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Avant Didi.....La famille Prieux et le livre de la persévérance...

28 Octobre 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #Didi

Une curieuse histoire que celle de ce livre que j'ai découvert cet été chez mon frère ; un livre de première communion, un livre de ma grand-mère Geneviève, la mère de Didi et de mon père Roger.

Je me souviens assez bien de ma grand-mère qui est morte en 1954, elle n'était pas très âgée, à peine 56 ans, moi j'avais alors 7 ans. Elle fut catéchiste et jouait de l'orgue à la messe. Elle fut emportée par un cancer comme le fut aussi Marcel mon grand-père en 1959 (qui lui jouait à la belote au café près de l'église à l'heure de la messe) puis mon père en 1962 et là je n'avais que 15 ans. Saloperie de crabe ! Pas très gai comme entame d'article alors que c'est justement parce je me suis franchement bidonné en parcourant ce missel que j'ai voulu en faire un billet. (J'ai oublié de préciser que mon père était aussi très pratiquant comme sa mère..... ce qui n'est pas une forme d'assurance vie car il avait un peu moins de 40 ans)

D'abord j'ai bien failli ne pas pouvoir faire ce billet car ma chère belle-sœur était plutôt réticente à ce que j'emmène le livre, un cadeau de ma mère pour ses enfants, et elle tenait à ne pas le perdre ; louable intention ! Après tout si ma mère a cru bon léguer ce pieux bouquin aux enfants de mon frère plutôt qu'aux miens c'est en toute connaissance de cause. J'ai alors juré mes vains dieux même celui des chrétiens que ce n'était qu'un emprunt, qu'il ne resterait pas trop longtemps sur ma table de nuit (risque d'une crise de foi ?) en promettant de le lui renvoyer assez rapidement et j'avais même fixé une date cible à cet engagement : fin octobre… Bref ça urge ! Un mécréant doit tenir parole surtout envers une croyante, question de principe et de crédibilité !

 

Selon la dédicace en première page du livre, il fut offert par Pierre Prieux à sa nièce Geneviève qui faisait ce 3 juin 1908 sa première communion. Pierre Prieux était alors Vicaire général de Sens, ce qui confirme quelques informations que m'avait fournies mon oncle Didi sur cette lignée des Prieux : son grand père et un oncle étaient les seuls laïcs d'une fratrie de culs bénis comprenant deux religieuses et deux prêtres dont un aurait même été évêque. (?) Est-ce que l'évêque était ou fût ensuite Pierre le vicaire général : Mystère saint et boule de gomme ?

Comme je ne connais rien des grades religieux, encore moins que ceux de l'armée, je ne peux me prononcer. Toute la fratrie était originaire de Dollot dans l'Yonne où je suis passé il y a un peu plus d'un an, en me posant d'ailleurs la question de savoir qui avait hérité de l'exploitation agricole? Puisque que les deux laïcs connus (professionnellement car sur le plan spirituel ils sont restés cul-bénis) ont quitté la terre bourguignonne pour la région parisienne. Dans la fratrie il dut y avoir un septième enfant, frère ou peut-être une sœur, non religieuse. Le petit tour que j'avais fait alors au cimetière du bourg confirmait qu'e ce village ne manquait pas, ces dernières décennies, de Prieux.

 

Ce bouquin intitulé le livre de la Première Communion et de la Persévérance est l'œuvre de Monseigneur Baunard, Prélat de la maison de la sainteté et fut édité (Pub) en 1888 (4èmeédition) à la librairie Poussièlgue frères rue Cassette Paris 15ème. On retrouve ce Monseigneur Baunard par Google écrivain catholique traditionnaliste et semble t-il nationaliste.  Maurassien ? Peut-être  ...... mais ce n'est pas le sujet....

Dans ce billet, je n'ai pas l'intention de me moquer de la religion et je ne fais aucun commentaire sur la plus grande partie du livre : Les exercices du chrétien : les prières du matin, l'ordinaire de la messe, zappant l'introduction : les vêpres du dimanche, les prières du soir etc…. Je passe la longue partie sur la Première Communion et j'arrive prestement sur la seconde partie la Persévérance :

En négligeant les chapitres 1 et 2 également purement religieux on arrive enfin et surtout sur un chapitre donneur de conseils peu éclairés (enfin très loin des lumières), intitulé "La vie chrétienne", la page 376 à la page 452 et plus précisément les sous chapitres intitulés " La vie de famille", "La vie au travail" et "Lectures et amitiés". Décapant, réactionnaire à souhait….

 

Au départ je ne voulais mentionner que quelques courts passages, quelques exemples super intégristes, mais le diable se cachant dans les détails, je n'ai pu me résoudre à trop résumer…..  trop tordant …… et puis sachant qu'il y a toujours des disciples de Monseigneur Lefèvre …..je suis un peu plus exhaustif tout en restant raisonnable.

 

" Un des plus grands dangers des âmes en ces temps-ci, c'est la vie dissipée, épanchée en dehors; et la meilleure gardienne de votre persévérance est la vie de famille. Qui ne le sait ? Qui n'en gémit amèrement de nos jours ? Un mouvement fébrile nous arrache de plus en plus à nous-mêmes et aux nôtres. On se quitte soi-même par dissipation: c'est le premier degré ; puis on quitte sa maison, quelquefois son pays. Nos demeures se vident chaque jour, les rues, les magasins, les salons et les cercles ne désemplissent pas; le chez-soi est à charge, et ce foyer domestique, si cher à nos aïeux; Qui le considéraient presque comme un sanctuaire, n'est plus aujourd'hui qu'une prison détestée. La toilette le matin, les visites dans le jour, et les plaisirs le soir; la vie publique prend tout, et l'on n'appartient plus ni à soi ni à  Dieu. …

…..Ce grand air de liberté est malsain à jeune âge et lorsqu'à quinze ans on se produit partout et lorsqu' avant vingt ans on a goûté à tout, il arrive qu'à vingt cinq ans on est lassé de tout…….. La vie de famille est le remède à cet entraînement…… Le monde apprend peu de choses, la famille apprend tout ce qu'il faut connaître.

Ici je m'adresse aux filles: Que devez vous savoir? Qu'est ce qui fera votre mérite votre distinction? Je le sais à peu près, gouverner une maison, régner par la douceur et par la charité, prendre et donner aux autres l'habitude de l'ordre, du travail, de la réserve; se fait agréer, par l'amabilité et la patience; se faire pardonner ses défauts par la bienveillance; recevoir cordialement, commander doucement concilier la bonté avec l'autorité, employer utilement, de longues journées, remplir sa solitude en cultivant son âme, se livrer à peu de gens et se prêter à tous, secourir de moins heureux que soi; s'approcher des maux des autres, afin que les siens propres paraissent plus supportables; bien choisir ses amis et mettre Dieu à leur tête ; enfin savoir se cacher, se dévouer et souffrir où cela s'apprend-il, si ce n'est au foyer domestique et à l'exemple de votre mère……

…… Les jeunes hommes ne sont pas moins redevables à la famille. Forcés malheureusement de s'en séparer plus tôt et plus longtemps que les femmes, c'est là qu'ils se retrempent aux sources de la vérité et de l'aménité, se protègent contre les allures communes ou grossières qui leur viennent parfois de l'éducation publique…. Comparez le jeune homme de l'oisiveté et de la liberté avec celui de la famille et de la discipline chrétienne: comparez la jeune fille des soirées, de la mode, des lectures telles quelles avec celle du foyer domestique….

Eh bien! Mon cher enfant le monde est une ville prise, l'ennemi est dans la place…. Il veut faire de vous son esclave, sa victime : venez vous réfugier à l'autel domestique contre les flammes des passions, contre traits du monde et la rage de l'enfer. Je ne connais de meilleur asile que la famille…..

 

C'est vers douze ans que se dessine la carrière que nous aurons à parcourir. A cet âge le jeune homme quitte l'école primaire pour entrer dans une autre ou prendre une profession ; la jeune fille voit s'achever le temps de ses premières études, et s'ouvrir ces années qui sont comme un entr'acte  entre l'âge où l'on était encore une écolière, et l'existence nouvelle que les mères entrevoient dans l'avenir de leur fille. C'est le temps de la liberté et des petits succès……

….. Vous ne serez pas mon enfant, de ceux qui traînent par les rues leurs nonchalants loisirs, et se couchent lâchement sur le sillon inculte dans la saison des semailles….Ce n'est pas que je veuille vous interdire des délassements aimables, mais qui dit délassement suppose une fatigue : On le goûte qu'à ce prix !.....

…. L'instruction des jeunes filles doit avoir une large part dans leur éducation et le temps est passé où l'on confinait les femmes dans les soins du ménages. Qui donc aujourd'hui estimerait la jeune fille qui ne parerait son corps sans cultiver son esprit. Sans doute, ni l'algèbre, ni la géométrie, ni les grands problèmes du gouvernement des peuples,  ni les trésors de l'érudition, ni les secrets de l'éloquence ne lui seront demandés : mais si elle écrit mal et parle mal,…… si ignorant l'histoire de sa nation,…… si surtout elle hésite sur les grandes vérités de la religion….qu'elle devra apprendre aux autres …..Où sera, je ne dis pas seulement sa distinction, mais sa part d'influence au sein de la famille et de la société ?....

…. Il n'est pas difficile de déterminer la part du devoir professionnel dans l'éducation et l'instruction de la jeune fille. Votre vocation à toutes n'est-elle pas de vous dévouer, de vous donner, de servir et de régner en servant ?....

 

Et on voudrait nous faire peur avec la poussée d'Ennahda en Tunisie. .

 

A suivre.

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