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Ciné-cure..... Révélations.

18 Septembre 2009 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Je suis un peu en retard de publication… non la machine n’est pas encore grippée… mais, comme je suis dans la toute dernière ligne droite de ma vie professionnelle, j’ai un gros boulot à finir, des dossiers à fignoler, des informations, de trucs à communiquer à celui qui va me succéder ……nul n'est indispensable mais...  Le blog va donc probablement tourner un peu au ralenti pendant quelques semaines… j'ai bien quelques articles en tête (dont le précédent à finir).... mais ce n’est pas ce type d'information personnelle, ce genre de «révélation »,  qui est à l’origine du titre de ce nouveau billet… Il s’agit bien d’un billet consacré au cinéma et plus précisément à un réalisateur que j’adore depuis une bonne quinzaine d'années, Michael Mann.
 Quand j’aurai rappelé et détaillé consciencieusement  la filmographie de Mann, il est très probable que, pour finir l’article, je glisserai, tout naturellement, vers un commentaire politique en m'appuyant sur ce titre incontestablement d'actualité....... et d'ailleurs si j'ai choisi Révélations plutôt que Heat, Collatéral ou Public ennemies c'est bien à dessein (encore que, et à la réflexion, j'aurai bien pu tirer quelque chose de ces trois autres titres) ..  mais à l'heure
 où je commence ce billet je ne sais pas encore dans quelle direction de révélations je vais me laisser entraîner ; est-ce que ça sera plutôt vers Sarko ou plutôt vers Ségo ? Est ce que ça sera, en m'appuyant sur les révélations du JDD de la semaine dernière, vers l’incroyable et ténébreuse affaire « Clearstream » (qui manipule qui?) ou vers la Royal récupération des vraies mais néanmoins fumeuses révélations du livre « Hold-uPS, arnaques et trahisons » ? Mais chaque chose en son temps et au préalable il me faut donner un sincère coup de chapeau à Michael Mann.
J’ai découvert ce réalisateur fin août 1992 avec « Le dernier des Mohicans », la énième adaptation hoolywodienne du roman de Fénimore Cooper. Le film n’a pas eu une bonne critique et n’eut donc pas un grand succès à sa sortie en France…. Il faut dire qu’il y avait de la concurrence à cette époque avec « Impitoyable »  de Clint Eastwood, « Alien 3 » de David Ficher et même le très moyen « Pavillons lointains » de Ron Howard, avec Tom Cruise et Nicole Kidman …. Epoque bénie où les bons films sortaient à foison … et je ne les ai pas tous cités : les derniers films de Claude Sautet, Barbet Schroeder et Quentin Tarantino qui avaient eu aussi d’excellentes critiques.

Mais moi qui suis un fan du cinéma de papa je n'aurais sûrement pas loupé ce genre de film malgré les mauvaises critiques et j’ai, très sincèrement, adoré ce « dernier des Mohicans »,  porté par un très grand  Daniel Day-Lewis, et d'autres bons acteurs comme Madeleine Stowe et les indiens Wes Studi et Russel Means ; seul petit bémol, le choix de Patrice Chéreau pour interpréter le colonel français (??)….mais déjà les caméras de Mann fouillaient magnifiquement les scènes nocturnes comme celles du siège du fort ; excellence qui devint par la suite la grande spécialité de ce réalisateur.

En février 1996 Michael Mann nous offrait « Heat » un film particulièrement attendu car pour la première fois Robert De Niro et Al Pacino se confrontaient dans un film. Une histoire classique de gendarmes et de voleurs avec Pacino, en flic retors ayant par ailleurs des problèmes familiaux, et De Niro en gangster sur le retour des casses et de l'amour.
 Michael Mann a admirablement exploité l’image personnelle de ces deux acteurs « Ils sont les deux faces d’une même pièce, deux frères ennemis…. la métaphore de l’acteur et de son double ». Dans le film ils ne sont face à face que dans une scène, une scène anthologique, qui ne dure que quelques minutes  mais où « tout  ce qu’ils se disent vaut pour leurs destins à la ville. Le dialogue codé fait un état des lieux de leurs carrières respectives. Bourré d’orgueil, de rivalité courtoise, d’estime réciproque…… Mann nous offre une saga tragique et violente où deux géants se neutralisent et nous laissent fasciné. » Excellente critique de Denis Parent. Il faut aussi mentionner dans ce très bon film la présence de Val Kilmer, de John Voight, Ashley Judd, Natalie Portman et Wes Studi.

 En mars 2000 je découvrais «Révélations ». Al Pacino était à nouveau à l’affiche dans un rôle de journaliste pugnace. En face de lui Russel Crowe que j’avais déjà vu dans « Mort ou Vif »  un western parodique  mais surtout dans « L.A. Confidential ». Par sa performance face à Pacino, «Révélations » allait lancer Crowe au rang de star  ce qu'il confirmera dès l'année suivante  avec « Gladiator » de Riddley Scott .

 Ce nouveau film de Mann, est d’une puissance exceptionnelle ; il  raconte une histoire vraie la dénonciation d’un scandale de santé publique liée à  l’industrie des cigarettes. « Porté par une interprétation impeccable, les emportements de Pacino, la retenue de Crowe, Michael Mann capte ces instants charnières à dimension humaine.. . …. Un hommage à tous ceux, puissants ou anonymes qui prennent le risque de faire éclater la vérité » Selon le critique Christophe d’Yvoire.

Deux ans plus tard, en Mars 2002 sortait le nouveau film  de Michael Mann. Il s’agissait cette fois d’un Biopic consacré au boxeur Cassius Clay - Mohamed Ali. Le réalisateur suit la métamorphose du champion pendant les dix années les plus décisives de sa carrière. Ses combats sur le ring,  sa personnalité, ses amours, ses combats politiques comme le refus de partir au Vietnam et son engagement pour la foi musulmane.   Son come-back au sommet de la boxe et ce combat de légende pour retrouver son titre de champion du Monde à Kinshasa en octobre 1974. Nous étions au Zaïre à cette époque et nous avons vécu, bien que loin de la capitale, la fièvre de l’évènement et la propagande récupératrice du régime de Mobutu qui submergea le pays.

Le film est superbement construit s’appuyant sur un Will Smith extraordinaire dans le rôle du champion. « Grand film, grand cinéaste. C’est rempli d’une énergie trop rare que l’on sort de ces 2 H 30 de cinéma avec à la fois le sentiment d’avoir été touché par quelque chose qui va au-delà de ce qui est montré à l’écran….. Michael Mann a construit son film comme un peintre compose un tableau. Par contrastes, Par harmonies de couleurs, par rupture de traits, révélant des lignes de forces aussi subjectives qu’essentielles…  » (Christophe d’Yvoire). A côté de Will Smith complètement imprégné par son personnage on trouve Jamie Foxx, Mario Van Peebles et John Voight.....tous plus excellents les uns que les autres. Un film grandiose, même s'il déçut...... commercialement.
Fin septembre 2004 les cinéphiles, de plus en plus nombreux fans de Michaêl Mann, découvraient son dernier film dont la rumeur (et la promotion) disait  que c'était le film plus que parfait : « Collatéral ».... Il n'est pas exagéré de dire que la rumeur n'était pas usurpée... et pourtant ce film n'obtint aucun Oscar lors de la cérémonie de 2005 ( Jaimie Fox fut récompensé avec l'oscar du meilleur acteur dans « Ray »,il ne pouvait donc pas, en plus, recevoir l'oscar pour le meilleur second rôle dans « Collatéral » pour lequel il avait été nominé.). Ce film est un extraordinaire polar crépusculaire, l'action se déroulant à Los Angeles de la tombée de la nuit au lever du jour. Un chauffeur de taxi (Jaimie Fox) prend en charge un homme (Tom Cruise) qui a un boulot à faire tout au long de cette nuit en cinq étapes successives. Dès la première étape le chauffeur réalise que son passager est un tueur chargé d'une exécution à chaque étape.

 Michael  Mann confirme son talent pour filmer la nuit comme aucun réalisateur n'avait réussi à le faire avant lui.... il sait aussi mieux que quiconque tirer le maximum des grandes stars qui travaillent avec lui.... après Days Lewis, De Niro, Pacino, Crowe, Smith,  voici Tom Cruise et une confirmation  Jaimie Fox. Une scène extraordinaire est l'étape du club de jazz et la fausse amitié qui se noue entre le tueur et le trompettiste, devant les yeux effarés du chauffeur qui sait ce qui se passera à la fin de la discussion.... et puis une autre scène furtive, celle du coyote qui passe devant le taxi.... Je suis certain que c'est un clin d'oeil à Michael Connelly, l'auteur de polars dans le cadre de Los angeles et notamment « Le dernier Coyote »....  Ah! que j'aimerai que Michaël Mann fasse un film de ce magnifique roman ... Je suis surpris qu'aucun critique n'ait relevé ce clin d'oeil. Il me faut quand même rapporter quelques lignes de Patrick Fabre : « ....cependant la vraie star de Collatéral reste Michael Mann. Sa mise en scène est tout simplement "mortelle" …  D'autant que hasards et coîncidences, coups de théâtre et renversements de situation sont des conventions du genre auxquelles le réalisateur ne cherche pas à échapper. Elles font partie de son cinéma. Et plus encore dans Collatéral, qui porte profondément l'empreinte de ce metteur en scène urbain dont le filmage, à la fois élégant et nerveux, lui ressemble. Grâce à quoi il nous offre un grand film sur la solitude, les rêves brisés et la droiture.....». Voila qui est bien dit...

 En août 2006 je connus ma première déception avec « Miami Vice ». Je n'ai pas aimé ce film dont je ne parlerai pas trop, même si la version DVD, un peu plus longue et moins confuse, se laisse mieux regarder. Selon Thomas Baurez «... Mann, devenu expert dans les tournages de nuit en numérique, recherche le beau cadre et oublie de faire un film... ». Je pense aussi que le casting n'était pas à la hauteur des précédents : Collin Farrel, jusqu'à preuve du contraire dans des films à venir est ....médiocre et au contraire, effet Oscar, Jaime Foxx se croit obligé de surjouer... quand à la très jolie Gong Li, belle plante, elle fait office d'ornement.

 Et puis et surtout, ce film est un remake d'une série télévisée des années 70, Deux flics à Miami dont le réalisateur était déjà Michaël Mann.... qui aurait mieux fait de rester sur une belle histoire passée.
 Puisque j'évoque les débuts à la télévision de Michael Mann, je dois signaler, aussi, ses trois premiers films pour le cinéma ; films que je n'ai pas vus, pas même en DVD, mais qui deviennent des films cultes : « Le Solitaire » un polar de 1981 avec James Caan, puis « La Forteresse noire » un film fantastique de 1983 avec Scott Glenn et Gabriel Byrne et enfin « Le Sixième sens » un thriller de 1986, tiré de Dragon rouge un roman de Thomas Harris qui, chronologiquement, précède le Silence des agneaux. Le film de Jonathan Demme  avec Jodie Foster et Anthony Hopkins ne sortira qu'en 1991.
 Cette parenthèse refermée il me faut maintenant parler du cru 2009 avec « Public enemies »  sorti mi-juillet et qui est encore à l'affiche dans bien des salles. Tous les ingrédients des excellents films de Mann sont réunis: des stars Johnny Deep, Marillon Cotillard, Christian Bale et une histoire, celle de de John Dillinger, un gangster mythique qui braquait les banques dans les années 1930 et qui fut abattu par la police à l'âge de 30 ans. Le Studio Ciné Live de l'été 2009 étant encore en vente je conseille à ceux qui me lisent, non seulement de voir ce film mais aussi d'acheter le journal pour les interviews de Johnny Deep et Michael Mann :« Qu'importe  la méthode de l'acteur pourvu que j'arrive à utiliser sa personnalité pour coller au rôle.»

 Voilà j'ai fini le billet que je voulais faire depuis le début de l'été sur Michael Mann, depuis que j'ai vu l'excellent dernier film avec  Johnny Deep.... et puis voilà au moment de conclure, je n'ai plus guère envie de disserter politique, de m'occuper de Sarko et Ségo, de « Clearstream » ou de « Hold-uPS, arnaques et trahisons ». Ras le bol des conneries peopolisées de ces deux là.
 Pour finir je vais rester ciné-cure et révélations en évoquant  « L'affaire Farewell ». Le film de Christian Carion qui sort Dimanche soir à Niort en avant première nationale et dans tout le pays mercredi prochain. Je ne vais pas parler du film que, bien sûr, je n'ai pas encore vu mais de l'affaire elle même. Hier j'entendais Carion dire que les premières informations de cette extraordinaire affaire d'espionnage ont été révélées publiquement par Jacques Attali dans son Verbatim, ce qui m'a surpris.... j'ai vérifié dans ma bibliothèque et j'ai relevé que les journalistes Pierre Favier et Michel Martin-Rolland ont publié le 1er tome de La décennie Mitterrrand en octobre 1990 où l'affaire est abondamment évoquée (pages 94 à 100) alors que Jacques Attali n'a sorti son Verbatim qu'en 1993 et évoque l'affaire plus succinctement (page 86).
 Rendons à César les révélations qui proviennent de César. Farewell, le dernier des Mohicans ? La boucle est bouclée



( A suivre )

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