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Cousins, cousines .... La tournée familiale hivernale.

4 Mars 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Cousins cousines

Depuis quelques années et notamment depuis que nous sommes retraités, nous ressentons l’impérative nécessité d’aller rendre visite, au cœur de l’hiver, aux divers membres de notre famille que nous ne pouvons pas voir lors des fêtes de fin d’année. C’est en quelque sorte la tournée d’hiver comme nous faisons chaque année une tournée d’été. Une différence importante, la tournée d’hiver nous conduit en région parisienne alors que la tournée d’été nous emmène vers le soleil, le midi. Autre différence la tournée d’été dure, au moins deux semaines, et le planning est bien plus facile à établir car si entre une étape chez des cousins de Barcelone et une autre chez des amis de Toulouse ou de Montpellier où retrouver mon frangin en Avignon, un cousin à Martigues, ma sœur à Aurillac, une tante à Alès, il nous faut faire des pauses, prendre des journées de repos dans un coin peu familier mais réputé et très sympathique, ça reste un plaisir estival. Alors qu'en hiver, perdre une journée hors milieu familial chaleureux ça serait du gâchis ; d'où la nécessité de bien préparer la tournée ….. Cette année elle fut effectuée entre le 15 et le 24 février, période de vacances scolaires de la zone B,  mais que je vais l’élargir un peu pour évoquer quelques bons moments à Niort juste avant de partir et au retour.

 Dimanche 10 février Cécile eût l’excellente idée de nous proposer d’aller faire un bowling avec nos trois petits-enfants. Sans me vanter, je n’étais pas ridicule dans cet exercice lorsque j’avais 18-20 ans ….. mais c’était il y a pas loin d’un demi-siècle. J’allais donc devoir me mesurer avec mes impétueuses petites canailles mais, optimiste, je pensais pouvoir assurer car j’ai toujours un bon bras, même si je plie moins aisément les genoux (surtout le droit)….. Ce que je ne savais pas encore c’est qu’aujourd’hui pour les jeunes enfants, il y a un système de glissières relevées pour que la boule reste sur la piste et c’est ainsi que Dorian (6 ans) et Thomas (9 ans) sont capables de faire un ‘’strike’’ en deux ou trois bandes.

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Moi, j’avais un peu de mal à tenir la juste ligne et même en lançant avec force la boule je n’ai guère été performant. Je terminai troisième (sur six) de la première partie précédé par Hugo (11 ans) et François. A la seconde partie j’étais toujours troisième, derrière les parents François et Cécile, mais cette fois devant Hugo. Ouf ! Déjà que je commence à avoir des difficultés à le battre aux échecs, s’il doit aussi me battre au bowling ça devient la honte et sans compter que Thomas et Dorian grâce aux glissières étaient aussi sur mes talons. Enfin pour une reprise ce n’était pas trop mal surtout pour la seconde partie où j’atteignais 97 points.

Encore une belle journée le jeudi 14 février, fête de la Saint Valentin, nous assistions au concert d’Yves Jamait à Niort sur la scène du Moulin du Roc. Exceptionnel récital et magnifique ambiance avec près de 500 personnes debout pour l’applaudir et le rappeler à la fin du spectacle ; si je ne me trompe pas il y eut quatre rappels, et à chaque fois il revenait chanter une chanson supplémentaire (Oui! Je sais, c'est un exercice de style mais c'est sympa). Plus de deux heures de récital et au moins vingt-cinq chansons pour fêter ses dix années de carrière. J’adore Jamait, dont j’ai découvert un CD, en passant par hasard à la médiathèque du centre culturel en novembre 2007. Depuis je me suis procuré ses quatre albums et je lui ai déjà consacré deux billets sur ce blog. En dehors de Brassens et Brel j’ai rarement savouré des albums aussi parfaits, sans la moindre chanson ratée, sans déchet. Sur scène c’est encore plus fabuleux, il n‘y a que Reggiani à Bobino en 1969 et Nougaro en concert au théâtre antique d’Arles en août 1976 qui m’aient fait une aussi forte impression. J’avais conseillé à quelques amis qui ne le connaissaient pas d’assister au récital de ce chanteur-poète, qui swingue sur les aléas de la vie et ce essentiellement sur scène, en tournées provinciale et le plus souvent hors des habituelles promotions télévisées. Manifestement ils ne furent pas déçus.

http://www.youtube.com/watch?v=o-ylau3l9v0

http://www.youtube.com/watch?v=KlxYNox2ZUE

http://www.youtube.com/watch?v=y4x4Bs6qvkY

http://www.youtube.com/watch?v=VPvDqsYY2AA

 Le lendemain Pilou avait encore une petite matinée de travail à la mairie, puis vers 13 H. nous prenions la route direction Paris.

Comme promis à notre fils nous étions chez lui avant 18 h de manière à pouvoir libérer la nounou, assez tôt. Quelques minutes après notre arrivée il nous appelait pour nous souhaiter une bonne soirée et nous dire qu’on devait se débrouiller pour casser la croûte, le frigidaire étant plein, car Olia et lui profitaient de cette occasion pour aller au théâtre sans passer par la case maison….. et ils avaient bien raison. Nous aussi d’ailleurs qui profitions de cette occasion en  consacrant pleinement notre  soirée à Lucie et Gaby.

Le lendemain matin nous conservions les bonnes habitudes niortaises des samedis en allant au marché. Eric n’avait pas lésiné sur la quantité et la qualité de victuailles et à la dépense, les paniers étaient pleins. Le lendemain nous allions festoyer car il avait invité sa cousine Marilyn et sa petite famille. L’après-midi nous nous retrouvions à nouveau seuls puisque toute la famille, plus une petite copine de Lucie se rendaient à l’Aquarium de Paris ; des réservations avaient été prises depuis plusieurs semaines. En attendant nous nous sommes reposés au calme et profitant des confortables et très beaux aménagements que notre fils avait apportés à sa maison depuis notre dernière visite. Excellent travail ! De retour quelques heures plus tard les enfants rentraient émerveillés du spectacle qu’ils avaient vu et nous racontaient tout avec force détails, notamment Gaby la magnifique..

Dimanche midi arrivaient ma nièce et sa petite famille. Marilyn partage avec Eric la particularité d'être les enfants d'une génération qui a fui la région parisienne au début des années 70 pour aller vivre en province (et en Afrique pour ce qui nous concerne) alors qu'eux, jeunes brillamment diplômés, ont fait le choix inverse, avec retour vers la faune parisienne. Les cousins s'entendent très bien et se voient assez souvent, et nous avons passé une excellente journée, autour d’un succulent  repas (le chef Eric au fourneau c’est quelque chose). Une bonne et joyeuse journée dans l’ensemble, mais avec aussi, je dois bien l’avouer une petite déception liée notamment aux trop nombreux et répétitifs débats sur les avantages comparés entre les Ipads 3 et 4 et le futur 5. Sujet comique-moderne, donc chiant pour un enfant de mon âge ! Moi j'aurai bien aimé qu'on parle aussi d'autre chose, un peu de sérieux pour profiter notamment de la rencontre avec John le compagnon de Marylin que je connais peu, même si je le lis souvent puisqu'il est journaliste économique dans un grand quotidien.

J’ai quand même pu, à un moment lui vanter les mérites de la pièce de théâtre de Frédéric Lordon « D’un retournement l’autre » et je pense l’avoir intéressé. Peut-être que ma présence n’aura pas été totalement inutile. 

Heureusement il y avait les enfants, une vraie occupation pour papy et mamie. Je voyais notamment que mon petit neveu me regardait de ses grands et beaux yeux bleus. Que d'interrogations dans cette jolie petite tête ! Le gentil Alix n'eut la réponse qu’il cherchait qu'au moment de la séparation et des bises, quand sa mère lui a dit que le tonton que j’étais, papa d’Eric, était aussi le frère de son papy Serge. Alors subitement le gamin m'a fait un si beau sourire que j'en ai (presque)oublié les insupportables débats sur les Ipads.

Après leur départ et comme il ne faisait pas encore trop froid et avant que la nuit tombe,  nous avons remis nos costumes de papy et mamie sportifs pour faire faire du vélo à Lucie et Gaby. Le week-end se terminait en soirée plus sérieusement familial avec d'utiles discussions. Le lendemain matin Eric et Olia replongeaient dans leur quotidien professionnel et francilien, Lucie rejoignait son école, Gaby retrouvait sa nounou et nous continuions notre périple passant du sud parisien à la banlieue est, pour retrouver d'autres cousines.

Jacotte et Mauquette mes chères cousines : Ce fut difficile de trouver un créneau car elles n’étaient libres que ce lundi. Ah ces retraités ! Il faut dire aussi que Loulou, le mari de Mauquette, avait des analyses à faire en fin de semaine ; ma cousine avait oublié ce détail lors de notre premier contact téléphonique et il a donc fallu au dernier moment modifier le planning.  Enfin on a pu se voir et surtout elles ont pu nous accompagner à la maison de retraite pour voir ma tante Simone, qui est en Ehpad, touchée par la maladie d’Alzheimer. Moi qui ai connu cette situation dramatique pendant trois ans avec ma mère, décédée en 2008, je suis content de constater que la maladie évolue beaucoup plus lentement pour sa sœur. Ma tante qui vient d'avoir 87 ans reste en assez bonne forme physique et, si sa mémoire fout le camp progressivement, elle finit, si on ne la bouscule pas trop, par se rappeler à qui elle a affaire. Finalement elle participe plutôt bien à la conversation, usant parfois de pirouettes inattendues et même amusantes …. Nous lui avions apporté des calissons d’Aix qu’elle dévorait avec gourmandise et, à un moment il a fallu lui retirer la boite pour qu'elle ne se goinfre pas trop, d’autant qu’elle avait commencé son goûter par un pain au chocolat que lui avait apporté mes cousines.  «Maman tu as assez mangé pour cet après-midi, tu vas être malade » « J’ai rien mangé » « Et le pain au chocolat ? » « Quel pain au chocolat ? » « Celui que tu as trouvé très bon » « C’était très bon, mais ce n’était pas un pain au chocolat » « C’était un pain au chocolat !»  « Jamais de la vie, je sais quand même ce qu’est un pain chocolat. On me la fait pas à moi » « Je te dis que tu as mangé un pain au chocolat que Loulou t’a acheté ce matin à la boulangerie » « Eh bien il s’est fait avoir car ce n’était pas un pain au chocolat » et cela aurait pu durer des heures. Ma cousine abandonnant la bataille a conclu : « Alors je dirai à Loulou qu’il peut engueuler la boulangère » « Ah oui ! il peut car il s’est fait avoir ». J’ai trouvé dans cet échange une forme d’espoir, ma tante se battait contre sa déchéance, ce que ne faisait pas ma mère. La chance d’avoir un fils et trois filles à proximité qui viennent, à tour de rôle, la voir chacun une fois par semaine. Des visites qui malheureusement se terminent toujours par le même refrain « Ramenez-moi, chez moi, qu’est ce que je fous ici avec ces gens. Ce sont tous des malades.» Par contre je sais que cinq minutes après notre départ elle ne se souvenait plus que nous étions venus. 

Ensuite nous avons passé trois jours en Seine et Marne chez la sœur à Pilou. Ça faisait juste un an que Jean, notre beau frère, nous avait quitté, peut-être victime de la vague de froid de l’an dernier. Triste anniversaire. Je me souviens encore de notre dernière conversation, quelques jours auparavant,  il avait envie de se lancer dans des recherches généalogiques sur sa famille. Il n’en a pas eu le temps et il y a depuis une grande absence dans cette maison de campagne.

Le deuxième jour j’ai laissé les deux sœurs et je suis allé à la rencontre des fantômes de mes ancêtres. Je m'étais déjà rendu, il y a deux ans, à Dollot un village de l’Yonne, limitrophe de la Seine et Marne, d’où était originaire les Prieux la branche de ma grand-mère paternelle.

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Cette fois je mettais le cap sur le nord du département pour rejoindre deux villages proches l’un de l’autre, Boursonne dans l’Oise et Crouy sur Ourcq en Seine et Marne d’où étaient originaires les Dufresne et les Vary qui nous ramènent, aussi du côté de mon père et de mon oncle Didi, deux générations encore plus éloignées (début du XIXe siècle.) Crouy sur Ourcq est un bien joli village de 1750 habitants (environ 1000 h en 1813) de la jolie vallée de l’Ourcq, un village qui s’est développé depuis deux siècles. Boursonne est un plus petit village de 280 habitants (environ 500 h. en 1813) situé en bordure de la forêt de Villers-Cotterêts, un village en train de mourir. J’ai bientôt terminé mon tour de France de mes ancêtres : il ne me reste plus qu’à visiter Aire sur la Lys dans le Pas de Calais et Malincour dans le Nord.

 Lors de cette étape près de Provins nous avons passé deux soirées avec notre nièce Sylvia et son gentil copain Kevin. Sylvia doit faire trois jobs. Elle est employée dans un commerce et fait des compléments d’horaires comme surveillante scolaire, et encore des suppléments en aide aux devoirs…. Une nécessité pour joindre les deux bouts ce qui en dit long sur la situation économique de notre pays et l’avenir de notre jeunesse. Des cousins et des cousines de mes enfants qui n’ont pas tous la même situation. Pas même entre frères et sœurs d'ailleurs. Sylvia qui est avec Malou, sa mère, la plus fidèle pour venir nous voir à Niort.

 Vendredi nous restions en Seine et Marne, mais en revenant vers la grande banlieue,  chez Paqui l'autre soeur de Pilou. Je m'absentai dans l'après-midi pour aller dans le sud de Paris pour rendre visite à mon oncle Didi, le frère de mon père. Lui aussi vient d'avoir 87 ans comme ma tante Simone (ils ont 15 jours d'écart) qui fut sa grande copine d'adolescence au début des années 40, à Champigny sur les bords de Marne entre le pont de Bry et le Tremblay. Didi est en meilleure forme que ma tante : lui a toute sa tête et continue à lire ses mails sur son ordinateur, mais il ne lit plus mes billets « C'est trop long, je ne peux plus ça me fatigue.»  Ce qui ne va pas trop bien chez mon oncle c'est le moral : il déprime un peu, se voyant plus mal qu'il ne l'est réellement. «Je perd la mémoire, peut-être que je deviens Alzheimer comme ta mère.»  me dit-il. «Tant que tu sauras dire ce nom, ça prouvera que ce n'est pas le cas.»  Geneviève une amie du foyer-logement, une compagne de solitude me rassure «Il va bien mais il se fait beaucoup de soucis et il se sent un peu abandonné ». Justement mon cousin Joe devait passer dans l'après-midi, sachant que je serais là. Ça m'a fait plaisir de voir Joe que je n'avais pas revu depuis les obsèques de ma mère. Je lui ai dit que je trouvais son père un peu plus fatigué que lors de ma dernière visite en Octobre et surtout il me semblait anormalement inquiet, soucieux. Il m'a expliqué qu'il avait été hospitalisé pour une opération à la hanche en décembre  et qu'il y avait eu quelques complications. Ne voulant pas trop affoler son père il ne l'avait pas complètement informé ce qui fait qu'il fut durant cette période beaucoup moins présent. Tout était maintenant rentré dans l'ordre et il reprend le suivi des affaires de son père. Je suis reparti rassuré, en espérant que mon cher oncle allait vite retrouver confiance et envie de vivre. A cet âge c'est primordial.     

  Dernière étape du périple chez Paqui et Terry avec, comme très souvent, un samedi super compliqué à gérer avec l'emploi des temps des activités récréatives et sportives des petits-enfants puisque leur père travaille ce jour-là. Des petits-neveux intelligents, adorables et d'une politesse exquise et étonnante. « C'est parce qu'on ne vous connaît pas trop a malicieusement reconnu Eléna la plus jeune, âgée de 6 ans ».Je ne crois pas,  même si je veux bien qu'ils ne peuvent pas être toujours aussi sages, surtout la la petite, mais quel contraste avec nos turbulentes petites canailles, leurs cousins deux-sévriens, qui sont souvent en train de se disputer, se chicaner voire de se bagarrer....mais eux sont entre petits mecs. 

 Comme partout en France qui déprime il y avait là aussi, ici, quelques soucis. Une cohabitation familiale forcée à cause d'un appartement acheté dans un immeuble, non livré et dont le promoteur a déposé le bilan. Un immeuble qui présente des problèmes de finitions pour que ses appartements soient convenablement habitables. Une situation quasiment inextricable, hors démarche juridique, à laquelle vient s'ajouter maintenant des rumeurs de malfaçons structurelles susceptibles d'entraîner la démolition du bâtiment. Paqui m'a demandé d'y jeter un coup d'oeil pour avis. Maintenant que je suis retraité je n'ai plus les moyens de faire les investigations nécessaires, mais en visitant le parking au sous-sol je n'ai pas constaté de dégradations sur les éléments porteurs. Je pouvais donc sans grand risque de me tromper les rassurer. Ces rumeurs ne sont manifestement pas fondées et une future expertise devrait, assurément, le confirmer. 

 C'est l'esprit un peu plus tranquille que ce samedi en fin d'après-midi, Terry et moi, nous avons regardé le match de rugby Angleterre-France. Putain j'y ai cru jusqu'à la mi-temps, on allait se bouffer ces rosbifs, et puis il y eut la seconde mi-temps et un coaching ultra décevant qui confirme les limites du rugby français.... s'en suivie  la défaite face à la perfide Albion

 Le lendemain matin nous reprenions la route sous la neige pour rentrer à la maison, sweet home. Serais-je perturbé par les ''english'' ? Non ! Mais un peu par la déprime hivernale qui malheureusement risque bien de se prolonger au delà de l'hiver.

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Il restait une urgence : convoquer Cécile et les petits-enfants pour une revanche au bowling. Le match eut lieu le  mercredi 27 février. .... J'avais pour objectif de dépasser les 100 points et si possible de gagner. Eh bien non ! A la première partie je suis resté scotché à 89 points, loin derrière Hugo qui a fait 104 points, et pour la seconde partie j'ai à peine fait mieux avec 94 points mais très loin de Cécile qui a pulvérisé son record à 120 points. Une consolation, pour la seconde partie j'étais devant Hugo. Un peu de respect pour les anciens SVP ! Je finirai par les avoir..... de la persévérance nom de .... Je vais m'entraîner en secret !

(A suivre)

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