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Saga Mexicana ..... Un sombrero en guise de ...(suite)

21 Février 2012 , Rédigé par daniel Publié dans #saga africa

Je reprends le récit du voyage au Mexique au moment où nous entrions dans le Chiapas, l’Etat le plus méridional, frontalier du Guatemala, avec une nature luxuriante aussi riche en faune qu’en flore dont nous n’avons guère profité hormis la balade fluviale dans le canyon du Sumidero et la pause aux splendides cascades d’Agua Azul. J’ai regretté que ne soit pas au programme au moins une randonnée en forêt mais il est vrai qu’on avait choisi le circuit ‘’Chemin sacré’’: Histoire, monuments et traditions…. Mais j’aurais bien sacrifié une ou deux églises pour croiser un brave jaguar. Ne nous plaignons pas trop on a côtoyé les crocodiles dans le canyon.

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En quittant lundi matin Tehuantepec, ville portuaire de l’océan Pacifique, nous avons dû reprendre les routes montagneuses et longer, passer la Sierra Madre pour atteindre Tuxla Gutierrez puis le canyon, et la magnifique balade en bateau, avant de rejoindre Chiapas de Corzo pour un excellent déjeuner dans un joli cadre fleuri et musical. Avant de reprendre le car nous fîmes une courte escapade au centre-ville, surtout nécessitée pour trouver un distributeur de pesos, puis nous avons pris la direction de San Cristobal, la vieille ville coloniale et ancienne capitale du Chiapas. Nous y sommes arrivés avant la tombée de la nuit ce qui nous a permis de faire une agréable promenade dans cette ville pittoresque de 60.000 habitants qui a aussi son zocalo, ses arcades, sa rue piétonne la calle Hidalgo, sa cathédrale et ses églises dont la iglesia San Nicolas.

La cathédrale, qui a une jolie façade de couleur ocre jaune, fut le siège de plusieurs évènements historiques : La proclamation de l’indépendance du Chiapas en 1821, puis son rattachement au Mexique en 1824 et enfin des accords de dialogue politique en 1994 entre le gouvernement et les zapatistes insurgés du sous-commandant Marcos. Il y a d’ailleurs quelque chose de révolutionnairement folklorique dans cette ville : Nous sommes entrés dans deux librairies pour chercher des fascicules pour touristes où l’on nous a offert de symboliques cartes postales avec la photo de Marcos encagoulé. Au marché je me suis fait mon seul cadeau du voyage, un beau chapeau en cuir…. Pas vraiment un sombrero !

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En discutant ce soir-là avec notre guide Soco, je lui dis que je voyageais avec trois livres (en français) d’auteurs mexicains dans mes bagages : « La mort d’Artemio Cruz » de Carlos Fuentes, « Le Llano en flammes » de Juan Rulfo et « Ombre de l’ombre » de Paco Ignacio Taibo. A ma grande surprise elle ne connaissait pas ce dernier ! Du coup je lui offris en me demandant si je n’étais pas en train de briser la censure….

Les soirées devenaient très intéressantes dans le petit groupe que nous formions : balades dans ces charmantes villes provinciales, conversations intéressantes et variées tout en dégustant d’excellents cocktails. On confrontait nos expériences de voyageurs, nos impressions enthousiastes sur ce Mexique qu’on visitait…. Il arrivait même qu’on traite un peu de sujets français avec encore des avis relativement convergents (Rugby, culture et Sarkozy…).   

Mardi nous devions traverser le Chiapas pour rejoindre Palenque. Pour cette étape nous ne devions effectuer que 185 km, ce qui malheureusement ne réduisait pas, compte tenu de l’état des routes, le temps du trajet qui oscillait chaque jour entre 5 et 6 h.

A une dizaine de kilomètres de San Cristobal on a fait un premier arrêt à San Juan Chamula, une petite ville d’indiens tzotzliles, descendants des mayas. La ville est très pauvre d’aspect, mais semble avoir une belle activité artisanale et commerciale, du moins y avons-nous fait des achats de jolies peintures sur cuir. Le jour de notre passage il semblait y avoir une activité politique assez intense (campagnes ou jour d’élection ?).Il faut dire que nous sommes là en fief zapatiste plus ou moins autonomiste et autogéré avec la relative mansuétude du pouvoir fédéral.

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Cette population a des rites et coutumes particuliers que l’on constate surtout quand on entre dans l’église où le curé n’est toléré qu’en de très rares occasions laissant la place d’honneur au chaman de la communauté. Les tzotziles sont chrétiens et vénèrent les saints statufiés de leur église mais ils préfèrent rotés pour évacuer les maux de l’esprit et du corps plutôt que de se confesser. Si la situation est plus grave ils n’hésitent pas à égorger un poulet dans l’église dont le sol est couvert de bougies allumées et d’aiguilles de pins. En sortant de l’église on retrouve un monde plus réel, avec des commerçants, femmes et enfants qui font bonne figure aux touristes. 

L’étape suivante nous a conduits aux cascades d’Agua Azul, en passant par Ocosingo où je rêvais de tomber sur un barrage zapatiste avec un Marcos encagoulé entrant dans le car pour rançonner les touristes friqués….. mais les révolutionnaires mexicains ne sont plus ce qu’ils étaient ; aujourd’hui ils ne veulent pas perdre la manne touristique. Ils préfèrent rançonner les commerçants qui eux se rattrapent sur les touristes !

Nous avons déjeuné au restaurant amérindien d’Agua Azul ; très bien d’ailleurs à base de poissons frits ; c’était succulent. Le spectacle des cascades était fabuleux, mais j’ai déjà fait un billet-photos je n’y reviens pas.

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Nous sommes arrivés à Palenque avant la tombée de la nuit, le temps de se promener un peu et de faire quelques photos.

Le mercredi matin fut entièrement consacré à la visite ''humide'' du site Maya de Palenque qui fera, lui aussi, l’objet d’un billet spécifique dans quelque temps, quelques semaines. En fin de matinée nous sommes retournés à l’hôtel de Palenque où nous avons déjeuné et pour la première fois à une heure ‘’française’’ avant de remonter dans le car et prendre la direction de Campeche, à 350 km sur la côte atlantique où nous sommes arrivés à la tombée de la nuit. Une étape de transition nécessaire, pourrait-on dire, en profitant d'un hôtel confortable où j'ai pu faire des mises à jour internet (blog et envoi de post-cartes).

Jeudi matin nous avons fait une rapide visite de cette ville portuaire historique, en étant plus agréablement surpris par les  couleurs des façades des  maisons de la ville que de l'aménagement des anciennes fortifications notamment la barluate de San Carlos réhabilité façon Disneyland. Le car nous attendait au zocalo  ce qui nous a permis de découvrir cette jolie place verdoyante et la cathédrale ; enfin une cathédrale d'apparence sobre !

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En arrivant sur Uxmal nous rentrions au Yucatan. J'appris que Uxmal signifie en maya, trois fois construite, ce qui confirme l'évolution historique de ce site. Je ne m'y attarde pas car j'y consacerai à plus ou moins long terme un billet spécifique. Pour patienter voir la photo de la magnifique pyramide du devin.  

En fin de matinée nous avons rejoint Muna pour un déjeuner régional à base de poulet ''Pibil'' à la sauce ''Achiote''.

Un trajet un peu plus court et surtout plus rapide nous a permis d'atteindre Mérida bien avant la tombée de la nuit pour une belle soirée quartier libre en cette ville qui marie harmonieusement, culture hispanique voire aristocratique et culture indienne populaire.

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  Nos pas nous conduisirent vite vers le zocalo la magnifique Plaza de la independencia avec sa cathédrale, la première achevée sur le continent américain en 1598, et ses musées. Mais c'est pour le Palacio de Gobierno que nous eûmes un coup de coeur et notamment le salon de historia où sont exposées de magnifiques peintures murales rappelant l'histoire du Yucatan. 

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 Nous nous sommes retrouvés dans les rues piétonnes et notamment la calle 60 en atterrissant dans un bar où affublés de sombrero nous avons trinqué avec les portraits de Pancho Villa et d'Emiliano Zapata. Une soirée très touristique mais fort sympathique au cours de laquelle nous eûmes quand même un peu de mal à trouver places dans un restaurant pour un groupe de 7 amis en goguette en cette veille de jour férié. L'ambiance en ville était superbe et nous avons fini la soirée Parque Hidalgo avec un étonnant concert en plein air.

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  Vendredi nous faisions la dernière étape du circuit celle qui nous emmenait vers Cancun avec une longue halte matinale au site de Chichen Itza, haut lieu de l'histoire et de la culture Maya, et bien sûr j'y consacrerai un billet spécifique. La longue pause nous a aussi permis de passer plus de temps devant les étals des commerçants. Une grande surprise pour nous tout au long du circuit les vendeurs parlent très souvent français et même parfois argot (un cadeau pour la belle-doche).  Un petit conseil pour les futurs touristes, ne pas parler les premiers pour laisser les commerçants démarrer en anglais façon gringo et puis ensuite intervenir pour les entendre dire "Ah! français..... mas economico" et quand il est question de prix il faut alors parler espagnol (surtout quand on a, avec soi quelqu'un qui parle couramment.) "Ah ! Espanola, mas économico". J'ai trouvé un super vendeur qui, lorsque voulant un très beau jeu d'échec pour mon fils Didier et voulant obtenir un petite baisse supplémentaire m'a répondu "Si tu parles Maya c'est mas economico". Il n'a pas baissé son prix mais bien évidemment j'ai acheté le jeu.

  Le soir, nous étions à Cancun et là c'était autre chose, un hôtel monstrueux, la mer couleur turquoise, la piscine, des restaurants et des bars à cocktails en libre-service dont nous avons bien profité, histoire de passer de bons moments avec nos amis du circuit.

On a aussi recommencé à s'intéresser à la France et notamment aux questions de climat surtout lorsqu'on a appris que le match de rugby France-Irlande avait été reporté au dernier moment pour cause de terrain gelé. C'était d'ailleurs une très bonne nouvelle pour nous ! J'ai su quelques jours plus tard que mes amis niortais Vony et Franckie étaient dans les tribunes du stade de France..... Désolé les copains !  On ne peut pas tous être veinards en même temps.

 En arrivant à Roissy lundi nous avons trouvé qu'il faisait encore un peu friquet ..... mais je pense que le plus dur de l'hiver est maintenant passé ; effet sombrero !.

 

(A suivre)

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