour se faire pardonner m’a emmené manger le midi un cari bichique chez Mme Annibal. En fin d’après midi j’allais retrouver Pilou chez Mado. Toutes les deux avaient consacré leur journée entre jardin et promenade sur la côte par un sentier qui relie l’embouchure de la rivière des roches à la «  marine ».

 

Jeudi 21 septembre : J’avais enfin le bon rythme de travail et pour les deux derniers jours de la semaine je n’avais pas à craindre trop d’embouteillages, puisque je me rendais à Ste Marie. De plus je ne finissais pas trop tard l’après midi ce qui permettait de savourer la fin de journée à Saint Denis. Ce jour là notre promenade, nous a conduit à l’ancien Hôtel de ville, au grand marché et notamment dans sa partie malgache où Pilou voulait voir des broderies. Au retour petit coup d’œil en passant à la maison de Raymond Barre, puis à la belle maison créole, transformée en artothèque. Le soir nous avions invité Michelle et Jipé au restaurant.

 

Vendredi 22 septembre : Re-belotte, encore un audit à Sainte Marie. Pendant ce temps là Pilou libérait la chambre car nous devions à nouveau changer d’hôtel. Nous retournions à l’Iloha à St Leu, un hôtel où nous avions été si bien en 2005 et au tarif bien plus raisonnable. Avant de quitter Saint Denis nous fîmes un dernier arrêt au Barachois.

 

Samedi 23 septembre : Au programme de la journée nous avions prévu de nous rendre au cirque de Cilaos. Nous avons longé la côte jusqu’à St Louis et puis nous avons emprunté la route aux 350 virages et aux trois tunnels où l’on ne se croise pas.

Le cirque fut au début un refuge pour les esclaves marrons… d’ailleurs le nom Cilaos vient du malgache tsylaosy qui signifie « le lieu que l’on ne quitte pas ».
 Après l’abolition de l’esclavage en 1848, des petits blancs attirés par les riches terres du cirque s’installèrent petit à petit, mais c’est la découverte des premières sources thermales qui contribua au développement de la petite ville et nécessita le construction de la route entre 1927 et 1935 pour accueillir la bourgeoisie réunionnaise. 

 Cilaos est aussi réputée pour ses lentilles cultivées surtout à Ilets-Cordes et son vin qui rendait fou :
Gramoune di gran-mer, tiembo mon laké, panga va shapé. Ce vin était à haute teneur en alcool éthylique ce qui a conduit à son interdiction à partir de 1975. De nouveaux cépages de type pinot noir ont été introduits dans les années 80 et depuis une quinzaine d’années ce nouveau vin se vend très bien à la Réunion.

 

 
( Nï artrouv !)

 

 

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