Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ciné-cure.... L'Arnaqueur.

4 Mars 2012 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Je vais bientôt me lancer et faire sérieusement (mais pas trop) quelques billets sur la campagne électorale pour l’élection présidentielle ; des billets qui trouveront leur place dans la presque sérieuse rubrique ‘’Trop poli-tique’’,..... mais je vais attendre encore un peu, au moins que la liste des candidats soit définitive…. Et comme dans la foulée on va embrayer avec les législatives, où je serai forcément plus prolixe (Non Fanfan ! Je ne parle pas de toi) ….. Alors, patience, il restera de quoi faire et du temps pour s’exciter sur le clavier !

Sarko, l'Arnaqueur

C’est finalement un hebdomadaire, « Marianne » celui du 25 février, qui m’a ramené au cinéma façon ‘’ciné-cure ‘’, avec en couverture la photo de Sarko et un titre qui m’interpellait, « L’Arnaqueur ». Le sortant candidat aurait sûrement préféré « The Artist », très à la mode en ce moment, mais voilà, les Oscars n’ont été décernés que dans la nuit du 26 au 27 février, donc trop tard  …. Sans compter que c’est un film muet et en noir et blanc alors que Sarko, qui en ce début de campagne en voit de toutes les couleurs, n’arrête pas de jacter et de dire tout et n’importe quoi (pourvu que ça mousse buzze) ….

Et puis, moi ça ne m’aurait pas arrangé car j’ai déjà fait un billet sur ce film ‘’The Artist’’ sans trop m’occuper d’ailleurs du Président. J’en ai même fait un, récemment, en hommage à Yves Robert en prenant pour référence ‘’Salut l’Artiste’’ ce qui me permettait d'écrire, en conclusion, une ou deux petites vacheries politiques.   

« L’Arnaqueur » m’allait très bien, car il me permet d’évoquer un réalisateur américain Robert Rossen, qui fut l’un des grands de l’après guerre mais dont la carrière fut malheureusement contrariée au début des années 50 par la furie maccarthyste.

18455729-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20051024 0340384159901020a[1]

 J’entends déjà, l’ami Richard, me dire que je ne fais des billets ''ciné-cure'' que pour parler de films que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. C’est en partie vrai, mais ce cinoche là c’est mon Amérique à moi comme dit mon cousin Michel…..

Rossen a commencé à travailler à partir de 1937 comme scénariste pour la Warner Bross auprès de grands réalisateurs comme Mervin Leroy, Michael Curtiz, Raoul Walsch, Lewis Milestone avec des films sociaux où il excellait.

En 1946 il se lançait, à son tour, dans la réalisation pour United Artists, avec « L’heure du crime » (Johnny O’Clock)  un film qui a disparu ou du moins qui n’est jamais sorti en DVD et dont je ne peux  pas parler. 

Son second film, fin 1947, toujours pour U. A., était « Sang et or » (Body and soul) sur un scénario d’Abraham Polonsky, une autre future victime du maccarthysme, pour un film très social sur le milieu de la boxe avec John Garfield dans le rôle principal. Cet excellent film est disponible en DVD, notamment à la Fnac.

Son troisième film « Les fous du roi »  (All the king’s Men) est sorti fin 1949 avec un beau succès populaire et il reçut l’Oscar du meilleur film en mars 1950 et pour Broderick Crawford l’Oscar de la meilleure actrice. C’est un film sur la politique tiré du roman de Robert Penn, Prix Pulitzer 1947. Avec ce film Robert Rossen se lançait aussi dans la production indépendante. Ce film est également disponible en DVD et mérite vraiment être vu, même par des moins de 60 ans.

La carrière américaine de Robert Rossen fut, brutalement, stoppée car il était inscrit sur la liste noire de Mac-Carthy. Il aurait été à une époque (vers 1937) membre du parti communiste.

Voilà ce que l’excellent Bertrand Tavernier raconte de cette époque dans un livre récent « Le cinéma dans le sang » sans pour autant citer Rossen : « ….nombre de victimes de cette liste noire avaient du talent. Ils étaient jeunes, prometteurs et en pleine possession de leurs moyens. Ce fut une perte importante pour Hollywood. Tout un type de cinéma a été plus ou moins étouffé. Certains ont mis du temps à ressurgir, plus de vingt ans pour Abraham Polonsky… »

 

Paff468845563[1]tn-ceux-de-cordura-9301-1298822686[1]

 

Le quatrième film de Rossen « La Corrida de la peur » (The Brave bulls) est sorti en 1951 ; il a été tourné à Mexico. Est-ce une conséquence de la liste noire ? Je ne sais pas ! Dans ce film que je ne connais pas, mais qui est très bien noté par les blogueurs cinéphiles, les acteurs principaux sont Mel Ferrer et Anthony Quinn. La production fut assurée par la Columbia, ce qui laisse à penser qu’il n’était alors, talent oblige, blacklisté que pour des tournages à Hollywood.

Les films suivants furent tournés en Europe sous couvert de production Ponti-Laurentis.

D’abord « Mambo » en 1954 avec Victorio Gassman et Sylvana Mangano. Son premier film en couleur, mais pas terrible, terrible dit-on.  

Puis ce fut un péplum  « Alexandre le grand » tourné en Espagne en 1956 avec Richard Burton et Frédéric March. Alimentaire mon cher Watson.

Et enfin « Une île au soleil » tourné en 1957 à la Barbade avec un casting époustouflant : Joan Fontaine, Dorothy Dandridge, Joan Collins (que de jolies filles) James Mason, Harry Belafonte et Stephen Boyd. Un film politique sur fond de tensions raciales. Producteur Darryl Zanuck, ce qui laisse à penser que la mise en quarantaine touchait à sa fin. J’espère pouvoir bientôt trouver ce film en DVD.   

Son huitième film « Ceux de Cordura » fut tourné en 1959 au Mexique. La parenthèse se refermait. C’était un western avec Gary Cooper et Rita Hayworth sur fond de révolution mexicaine. Un film qu’il faut avoir vu et qui est disponible en DVD.

Avec son neuvième film « l’Arnaqueur » tourné en 1961 Robert Rossen eut la bonne idée de retenir Paul Newman pour  le rôle d’Eddie Felson brillant joueur de billard qui profitait de ce don pour arnaquer des gogos…..jusqu’à ce que son chemin croise celui d'un redoutable joueur, le Pacha …. . Ce film remarquable a connu l'immense succès populaire et critique que Rossen méritait et retrouvait enfin depuis « Les fous du roi ». Il eut une dizaine de nominations pour les Oscars, mais n’en obtint aucun, pas même celui du meilleur acteur pour Paul Newman. Certes c’était l’année de West Side Story, ce qui explique un peu, sauf que l’Oscar du meilleur acteur revint à Maximilian Schell pour « Le jugement de Nuremberg » ( ???).

Justice fut faite 25 ans plus tard lors des Oscars de 1987 où Paul Newman obtint enfin la consécration dans le rôle d’un Eddie Felson vieilli et retraité dans le film de Martin Scorsese « La couleur de l’Argent » où il coache un talentueux joueur, nouvel arnaqueur, joué par Tom Cruise. Magnifique hommage à Rossen de Scorsese.

En 1964 Robert Rossen tournait son dernier film avant de mourir brutalement à 57 ans. Il s’agit de « Lilith » avec Warren Beatty, Jean Seberg, Peter Fonda et pour son premier rôle au cinéma, pour une seule scène, mais quelle scène, l’immense Gene Hackman !

A noter que pour ces deux derniers films tournés à Hollywood en tant que producteur indépendant appuyé par la Columbia, Robert Rossen est revenu au noir et blanc qui semblait mieux lui convenir que le technicolor.

lilith[1]

Voilà, pour la partie cinéma… et si je me penchais un peu sur ce qu’écrivait « Marianne » sur Sarko ? « Pour séduire les électeurs, le président tente le grand écart . Le candidat du peuple, des grands patrons et des banquiers ose désormais fustiger le « système » et les élites. Plus c’est gros, plus ça passe ?  » Il veut évacuer le bilan des cinq dernières années et refaire le match comme si on était encore en 2007 en, proposant la rupture et travailler plus pour gagner plus. Je me réserve pour un prochain billet, le plaisir de faire un bilan économique du quinquennat, mais il faudrait aussi qu’il arrête de prendre les français (le peuple) pour des glands. N’y a-t-il personne pour lui expliquer ce que révèlent les sondages qui posent les bonnes questions, comme le BVA des 20 et 21 février pour les quotidiens  régionaux :

·          Le plus proche du peuple : Hollande 77% . / Sarkozy 16%

·         Le plus sympathique : Hollande 71% / Sarkozy : 21%

·         Le plus sincère :  Hollande  62% / Sarkozy 27%

Et d’autres questions intéressantes que chacun pourra retrouver et qui reviendront, sans grande évolution j’en suis certain, dans la prochaine vague de ce sondage. Ah si ! Il y a encore une question qui mérite d’être citée :

·          Celui qui protège le plus les élites et le système : Hollande 12% / Sarkozy 81%.

 Il est probable que celui qui caracole, actuellement, en tête des sondages, en exaspère certains, et que sa côte pourrait bien s'affaiblir un peu,  à l'approche des élections, surtout s’il devait en faire trop dans la démagogie et paraitre moins sincère, mais pour l'instant ça  baigne. Même sa proposition de taxer à 75  % la partie des revenues supérieure au million d'euros n'a rien de révolutionnaire. Mes enfants m'ont souvent entendu dire qu'au dessus de 10000 euros par mois, je prendrais tout. 

Franchement le François,  il est assez cool à côté de moi.... D'ailleurs il n'est pas porté sur l’agressivité gratuite et inutile (qu'il laisse ça aux blogueurs), un peu d'humour suffit à contrer une attaque. 

 Sarkozy cherche en permanence à cliver alors qu’Hollande pense avant tout à rassembler.  Alors, même s’il doit faire, fin de campagne oblige, un peu de démagogie, ça sera pour la bonne cause, par bons sentiments, ça ne sera pas de l'enfumage, de l'arnaque.... ou à peine.  D’un côté il y a un vrai arnaqueur et de l’autre un gentil arnacoeur.

 

19256845-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20100226 045411

…. Et me voilà reparti à parler cinéma ;

 C’est l’histoire d’un mec dont le job est de briser des couples pour la bonne cause et  sortir de jolies futures malheureuses des griffes d’un type qui ne leur convient pas du tout et c’est payé par la famille ou des proches qu’il est chargé de séduire la belle pour lui faire comprendre qu’elle fait fausse route, qu'elle n'est pas vraiment amoureuse de l'autre guignol. Un sacré beau job, quand on a les moyens,  que ce métier d’Arnacoeur. C’est un film français de Pascal Chaumell avec Romain Duris et Vanessa Paradis et c’est charmant et souvent très amusant. Je ne développe pas plus car ce film qui est sorti il y a pile poil, deux ans et se trouve facilement en DVD. C’est du cinéma bien chez nous. C’est nettement moins con que « Bienvenue chez les ch'tis » mais moins bien que  le formidable « Intouchables »

 

 (A suivre)

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article