Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Brèves de trêve... Une expo pas assez épicée qui foire...

15 Mai 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #Brèves de trève

Pour la 83èmeFoire expo de Niort les organisateurs et l’équipe municipale nous invitaient à un voyage plein de couleurs, de senteurs et de saveurs en suivant « la route des épices ». Voilà une balade qui m’inspirait plus que le thème de l’année précédente « Le bois » qui devait surtout préparer le festival « Téciverdi » de fin juin 2010 et qui, pour sa première édition, s’intéressait aux arbres. Malgré mon intérêt pour le thème 2011, je continue à regretter qu’on ait arrêté d’accompagner la foire en invitant un pays : C’est bien la présentation du Costa Rica en mai 2008 qui nous a incité à faire le beau voyage que nous avons fait fin février….. Pour ce qui concerne le reste d’une foire exposition, celle de Niort ou les autres, je n’en suis pas spécialement friand…. Sauf bien sûr des haltes gastronomiques et de quelques rencontres amicales

S5302010100 2474

Cette foire expo 2011 s’est ouverte le 30 avril, j’y étais, Pilou aussi bien sû,r et elle s’est terminée le 8 mai et nous y étions encore mais moi j’aurais pu m’en dispenser….. et puis nous y sommes aussi allés, en visiteurs, en curieux, le mercredi et uniquement pour flâner au pavillon qui accueillait « La route des épices » car le jour de l’ouverture il y a tant de monde que l’on ne voit pas grand-chose sauf à s’attarder au risque de se faire lâcher par le peloton et, de plus, comme c’est en début de visite, on consacre trop de temps à saluer et complimenter le microcosme niortais ce qui d’ailleurs peut paraître bien dérisoire lorsqu'on est sous une planisphère ou devant les portrait des grands voyageurs. 

La visite le jour de l’inauguration me permit de m’assurer qu’il y aurait plein de bonnes choses à grignoter, ce dont je ne doutais point, mais je constatais une nouvelle fois qu’il n’était pas possible, sans jouer des coudes, de s’approcher de ces bonnes choses ce jour-là.… Eh  oui ! Les officiel(le)s sont gourmand(e)s.

J’ai noté qu'il y avait des tableaux explicatifs intéressants mais qui ne pouvaient remplacer un bon livre…. Il devait bien y avoir un stand librairie… eh bien non ! Ou si modeste qu'il vaut mieux ne pas en parler ! En fait j’étais venu avec un petit espoir, celui de trouver un livre de Daniel Vaxelaire «Les chasseurs d’épices »

Vaxelaire est un historien écrivain qui a beaucoup raconté La Réunion : J’ai dans ma bibliothèque en deux tomes volumineux l’histoire de La Réunion et deux romans magnifiques dont il me faudra parler un jour « Les mutins de la liberté » et « Chasseurs de noirs ». Je ne m’étais pas encore procuré «Les chasseurs d’épices » et j’espérais un peu le trouver à cette exposition. Non ! Alors je l’ai commandé dès l'après midi  à la FNAC et je l’ai reçu le samedi suivant, la veille des artifices de la soirée de clôture. Ce livre se lit d’une traite : il comprend une première partie, d’environ 90 pages, qui expose l’historique de la quête des épices puis une seconde partie de 240 pages qui est la biographie de Pierre Poivre (1719-1786) le plus illustre des chasseurs d’épices. «...Voyez comme c’est étrange : Le conquérant du girofle portait un nom épicé.....»

  Quelques extraits de ce livre vont accompagner notre voyage le long de cette route des épices.

9782228888820[1]

    Nous avons croisé quelques beaux tableaux comme « Le vendeur de Sahleb » de Ludwig Deusch

 « .....Vers l'an 800 deux marchands arabes Sahiran et Ibn Wahab poussent si loin leurs investigations qu'ils se retrouvent en Chine. Ils écrivent le récit de leur expédition qui est le premier contact avec l'Orient extrême.; ce texte intitulé "Deux voyageurs" est vraisemblablement à l'origine de la légende de Sindbâd le marin telle qu'elle est rapportée dans les Mille et une nuits. L'étonnante culture géographique de Sindbâd qui situe le girofle à Sumatra et l'île du poivre au large de la côte de Malabar, montre qu'une authentique exploration a servi de support à la fiction...... » 

    gustav bauernfeind market in jaffa 1887[1] Ludwig-Deutsch-The-Sahleb-Vendor[1]

Le second tableau « Le marché de Jaffa est une oeuvre de Gustav Bauenfeind.

   « Il faudrait encore parler du grand Ibn Battuta qui au milieu du XIVèmesiècle quitte Tanger pour traverser toute l'Afrique, via Tombouctou jusqu'au cap Gardafui et de là cingle jusqu'à l'Inde, visite Delhi, pousse jusqu'à Pékin : à l'heure où les Européens se disputent encore sur la rotondité de la Terre , les Arabes ont depuis longtemps établi la carte du monde connu........... »

    Une rencontre très  sympathique ce mercredi de balade au pavillon des épices, celle de Muriel Romana, historienne, écrivain auteur d'une trilogie sur Marco Polo. Elle manifesta sa surprise quand elle nous demanda nos prénoms pour les dédicaces superbement calligraphiées: Elle venait de terminer l'écriture de son nouveau roman qui devrait sortir en septembre et dont l'histoire se déroule à Grenade en Andalousie et dont l'une des héroïnes se prénommerait Pilar. Il est évident que nous surveillerons la sortie de ce roman.

65436_2787647-1-.jpgS5302026

  Il est probable que je n'ai pas fini de parler sur ce blog de cette personne qui fut aussi journaliste et scénariste (elle a notamment contribué à la préparation de plusieurs films dont 1492 Christophe Colomb et Vatel).

 J'ai commencé à lire sa saga de Marco Polo et c'est extra. Le premier  tome, «La caravane de Venise» est  bouclé  mais il m'a fallu faire un break avec «Les chasseurs d'épices» avant d'entreprendre la suite du voyage «Au-delà de la grande muraille» puis revenir en troisième tome avec «Le tigre des mers ». J'en reparlerai cet automne. 

 Je reviens à la foire expo et à la visite du pavillon. Plaisir des yeux, d'abord et puis de déguster quelques  gourmandises.  Des photos que j'accompagne d'extraits épicés du livre de Vaxelaire.

100 2481100 2482

 «...C'est pour un parfum qu'ils ont couru le monde ..... à l'étrave des galères, des chébecs et des caravelles c'est la senteur des épices que hument les capitaines, la narine dilatée au vent de l'aventure..... Hippalus le grand voyageur grec et Ibn Battuta l'explorateur arabe, Marco Polo  et Christophe Colomb, Vasco de Gama et les pirates de l'océan indien,  tous, à une heure ou l'autre ont été chasseurs d'épices.....»

  «.......En 1498, Vasco de Gama franchit, non sans mal, le cap de Bonne-Espérance, remonte en cabotant toute la côte orientale d'Afrique.... et se jetant au large, traverse tout droit l'océan Indien, de Monbasat à Calcut , sur la pointe sud-ouest de l'Inde...... en débarquant Gama hurle "Christo et épiceria!". Pour le Christ et les épices: on ne peut-être plus clair.......» S5302015100 2485

   «..... En poussant leurs caravelles dans le grand océan, les Portugais se sont vite aperçu qu'il y avait épices et épices. Certaines denrées sont fort répandues et on s'étonne des cours faramineux qu'elles atteignent en Europe: le prix du poivre qui pousse comme une mauvaise herbe tout autour de l'océan Indien, ne peut s'expliquer que par les abus du monopole arabe.....Mais il est deux épices que les caravelles n'ont pas données à tout le monde..... »

  «.... les plus précieuses de toutes depuis toujours: la muscade, dont on utilise aussi bien la noix que le macis, son enveloppe parfumée et le clou de girofle, qui est une fleur cueillie avant maturité...... La puissance de goût et les exceptionnelles vertus curatives de ces deux épices ne suffisent à expliquer leurs cours fabuleux. Il faut y ajouter un exclusif géographique: elles ne poussent qu'en un seul endroit, les Moluques... ».

S5302020 S5302013

  «...Aucune autre denrée n'est si étroitement localisée..... Il y a bien un peu de muscade en Indonésie mais ce sont des sous-espèces très inférieures dont le goût n'est pas le même : Le cru des Moluques est bien inimitable...

.....Les " îles aux épiceries" sont donc convoitées. Elles, ou ce qu'elles produisent ? Que Girofle et muscade soient introduites ailleurs et les précieuses Molluques ne vaudront plus rien.....»

    En 1745, à vingt-six ans, Pierre Poivre, ne reste que quatre mois à Batavia.....comme en Cochinchine, il accorde beaucoup d'intérêt aux institutions, à la religion et à la politique, mais surtout il étudie les plantes et quelles plantes !..... Car les hollandais, on le sait, détiennent le monopole du girofle et de la muscade. Ceux-ci se cultivent aux Moluques mais on essaie de les développer autour de Batavia..... »  

S5302021S5302017

  En 1770, à cinquante et un ans, Poivre, a maintenant plus de plants d'épices qu'il n'en a jamais rêvés. Quatre cent cinquante muscadiers germent dans les caisses et on peut espérer d'excellents résultats des dix mille noix de Batavia qui sont autrement fraîches que celles qu'avait apportées notre chasseur, aux temps obscurs. On peut être moins optimiste pour les girofliers. seulement soixante-dix ont survécu à la traversée.... mais qui sait si le terroir de l'ïle de France sera aussi favorable ?

 La Foire expo s'est terminée sur un bilan décevant. Environ 60.000 visiteurs, la tendance baissière enregistrée depuis quelques années se confirme et l'espoir de retouver un socle supérieur à 100.000 entrées est définitivement perdu quelle que soit la thématique retenue. La route des épices aurait pu faire plus de place à Poivre que ça n'aurait rien changé.

Quand les jours fériés (1er mai ou 8 mai) ne tombent pas en milieu de semaine ça fait au moins 10.000 visiteurs en moins, voire plus s'il permet un superbe pont..... et puis il y a les tarifs d'entrée et de parking qui sont dissuasifs mais...... est-ce aux contribuables niortais de payer l'addition ?

Et puis les habitudes commerciales changent et maintenant on peut parfaitement se renseigner sur Internet.

 (A suivre)

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article