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Ciné-cure....... Under fire & Géronimo.

6 Mai 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Je cherchais un titre de film collant à peu près à l’actualité, mais sans trop…. Car depuis mon billet de février, « L’année de tous les dangers » je suis plus enclin à parler cinéma que géopolitique.

Quand il s’agit seulement de critiquer et de tailler un short à un politicien français, je me dis que ça ne fait pas grand mal. Qui s’intéresserait aux clowneries d’un griot de mezzanine ? Même si je tape fort et que, sarko-phage, je me morfale, je me goinfre d'un petit plat de président ou autres...... mes indigestions chroniques n'ont aucune incidence sur l'impopularité des poli-tocards de bas étages ….. Mais quand je  constate qu'un innocent titre de film et de billet de  blog a pu provoquer des révolutions et les grands chambardements  planétaires qu'on observe depuis le début de l'année, je m'inquiète vraiment…. il faut que je me calme en clamant bien fort que je ne l’ai pas fait exprès, que j’y suis pour rien…. Gbagbo, Kadhafi, Moubarak, Ben Ali etc…. Moi, connais pas !

En effet ce titre on l’aura compris devrait m’entrainer une nouvelle fois vers l’international… et là je n’ai plus envie de blaguer : pas plus sur la situation en Egypte qu'en Lybie, Yémen, Iran, Afghanistan, Pakistan ou Syrie…. Et puis il faut être honnête je ne peux pas en vouloir à Sarkozy d’avoir  montré à Bachar El Hassad comment on faisait manœuvrer des tanks en ville, lors d’un 14 juillet 2008 sans rappeler que Mitterrand (et peut être Chirac cohabitation obligeait) avait ouvert la voie en 1987 en invitant Hissen Habré.

Bon j’en termine avec l’introduction justificative de ce billet et je passe à l’essentiel pour évoquer la carrière d’un grand acteur américain, un très grand acteur, qui n’a pourtant jamais été considéré comme une star. Rares en effet sont les films où il est la seule tête d’affiche et il m’a toujours paru être au mieux de sa forme et de son talent dans des rôles de second plan ou de vedettariat partagé. Il a tourné 84 films dont le dernier en 2004. Aurait-il pris sa retraite ? Il a aujourd’hui 81 ans.

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Parmi ses films j’aurai pu, aussi bien, utiliser pour  titre : « Ennemi d’Etat » de Tony Scott, «En territoire ennemi » de John Moore,  « Héritage de la haine » ou « Mort ou vif » de Sam Raimi, « Impitoyable » de Clint Eastwood voire « Suspicion » de Stephen Hopkins  ou « La théorie des dominos » de Stanley Kramer et bien d’autres encore, parfaitement adaptés à la situation actuelle de notre joli monde paradisiaque ….. Sans compter que j’ai déjà utilisé pour de précédents billets de ciné-cure  « L’épouvantail  », « Les pleins pouvoirs » et même évoqué  « Les charognards » et « La chevauchée sauvage »

Je pense avoir donné suffisamment d’éléments d’information, pour préciser, sans trop d’effet de surprise que je vais évoquer la filmographie de Gene Hackman. Je vais d’abord parler des deux films prétextes :

« Under Fire » fut réalisé en 1983 par Roger Spottiswoode. L’action se passe au Nicaragua lors de la révolution sandiniste qui va renverser la dictature de Somoza. L’histoire est basée sur des faits réels, dont l’assassinat en 1979 d’un journaliste de télévision américaine par l’armée de Somoza ; un meurtre qui avait été filmé et qui fut diffusé dans les journaux télévisés avec un effet choc. Le gouvernement de Carter qui soutenait Somoza arrêtait alors immédiatement d'aider le régime qui s’effondra . Dans ce magnifique film politique on trouve dans les rôles de journalistes, Nick Nolte, Gene Hackman (le personnage qui est assassiné par les militaires), Joanna Cassidy et dans un rôle de mercenaire de la CIA Ed Harris et aussi Jean-Louis Trintignant en diplomate français véreux.

Il y a aussi une histoire de  photo, une photo du chef rebelle mort, que le journaliste joué par Nick Nolte accepte de prendre, assis en lisant un journal annonçant sa mort…. Une fausse preuve de vie pour rassurer la population et aider les sandinistes à faire tomber le régime. Un très bon film avec Nolte et Hackman au sommet de leur art. 

Vraiment un très beau film sur le difficile métier de journaliste et j'ai une une pensée pour Hervé Guesquière et Stéphane Taponier qui sont otages depuis bientôt 500 jours. Quelle misère ! 

Un petit bémol toutefois au début du film en accompagnement du générique avec une courte scène de guerre en Afrique où des soldats sont transportés par des éléphants d’Asie. Une bourde, assez incroyable, due au fait que le réalisateur ne connaissait probablement pas l'Afrique et que le film fut intégralement tourné au Mexique.

A noter enfin que la filmographie du réalisateur Spotttiswoode n’a guère d’autres films majeurs hormis peut-être « Randonnée pour un tueur »  de 1988 avec Sydney Poitier et Tom Berenger. (Ceci dit je n’ai pas vu tous ses films : 6 ou 7 alors qu’il en a tourné 25)

  

« Geronimo » de Walter Hill tourné en 1993. Encore un très beau film ou Gene Hackman tient un rôle secondaire mais tellement important, celui du Général Crook auquel Geronimo se rendit. Le rôle de Geronimo est tenu magnifiquement par l’acteur amérindien Wes Stusi  déjà vu dans de nombreux films comme « Le dernier des Mohicans » et « Danse avec les loups ». Les autres vedettes du film sont Jason Patric et Matt Damon ainsi que Robert Duval en vieil éclaireur.

Le réalisateur Walter Hill a, comme Spotttiswoode, une filmographie inégale : je ne retiens que « Le Bagareur » en 1975 puis le « Le gang des frères James » en 1980. A la rigueur « 48 heures »  en 1982 et « Johnny belle gueule » en 1988. (Mais j’ai du voir moins de 10 films alors qu’il en a tourné 24) 

Si j’ai retenu ce titre de film c’est que  le personnage Geronimo m’intéresse depuis longtemps, depuis que je suis môme : Le chaman apache est devenu un redoutable guerrier après avoir trouvé en 1858  sa mère, sa femme et ses enfants assassinés par des mexicains. Quelques années plus tard en 1871 alors que les Apaches Chiricahuas dirigés par Cochise acceptaient de faire la paix avec l’armée des Etats-Unis pour être déportés dans une réserve désertique où ils devinrent des assistés, Geronimo continua à se battre encore durant une quinzaine d’années avant de se rendre à son tour pour être déporté en Floride où il survécu encore plus de vingt ans pour y mourir  à environ 80 ans.

Pour moi Geronimo est un héros de l’histoire des Etats-Unis, alors il y a vraiment quelque chose de choquant  d’entendre dire que lors de la traque et la fin de Ben Laden la CIA avait choisi comme nom de code celui du résistant apache.

 

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Gene Hackman a commencé sa carrière d’acteur vers la trentaine après avoir eu un cursus assez classique chez les acteurs débutants d’après guerre à savoir une adolescence de cancre, puis un engagement dans les marines à 16 ans  où il resta trois ans. Au retour assagi, il réussit à entrer à l’université de l’Illinois pour des études de journalisme puis quelques années plus tard, il bifurquait et intégrait l’école des acteurs de Pasadena où il ne fit pas spécialement merveille mais se fit quelques bons copains qu’il retrouva ensuite tout au long de sa carrière. Ses premiers pas furent pour la télévision puis grâce à Warren Beatty il eut un petit rôle en 1964 dans « Lilith » de Robert Rossen. Il enchaina avec un rôle plus conséquent en 1966 dans «Hawaï »  de Georges Roy Hill d’après un roman de James Michener. Il se partageait alors entre cinéma et théâtre notamment avec ses potes de Pasadena Dustin Hoffman et Robert Duvall.

En 1967 grâce encore à Warren Beatty acteur principal et producteur du film il fit parti du casting de « Bonnie and Clyde » avec pour réalisateur Arthur Penn, le film qui le fit vraiment connaitre. Il retrouva Warren Beatty dans « Red » en 1981 pour un rôle secondaire mais une scène mémorable dans ce film consacré au journaliste communiste John Reed et à la révolution Russe.

Ne pouvant pas trop détailler sa filmographie trop riche, avec en moyenne trois films par année à partir de 1970 je vais me contenter de présenter le meilleur.

D’abord son personnage de Popeye Doyle qui lui valut l’Oscar du meilleur acteur en 1971 pour «French Connection» de William Friedkin. On le retrouve naturellement dans ce rôle pour la suite en 1975 «French connection 2»  de John Frankenheimer. 

Il tourna aussi deux grands films sous la direction de Clint Eastwood : « Impitoyable » en 1992 qui lui permit d’obtenir l’oscar du meilleur second rôle pour le personnage de Little Bill puis  « Les pleins pouvoirs » en 1997, dans le rôle d'un président qui tue sa maitresse.

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Pour moi ses autres plus grands chefs-d’œuvre sont, dans l’ordre :

« L’épouvantail » de  Jerry Schatzberg sorti en 1973. Admirable road movie avec Al Pacino, Palme d’or du festival de Cannes en 1973.

« Mississipi Burning » d’Alan Parker en 1988, avec Willem Dafoe où tous deux agents du FBI se confrontent au Klux Klux Klan, un superbe film tiré de faits véridiques et où de démocrate Hackman a du se sentir parfaitement à l’aise.

J’y ajoute les films tirés des romans de John Grisham et notamment « L’héritage de la haine » que l’écrivain a pourtant considéré être un désastre, hormis la performance de Gene Hackman.  Moi j’aime bien ce film réalisé en en 1996 par James Foley avec également Chris O Donnel et Faye Dunaway et pas seulement pour la formidable interprétation par Hackman de Sam le condamné à mort raciste.

« La firme » de Sydney Pollack sorti en 1993 dont le rôle principal est tenu par Tom Cruise, et où on  trouve aussi Ed Harris et Jeanne Tripplehom.

Enfin le dernier Grisham adapté pour le cinéma avec Hackman est « Le maitre du jeu » sorti en 2003  de Gary Fleder avec aussi Dustin Hoffman, John Cusack et Rachel Weisz. Le moins bon des trois (le roman aussi d’ailleurs) mais c’est le seul film de sa carrière où Gene joue avec Dustin son pote de jeunesse. …. Et puis c’est l’avant dernier tourné par Hackman à 73 ans.

 

  J’ai aussi une certaine tendresse pour « L’heure magique » un thriller de Robert Benton sorti en 1998 avec Paul Newman, Suzanne Sarandon, James Garner et la jeune et jolie Reese Witherspoon et pour "Les parachutistes arrivent " de John Franckeinheimer'' avec Burt Lancaster et Déborah Kerr.

Après « Bonnie and Clyde » il tourna deux autres films avec Arthur Penn le maitre de l’Actor’s Studio : «  La fugue » en 1975 puis « Target »en 1985.

Au début des années 70 il tourna deux films avec Michael Ritchie, « La descente » avec Robert Redford et  « Carnage» avec Lee Marvin. 

Deux films également avec Tony Scott «  USS Alabama » en 1995 avec Denzel Washington puis « Ennemi d’Etat » en 1998 avec Will Smith et John Voigt.

Deux films aussi de Michael Apted en 1991 l’excellent « Affaires non classées » avec Elisabeth Mastrantonio puis en 1996 le plus médiocre « Mesures d’urgence » avec Hugh Grant.

 Je ne peux citer tous ses films, d’ailleurs il y en a certains que je n’ai pas vu.... ou il y a longtemps et je ne m'en souviens plus...... comme un  Mike Nichols « Birdcage » remake de « La cage au folle » (????), un Woody Allen « Une autre femme », un Sydney Lumet «Les coulisses du pouvoir » avec Richard Gere, un Coppola « Conversation secrète », un Attenborough « Un pont trop loin »   etc.. etc….  Il y a aussi les quatre « Superman » ou Hackman joue le méchant Lex Luthor : j’ai vu le premier, quant aux autres …. alimentaire mon cher Watson…

On peut aussi voir « Opération crépuscule » d'Andrew Davis avec Tommy Lee Jones et  « Wyatt Earp » de Lawrence Kasdan avec Kevin Costner et Denis Quaid et « Mort ou vif » De Sam Raimi avec Saron Stone, Di Caprio et Russel Crowe et encore « Le Mexicain » de Gore verbinsky avec Julia Robert et Brad Pitt… et  j’en oublie forcément des bons et des moins bons mais …  Qu’il soit cow-boy, flic, général, espion, président, avocat, facho ou pasteur (« L'aventure du Poséidon», en 1972) …. Qu’il soit présent à l’écran pendant deux heures ou pour une scène d’un quart d’heure Gene Hackman crève toujours l’écran. ..... mais jamais au détriment de ses partenaires et du film..... bien au contraire.

 

(A suivre)  

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Félix PROST dit Fanfan de dax 21/05/2011 17:12


Quel pur bonheur que la lecture de ce pélerinage à Civry en compagnie de Didi. Que d'émotion, aussi, pour lui surtout et pour toi par la même occasion. Comme j'aurai aimé être avec vous.