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Ciné-cure.... Les Césars de Montand et l'Aveu.

10 Novembre 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Une petite explication de titre en introduction à ce billet-hommage à Yves Montand, l’un des plus grands artistes du XXèmesiècle que ce soit comme chanteur ou comme acteur. Yves Montand qui tira sa révérence il y a vingt ans le 9 novembre 1991.

Dans la rubrique Ciné-cure ce billet concerne essentiellement Montand acteur.

Ses Césars furent dans l’ordre, le baron César dans « Le diable par la queue » un film de Philippe de Broca de 1969, puis un faux Don César, alors que son son vrai blaze était senor Blaze, dans « La folie des grandeurs » film de Gérard Oury de 1971, bien sûr le César de Claude Sautet dans « César et Rosalie » en 1976 et enfin le César Soubeyran dit le Papet dans « Jean de Florette » et Manon des sources » de Claude Berri en 1986…… Curieuses coïncidences pour cet acteur qui ne reçu, tout au long de sa carrière, aucun César, aucune distinction, aucune récompense sinon que d’avoir été Président de la cérémonie des Césars en 1981 et Président du jury du Festival de Cannes en 1987…. C’est sans doute pour ça qu’il mentionnait avec beaucoup de respect l’Oscar de meilleure actrice qu’avait obtenu Simone Signoret en 1960 face à des concurrentes comme Elisabeth Taylor, Katharine Hepburn, Doris Day et Audrey Hepburn.

Il est vrai que les Césars n’existent que depuis 1976 alors que « L’aveu » date de 1970 et « César et Rosalie » de 1972 mais le Papet de « Jean de Florette » et de « Manon des sources » ne fut pas nominé même si c’est Auteuil-Ugolin qui eut la statuette. Montand ne fut nominé que deux fois :  en 1980 pour « I comme Icare » de Verneuil et en 1984 pour « Garçon » de Sautet….. Puis-je estimer que ses prises de positions politiques et peut-être plus leur évolution dans les années 80 y sont peut-être pour quelque chose ? 

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« L’aveu » était a priori un film difficile, non commercial et pourtant il a marché, certes grâce au succès de « Z » également de Costa Gavras  sorti un an plus tôt, mais surtout parce Montand, qui a perdu près de 15 kg pendant le tournage, y est extraordinaire. « De la part de Montand et Costa-Gavras, sympathisants communistes, ce brûlot antistalinien était un acte politique, courageux, dérangeant » écrivait Marc Esposito dans Studio Magazine de décembre 1991.

Montand a tourné une cinquantaine de films si on ne tient pas compte de quelques figurations, documents, court-métrages, ou participations comme narrateur, une cinquantaine de films en 45 ans et on peut dire que c’est à mi-parcours vers 1969 avec entre autres les tournages de « Z » et « L’aveu » qu’il est devenu le grand acteur du cinéma français. C’est en fait au milieu des années 60 qu’il prit le tournant pour devenir acteur à part entière…. Avant il était un chanteur de musical qui pouvait faire quelques bons films et d’autres moins . Quand il décida de s'investir à fond dans le cinéma le chanteur ne fit pratiquement plus de scène… à quelques rares exceptions près. 

  

Son premier film avec un premier rôle est « Les portes de la nuit » de Marcel Carné en 1946. Le film était prévu pour Jean Gabin et Marlène Diétrich qui s’étaient désistés. Le résultat fut un bide total, la critique éreinte le jeune Montand. Il y a toutefois gagné l’amitié du scénariste Jacques Prévert et une chanson « Les feuilles mortes » qui survit au naufrage du film. Prévert et Kosma lui feront de magnifiques chansons et le poète lui fera connaître Saint Paul de Vence et Simone Signoret qu’il épousa en 1951.

C’est Henri-Georges Clouzot qui le ramena au cinéma en 1953 avec « Le salaire de la peur », film qui obtint la Palme d’or au Festival de Cannes. Yves Montand y est très bon même si le jury préféra donner le prix d’interprétation, ce qui n’était pas démérité, à son partenaire Charles Vanel.

De 1953 à 1962 il tourna, comme vedette, une douzaine de films dont, dans l'ensemble, il fait très honnêtement ses gammes d'acteur  sans que l’on retrouve la niaque du « salaire de la peur » et qu'on puisse crier au génie. Parmi les réussites on peut quand même citer :

En 1957« Les sorcières de Salerm » avec Simone Signoret une réalisation De Raymond Rouleau d’après une pièce d’Arthur Miller adaptée par Jean Paul Sartre.

 En 1959 « La loi » de Jules Dassin,

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En 1960 « Le Milliardaire » de Georges Cukor avec Marylin Monroe….  « ….Mais même cette comédie-évènement ne lui apporte pas le succès qu’il attend depuis quinze ans. Yves Montand est un acteur estimé, on apprécie son élégance et sa fantaisie mais il est toujours à mille lieues d’avoir au cinéma le même statut que dans la chanson, qui elle, lui vaut une renommée mondiale….» (Marc Esposito. 1991).

En 1961 « Aimez-vous Brahms »  d Anatole Litvak, avec Ingrid Bergman et Anthony Perkins, encore un succès en demi-teinte.

En 1964 Montand fit la connaissance d’un cinéaste grec de 30 ans, Costa Gavras qui rêve de faire des films politiques. Ils sympathisent et Montand trouvait enfin un metteur en scène complice celui qui sait mettre en évidence sa personnalité.  Il aura ensuite le même déclic avec Claude Sautet et Alain Corneau.

C’est avec un polar de Costa Gavras « Compartiment tueurs » en 1965 que la mayonnaise a pris. Les films plus ambitieux de Costa Gavras allaient suivre.

En 1966 Montand tourna avec Alain Resnais « La guerre est finie » un film politique sur un scénario de Jorge Semprum basé sur son histoire personnelle de militant clandestin. Ce film se vit refuser de diffusions ou de festivals sous les pressions de régimes non démocratiques, comme l’Espagne franquiste ou des gouvernements de pays de l’est communistes. Il faut croire que le film dérangeait de tous les côtés. Montand s’était fait un nouvel alter ego de pensée avec Semprum.

 

Montand cherchait malgré tout à diversifier ses choix : Passons rapidement sur trois films réalisés respectivement avec John Frankenhemeir Lelouch, et Delavaux pour arriver aux années fastes, les années du rebond, la période 1969/1970.  

Se succéderont à quelques mois d’intervalle «Z» qui obtint le Prix du Jury de Cannes puis l’Oscar du meilleur film étranger, suivi du « Diable par la queue » de Philippe de Broca qui connut un beau succès commercial et enfin le film choc « L’aveu » sur lequel je ne reviens pas.

En 1969 il tourna donc son premier personnage dénommé César dans  Le diable par la queue » de Philippe de Broca .

En 1970 ce fut le « le cercle rouge » un polar de Jean Pierre Melville, son avant dernier film et aussi l’avant dernier d’André Bourvil. Un très bon film où l’on retrouve également Alain Delon, Gian Maria Volonté et François Perrier.

En 1971 ce fut la grande trahison de Montand qui accepte de travailler avec Gérard Oury et Louis De Funès  pour «La folie des grandeurs » un exceptionnel succès populaire qui fit de Montand un acteur tout public.

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En 1972, Claude Sautet, qui est sur une belle série « Les choses de la vie » et « Max et les ferrailleurs » avec Michel Piccoli et Romy Schneider, propose à Montand d’être le partenaire de Romy dans « César et Rosalie ».

« …. C’est alors le plus beau rôle qu’ait jamais joué Yves Montand. César a plein de défauts insupportables, mais il est tellement fou de Rosalie qu’on lui pardonne tout. Sautet révèle des facettes de Montand que le cinéma n’avait jamais exploitées : sa vulnérabilité, son humanité, sa tendresse, son rayonnement aussi. A la sortie en salle, pour tous les spectateurs, l’identification entre César et Montand est totale, tout le monde l’adore. Il vole le film, remporte un succès personnel aussi unanime que pour ‘’ L’aveu’’

 

1973 fut moins positif, malgré un nouveau film de Costa Gavras «Etat de siège », mais le personnage joué par Montand, agent de la CIA au service de dictatures d’Amérique latine n’attire pas la sympathie.  Il y eut aussi cette année là deux films décevants «Le fils », de Pierre Granier Deferre et  «Le hasard et la violence » de Philippe Labro.

En 1974 un nouveau chef d’œuvre de Claude Sautet «Vincent, François, Paul et les autres» l’un de mes films préférés ou le jeune Gérard Depardieu fait ses choix d’avenir au contact de l’amitié et des rivalités des anciens, amis et modèles ou pas, Montand, Piccoli et Reggiani. Magnifique film de société. 

Sautet expliquait ainsi le jeu de Montand (propos rapportés par Alain Rémond) « Il ne cherche jamais à faire un numéro. Pas plus ici que dans ‘’César et Rosalie’’ où nous avions écrit ce personnage pour faire surgir de lui cette fantaisie poétique qu’il cache au fond de lui-même et qui est d’origine populaire, pour montrer ce qu’elle avait de beau, de sain, de tonique…. »

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Montand, très demandé, répond favorablement à des metteurs en scène qui n’ont alors réalisé qu’un ou deux films, même si Pinoteau et Rappeneau ne sont pas né de la dernière pluie ;  Corneau est le plus jeune, 33 ans lors de leur premier film….. Que d’eau que d’eau en ces années 75/76. 

Avec Claude Pinoteau, Montand ne fera qu’un seul film « Le grand escogriffe » en 1977.

Avec Jean Paul Rappeneau, Montand fera deux comédies savoureuses :   « Le sauvage » en 1975 avec Catherine Deneuve, puis « Tout feu, tout flamme » en 1982 avec Isabelle Adjani.

Avec Alain Corneau il y tournera trois films de type polar «  Police Python 357 » en 1976 avec Simone Signoret, « La Menace » en 1977, puis un chef d’œuvre en 1981 « Le choix des armes » avec Deneuve et Depardieu. Alain Corneau fut après Costa Gavras et Claude Sautet le troisième réalisateur à bien appréhender la personnalité et la sensibilité de l’acteur, arrivant aussi à obtenir les plus belles émotions à l’écran…..

…. Ce que n’ont pas réussi à vraiment  obtenir des grands réalisateurs comme Joseph Losey dans son film « Les routes du Sud » en 1978 ou Henri Verneuil  avec « I comme Icare » en 1979.

Du coup Yves Montand revient vers Costa Gavras en 1979 avec «Clair de femme » d’après un roman de Romain Gary où Montand retrouvait Romy Schneider. Il renoue également avec Sautet en 1983 pour « Garçon ». Le succès est garanti pour ces films, nostalgie oblige, mais les critiques sont nettement moins élogieuse, d’autant que Montand se disperse à nouveau entre cinéma, chanson et politique……

….. Mais par bonheur Claude Berry voulait adapter « Jean de Florette » de Marcel Pagnol et il pense à Montant pour le personnage de César Soubeyran. « Le rôle du Papet l’oblige  à se vieillir de dix ans, c’est un personnage d’une noirceur d’âme particulièrement repoussante, mais Montand en fait son chef d’œuvre. Jamais il n’a paru aussi sincère, aussi dépouillé ».  Les deux épisodes remportent un succès sans précédent : Daniel Auteuil en Ugolin est éblouissant, Depardieu et Emmanuelle Béart sont excellents et Montand est sublime « Son papet appartient à notre mémoire collective comme le boulanger de Raimu ou Gabin dans le ‘’quai des brumes’’ » (Marc Esposito).

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Simone Signoret est morte pendant le tournage de «Jean de Florette ».

Yves Montand fera encore trois films. Les deux premiers «  Trois places pour le 26 » de Jacques Demy en 1988 et « Netchaïev est de retour » de Jacques Deray en 1990 sont des échecs.

Le dernier « IP 5 »de Jean Jacques Beineix en 1991 eut un petit succès de respect car Montand est mort en tournant une dernière scène.

Chapeau César pour cette belle carrière et merci de nous avoir donné autant d'émotions. 

 Terminant traditionnellement mes billets ciné-cure sur une exploitation politique du titre et Montand s’étant toujours mêlé des affaires politiques  je dois bien faire le minimum.

Je me contenterais de reprendre un article de Marianne et le titre en première page : « L’aveu : Consulter le peuple ? Une honte disent-ils. Les réactions du tandem Berlin-Paris à l’annonce d’un référendum grec est la parfaite illustration  d’un système qui ne marche plus, celui d’une Europe, en pleine crise politique qui se moque de ses peuples. »

 

(A suivre)

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daniel 16/11/2011 19:12


Vingt dieux (ou vains dieux c'est du pareil au même) tu as vingt fois raison et un cercle bleu et un cercle rouge ce n'est pas du pareil au même.
Merci mon camarade Fanfan, je corrige illico!


Félix PROST dit Fanfan de dax 16/11/2011 17:03


Salut camarade,
Dis-moi, le coup du ''Cercle bleu'' c'est pour voir si le lecteur suitbien son texte ou c'est une erreur? Moi, par contre, j'ai vu et (beaucoup) aimé: ''Le cercle rouge''. Carpe diem.