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A livre ouvert ..... Refondons l'école pour l'avenir de nos enfants...

29 Mars 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #à livre ouvert

 Ceux qui me connaissent ne s’étonneront pas que j’aie trouvé particulièrement  intéressant le livre de Vincent Peillon ; je trouve d’ailleurs ce mot ‘’intéressant’’ bien faible  pour définir ce que j’ai ressenti en le lisant, car s’y mêle aussi une forme de nostalgie quand je me souviens de certains débats du début des années 90 soit au sein de la FCPE, soit au sein de la motion « «Agir en socialiste » avec mes amis dont un certain Vincent.

 

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 Dans ce livre, sorti quelques jours avant qu’il ne présente son projet de loi à l’Assemblée, le ministre de l’éducation nationale déroule son projets en treize chapitres dont les titres sont suffisamment évocateurs. Chaque chapitre pour asseoir la démonstration s’appuie sur des données indiscutables qui font froid dans le dos tant elles témoignent d’une dégradation insupportable et de l’urgence de la  refondation. Au-delà des chiffres c’est aussi l’acte de foi du ministre dans la République et la morale laïque, une foi quasiment religieuse qui n’étonnera pas ceux qui ont lu sur ce blog le billet consacré à son ouvrage philosophique « Jean Jaurès et la religion du socialisme ».   

Avant d’examiner succinctement chapitre par chapitre les grands axes de cette refondation, j’en rappelle les trois objectifs majeurs. :

1/ Faire de l’école primaire la priorité numéro un, car c’est à ces âges que les savoirs fondamentaux doivent être acquis.

2/ Réformer en profondeur le système d’orientation afin qu’on cesse d’abandonner en chemin trop de jeunes sans diplôme ou qualification.

3/ La formation des enseignants,, abandonnée par les gouvernement de droite, doit être un pilier de la refondation éducative.

  Voyons maintenant succinctement la trame des chapitres fondateurs.

Chapitre 1 : Refonder l’école de la République, refonder la République par l’école.

«….’’Depuis plus d’un siècle’’, rappelait le président Jacques Chirac qui connaissait, lui, cette histoire, ‘’la République et l’école se sont construites l’une avec l’autre. L’école a été le rêve de la République. Et elle reste sans aucun doute la plus belle de ses réussites.’’. Lorsque l’école avance dans notre pays, c’est la République qui grandit. Lorsque l’école est fragilisée, voire attaquée, dans ses valeurs ou dans ses moyens, c’est la République qui est atteinte. En conduisant la refondation républicaine de l’école, nous voulons renouer avec cette identité républicaine de la France. … »

 Chapitre 2 : Investir dans l’avenir.

«…. Le redressement de notre pays est un impératif. Accorder la priorité à la jeunesse, ce n’est pas seulement s’adresser à une catégorie de la population, c’est se donner pour objectif de surmonter cette crise et donc de travailler pour la nation toute entière … … Toutes les nations du monde le comprennent, et nombre d’elles mieux que les autres puisqu’elles investissent de plus en plus dans leur école…’ » Les comparaisons  effectuées par l’OCDE montrent que la dépense par élève a, entre 2000 et 2010 pour 24 pays , augmenté en moyenne de 36%. Cette augmentation est inférieure à 10% pour trois pays dont la France.

 Chapitre 3 : Etat d’urgence.

«…. Quand on observe les résultats des élèves aux différentes enquêtes internationales depuis début 2000, l’école française occupe dans l’horizon international une place à peine moyenne…. Concernant le premier degré la France occupait en 2001 le 18e rang sur 36 pays évalués. En 2006 elle n’occupait plus que le 27e rang sur 44 et dans la dernière enquête concernant 2012 la France n’arrive plus qu’en 29e position sur 45 pays développés évalués…… Les chiffres donnent le vertige ; Globalement les écarts entre les bons élèves et les élèves qui connaissent des difficultés s’accroissent. D’après l’OCDE, l’incidence de l’appartenance sociale sur les résultats scolaires est plus forte en France que dans la plupart des autres pays développés. En 2009 nous nous classions 27e sur 34 en terme d’équité scolaire….. »

 Chapitre 4 : Quel levier ?

« Mal connues des Français, les causes de notre déclin éducatif sont pourtant bien identifiés par tous ceux qui, au-delà des clivages politiques, s’intéressent à l’école. La comparaison du système éducatif français avec les meilleurs systèmes européens est, de ce point de vue, particulièrement instructive….. En effet les systèmes scolaires les plus performants partagent un certain nombre de traits communs. Ils prêtent, au début de la scolarité, une attention particulière aux premiers apprentissages. Ils offrent une véritable formation initiale et continue à leurs enseignants, permettant une entrée progressive dans ce métier. Ils réduisent les inégalités par une certaine forme de mixité scolaire et sociale, et offrent à tous un enseignement commun, jusque tard dans la scolarité. Dans les pays qui réussissent les enfants sont moins stressés et moins fatigués, grâces à des rythmes adaptés et pensés pour eux , une notation qui arrivent tard dans leur parcours scolaire, des redoublements inexistant ou presque, du travail personnel encadré, pendant le temps scolaire…. »

 Chapitre 5 : Comment faire ? Petit discours de la méthode.

« Notre système éducatif est atteint en son cœur. Pour la nation, ce dysfonctionnement est un insupportable gâchis humains, social, économique. Il traduit, en même temps qu’il n’entraîne, une profonde panne d’avenir…. 10 pages qu’il est difficile de résumer en quelques lignes où l’auteur demande d’assumer les valeurs de la République, de respecter l’école, le savoir et les professeurs, en se fixant un objectif clair, la réussite des élèves. …..Pour atteindre cet objectif  il faudra plus que des moyens, il faudra aussi du temps….La culture de l’école n’est pas celle de l’émotion et du temps court. Elle est celle de la raison et du temps patient et persévérant. »

Chapitre 6 : Commencer par le commencement : priorité au primaire !

« C’est dans les premières années que se posent les bases….mais aussi que se nouent les premières difficultés. Non résolues, elles ne font que croître tout au long de la scolarité…..Vincent Peillon regrette que la France consacre l’essentiel de ses moyens au secondaire, relativement bien noté dans les comparaisons internationales, au détriment du primaire, alors que le taux d’encadrement du primaire est l’un des faibles de l’OCDE. Quand il se penche sur la maternelle, tout e reconnaissant l’excellent taux de scolarisation des enfants de 3 ans, proche de 100%, le ministre regrette le recul pour ce qui concerne l’accueil des moins de 3. Ans qui a reculé en cinq ans de 35% à 11% .Voilà pourquoi nous avons fixé l’objectif de revenir aux taux de scolarisation de 2002 soit 35% en ciblant en priorité les territoires les plus en difficulté. ….. L’ensemble des moyens que nous avons programmés pour les cinq années à venir seront répartis de la façon suivante : 2/3 pour le primaire 1/3 pour le secondaire.

 Chapitre 7 : Le temps d’apprendre.

« Accorder une priorité à l’école primaire, c’est aussi accorder une priorité aux besoin de nos enfants. A cet âge, il leur faut du temps pour apprendre. Du temps en quantité. Mais aussi et d’abord du temps de qualité, bien réparti sur la journée, sur la semaine et sur l’année. Du temps enfin pour des activités nouvelles, des apprentissages différents. Alors que, la moyenne d’heures de cours dans les pays de l’OCDE est de 774 heures pour les élèves de 7 à 8 ans et de 821 heures pour ceux de 9 à 11 ans, la France dans le primaire plafonne à 864 heures avec une concentration sur le plus petit nombre de jours (142 à 144 jours/an), pour une moyenne de 180 à 184 jours dans les pays développés. Le ministre explique les raison de son choix de revenir le plus tôt possible à la semaine de 4.5 jours/semaine avec une perspective à moyen terme de passer à 37 voire 38 semaines annuelles, sans augmenter le volume annuel horaire des élèves. L’intérêt des élèves doit permettre aux uns et aux autres, professeurs, collectivités locales, parents, de se dépasser même si chaque acteur fait valoir légitimement son point de vue.

 Chapitre 8 : Enseigner : une vocation et un métier

«…. Depuis la réforme insensée menée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il manque aux futurs instituteurs quelques choses d’essentiel ; une formation à leur métier. ‘’ La mastérisation’’ du nom barbare dont on a affublé la suppression de la formation professionnelle des enseignants a été conduite pour faire des économies. Stupide calcul ! Combien coûteront la dégradation à prévoir des performances des élèves…… C’est la raison pour laquelle nous avons créé 18.000 emplois d’avenir professeur sur trois ans. Ils permettront de recruter dès la deuxième année de licence des étudiants qui souhaitent devenir professeurs. Entre contrepartie de douze heures, effectuées dans les établissements scolaires en aide aux enseignants ……ils recevront de quoi poursuivre leurs études sereinement jusqu’au concours et se consacrer à leur futur métier.

En plaçant le concours de recrutement à la fin de la quatrième année nous permettons également de jeunes d’envisager cette carrière. Lors de leur cinquième année , les lauréats auront un statut de fonctionnaire stagiaire et tout en poursuivant leur formation rn alternance, ils recevront un traitement complet. La formation initiale et continue sera effectuée dans ses Ecoles supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) qui ouvriront leurs portes à la rentrée 2013 aux étudiants dès leur deuxième année d’étude supérieure.

Dans ce chapitre 8, le ministre aborde aussi la question de la rémunération : « Les enseignements français, c’est vrai, sont moins bien payé qu’ailleurs. Particulièrement dans le premier degré ; dès études font état d’une différence qui atteint environ 15 % avec nos partenaires européens. …. Il faudra traiter cette question, et la traiter sérieusement dans toutes ses dimensions ; déroulement de carrière, service ; traitement…..

  J’espère avoir démontré avec ce billet l’intérêt de lire ce petit livre de 147 pages. Bien évidemment je ne vais pas raconter la fin, tuer le suspense, et que les lecteurs n’aient plus envie de se  procurer et de lire cet intelligent et enthousiasmant ouvrage,

 Juste pour montrer que les chapitres suivants, les chapitres d’avenir, sont tout aussi passionnants, je liste leur titre.

Chapitre 9 : Faire réussir tous les élèves.

Chapitre 10: Une grande ambition pour l’école : inscrire la République dans les territoires numériques du XXIe siècle.

Chapitre 11 : Une école de l’exigence et de la bienveillance.

Chapitre 12 : L’idéal républicain et la morale laïque.

Chapitre 13 : L’école demain.

 

Bonne lecture et…. A suivre.

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argoul 30/03/2013 11:03

Malheureusement, la fin on la connait... Blocage systématique des syndicats, immobilisme corporatiste, refus obstiné de tout ce qui peut changer - avec l'incantation rituelle à "toujours plus de
moyens".
Avoir des idées, c'est bien, savoir comment les faire appliquer, c'est mieux. Ce gouvernement est une caricature de la gauche : grands mots et petit bras, idéal mais inaccessible, tous ensemble
mais chacun pour soi.
Même en politique, la "pédagogie" ça s'apprend.
Je regrette que les propositions de Vincent Peillon, qui me paraissent fort justes, ne soient pas applicables en l'état des blocages d'aujourd'hui.
Peut-être faudrait-il une "vision gaullienne" de l'avenir du pays dans l'Europe ? Peut-être faudrait-il "violer" les corporatismes au nom du bien collectif ?
Mais à force de ne prendre que des demi-mesures pour ne fâcher personne, peut-être n'a-t-on élu qu'une demi-portion Exécutive ?