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Ciné- cure..............L'Arnaque.

25 Octobre 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure


 Pour diverses raisons, sur lesquelles je reviendrai plus tard, je suis en retard de publication ce mois ci, et pourtant depuis fin septembre j'avais un sujet qui me tenait à coeur, un hommage à Paul Newman parti le 26 septembre........ Le décès de ce fabuleux acteur est survenu au moment où le système capitaliste libéral implosait et où l'égotisme de Sarko commençait à monter en ébullition ; j'ai alors pensé qu'il serait peut-être intéressant de rassembler l'ensemble de ces éléments d'actualité dans un même billet. Aujourd'hui que je reprend ce billet j'en suis moins sûr.... Mais bon ! Quelques mots, vite fait, sur la crise.

 Si les perspectives pour les mois et années à venir n'étaient pas aussi sombres, ça serait un vrai plaisir de voir les libéraux faire leur mea culpa... c'est bien le moindre qu'ils puissent faire, ces nocs, depuis le temps qu'on leur disait qu'ils nous envoyaient dans le mur. Ainsi apprend-on, aujourd'hui que Monsieur Alan Greenspan l'ex-président de la Réserve Fédérale est très affecté par la crise financière. « Ceux d'entre nous qui comptaient sur l'intérêt privé des établissements de crédit pour protéger les actionnaires, en particulier moi-même, sont dans un état de choc et d'incrédulité. J'ai trouvé une faille dans l'idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi ». Pauvre chou... il n'avait qu'à venir faire un tour sur mon blog et lire par exemple les billets consacrés à Larrouturou, Alcantara, et Filoche etc.... . Il nous fait une dépression, le grand laudateur bonimenteur de la dérégulation, l'ex-homme le plus puissant du monde économique.
 Lamentable .... finalement  je préfère encore l'activisme, le pseudo volontarisme de l'agité, du culbuto qui jetant aux orties sa cape de superman libéral est devenu en quelques semaines le sauveur du capitalisme, keynésien et même aujourd'hui socialiste .... du vrai foutage de gueule.... et d'ailleurs on ne lui en demande pas tant.... Qu'il en revienne seulement à une droite pragmatique de type gaulliste qui sur le plan économique n'était pas libérale (« la politique ne se fait pas à la Corbeil » ou « l'intendance suivra » disait De Gaulle) ou qu'il se contente de présider, il a été élu pour ça, en nommant un vrai bon gouvernement keynésien, dirigé par un authentique keynésien de toujours... comme Henri Emmanuelli par exemple. Avec Sarko ce n'est certes pas la déprime façon Greenspan, reconnaissons le, mais un activisme confus, tout et son contraire. Si on y ajoute la communication permanente ça devient l'Arnaque. ... et voilà j'ai trouvé mon lien avec Paul Newman et je peux arrêter de parler de ces guignols libéraux au bord de la crise de nerf ou de la dépression.....Quand je dis quelque fois que l'agité finira pas présenter lui-même le J.T. de TF1, je ne suis peut-être pas si loin de la vérité..... 

  Bien sûr j'aurai pu aussi retenir « L'Arnaqueur », ou « La Couleur de l'argent », et pourquoi pas « Evasion sur commande », ou encore « Les Sentiers de la perdition ». Bref une filmographie parfaitement adaptée à la situation..... et maintenant il est temps de revenir au sujet principal.
 « .... Paul Newman fut l'incarnation d'une Amérique éveillée, avide de modernité, artiste et homme d'affaires, humaniste et philanthrope, Newman avait véritablement tout de l'homme nouveau... »..... et nul doute qu'il aurait, lui qui avait été si fier d'être sur la liste des ennemis de Richard Nixon, vibré en ces instants de possible victoire d'Obama.

 Né en 1925 dans l'Ohio, d'une mère hongroise catholique et d'un père juif allemand il participa dès l'âge de 16 ans à la guerre du Pacifique où il fut blessé. A 20 ans de retour au pays il s'inscrivit aux cours d'art dramatique d'abord à Yale puis à l'Actors studio auprès de Lee Strasberg qui forma aussi, et entre autres, Marlon Brando, James Dean, Steve McQueen, Gene Hackman, Al Pacino, Dustin Hoffman et Robert De Niro.... Stasberg disait de Paul Newman « Il aurait pu être un aussi grand acteur que Brando, s'il n'avait pas été aussi beau » ce que confirma d'ailleurs l'acteur quand il annonça en mai 2007 sa fin de carrière pour cause de cancer au poumon, avec en guise d'épitaphe : « Ci-gît Paul Newman. Sa carrière d'acteur pris fin lorsque ses yeux bleus devinrent bruns. »

 
Je ne sais plus très bien avec quel film j'ai vraiment pris conscience de l'immense talent de Newman, car j'ai vu bon nombre des films de ses débuts que bien plus tard avec déjà un œil de cinéphile. Il est possible que cette découverte eut lieu avec « Butch Cassidy et le Kid » (1969) de George Roy Hill où il campait avec ironie et désinvolture le personnage de Butch auprès de Sundance Kid - Robert Redford. A partir de ce film j'ai vu presque tous les suivants le plus souvent dès leur sortie, puis grâce à la vidéo j'ai dévoré ensuite ses premiers films et ceux loupés lors de leur sortie pendant ma période africaine.

 



  On observe dans sa filmographie une grande fidélité à quelques réalisateurs :
 Deux films avec Robert Wise, dont en 1956 « Marqué par la haine » où il interprète dans un style très Brando, le boxeur Rocky Graziano.
 Cinq films avec Martin Ritt dont «Le plus sauvage d'entre tous » en 1963, puis « L'Outrage » en 1964, « Hombre » en 1967 dans un western politique qui évoque le génocide indien.
 Quatre films avec Stuart Rosenberg dont « Luke la main froide » (1967), « Les indésirables » (1972), « La Toile d'araignée » (1975). 

 
 
 Avec Georges Roy Hill, il tourna trois films dont deux avec Robert Redford « Butch Cassidy et le Kid » puis « L'Arnaque » (1973) dans le rôle du grand faisan et enfin « La Castagne » (1977).
 Parmi les grands metteurs en scène, il fit aussi deux films avec Richards Brook qui adaptait pour le cinéma des pièces de Tennessee Williams « La chatte sur un toit brûlant » face à Elisabeth Taylor puis « Doux oiseau de jeunesse ».
 Curieusement Newman ne tourna jamais avec Elia Kazan alors qu'il était un acteur de la même veine que Brando et James Dean, tous issus de l'actors'studio. Il fut même écarté de « A l'est d'Eden » au profit de Ricard Davalos pour jouer le rôle d'Aron le frère de Carl-James Dean. Aron étant dans l'histoire un personnage assez pâlot qui ne méritait sans doute pas le charisme de Newman.
 
 Paul Newman devint lui-même réalisateur pour adapter également Tennessee Williams au cinéma avec « La ménagerie de verre » en 1987 film dans lequel il ne jouait pas, mais où il dirigeait sa femme Joanne Woodwoard et John Malkovitch.
 Il s'était déjà essayé à la mise scène dès 1971 avec « Le clan des irréductibles » un très bon film sur les conflits sociaux dans le monde des bûcherons où cette fois il était face à Henri Fonda et Lee Remick, puis « L'Affrontement » (en 1984 mais film non vu... .il m'en reste encore à découvrir).
 Il tourna encore avec divers réalisateurs par cycles de deux films : Mark Robson au début des années 60, puis John Huston au début des années 70 avec « Juge et hors la loi » qui raconte de façon humoristique l'histoire du légendaire juge Roy Bean puis un film d'espionnage de style british  « Le piège ».
 Ce fut ensuite, dans la seconde moitié de la décennie 70, le tour de Robert Altman avec « Quintet » «  et surtout « Buffalo Bill et les indiens » Ours d'or à Berlin et qui nous offrait le bonheur de réunir Paul Newman et Burt Lancaster.
 Enfin dans les années 90 Newman tourna deux films avec Robert Benton, « Un homme presque parfait » et surtout «  L'Heure magique » un thriller où il jouait avec Gene Hackman et Susan Sarandon.

 
Et pourtant, en dehors des films de George Roy Hill et notamment les deux avec Redford, il semble bien que ce soit quelques rencontres uniques qui aient le plus contribuées à la reconnaissance de cet immense talent :
 Ainsi Robert Rossen lui offrit le rôle d'Eddie Felson dans « l'Arnaqueur » (1961), un film culte.
 Une suite fut faite par Martin Scorcese en 1986 l'ancien Eddie-Newman initiant le jeune Vincent -Tom Cruise à l'arnaque au billard dans « La couleur de l'argent » et permit à Paul Newman de décrocher enfin, après 8 nominations infructueuses, l'Oscar du meilleur acteur. Il dira en recevant cette récompense « C'est comme d'avoir fait la cour à une femme pendant 50 ans. Elle finit par céder et on lui dit : je suis vraiment désolé mais je suis fatigué »

 
 
 Un autre réalisateur inspiré fit ses débuts avec Paul Newman, il s'agit d'Arthur Penn, cinéaste subversif et qui se révélà être un grand directeur d'acteurs. Venant du théatre son premier grand film fut en 1958 « Le Gaucher » un western en rupture avec Hollywood où Newman tient le rôle de Billy le Kid, mais un Billy mal dans sa peau. 
Dans sa filmographie il faut encore citer en vrac, « Exodus » d'Otto Preminger en 1960, « Le Rideau Déchiré » en 1966 de Alfred Hitchcock, « La Tour Infernale » en 1974 de John Guillermin pour le plaisir de voir Newman et Steve McQueen réunis sur l'écran même pour un film catastrophe.
 Et puis il y eut dans les années 80 un Sydney Pollack « Absence de Malice », un Sydney Lumet « Le Verdict » et divers films ayant fait moins recette malgré de belles signatures : Rolland Joffé, James Ivory et Joël Coen.
  Il finira toutefois en beauté en père de Kevin Costner dans « Une Bouteille à la mer »  puis pour son avant dernier film en 2002 « Les Sentiers de la perdition » de Sam Mendes et face à Tom Hank.

 Salut Paul, homme du renouveau du cinéma dans les années 50/60 et confirmant, avec tenacité, ce statut jusque dans tes derniers rôles.... Il me reste le plaisir de revoir encore et encore tes films..... Et puis comme je n'ai plus guère envie de reparler en fin de billet de l'agité et de la crise financière d'aujourd'hui, de la crise économique de demain et de la crise sociale de l'année prochaine. .... ( j'y reviendrai bientôt. Promis ! ).....  je préfère finir avec une de ces phrases malicieuses dont Newman avait le secret : A un journaliste qui lui demandait comment ils avaient pu, sa femme et lui, être un des rares couples d'acteurs à être resté marié plus de 50 ans il répondit « C'était facile dans la mesure où chez nous ma femme s'occupait de tout et moi du reste ». Une assez jolie philosophie.......


 
A suivre.  

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