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A livres ouverts...... Une Histoire d'Afrique.

5 Février 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #à livre ouvert

J’ai vécu, pour raisons professionnelles, une dizaine d’années en Afrique, Zaïre, Maroc, Guinée, Cameroun ; j’ai aussi, par des voyages brièvement traversés d’autres pays africains, mais je ne suis jamais allé au Mali…. Et pourtant mon intérêt pour la culture africaine, la littérature africaine (liens 1, 2, 3), l’Histoire de l’Afrique, la géopolitique et des rencontres, des colloques, des échanges même avec certaines personnalités, comme Pierre Biarnes, font que je crois comprendre un peu ce pays et pouvoir faire un billet sur son Histoire …. Certainement pas comme historien, mais comme curieux et amoureux de ces territoires et de ces peuples qui ont une histoire n’en déplaise à notre précédent Président.

Sources : Pour préparer ce billet j’ai rouvert des livres qui m’avaient passionné, il y a quelques années, et fait quelques vérifications sur internet.

 « L’histoire de l’Afrique noire des origines à nos jours.» de Robert Cornevin.

« L’histoire de l’Afrique des origines à la 2ème guerre mondiale.» de Robert et Marianne Cornevin.

« Les Mémoires de l’Afrique.» Documents rassemblés et commentés par Robert Cornevin.

« Histoire de l’Afrique noire » de Joseph Ki-Zerbo.

« L’Atlas des peuples d’Afrique » de Jean Sellier.

« Les Français en Afrique Noire, De Richelieu à Mitterrand » de Pierre Biarnes

« Les civilisations de l’Afrique » de Christian Maucler et Henrri Moniot

 La république du Mali à conservé les frontières de la colonisation ; le pays a une superficie de 1250 km2 (le double de la France) et est peuplé d’un peu moins de 15 millions d’habitants de différentes ethnies. Au nord dans les zones désertiques (la moitié de la superficie totale du pays) on trouve essentiellement  les Maures et les Touaregs qui représentent environ 10% de la population totale du pays. Au sud sont implantées les Bambaras, les Malinkés, et d’autres groupes répartis le long du fleuve Niger comme les Sarakolés (plus souvent appelés aujourd’hui Soninkés), les Dogons, Les Peuls, les Toucouleurs, les Songhays et d’autres…. Tous ces groupes sont aussi installés dans des pays limitrophes. Les Malinkés, les Bambaras, les Sarakolés parlent une langue mandée. Principalement implantés au Mali, les Bambaras sont aussi présents en Guinée, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, Niger et Sénégal. Les Malinkés, sont surtout présents en Guinée mais également au Mali, en Côte d’ivoire. Les Sarakolés  sont  essentiellement implantés au Mali en débordant un peu au Sénégal et en Mauritanie. Les Dogons également d’origine mandée installés sur les plateaux au sud-ouest de la boucle du Niger sont historiquement liés aux Sarakolés. Ils ont une culture particulière, ayant très longtemps fuit l’islamisation qui, une fois acceptée, n’a jamais totalement évincée des cultes animistes et même cosmologiques.

 Les Peuls et les Toucouleursparlent la langue peule. La différence essentielle entre ses deux groupes est la plus ancienne sédentarité des Toucouleurs, qui sont surtout rencontrés au Sénégal et partiellement en Mauritanie et au Mali. On trouve des Peuls, peuple nomade, dans une quinzaine de pays africains, jusqu’au Cameroun. Au Mali ils seraient le deuxième groupe le plus important derrière les Bambaras. Les Songhays forment un groupe à part qui pourrait être un métissage d’origines diverses Mandingues, Peuls et Touaregs.

Ces groupes rassemblés en chefferies se sont, dès le milieu du 1er millénaire et grâce aux contacts commerciaux avec les Berbères, transformés en ensembles plus élaborés, avec une forme de construction politique que l’on définit aujourd'hui comme des royaumes voire des empires ; ils présentaient une relative homogénéité ethnique leur conférant une assez grande stabilité. Il y eut ainsi à la fin du 1ermillénaire, en Afrique sub-saharienne, trois royaumes noirs : Le royaume du Kanem au nord du Tchad qui s’étendit ensuite sur les actuels Niger et Nigéria pour devenir le royaume Kanem-Bournou, Le royaume Songhay de Koukia dans la région de Gao et le royaume de Ghana. Les royaumes du Kanem et de Songhay se créèrent au VIIesiècle par l’arrivée de nomades Berbères qui prirent même le pouvoir au sein d’une population de sédentaires noirs qui, ensuite, les ont totalement absorbés. Pour le royaume du Ghana la configuration semble avoir été différente car dès le IVesiècle il y aurait eu un semblant d'Etat avec des rois d’origine berbère et leurs vassaux Sarakolés. A la fin du VIIIesiècle un Sarakolé du clan Cissé, prenait le pouvoir chassant les Berbères de la région ; lui et ses successeurs agrandirent le royaume qui, au début du Xesiècle, s’étendait entre le Niger dans la région de Djenné et la vallée du Sénégal jusqu’au Teckrour (actuel Fouta-Toro). En 990 le royaume du Ghana prenait même le contrôle de la ville Berbère d’Aoudaghost, en Mauritanie.

«  Le Ghana pour les auteurs arabes qui le mentionnent dès le VIIIesiècle, c’est le pays de l’or…… Marchands arabes, berbères et soudanais viennent y chercher de l’or. Ils y proposent l’étoffe et divers produits du Maghreb. Le roi est le premier bénéficiaire de ces échanges….Le souverain vit dans la capitale (Koumbi-Saleh au sud de l’actuelle Mauritanie ) composée de deux cités, l’une musulmane, est habitée par les négociants, des lettrés, des juristes et comporte douze mosquées ; l’autre est animiste…. ». Dans les années 1040 les Berbères du Sahara occidental s’organisaient et s’unissaient en mouvement Almoravides pour reprendre Aoudaghost.

«  Au XIesiècle les Almoravides s’installent au nord-ouest du royaume du Ghana. Ces conquérants sont animés d’une foi profonde en un islam revenant à la pureté des origines. Leur influence s’exerce aussi en Afrique noire. » Les Almoravides devenaient maîtres de la route de l’or et le royaume du Ghana déclinait alors lentement.

 

Royaume mali

Au XIIIe siècle deux groupes mandés se disputèrent les restes du royaume :  Soumangourou Kanté souverain des Soussous, un groupe païen de l’ethnie Sarakolé l’emportait en chassant vers le nord les Sarakolés déjà islamisés, avant d’être à son tour vaincu par les Malinkés de Soundiata Keita.

«  Soundiata avait été un enfant infirme ce qui lui valut d’avoir la vie sauve lorsque le roi du Sosso massacra ses frères et son père, souverain du petit royaume du Mali, proche du Bouré, l’une des sources de l’or du Ghana. Doué d’une volonté farouche et quelque peu magicien, Soundiata prépara sa revanche pendant des années. L’affrontement décisif avec son ennemi eut lieu vers l’an 1230 à Kirina près du Niger. Les troupes du roi Sosso furent écrasées et la dynastie de Soundiata enfin vengée…..Les Soussous migrèrent alors vers le sud-ouest au Fouta-Djalon (en actuelle Guinée.) ….Il fit mieux encore et de conquêtes en annexions fonda un vaste empire dont il devint le Mansa, le chef qui régnait depuis le palais de Niani, sa nouvelle capitale (dont la localisation probable au nord de la Guinée reste incertaine et discutée)

« ….Pour près de deux siècles, le Mali constitue le plus riche Etat de l’Afrique de l’Ouest…… A la  base de l’empire, un clan réunissant quelques familles princières soutient le Mansa, alors qu’un ensemble de tribus serves assure le ravitaillement en hommes et ressources.. Le cœur de l’empire est divisé en provinces, cantons et villages et administrés directement. Au-delà se trouvent des royaumes dépendants où un envoyé impérial surveille, prélève, mobilise des guerriers en cas de conflits…

…. La gloire des Mansa sait parfois être spectaculaire. En 1324-1325, le Mansa Moussa fait le pèlerinage à la Mecque avec un faste inégalé. Au passage, il rend visite au sultan du Caire, précédé de milliers d’esclaves aux tenues chamarrées, et distribuant de l’or en telles quantités que la valeur du précieux métal allait être diminuée pour de nombreuses années.

A partir de la première moitié du XVesiècle, le Mali connaît une longue période de déclin politique, dû à des querelles dynastiques et à l’émergence à l’est et à l’ouest de rivaux ambitieux…. ». La dynastie des Keita devait régner jusqu’en 1645 sur un territoire de plus en plus réduit.

 

 Les Songhays allaient reprendre le flambeau et fonder au XVe siècle le dernier des grands empires soudanais du Moyen-Âge. Sonni Ali (1464-1492) en fut le véritable fondateur. Au Xe siècle les Songhays avaient transféré leur capitale de Koukia à Gao, en aval du fleuve Niger au débouché de l’une des grandes pistes caravanières du Sahara.

«…..En 1325, le Mansa Moussa du Mali en fait la conquête et en exige le tribut : Cette sujétion ne dure pas : l’indépendance des Songhays revient quelques années plus tard avec la dynastie de Sonni Ali qui non contente de secouer la tutelle de l’empire Malien y effectue de terribles razzias et pille même sa capitale Niani. Sous son règne les Songhays soumettent la vallée du Niger avec ses grandes cités de Tombouctou, Mopti, Djenné. Musulman et roi magicien, Sonni Ali fait sa place à un islam déjà bien installé et influent, mais veille aussi à maintenir les cultes traditionnels, héritage historique vital pour la cohésion des Songhays. .. »

Sonni Ali fut un grand chef de guerre. A sa mort en 1492 le royaume Songhay, couvrait la totalité de l’actuel Mali, Sahara compris. Après une courte période de troubles l’un de ses généraux, un Sarakolé Mohamed Touré prit le pouvoir en 1493 et fonda la dynastie des Askya musulmans opposée à celle des Sonni magiciens.

Royaume Songhay

«…..Sous son règne (1492-1528) l’islam devient tout puissant. Après un pèlerinage à La Mecque il reçoit le titre de calife du Soudan et  réorganise son Empire : Une bureaucratie de lettrés, une armée permanente, une ferme administration assurent la cohésion de ce vaste ensemble.

Mais au Sahara l’empire Songhay se heurte à partir du XVIe siècle aux intérêts des Marocains…. En avril 1591, une colonne de guerriers (1500 hommes) partie de Marrakech écrase à Tondili l’armée (forte de 30.000 guerriers) de l’Askia. Après cette défaite, l’empire s’évanouit, morcelé, dissous ruinés….. »

 L’armée marocaine, composée en grande partie de mercenaires, équipée d’armes à feu et commandée par un renégat espagnol surnommé Pacha Djouder entrait dans Gao tandis que les Askia se réfugiaient en amont du fleuve au Dendi (région de Niamey) pour organiser une vive résistance.. Ces mercenaires restèrent dans la région, se muant en un régime d’oligarchies locales avec à la tête de chaque ville un caïd, le tout étant coiffé par un pacha résidant à Tombouctou, le premier étant Pacha Djouder. Ce fut le régime des Armas qui se traduisit par une longue période  d’instabilité (156 pachas en 138 ans de régime) de décadence et d’anarchie  qui se prolongea jusqu’à la moitié du XVIIIesiècle. Les « Marocains » incapables de s’imposer en dehors des villes subirent des échecs face aux résistants Songhay, aux Touaregs venus du désert, aux Bambaras venus de Ségou et aux pasteurs Peuls.

  L’effondrement de l’Empire Songhay créait au cœur des pays mandé un vide politique, tandis que le Mali se trouvait réduit à son petit territoire d’origine. En amont du delta inférieur du Niger prédominaient des populations d’agriculteurs de langue Malinké restés adeptes des religions traditionnelles que les musulmans nommaient Bambaras.

 Vers 1660 le chef Bambara Kaladian Koulibali étendait son autorité au sud aux dépens des rois du Mali primitif. La puissance des Bambaras de Ségou s’affirmait sous le règne de Biton Koulibali (environ 1710-1755). Il constitua une armée de métier qui lui permis de conquérir le Macina et d’annexer un autre royaume Bambara, appelé le royaume de Kaarta qui avait été fondé par l’un de ses oncles Ngolo Koulibali. Remarquable administrateur Biton Koulibali sépara son royaume en soixante provinces, développa l’agriculture et organisa une flotte fluviale qui contrôlaitle cours du Niger moyen. Malgré des querelles de successions, le royaume Bambara s’agrandit encore jusqu’à la fin du XVIIIe siècle toute la région qui s’étend entre le haut Sénégal et le Niger. Resté très attachés à l’animisme, il allait se heurter au XIXesiècle aux Peuls du Macina.

  Car l’évènement dynamique dans l’histoire du Soudan nigérien au XVIIIesiècle, celui qui changea la face politique de l’Afrique sahélo-soudanaise au XIXe siècle c’est la conversion des Peuls à l’islam.

 1804 marqua le début d’un renouveau islamique remarquable dû à Ousmane dan Folio, fondateur de l’empire Peul du Nigeria. Le mouvement se propagea dans toute la bande soudanaise de l’Afrique.

« Ousmane dan Folio était né en 1754 au Gobir le plus au nord des Etats haoussas, édifié autour de Sokoto (Nigéria) et Maradi (Niger). Il s’était acquis très jeune une grande réputation de lettré et de mystique, et il avait mené tout d’abord une vie de prédicateur ambulant, prêchant pour un islam débarrassé de toute trace de paganisme. Puis il s’était installé dans son village natal pour continuer à y dispenser son enseignement à des disciples de plus en plus nombreux… A la longue cette prédication avait inquiété les princes haoussas et le roi du Gobir qui avaient tenté de le faire arrêter…. En févier 1804 Ousmane dan Folio s’était enfui à Goudou, où ses partisans l’avaient aussitôt proclamé ‘’Commandeur des croyants’.’ Cela déclencha une guerre sainte où l’aristocratie haoussa fut vaincue. En quelques années les porteurs d’étendards bénis, d’Ousmane dan Folio, choisis parmi ses plus fidèles disciples étaient devenus maîtres de toute les grandes cités du nord du Nigéria actuel…. Ousmane dan Folio n’avait dirigé personnellement cette épopée guerrière menée au nom de la foi que jusqu’en 1809 et tandis qu’il passait les neuf dernières années de sa vie dans une retraite religieuse, c’est son fils aîné Mohamed Bello qui depuis Sokoto avait parachevé l’édification du nouvel empire. ….. Mais à partir de son foyer central de Sokoto, les ondes de choc de la prédication d’Ousmane dan Folio avaient bouleversé les structures politiques d’une région beaucoup plus vastes. ;…. Elles avaient été pour une grande part à l’origine de l’empire peul du Soudan nigérien, celui du Macina, fondé par un autre marabout mystique réformateur, Cheikou Ahmadou à qui, juste avant sa mort en 1818, Ousmane dan Folio avait remis plusieurs étendards bénis destinés à lui assurer la victoire. Après avoir vaincu l’armée païenne du roi Bambara de Ségou, Cheikou Ahmadou avait établi sa capitale à Hamdallahi et s’était doté d’une organisation militaire et fiscale évoluée, puis avait conquis Djenné et Tombouctou en 1826. Son fils, Ahmadou Cheikou et son petit-fils Ahmadou Ahmadou, avaient perpétué son œuvre…..Le règne de ce dernier fut tragiquement interrompu en 1862, lors de la conquête Hamdallahi par El Hadj Omar.   »

 Omar Seydou Tall est né en 1776 à Podor dans le Fouta Toro, dans la moyenne vallée du Sénégal, noyau de l’ancien royaume Tekrour, peuple que les occupants français nommèrent les Toucouleurs. Enfant Omar faisait preuve d’une maturité remarquable il fut ensuite jeune homme initié à la confrérie ‘’ Tidjaniva’’. A l’âge de 30 ans il fit un séjour à Hamdallahi où il fut bien reçu par le roi Peul Cheikou Amadou, puis il séjourna sept mois à Sokoto à la cour de Mohamed Bello avant de poursuivre sa route vers La Mecque où Il acquit le titre de El Hadj. Il demeura cinq années à Médine où il se fit nommer ‘’Khalife général de la confrérie Tidjaniva’’. Sur le chemin du retour il séjourna à l’université Al Ahzar du Caire où les savants reconnurent sa science islamique. Passant au Bournou le sultan lui donna une fille en mariage enfin il s’arrêta une nouvelle fois à la cour de Mohamed Bello où il fit un grand nombre d’adeptes. Il épousa également une fille de Mohamed Bello qui fut la mère de son successeur Amadou. Il repassa aussi à Hamdallahi où il fut accueilli, cette fois, avec beaucoup de réticence par les Peuls du Macina devant ses prédications contre la confrérie Qadriya plus conservatrice et hiérarchisée..

fin duXVIII

Treize années passèrent qui lui permirent de créer une véritable armée de jeunes disciples attirés par le caractère démocratique et égalitaire de la Tidjaniva. En 1850 s’étant fourni des armes auprès de trafiquants britanniques il se sentit prêt à fonder un empire ‘’tidjaniste’’. En 1854, les forces d’Omar s’emparèrent du royaume Bambara de Ségou et de Kaarta, mais en 1857 il se heurta à Médine à l’armée française de Faidherbe gouverneur du Sénégal depuis 1854. Il signa une paix avec les français en 1860, pour pouvoir consacrer toute son énergie à conquérir les territoires du Macina. Ses troupes s’emparèrent d’Hamdallahi en 1862 puis de Tombouctou. Les Peuls et les Bambaras s’allièrent pour contre-attaquer et Hadj Omar dut se réfugier chez les Dogons mais assiégé dans les falaises de Bandiagara il fut tué le 13 février 1864. Son fils Ahmadou lui succèda et installa sa capitale à Ségouoù il se heurtait, comme son père, aux Peuls du Macina et aux Bambaras mais aussi à un nouvel occupant les Français qui ne se contentait plus de la conquête du Sénégal côtier. 

 Louis Léon César Faidherbe, général républicain, quittait en 1865 le Sénégal après dix années de labeur laissant un pays conquis, pacifié et en cours de colonisation et avec la nécessité d’expansion vers l'est, vers le fleuve Niger. « A partir de là, le conquête du Soudan devait s’effectuer en une douzaine de grandes campagnes annuelles, rythmées par les saisons. Dirigés par le colonel Borgnis-Desborges les trois premières campagnes furent marqués par la prise de Kita en 1881 et Bamako en 1883. De 1885 à 1888 Gallieni s’emparait de Siguiri au sud puis assurait la navigation sur le fleuve Niger puis prit enfin Tombouctou. ….. Mais au travers de multiples actions c’est surtout au sultan Ahmadou au nord et à l’almami Samory au sud que les envahisseurs avaient eu affaire et les forces de ces deux adversaires de grande envergure étaient encore à peine ébranlées…. Amadou,  fils ainé d’El Hadj Omar, tout occupé par ces soucis internes n’avait opposé jusque-là, à la pénétration française, qu’une résistance plutôt diplomatique que militaire, allant jusqu’à prêter main-forte à Gallieni dans sa lutte contre Mahamadou Lamine un marabout Sarakolé originaire de Kayes. C’est alors qu’était arrivé le colonel Louis Archinard qui allait en moins de cinq ans d’abord comme commandant supérieur, ensuite comme gouverneur anéantir l’empire d’Ahmadou et ébranler sérieusement celui de Samory.

 La défaite d’Ahmadou fut consommée en trois campagnes. Koundia isolée en zone française tomba comme un fruit mûr le 18 février 1889. La prise de Ségou nécessita plus de moyens ; mais la fuite de ses défenseurs le 6 avril dès les premières salves, porta un coup au prestige des héritiers d’El Hadj Omar. Seul Ahmadou fit front à ses agresseurs à Nioro mais dut s’enfuir à son tour le 29 décembre 1889.....Avec Samory Touré ce fut une autre histoire»

 Le cas de Samory du point de vue de l’Histoire africaine, est le plus intéressant des grands noyaux de résistance musulmane des vingt dernières années du XIXe siècle. Samory Touré  est né vers 1835 dans les environs de Kankan (Guinée) en pays Manding, dans une famille de Dioulas islamisée. Il avait appris le métier des armes en servant comme sofa (fantassin) au service de petits souverains théocratiques de sa région. Ce n’était pas un lettré musulman mais il basa son autorité sur l’observation d’un islam strict et fit répandre l’enseignement de la très conservatrice confrérie Qadriya. Il se faisait volontiers passer pour une réincarnation de Soundiata Keita, le fondateur de l’empire du Mali, au début du XIIIe siècle, ce qui prouve l’importance de l’Histoire pour ces peuples que certains petits esprits pensent qu’ils ne sont jamais entrés dans l’histoire. Samory organisa une administration fortement centralisée et surtout forma une  armée de métier bien entraînée et bien équipée en armes à feu et même en chevaux. Il fonda un empire, le Ouasoulou, qui s’étendait sur une grande partie du pays malinké correspondant à l’actuel Mali et la Guinée et atteignant au fil des combats la Sierra Léone, le Libéria et la Côte d’Ivoire

En 1891 le Général Archinard attaquait Kankan. Samory résista six ans à la progression française grâce à une stratégie de terre brûlée, de fuite en direction de nouvelles terres conquises en pillant au passage vivres, esclaves et argent. Ses troupes se déplaçaient très rapidement passant d’un territoire à l’autre et n’hésitant pas à parcourir de très grandes distances entre Soudan Guinée et Côte d’Ivoire. Insaisissable Samory ou presque…. Il dut s’avouer vaincu  en 1898, encerclé à Guémélou, fait prisonnier le 29 septembre, puis déporté au Gabon où il  mourut quelques mois plus tard.

 Le territoire malien dénommé Haut-Sénégal-Niger devint en 1895 une colonie française intégrée à l’Afrique Occidentale Français (AOF)  En 1920 il était appelé Soudan Français. Cette nouvelle phase, la pacification et la colonisation, commençait au plus mal avec l’odieuse colonne Voulet-Chanoine qui brûlait les villages et massacrait les habitants sur son passage.

  La suite est une autre histoire avec d’abord  la colonisation pendant une période de 65 ans,  puis l'indépendance depuis le 22 septembre 1960..... il y a plus de 52 ans.  

 

 (A suivre)

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PROST 06/02/2013 11:25

Toujours le même plaisir à te lire. Faut dire que dans Sautet y'a rien à jeter.