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L'invité ..... Le journal " Paroles de Femmes du Monde "

17 Mai 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #L'invité

  De très bons amis toulousains, et néanmoins grands voyageurs, m'ont envoyé les deux premiers numéros du  journal d'une association locale.

 C’est une association créée et animée par des femmes qui se sont rassemblées en 2005  autour de valeurs de convivialité, de partage et de solidarité. Elles ont choisi un  joli nom « Femmes du Monde ». 

 En créant ce lien, ce petit  journal fin 2009, elles l'ont tout naturellement appelé  « Paroles de Femmes du Monde.» et le résultat est magnifique. C'est un petit journal vraiment bien fait qui mériterait d'être connu bien au-delà des berges de la Garonne. C'est sympathique, amusant, instructif, et surtout très utile, par ces temps de débats identitaires, car exemplaire comme modèle de citoyenneté et d'ouverture.

Au cours de l’automne 2009, l' «Assoce»,  a publié son premier numéro : « Cap ......sur le Brésil ». Le second numéro a suivi courant premier semestre 2010 : « Cap…. Sur le Maroc »…. Et j’ai cru comprendre que le troisième numéro serait bientôt prêt…. Mais mon informateur n’a pas voulu me dire quel cap serait pris…. Patience, je le saurai avant l’été…. Mais je ne serais pas étonné que ce soit un pays que je connaisse, ce qui expliquerait le mystère entretenu….

C’est intelligent, superbe et donc, longue vie à « Paroles de Femmes du Monde »  dont voici quelques « extraits choisis »

 ….Je suis née à Salvador de Bahia au Brésil. Cette ville, où le Brésil a été découvert, est chargée d’histoire, héritage, culture, couleurs, métissage…Salvador de Bahia est considéré comme la capitale culturelle et artistique du Brésil. Berceau des plus grands artistes, la ville offre à ses habitants et aux touristes un voyage quotidien à travers son histoire et ses racines africaines. Il y a quelques jours, lors d’un repas à l’association Femmes du Monde, on m’a demandé de raconter mes souvenirs d’enfance… et de mettre cela par écrit… Je me suis demandée ce que je pouvais raconter comme souvenir… il y en a tellement…Et tout de suite me sont venus des souvenirs de vacances en famille à la ferme de mes grands-parents à l’intérieur des terres……

Partout au Brésil, la tradition veut que chaque famille possède un récipient nommé « farinheira ». On y retrouve un petit morceau de pain, qui symbolise l’assurance qu’on ne manquera jamais de nourriture….

Pour en finir avec mes souvenirs, je peux juste dire que je garde des belles images de gens, hommes et femmes, des battants, des personnes qui sont toujours en train de travailler pour s’en sortir, et qui, même quand ils ont la vie dure, gardent toujours le sourire, la bonne humeur, ils ont toujours quelque chose à partager avec tout le monde. Mes souvenirs resteront le sourire, la joie de vivre, le partage et la bonne humeur du peuple brésilien…. Barbara

 Dans ce 4 pages on trouve aussi un billet enthousiaste d’une toulousaine qui n’est jamais allé au Brésil : « ……Aujourd’hui chez Femmes du Monde, j’ai l’occasion de rencontrer des Brésiliennes, dont le sourire et l’enthousiasme ne sont pas de vains mots. Alors, j’ai envie de connaître un peu mieux ce qui se cache derrière leur sourire, de faire partager mon désir de mieux connaître leur pays, et écouter les souvenirs qu’elles gardent dans leur mémoire. En écrivant ces lignes, je laisse voltiger dans l’air quelques notes de samba bien rythmée, petit bonheur de «alegria » venu de l’autre côté de l’océan….

…Le nom « Brasil» viendrait du nom d’un arbre local, le pau-brasil, dont la sève fut autrefois utilisée pour la teinture rouge des vêtements….. 

Exubérance dans la musique, dans le dynamisme, dans la gaieté et dans la fête : qui n’a pas entendu parler du célèbre carnaval de Rio ? Ou même de ceux de Recife ou Olinda où les gens de tous âges dansent dans les rues aux rythmes du frevo et du maracatu ? 

Exubérance dans la beauté : les couchers de soleil, les eaux, les montagnes, la forêt tropicale, quel photographe peut ne pas tomber amoureux de ce pays ? »

  En atelier cuisine Dayana nous propose une Caldeirada brésilienne : nous avons testé sa recette de fruits de mers préparés avec des oignons, pommes de terre, poivrons cuits au lait de coco. Excellent.

   Le journal propose une rubrique « Une femme d’exception » et c’est à nouveau Barbara qui nous propose le portrait de Mãe Menininha, la Mère-de-saint la plus connue et la plus respectée par les brésiliens.  

 « La mère-de-saint est chef de la communauté religieuse. C'est à elle qu’appartient le pouvoir religieux et la pratique des rites du candomblé. Elle a lutté contre les préjugés et les poursuites de la police envers les pratiquants de cette religion héritée des africains.

Le candomblé est une religion afro-brésilienne d’origine africaine. La pratique de cette religion consiste en un culte des "orixas", les dieux afro-brésiliens. Chaque « orixa » est associé à un élément naturel (eau, forêt, feu, éclair, etc.). Cette religion se base sur la croyance de l'existence d'une âme propre à la nature et sa pratique a été interdite au Brésil pendant plusieurs années.

Femme d’une force irréductible, pour Mãe Menininha, la religion était le dernier conducteur de la résistance et de la préservation de l’histoire et de la dignité des noirs. C’est pour cela qu’elle a lutté et a réussi à mettre fin aux prohibitions de la pratique du candomblé au Brésil. Charismatique et généreuse, elle était toujours à l’écoute de ses « fils et filles de saint » (les initiés), mais aussi de toute personne qui venait la voir pour lui demander de l’aide ou des conseils. Et pour qui elle avait toujours un mot, un message de réconfort. »

 Michelle complète notre information sur le candomblé en présentant les particularités culturelles Bahianaises «…. Une coutume issue du candomblé est encore très prégnante à Bahia, par la présence des vendeuses d’acarajés (sortes de beignets fourrés) qui remplissent ainsi leurs obligations religieuses en priant l’orixa qui les protège. Chaque fille-de-saint doit apprendre tous les secrets de préparation des plats préférés des orixas. C’est ainsi, au travers du sacré que l’apprentissage culinaire se fait …. »

  On trouve encore dans le journal un billet sur le célèbre écrivain Jorge Amado et Elizete nous vante la beauté de sa ville natale Olinda en regrettant que son carnaval reste méconnu en France… «  ….J’ai un sentiment de nostalgie quand je parle de cette ville où je suis née. La nostalgie de sa culture, du maracatu, du frevo, des « soirées de la littérature », de sa cuisine, de la chaleur humaine de son peuple, et surtout la nostalgie du carnaval ! Eh oui, le carnaval d’Olinda, si important, populaire et beau, reste cependant méconnu en France. À Olinda le carnaval est une manifestation populaire de rue avec les fanfares, les poupées géantes, les gens déguisés …Je pense à toute la préparation de ce moment magique, entre la confection du déguisement, l’impatience, l’achat des pistolets à eau. Quelle joie de partir ensuite dans les rues pour danser, faire connaissance avec les gens, profiter des attractions que la ville nous propose, et aussi rencontrer les nombreux touristes étrangers qui viennent partager avec nous ce grand moment de joie et de bonheur si apprécié par tous les brésiliens !!.......  » 

Du Brésil je n’ai jamais aperçu que la rive sud de l’Oyapock, de Saint Georges, à la frontière guyanaise…. C’est dire si ces billets m’ont intéressé.

Pour le Maroc j’étais mieux préparé car nous y avons vécu trois ans et nous y sommes, depuis, retournés en voyages…. Ce qui ne m’a pas empêché de faire des découvertes et d’adorer ce second numéro de « Paroles de Femmes du Monde. »

 

Paroles de femmes... BrésilParoles de femmes...Maroc

Dans ce numéro consacré au Maroc une large place est faite à l’accès de l’instruction au Maroc, avec un regard croisé sur le passé et sur l’avenir : 

 «L’histoire du Maroc montre que l’enseignement a toujours été, dans ce pays, une préoccupation prioritaire, une source de réflexion sans cesse renouvelée, un choix de société constamment affirmé. Lorsqu’en 1912 les français instaurent le Protectorat et mettent en avant leur souci d’assistance et de formation du peuple, ils ne s’imaginaient, peut-être pas, pénétrer dans un pays au passé éducatifs si ancien et si riche…   

….. Malgré des objectifs ambitieux de l’Etat et le souhait des parents de scolariser leurs enfants, l’accès à l’instruction est freiné par des infrastructures insuffisantes et des difficultés rencontrées. Dans les campagnes très retirées le manque d’équipement (route, eau électricité), et souvent l’éloignement de l’école, font que les enfants arrêtent l’école très tôt ou ne sont pas scolarisés…..

…Parfois au sein d’une même fratrie, certains continue des études supérieurs tandis que d’autres enfants quittent l’école pour travailler……

….Malgré une situation en grande crise, l’éducation scolaire ne cesse d’évoluer. L’école pour tous en est d’une clef…. .  

Mbarka, titulaire d’un doctorat et enseignante à Toulouse, en quelques mots superbes, résume les valeurs essentielles de l’Association.

« Quelque part sur la terre des humains,

 avec des langues et des teints variés,

 désignés en nations et tribus,

Nous sommes frères et sœurs en l’humanité,

une femme d’en France ou d’ailleurs,

Une femme c’est tout simplement une femme du monde

Et à «  femmes du Monde » nous nous entre-connaissons. »  

C’est encore Mbarka qui pour proposa le portrait de Fatima Alfihriya El Fihri pour le billet « Une femme d’exception » (et comme Wikipédia ne propose que 8 lignes je reproduis, en intégralité le texte de Mbarka.)

« …..Hormis son nom, il est difficile de trouver trace en langue française de cette femme pieuse et visionnaire, originaire de Kairawan en Tunisie, qui à l’époque formait une entité unique avec le Maroc et l’Algérie. Elle fonda en 857 la mosquée universitaire Al Qaraouiyne. Fatima vécut parmi les habitants du quartier Kairouan de Fès sous le règne d'Idris II. Appelée «Fatima bint Muhammad ben Abdellah Fahri», elle était surnommée «la mère des garçons». Héritière d’une grande fortune après le décès de son père, de son mari et de son frère, Fatima portait un grand intérêt à la religion, aux lettres et aux sciences. Soucieuse de consacrer son héritage à une œuvre pieuse, elle acheta un terrain près de  son domicile, afin de construire une mosquée dont elle supervisa les travaux. Les matériaux et l’eau étaient extraits au fur et à mesure d’une carrière située sur le terrain même. Au bout de deux ans, naquit la mosquée Al Quaraouiyne, du nom du quartier dans lequel elle fut érigée. Aujourd’hui elle est le siège de l’université musulmane de Fès, considérée comme l’une des plus anciennes du monde. Elle reçut des personnalités reconnues, telles que Ibn Khaldoun, Ibn Al Khatib, Averroès. A l’origine composée d’une salle de prières, de quatre nefs parallèles et d’une cour nord dont le mur abritait le Minaret, elle fut agrandie sous les Zénètes en 956. Par la suite, sous le règne des dynasties Almohades, Mérinides, Saâdiens et Alaouites furent ajoutées quelques annexes (bibliothèque, chambres de réclusion, salles d’ablutions). Grâce à la générosité et à la piété de Fatima Alfihriya, cette femme venue d’un passé lointain, l’Université qui porte son nom a aujourd’hui une capacité de 20 000 personnes. »

 Encore de beaux billets de souvenirs, certains de rédactrices marocaines, d’autres de rédactrices françaises : Souvenirs croisés.

« ….L’arganier a la taille d’un grenadier, il a de grosses épines et des feuilles vertes, son tronc est souvent tordu et noueux, ce qui permet aux chèvres de grimper le long de ses branches et de se nourrir des feuilles et des fruits. Le fruit est vert puis brun à maturité, comme une grosse olive. A l’intérieur, il y a une coque extrêmement dure qui contient une amande ressemblant aux graines de la citrouille. Dans toutes les maisons, on trouvait un large galet plat que les femmes utilisaient comme support pour casser la coquille à l’aide d’un petit caillou et récupérer la graine. Ma grand-mère grillait les amandes dans une grande poêle en argile et les retournait à l’aide d’une spatule faite avec l’omoplate d’un mouton, puis elle les écrasait dans un moulin, fait de deux pierres plates, réservé à l’huile d’argan. La pâte qui s’écoulait du moulin avait une belle couleur marron foncée, il fallait ensuite la pétrir pour extraire l’huile, c’était le travail exclusif des femmes…. »

«…. Quelques mois passés à Meknès m’ont donné l’occasion de connaître Zohra, une mère de famille qui élevait seule ses 3 filles. Elle n’avait rien mais elle donnait tout. Elle avait toujours le sourire, riait beaucoup aussi, mais on ressentait la vie difficile qu’elle menait et qu’elle acceptait comme volonté du destin. Il y avait aussi Aïcha, qui travaillait dur pour gagner sa vie. Je la croisais chaque matin partant vers le four du boulanger pour faire cuire son pain. Meknès est le souvenir indissociable du marché aux légumes savamment rangés en pyramides sur les étalages, les immenses brassées de fleurs, et surtout l’arôme inégalable du café fraîchement torréfié à l’entrée. Nous allions le soir dans un petit restaurant accoté au marché. D’anciennes fresques espagnoles à moitié effacées décoraient les murs

Et le tajine incontournable arrivait vite sur notre table étroite…. »

Et puis d’autres billets succulents comme: « Pas de rencontres sans le thé à la Menthe » ou « Une journée à pâtisser »

 

J’espère que mes amis toulousains n’oublieront pas de me transmettre les prochains numéros. Peut-être pourraient-ils suggérer à l’Assoce de créer un site dont je me ferais, alors, un plaisir d’indiquer l’adresse ou de faire un lien sur ce blog….

 

(A suivre : Le savoir est lumière et l’ignorance est obscurité.)

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Félix PROST dit Fanfan de dax 30/06/2010 16:18


J'ai lu sur l'aventure Brésilienne un suberbe bouquin écrit par Jean-Christophe RUFIN: ''Rouge Brésil''(Chez GALLIMARD). L'histoire des français au Brésil, un des épisodes les plus extraordinaires
et les plus méconnus de la Renaissance.Il raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes.Un
monument de littérature. On retrouve tous les arguments avancés par cette femme brésilienne. A lire avec passion.


Clau 06/06/2010 15:56


les utilisateurs de Facebook ont d'excellentes lectures : je viens d'y retrouver ce lien posté par une brésilienne. Daniel, tu vas avoir des fans jusqu'au Brésil !