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Des moments de vie..... Entre affiction et des beaux lendemains.

10 Mai 2012 , Rédigé par daniel Publié dans #Les moments de la vie

Ces dernières semaines furent éprouvantes et pas seulement à cause de la campagne électorale qui traînait en longueur avec ses excès. Tout aurait du pourtant se passer pour le mieux puisque nous rentrions content de notre agréable escapade alsacienne en ramenant, après être passés par Paris, nos petits-enfants qui allaient rester une dizaine de jours chez nous.

Ce qui était moins prévu au programme c’est qu’il allait y avoir un temps pourri pendant la première semaine et qu’il n’était guère possible de laisser jouer les enfants dans le jardin ou si peu. Le lundi soir il m’a bien fallu intervenir, en urgence, pour consolider la nouvelle clôture soumise à des vents du nord-est à plus de 100 km/h. Heureusement qu’il y a, à la télé, un programme « Tiji »  pour occuper les mômes pendant ces mesures de sauvetage . Au moins la clôture aura subi son crash-test et avec quelques renforts sûrs, judicieusement, mis en place le lendemain, nous étions tranquillisés.

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Lucie (4,5 ans) et Gabriel (2 ans) ont été adorables : j’avais quelques inquiétudes de devoir jouer au papy grondeur car Lucie est souvent capricieuse notamment chez elle, où elle fait souvent payer à son père de rentrer trop tard du travail. Là, chez nous pas le moindre problème…. Quant à Gabriel c’est un ange.  Heureusement car la nounou principale ce fut moi ! A commencer le dimanche du 1er tour de l'élection présidentielle où j’étais seul à la manœuvre puisque que Pilou était présidente d’un bureau de vote.

 Une journée qui se termina bien puisque Hollande était en tête ce qui selon, mon analyse, laissait entrevoir une probable victoire au second tour. 

La semaine suivante fut du même acabit sur le plan météorologique : Les petits pouvaient profiter de la terrasse fermée par une véranda pour jouer et du canapé du salon pour se goinfrer de « Tiji ». Pilou fut tout au long de la semaine très occupée en commissions où réunions à la mairie. Elle put quand même se libérer le mercredi pour la venue de Cécile et des cousins puis le jeudi après-midi pour que nous emmenions Lucie et Gabriel à l’aquarium de La Rochelle où il y avait, compte tenu de la météo, un monde incroyable.

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Fin de galère (un terme quelque peu excessif j’en conviens, tant ils furent gentils) le samedi, du week-end élargi jusqu’au 1ermai, quand Eric et Olivia arrivèrent. Ce fût d’abord la fête aux parents et puis progressivement des petits caprices réapparurent….. Papa et maman avaient fait un voyage en Andalousie et ramenaient pour Lucie une jolie robe de gitane et pour Gaby un costume d’hidalgo : Là ce fut la fête ! Lundi soir ils voulurent s’offrir une soirée cinéma et ce fut à nouveau les larmes, les cris, les menaces  de miss Lucie… jusqu’à ce que le papy grognon prennent les choses en mains.

Le dimanche nous avions toute la famille, nos trois enfants et tous nos petits-enfants à la maison et, miracle, le temps ne fut pas trop mauvais, ce qui nous permit, dans l’après midi, de jouer aux ballons dans le jardin, ballon rond et ballon ovale, on n’est pas sectaire…. Encore que quand j’étais le maître du jeu, j’occupais les garçons uniquement avec l’ovale. De temps en temps je devais rentrer, boire un coup ou me laver les mains ou …. Ce qui me permettait de jeter un œil sur l’écran télé pour voir évoluer le score du match Clermont–Leinster, la demi-finale de la coupe d’Europe …Oh je n’ai pas vu grand-chose hormis l’essai raté à la dernière minute par Fofana. Pas de finale européenne pour Clermont-Ferrand : C’est bien dommage !

Tôt le matin du mardi 1ermai les parisiens prenaient la route du retour. Nous avions envisagé de prendre alors, illico, la route direction Toulouse, pour aller voir quelques amis et participer au meeting de Hollande de jeudi au Capitole. Mais un grand coup de fatigue m’a retenu…. d’autant qu’il aurait fallu être de retour le vendredi soir car Pilou était l’adjointe astreinte aux mariages le samedi. …. Et puis le temps s’améliorant, il fallait tondre la pelouse, tailler les haies et planter des fleurs et plantes grimpantes en bordure de la nouvelle clôture. … C’était aussi l’occasion d’avancer mes lectures dont « La réserve »  de Russel Banks, l’un de mes auteurs préférés. J’adore cet écrivain américain, politiquement engagé, et dont les thèmes récurrents sont le destin, la culpabilité, le courage de faire ou la lâcheté de ne pas faire, le cheminement des êtres face aux embûches de la vie. Il donne dans ses livres une grande place aux pauvres, prolétaires, indignés, aux luttes pour l’égalité, aux confrontations raciales, à la mondialisation….. C’est en pensant aux romans de Russel Banks que j’ai retenu pour titre de ce billet,  ceux  de ses deux meilleurs livres « Affliction » et « Des beaux Lendemains »,  deux romans qui furent adaptés au cinéma et dans l’attente d’un troisième « American Darling » qui devrait être, très bientôt, porté à l’écran par Martin Scorsese.   

Ce titre reflétant surtout la seconde partie du billet que j’aborde maintenant.

J’en étais donc au mercredi 2 mai le jour du débat (matchpour certains fans de sport) entre Hollande et Sarkozy. J’étais quelque peu anxieux, persuadé que le sortant serait très agressif jouant le tout pour le tout. En fait il m’a semblé que  n’y croyait plus. Il a bien essayé de déstabiliser son adversaire en le traitant souvent de menteur…. Mais François Hollande avait beau jeu de parler du bilan du sortant  en ne reprenant que des chiffrages gouvernementaux….. Que Sarkozy contestait…Ubuesque !  En fait on s’acheminait vers la conclusion après plus de deux heures de débat décevant, avantage Hollande …..Soudain le téléphone sonna, il n’était pas encore 23 H. C’est Pilou qui décrocha et je compris immédiatement que c’était grave. Je compris assez vite que ça ne concernait pas nos enfants où la famille ; au bout du fil c’était Geneviève. J’ai pensé alors qu’un élu municipal, un adjoint peut-être, avait eu un accident. Pilou a raccroché et m’annonça, effondrée, la nouvelle du décès d’Alain. Je n’avais jamais rien ressenti d’aussi violent, que la stupeur puisse être aussi physique en faisant aussi mal, et ce malgré mes 65 ans et forcément beaucoup de parents ou amis morts au fil du temps, au fil de la vie, des décès souvent ‘’attendus’’……sauf, sans doute, il y a quelques années pour ceux de Magali puis Pierre….. ou encore il y a 16 ans de mon cousin Riquet…… Alors la conclusion du débat Hollande Sarkozy…… Je n’en avais plus rien à foutre …..De toute façon la messe était dite.... et la nuit fut longue.   

Samedi matin un hommage public fut rendu à Alain Mathieu à Aiffres, la ville dont il était le maire devant plus de 2000 personnes. La cérémonie a commencé à 9H30, et comme l’a relevé le « Courrier de l’Ouest » c’était le moment où il avait l’habitude de prendre son café à la terrasse du bar des halles, et c’est aussi à ça que je pensais quand le cercueil fut amené dans cette grande salle….. C’était l’heure où d’habitude nous nous retrouvions pour commencer à refaire le monde…. Un petit noyau d’amis, entre 5 et 10 selon les samedis.

La cérémonie a commencé avec la chanson de Michel Fugain « Je n’aurai pas le temps, même en courant plus vite que le vent, plus vite que le temps …Je n’aurai pas le temps » Admirable et courageuse Nadine qui a si bien rappelé la personnalité de son mari et ses valeurs en reprenant ces phrases de Pierre Mendes France, l’un des modèles d’Alain « La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée, tant qu’il reste des progrès à accomplir » et Nadine de terminer en demandant à tous d’aller voter le lendemain « Votez pour qui vous voulez mais allez voter »

Suivirent d’autres hommages d’amis, tous aussi émouvants :ceux  de Geneviève Gaillard la députée dont Alain devait à nouveau être le suppléant, d‘Eric Gauthier le Président du Conseil Général, de Serge Morin son 1eradjoint à la Mairie d’Aiffres et d'autres encore que j'ai moins écouté perdu dans ma tristesse et mes souvenirs....

 Nous avons ensuite accompagné Nadine, la famille et les amis proches pour la cérémonie privée au crématorium où de nouveaux nombreux hommages furent encore rendus, des propos plus intimes plus touchants et là je n’ai pas pu retenir mes larmes.  Affliction.

 Pilou était d’astreinte pour célébrer des mariages dont deux cérémonies le matin, ce qui l’a conduit à quitter la cérémonie publique vers 10H15 et rejoindre la cérémonie privée vers midi. Elle eut encore 4 mariages à célébrer l’après midi.

 Le lendemain c’était le second tour de la présidentielle. Pilou était encore prise une grande partie de la journée comme présidente d’un bureau de votes. Pour passer le temps j’avais prévu d’aller au stade Espinassou pour assister au match retour du 1/16èmede finale du championnat de France de fédérale 2. Le XV du stade niortais rencontrait le XV de Maisons Laffitte. Déjà vainqueur au match aller par 18 à 13, ce ne fut à domicile qu’une formalité pour les niortais avec un cinglant 45-14. Je ne pus m'empêcher de penser que pour les précédents matchs, j’étais assis dans la tribune à côté d’Alain.

 Après le match, de retour à la maison vers 17h30 je me suis immédiatement mis à pianoter sur internet : apparemment, il n’y avait plus de suspens. Du coup je suis allé rejoindre le bureau de votes que présidais Pilou. Là aussi le suspens ne dura pas longtemps.

Je ne suis pas allé faire la fête, ce n’était pas le moment, et ce n’est pas dans mon tempérament. Je suis très, très heureux de la victoire de François Hollande, mais compte tenu de l’état de la France je ne suis pas sûr que les prochains mois soient forcément de beaux lendemains.  

 

(A suivre)

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