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Blog à part ........ Mouilleron-en-Pareds en Vendée.

21 Août 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Blog à part

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Mouilleron-en-Pareds est une charmante petite ville d’environ 1450 habitants située sur le plateau vendéen, entre les villes de Chantonnay et de la Châtaigneraie et distante d’environ 25 km du département voisin des Deux Sèvres et moins de 80 km de Niort. Cette commune vendéenne avait 1200 habitants en 1791, 1600 habitants en 1841, 1770 habitants en 1889. Pourquoi choisir ces dates me direz vous ? Il s’agit des dates de naissance de trois personnalités importantes, et pour deux d’entre elles des personnalités historiques hors du commun, comme en témoignent les panneaux sur la façade de la mairie.

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En 1841, le 24 septembre, naissait à Mouilleron-en-Pareds Georges Clémenceau, homme politique, homme contradictoire, homme aux quatre visages selon l’époque : Le Tigre qui fit tomber de nombreux ministères, le dreyfusard qui mena pendant neuf ans le combat du droit et de la justice, le premier flic de France qui, de 1906 à 1909, dirige d’une main de fer le gouvernement et le ministère de l’intérieur, enfin le père la victoire qui, comme président du Conseil et ministre de la guerre à partir de 1917 à 1920 conduisit à la victoire, et à la reddition de l’Allemagne et la signature de l’armistice du 11 novembre 1918. Au premier semestre 1919 Clémenceau représentait la France à la conférence de la Paix de Paris auprès du président américain Woodrow Wilson et le premier ministre Loyd George. Il resta chef du gouvernement jusqu’en janvier 1920.

Clémenceau est mort à Paris le 24 novembre 1929.

En 1889, le 2 février, naissait aussi à Mouilleron-en-Pareds, Jean de Lattre de Tassigny, qui consacra sa vie à la carrière militaire. Elève de Saint Cyr de 1909 à 1911 il entrait ensuite à l’école de cavalerie de Saumur. Jeune lieutenant d’infanterie quand éclata le conflit de 1914, il fut blessé dès le 11 aout. Il fut ensuite nommé capitaine au 93 Régiment d’infanterie et termina cette guerre terrible avec 4 blessures et 8 citations.

Je reviendrais plus loin, longuement sur la carrière militaire de Jean de Lattre de Tassigny, qui sera le représentant de la France à Berlin à la signature de la capitulation allemande du 8 mai 1945 au quartier général soviétique auprès du maréchal Joukov et des généraux, américain et britannique, Eisenhower et Montgomery.  

  Il me faut quand même mentionner la troisième personnalité née à Mouilleron-en-Pareds en 1791, dans la même rue que Clémenceau, à moins de cent pas, mais cinquante ans plus tôt. Il s’agit de Charles-Louis Largeteau un physicien et astronome français de très grande renommée. On ne peut guère le relier à une carrière militaire même s’il fit ses classes à l’Ecole impériale Polytechnique dont il sortit sous-lieutenant dans le corps des ingénieurs géographes en 1813……  Il n'a pas l'honneur de figurer au fronton de la mairie. Je n’ose envisager que ses brillants travaux aient eu une incidence sur les scripts de ‘’La guerre des étoiles’’ je vais donc abandonner ce grand astronome pour le reste du billet.  

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  « ...... Georges Clemenceau a vu le jour dans la modeste demeure de ses grands-parents maternelle, les Gautereau : sa mère Emma, de plus petite bourgeoisie, mal à l'aise chez les Clemenceau qui se montaient du col, avait préféré faire ses couches chez ses parents. Les Clémenceau habitaient une gentilhommière, l'Aubraie, acquise avant la révolution en plein bocage, à une dizaine de kilomètres de Chantonnay. Chez eux, qui se prévalaient de leurs origines, présidait une fierté sociale motivant chez le grand-père le port d'une cravate blanche et d'un chapeau haut de forme en toute circonstance, même quand allait voir ses vaches. Georges, qui racontait cette anecdote, se gausse des Clemenceau ''fiers comme des paons''.....A moins d'évoquer son père, il ne fatiguait jamais personne de sa généalogie....... Ce père, Benjamin Clemenceau était médecin, vaguement médecin disait son fils. En fait il vivait à l'Aubraie des revenus de ses fermes, réservant son art à ses paysans malades. Pour le futur ''Tigre'', le père compta moins pour la vertu de sa profession que pour son républicanisme farouche, sa foi dans le progrès et l'influence qu'il eut sur sa formation intellectuelle et politique : Georges fut élevé sous les portraits d'hommes de la Révolution française. »  (Clémenceau de Michel Winock). On retrouve, en moins complet, les mêmes informations dans le ''Clémenceau '' de Pierre Saulière : « ......Il n'a cessé de se gausser de ses aïeux : '' J'appartiens à une famille où il ne s'est rien passé''.......sauf son père Benjamin Clémenceau qui..... dès les premiers balbutiements de son fils, lui enseigna l'amour absolu et indivisible de la liberté , la haine des prêtres, la grandeur de la Convention nationale.....''Je suis né d'un père idéologue qui avait le culte de la Révolution'' ne cesse de répéter le Tigre. A cet homme ''mélancolique et farouche'' sa femme Emma Gautrau, apporte la douceur et aussi le réalisme d'une souche familiale proche de la paysannerie. Les Gautreau étaient protestants. Le docteur respectait profondément les croyances, mais s'opposa de toutes ses forces, à Emma chaque fois qu'elle parleait de faire de son fils un chrétien. ''Pas plus de Calvin que de pape! Jamais de catéchisme'' dit le docteur.

  La maison natale de Clémenceau n'est pas encore visitable, aussi nous nous sommes dirigés vers celle où naquit Jean de Latre  de Tassigny située à envison 300 m. Le style est  différent elle est plus bourgeoise sans pour autant être un château.  

 D'après des prospectus et des informations glanées sur internet nous étions sensés y trouver le musée Clémenceau -De Lattre. Il n'en est rien c'est uniquement un musée De Latrte. Il y aura dans  quelques temps un musée Clémenceau dans sa maison natale, ce qui parait normal quand on sait combien ces deux hommes étaient différents. Leur seuls points communs étant le patriotisme et le fait d'avoir, chacun, conclu une ''guerre mondiale''.     

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“Ne pas subir” telle était la devise que Jean de Lattre choisit à l’âge de ses vingt ans. Elle résume bien la tradition dont il a hérité et la formation qu’il a reçue avant les premières étapes de sa vie d’adulte, de soldat.

  Côté paternel, une fidélité royaliste longtemps indéfectible avec ces six siècles de gens de robe et d’épée en Flandre et Picardie. En 1792, un Antoine de Lattre est tué à l’Armée du Prince de Condé, l’armée contre-révolutionnaire. En 1830, Laurent de Lattre est l’un des trente fidèles qui accompagnent Charles X en exil. La famille va se fixer dans le Poitou, mais, Roger de Lattre, le Père de Jean, s’établit en Vendée, dans le Bocage où il s’est marié : à Mouilleron-en-Pareds, là où est né Clemenceau ce “Bleu”, au pays des “Blancs”.

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Côté maternel, c’est cependant un “Bleu” de Mouilleron-en-Pareds, qui, à Fontenay-le-Comte, en février 1793, a sauvé de l’exécution, en offrant de l’épouser, une demoiselle Duchêne de Denant, terrorisée… Il se nomme Hénault. Il est l’ancêtre d’Anne-Marie-Louise Hénault, laquelle épousait, en 1885, Roger de Lattre de Tassigny. De ce mariage naquit, en 1889, Jean-Joseph-Marie-Gabriel de Lattre. Le jeune garçon passa sa petite enfance à Mouilleron tout en suivant, chaque année, les siens à Poitiers de Noël à Pâques. C’est un vicaire qui lui donna ses premières leçons de latin. Ce qu’il faut particulièrement retenir ce sont les longues promenades avec son grand-père Hénault. C’est de lui qu’il tint le souvenir des “géants de la Vendée” ; c’est-à-dire de ces contre-révolutionnaires associant hobereaux et hommes issus du peuple des campagnes.. Sur cette question, les sentiments étaient plus nuancés côté paternel. Mais si les deux traditions ne concordaient pas en tous points, “on votait pour la religion et tout était dit” (1).

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Jean de Lattre commença ses études sérieuses au Collège Saint-Joseph de Poitiers où il fit d’excellentes études. À quinze ans et demi, en 1904, il obtint le baccalauréat latin-grec. Qu’il veuille être marin, c’est-à-dire, entrer dans “la Royale”, quoi de surprenant ? La préparation se fait à Paris, à l’école de la rue de Vaugirard, où le régime est aussi sévère qu’à Poitiers, avec la messe tous les matins, une discipline que le jeune homme a accepté. Malgré la réussite à l’écrit, la maladie empêcha Jean de passer l’oral. Il fallut renoncer à la marine et bifurquer sur Saint-Cyr, l’essentiel étant de devenir officier… de cavalerie..Un trait de caractère du jeune candidat à Saint-Cyr est révélé par un incident survenu à l’École. Entré 4e sur 210, Jean de Lattre est classé 201e pour le rang de sortie. Est-ce dû à son “esprit peu militaire” et à un “tempérament d’artiste” ? En fait, un incident était survenu au début du cours de morale lorsque l’élève-officier fut apostrophé de la sorte, “De Lattre ? J’espère que vous n’avez aucun lien de parenté avec de Lattre qui a hissé le drapeau blanc sur l’École ?”… en 1873 au moment où la restauration, avec le Comte de Chambord, était l’un des possibles en politique. Et la riposte de fuser : “C’est mon oncle, et j’en suis fier !” accompagnée du refus d’assister dorénavant à ce cours, et sa sanction, un zéro en morale.

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 En 1912, il est affecté au 12e dragon puis sur le front. Il est blessé une première fois le 11 août 1914 par un éclat d'obus au cours d'une reconnaissance. Le 14 septembre, il est blessé  en chargeant à la tête de son peloton de dragons.   Il est ensuite capitaine du 93e Régiment d'infanterie  et termina la guerre avec 4 blessures et 8 citations  

  Vinrent ensuite les cinq années (1921-1926) .. Au Maroc, le nom de Jean de Lattre de Tassigny aurait été dans toutes les bouches” quelques-unes dénonçant “un orgueil démesuré”.  

 De retour en France, de Lattre, qui a 37 ans, épousait Simone Calary de Lamazière, qui  a 19 ans. Un fils, Bernard, va naître l’année suivante.  

  Lieutenant-colonel, le voici “affecté à l’État-Major de l’Armée”. deux candidats  étaient envisagés, de Lattre et de Gaulle, et c’est le premier qui fut retenu. On ignore comment le recalé a pris la chose !  

 Voici qu’à Metz, en 1937, le colonel de Lattre retrouvait de Gaulle qui commande le 307e Régiment de chars. Le Gouverneur militaire, c’est Giraud. À la tête du 151e RI, de Lattre met en oeuvre le programme inspiré de Lyautey, de modernisation du service militaire, le souci du bien-être matériel, et donc, moral de la troupe est omniprésent. Mars 1939, à cinquante ans, de Lattre est fait général de brigade, devançant à nouveau de Gaulle, il est vrai son cadet de quelques mois.

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 Durant les combats de 1940, la 14e Division qu’il commandait resista à la progression de l'armée allemande mais, après l’armistice, De Lattre ne fait pas le choix de rejoindre De Gaulle comme l’a fait Leclerc. Il se retrouva un temps en Tunisie  puis après le rappel des troupes imposé par les Allemands il se rendit à Montpellier en février 1942 comme commandant  de la XVIème  division.  

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Il est clair que de Lattre, comme Weygand, Giraud, ou Juin n’adhérait pas au gaullisme. “Ils avaient prêté serment à Pétain un très vieux chef, en qui ils ne pouvaient pas ne pas avoir confiance, et ils lui demeurèrent fidèles jusqu’au moment, le 8 novembre 1942, où il était devenu évident que le Maréchal, faute d’avoir rejoint Alger, n’était plus qu’un instrument entre les mains du vainqueur.. Dans la nuit du 7 au 8, on apprit le débarquement allié en Afrique du Nord. De Lattre, est relevé de son commandement ……. La reprise en main a donc eu lieu : de Lattre est arrêté le 12 novembre et enfermé à  la maison d’arrêt de Riom,. Sa femme, son fils Bernard, lui rendent visite. Ils préparent un plan pour qu’il s’échappe… évasion réussie (barreau scié et échelle de corde) le 3 septembre 1943. De Lattre parvient à Londres le 17 octobre. Commence alors un nouvel itinéraire jalonné d’obstacles. En effet, de longs mois s’écoulent avant la venue à Alger de celui qui, sommé de prendre parti, s’est refusé à trancher entre de Gaulle et Giraud.

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  Voici enfin de Lattre à Alger, le 20 décembre. Le 26, il devint le Commandant d’une Armée B, alors que Juin commande le Corps Expéditionnaire en Italie. Le 15 août 1944 c’est le débarquement en Provence, le ralliement des soldats du Corps Expéditionnaire d’Italie ayant été obtenu. De Lattre sait exploiter la surprise du débarquement. Toulon et Marseille sont prises avant la remontée rapide vers le Nord afin d’être les premiers à atteindre le Rhin au sud de l’Alsace. Il faut intégrer 100 000 FFI ce qui ne doit pas laisser ignorer, pour autant, que la majorité des troupes est composée de Pieds-Noirs et d’indigènes des colonies et protectorats :“C’est nous les Africains”… Une fois encore, au Camp du Valdahon (Doubs), les officiers et sous-officiers sont préparés aux durs combats qui vont suivre. Depuis le Quartier Général de Besançon, de Lattre s’efforce d’informer la presse des faits concernant la 1re Armée. La plus rude bataille consiste à réduire la poche de Colmar, libérée le 2 février 1945. Les Français pour la première fois depuis Napoléon Ier franchissent le Rhin, malgré l’opposition des Américains. Le Rhin franchi, le Danube est atteint. Le 7 mai, à Lindau, sur les bords du lac de Constance,

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  Jean de Lattre de Tassigny, fut le représentant de la France à Berlinlors de la signature de la capitulation allemande du 8 mai 1945 au quartier général soviétique auprès du maréchal Joukov et des généraux américains et britannique, Eisenhower et Montgomery

 Pour la partie en bleu de Delattre de Tassigny extrait de http://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/CHOLVY2011.pdf

  Entre décembre 1945 et mars 1947  il est inspecteur général et chef d’État-major général de l’armée. Ensuite il est inspecteur général de l’armée, puis inspecteur général des forces armées. D'Octobre 2948 à Décembre 1948 il est commandant en chef des armées de l’Europe occidentale

Il devient haut-commissaire et commandant en chef en Indochine et commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême Orient de 1950 à sa mort et met sur pied une armée nationale vietnamienne. Après avoir remporté trois victoires contre les hommes du général Giap, il doit rentrer épuisé en France. Très affecté par la mort de son fils Bernard   tué au cours de la campagne d'Indochine, et atteint d'un cancer de la hanche, il meurt à Paris le 11 janvier 1952 des suites d'une opération. Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume lors de ses funérailles. Il est inhumé dans son village natal.

De  1850 à 1911 le maire de Mouillon en Pareds fut Charles Henault le grand-père maternel de Jean de Lattre. 

de 1911 à 1956 ce fut Roger de Lattre son père et enfin de 1956 à1977 ce fut Simone la veuve de Jean de Lattre, une affaire de famille donc ; en quelque sorte une victoire posthume sur les Clemenceau-Gautereau, des blancs sur les bleus..... encore que le bleu et le blanc se mélangèrent pendant ces guerres... et avec beaucoup de rouge sang.   

 ( A suivre) 

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