Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ciné-cure.... Les Duellistes.

26 Juillet 2009 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Ce billet de Ciné-cure est consacré à Ridley Scott l’un des deux ou trois réalisateurs les plus actifs des trois dernières décennies et l’un des plus talentueux.

 

Il ne sera nullement question de politique, ce n’était pas du tout prévu, et comme le président a eu aujourd’hui un malaise vagal, je ne vais pas, en plus, le tourmenter. D’ailleurs le titre, « les duellistes » n’est guère porteur avec lui : ça fait longtemps qu’il a fait le ménage dans son camp. C’est vrai que le titre irait beaucoup mieux pour le PS.... mais là c’est moi qui fais un malaise vague à l’âme.

On ne tire pas sur une ambulance, alors pas la moindre intrusion politico - humoristique. C’est donc un vrai billet de cinéphile mais c'est aussi un billet de vacancier sur le retour. Oh ! Pas grand-chose, juste une petite semaine en Périgord noir avec nos petits-enfants.

Quelle ne fut pas ma surprise, jeudi dernier, d’apprendre, en consultant le guide vert, avant d’aller visiter Sarlat qu'« un Sarladais connu sous le surnom de François-Louis Fournier-Sarlovèse (1723-1827), inspira à Joseph Conrad Le Duel, nouvelle qui servit de base au film Les Duellistes du réalisateur Ridley Scott (1977). Conrad et Scott étaient fascinés par les 22 duels consécutifs qui opposèrent durant 19 ans, ce général, cavalier émérite et sabreur chatouilleux, glorifié par la campagne d’ Espagne, à un autre général d’ Empire, Dupont. Le duel final se situe dans le film, au château de Commarque.»   
 

 Vendredi après-midi la dernière visite de notre périple en Périgord  fut pour cette  grandiose forteresse en ruine, abandonnée depuis le 17ème siècle (au profit du château de Lassel situé de l’autre côté de la vallée de la Beune) mais en cours de réhabilitation depuis une quarantaine d’années.
 La forteresse est dissimulée au fond d’un magnifique bois qui permet pour l'atteindre, en partant du parking, une très agréable balade.
 Quand le chemin débouche sur la forteresse on est étonné de se retrouver face à un ensemble aussi grandiose alors qu'une vingtaine de mètres
avant, on ne l’apercevait même pas.  Le site est surprenant avec sa base troglodytique surmontée de constructions romanes, puis en élévation la place forte et le donjon.


 Conrad a publié «
A Set of Six » en 1908, un recueil de six nouvelles dont « Le Duel » alors qu’il avait déjà publié 8 romans dont « Au cœur des ténèbres », « Lord Jim » et 4 recueils de nouvelles dont «Typhon ».

 «Les duellistes » est le premier film de Ridley Scott alors qu’il avait déjà 40 ans en 1977. Il obtint le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes. J’ai adoré ce film que j’ai vu relativement tardivement et que je considère comme l’un des trois meilleurs films de ce réalisateur. (Avec « Thelma et Louise » et « Gladiator »).

Ridley Scott, comme Alan Parker, comme John Bormann, comme son frère Tony Scott et comme beaucoup d’autres réalisateurs en charge des grosses productions américaines est britannique.

  

Les duellistes sont Armand d’Hubert (interprété par Keith Carradine) et Gabriel Ferraud (joué par Harvey Keitel). Ce sont deux officiers de l’armée napoléonienne. Le lieutenant d’Hubert est chargé par son supérieur de mettre aux arrêts le lieutenant Ferraud qui s’est battu en duel le matin avec le fils du maire de Strasbourg. Cette sanction avait surtout pour but de l’empêcher de se pavaner, le soir même, dans un bal mondain de cette ville.
 Mais Ferraud se sent offensé et provoque d’Hubert en duel. Ce duel est remporté par d'Hubert qui blessa son adversaire mais à partir de ce jour les deux soldats s’opposeront chaque fois qu’ils se rencontreront et ce tout au long du règne de Napoléon et même au-delà pour le dernier duel.
 Les seuls moments où ils ne pourront s’affronter sont les périodes de guerre et quand ils ne seront pas au même grade, mais tous deux graviront quasiment simultanément la hiérarchie militaire de lieutenant à général et ils pourront donc, se haïr et se combattre à  loisir durant 19 ans
  Les deux acteurs sont fabuleux : Harvey Keitel en Ferraud officier violent, impulsif, querelleur, haineux  au comportement absurde alors que Keith Carradine campe un d’Hubert réaliste mesurée qui repousse toujours l’absurdité de ces duels mais que le sens de l’honneur oblige à accepter. Ridley Scott a réussi à faire de ce premier film un film esthétique que beaucoup ont comparé à Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Il a su magnifier l’histoire par la maîtrise du tournage et la poésie et la beauté des teintes et couleurs qui doivent beaucoup au choix du Périgord noir pour le tournage. 

Wikipédia affirme que Scott  avait choisi la région de Sarlat comme décor pour son film car elle correspondait à l’esthétique qu’il voulait donner à son film sans même savoir que c’était la région natale de François Louis Fournier Salovéze, général d’Empire né à Sarlat le 6 septembre 1773. Fournier surnommé « El Demonio » par les résistants espagnols et qui servit de modèle d’abord à Conrad puis ensuite à Scott pour le personnage de Ferraud.

En dernier mot, l’avis d’un critique lors de la sortie DVD : « Ce premier film méconnu de Ridley Scott  est un véritable coup de maître. D’une mise en scène irréprochable et d’une beauté visuelle magique, complété d’une superbe performance d’acteurs, « Les Duellistes » qui marque le début d’une longue carrière de réalisateur, et qui appartient aux grands classiques du cinéma n’est à manquer sous aucun prétexte.  C’est un film d’une grande beauté visuelle, et le transfert vidéo respecte en tous points cette image somptueuse. Les éclairages naturels inspirés du film Barry Lyndon, les paysages brumeux aux lumières douces et feutrées sont agréablement reproduits par une image qui possède une très légère trace de grains. Quelques défauts de vieillesse sont perceptibles : quelques grattement et rayures se laissent deviner sans toutefois retenir l’attention ni gâcher le spectacle.  »

Pour finir ce billet il me faut rappeler, assez  brièvement, la filmographie de Ridley Scott qui est riche dans sa diversité. En plus du petit bijou, Les Duellistes, il faut absolument avoir vu              

 Thelma et Louise, un film de 1991 oscarisé devenu culte et emblématique pour les féministes, avec Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel et les débuts de Brad Pitt. 
  Gladiator : le retour du Péplum en 2000 avec Russel Crowe et Joaquin Phoénix. Un film fabuleux récompensé par 5 oscars.

Pour les amateurs de science-fiction il faut voir ou revoir : 
 Alien, le huitième passager
(1979) C’est le 1er de la série, le meilleur, avec bien sûr Sigourney Weaver, Tom Skerritt et John Hurt.
 Blade Runner  de 1982, avec Harrison Ford d’après le roman de Philip K Dick.

Pour les fans de polars :
 Traquée
de 1987 avec Tom Béranger... qu'on peut voir mais finalement assez moyen. 
 Black Rain
 au sein de la mafia Japonaise avec Michael Douglas et Andy Garcia. Un bon film de 1989.
 American Gangster : un policier de 2007 avec Russel Crowe et Denzel Washington sur fond de lutte contre la pègre new-yorkaise et sur la base de faits authentiques et de personnages réels : le noir parrain mafieux et le flic blanc. Un excellent polar et le plaisir de voir le méchant Washington apparaître derrière le sourire du gentil Denzel.

 Pour les amateurs de films historiques :
 1492 Christophe Colomb avec un Gérard Depardieu extraordinaire. Le film de 1992  m’a paru un peu long en salle mais je l’ai savouré en DVD en version pourtant plus longue.
 
  Kingdom Heaven
 : Un film  de 2005 sur les croisades, long de 145 min. qui m’a paru très, très long… mais peut-être à revoir en DVD en version encore plus longue de 190 min. en prenant son temps. Il parait que la version DVD est meilleure car les studios avaient imposé des coupes pour la projection en salles qui nuirent à la cohérence du film. Il y eut cependant de nombreuses critiques qui dénoncèrent des anachronismes ou  incohérences historiques.

 Pour ceux qui s'intéressent aux événements géopolitiques :
 La Chute du faucon noir.
Un film de 2002 sur les combats de Mogadiscio en 1993 : très réaliste.
 Mensonges d’état : Le dernier film sorti en 2008 avec Russel Crowe et Léonardo Di Caprio. La CIA au Moyen-Orient traque les terroristes. Encore un film très bien fait…. Mais on s’écarte  de plus en plus de l’ambiance des duellistes ou même de Thélma et Louise, Christophe Colomb ou Gladiateur. Dommage d’autant que Scott va maintenant sur 73 ans. 

 Il y a enfin les films que je n'ai pas vus ou que je n'ai pas voulu aller voir :
 Légend un film fantastique de 1985 avec Tom Cruise. Lame de fond  de 1995, une histoire de voilier dans la tempête avec Jeff Bridge.   A armes égales  de 1997 avec Demi Moore une femme qui participe à un stage extrême de commando. Hannibal : de 2001, la suite du "Silence des Agneaux" avec Anthony Hopkins et Julianna Moore mais sans Jodie Foster. Est-ce pour ça que je ne suis pas allé le voir ?  Les Associés
 de 2003 avec Nicolas Cage. 
 Et enfin en 2006, Une grande année : Un film promotion pour le rosé de Provence avec Russel Crowe et Marion Cotillard ; film qui avec de tels arguments et malgré des critiques assassines,  mériterait  d'être vu, en DVD chez soi, un verre de rosé à portée de main..

( A suivre)

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article