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L'invité du blog... Puzzle socialiste de Jean-Michel Normand

20 Janvier 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #L'invité

Je ne connais pas Jean Michel Normand journaliste politique du Monde mais j’apprécie la lucidité de ses articles même quand ils ne sont pas toujours tendres avec mes camarades socialistes. J’ai aussi découvert, depuis l'automne dernier, son blog « Puzzle socialiste » où l'on trouve un ton plus caustique qui fait beaucoup de bien à un vieux militant qui, tout en s’intéressant toujours autant à la politique nationale, la suit maintenant avec moins de certitudes et moins de tendresse pour son camp tout en restant très vigilant vis à vis de la Droite au pouvoir et notamment de l'excité de l'Elysée…. 
 J'apprécie d'autant plus ces billets qu'au cours des longues années  (1995 / 2006) à sacrifier quelques week-ends dans les coulisses de l'appareil ou l'état-major d'un courant,  j'ai  déjà quelques avis, parfois bienveillants souvent moins... sur la plupart des gens dont on parle…. Et c’est justement dans ces portraits et le décryptage des arrières pensées que M. Normand excelle.

Voici quelques exemples de billets, du moins des morceaux choisis, l'ensemble étant à découvrir à l'adresse suivante : http://partisocialiste.blog.lemonde.fr

DSK, c’est exquis (7 novembre 2009)

 « Trop fort, ce Strauss-Kahn. Le strict devoir de réserve que lui imposent ses responsabilités à la tête du FMI lui interdit de formuler l’ombre d’une critique sur le bilan à mi-mandat de Nicolas Sarkozy, prive ses camarades de ses brillantes analyses spectrales sur la crise de la social-démocratie et empêche le pays d’entendre le grand discours de l’alternance qu’il attend. Et, pourtant, il est le seul à pouvoir battre l’invincible Sarko. Loin des yeux, près du cœur; un sondage CSA publié le 6 novembre lui accorde 51% des voix au second tour de l’élection présidentielle. François Bayrou, lui, échoue à 49%. Pendant ce temps, ceux qui sacrifient tous leurs week-ends, calculent au millimètre leurs effets médiatiques, se coltinent les réunions du BN, écument les colloques et doivent supporter les questions vaseuses ou les commentaires désagréables des journalistes sont bien mal récompensés. Malgré la popularité en chute du chef de l’Etat, personne d’autre ne franchit la barre. Martine Aubry, comme Bertrand Delanoë, échoue à 47% et Ségolène Royal ne dépasse pas 45%, François Hollande plafonne à 43% /..........
…../ Evidemment, il faudra plus qu’un sondage pour lever le mystère sur les intentions de DSK. Devenu happy-few planétaire et quasi-chef d’Etat, ira-t-il se risquer dans l’arène socialiste ? En attendant d’être obligé de choisir entre les sushis des cocktails à la Maison Blanche et les galettes-saucisse de la Fête de la rose de Rennes, le grand muet de Washington n’a rien à perdre à ce que les débats tournent autour de sa personne. Au fond, il lui reste une bonne année de réflexion...... »

Signé Ségolène (6 décembre 2009)

« Ségolène Royal s’en est faite une spécialité. Elle est la grande perturbatrice de la vie politique.  Le moins que l’on puisse dire est qu’elle s’active à soigner sa réputation de frondeuse acquise depuis 2006. A Dijon, mi-novembre, elle est parvenue à éclipser le forum du rassemblement socialiste-centristes-écologiste  initié par Vincent Peillon consacré aux questions liées à l’éducation. Samedi 5 décembre, elle a sorti de sa besace une offre publique d’alliance avec le MoDem dans sa région Poitou-Charentes… le jour même ou se réunissait à Arras le congrès programmatique du parti de François Bayrou. Qui, du coup, n’a parlé que la dame. Encore un joli coup, signé Ségolène ! Sans ce sens inné du vol en piqué, cette perception aigüe de la faille dans laquelle il faut s’engouffrer et, surtout, l’audace singulière dont fait preuve Mme Royal, les week-ends politiques manqueraient de sel...... ......Or, depuis quelques temps, Ségolène Royal donne le sentiment de ne déployer pour l’essentiel qu’une capacité de nuisance......….. …./ Après avoir mis le feu à Dijon et déclenché (à distance) une explosion à Arras, Ségolène Royal prend donc le risque d’apparaître comme celle qui perturbe le débat sans vraiment le faire avancer. .....on peut aussi se demander si l’ex-candidate, dont les grands thèmes (le rapport à l’autorité ou aux symboles nationaux, les pratiques participatives, un certain volontarisme économique associé à un réalisme social…) ont beaucoup influencé le PS, n’est pas entrée dans une période de basses-eaux /….…. / Tout se passe comme si Ségolène Royal, qui a toujours assuré avec énergie refuser de se laisser piéger dans un agenda qui ne serait pas le sien, s’était enfermée dans une logique où elle est contrainte de réagir aux autres, aux évènements extérieurs. Elle a pourtant construit son capital politique sur son sens de l’initiative.....»

Nouvelle année, nouvelle Aubry ? (13 janvier 2010)

 « Apparemment, rien de nouveau sur la forme……pourtant, la Martine Aubry version 2010 n’est plus tout à fait la même. La dame a pris de l’assurance. Le contexte politique, qui lui est doublement favorable (d’une part, les vents sont franchement défavorables pour le pouvoir qui risque d’être défait aux régionales et d’autre part ses concurrents socialistes pansent leurs blessures ou courent le monde) lui permet d’exercer un certain ascendant sans craindre d’être contredite. « Martine Merkel » s’attache donc à faire sérieux et solide. Elle parle beaucoup du projet ou des conventions nationales et peu des primaires ou de 2012. La première secrétaire impose son autorité. C’est ainsi que les parlementaires socialistes n’étaient pas au courant de l’exhumation de la proposition de loi sur le vote des étrangers. Idem pour le défi du grand chelem aux régionales, évoqué le 12 décembre à Tours, et que la première secrétaire a confirmé. Une gageure, avaient pourtant estimé la plupart des dirigeants socialistes. La première secrétaire sait ce qu’elle fait: si le PS réalise un parcours sans faute, elle aura décroché le gros lot. Si le PS n’est “que” largement majoritaire, on ne lui en tiendra pas rigueur. Bref, elle n’a donc pas grand chose à perdre et tout à gagner...............Pour le reste, si l’on écoute « Angela Aubry », c’est boulot-boulot. La maire de Lille, à laquelle il arrive parfois de se livrer à des digressions sur un mode taquin, a évité ce genre de parenthèse. On ne rigole pas. 2010  sera une « année-charnière » consacrée au projet du PS et, accessoirement, à la préparation de ses ambitions. Pour le reste, la première secrétaire n’a pas pris de risque.…. » 

Peillon c’est du brutal (15 novembre 2010)

« En faisant faux-bond à France 2, jeudi soir, Vincent Peillon a réussi un joli coup d'éclat.Cet épisode s’inscrit parfaitement en ligne avec le tempérament de Vincent Peillon qui avait mi-novembre, déjà donné un aperçu de l’énergie qu’il peut déployer en pilonnant quatre jours de suite Ségolène Royal – qui le lui avait bien rendu – après l’incident de Dijon.

Il faut dire que Peillon, c’est du brutal. L’homme est d’un commerce des plus agréable ce qui ne l’empêche pas - il l’admet lui-même - de témoigner parfois d’une réelle dureté à l’égard de ses adversaires politiques. A Dijon, il avait mûrement élaboré sa réponse musclée à Ségolène. Il ne s’agissait pas d’un coup de sang. Jeudi, idem. Ayant compris depuis plusieurs jours que France2 organisait en première partie de soirée un débat entre Eric Besson et Marine Le Pen - ouvrons une parenthèse pour remarquer qu’une telle rencontre ressemble bigrement à une tentative de dé-droitiser et placer le ministre de l’immigration en position avantageuse afin de sauver les meubles du débat sur l’identité nationale - l’Eurodéputé a sciemment mis France2 en difficulté.

Lorsque Vincent Peillon se trouve en situation de conflit, il frappe. Fort. Avant de prendre sa décision, il a envisagé quatre solutions.

1/ Décliner l’offre. Objection ; un remplaçant socialiste aurait sauté sur l’occasion pour le suppléer.

2/ Y aller et faire des moulinets. Problème: c’eut été selon lui cautionner la « faute » de France2.

3/ Opter pour un « messieurs les censeurs, bonsoir » à la Maurice Clavel. Inconvénient: trop théâtral

4/ Poser un lapin et laisser en plan Arlette Chabot. Cette dernière solution.....a été retenue. La plus explosive, celle qui lui a valu d’être traité de « voyou » par la chaine d’autant plus outrée que Peillon a exigé la démission d’Arlette Chabot. C’était aussi l’option qui faisait le plus de bruit. Et Vincent, comme tous les politiques en quête de reconnaissance, aime faire du bruit. 

 Peillon est une personnalité double. A la fois intello (il est agrégé de philosophe, spécialiste de l’histoire de la république) et homme d’appareil (il aurait pu passer haut la main l’agrégation de manœuvres de congrès), il trouve dans cet épisode un moyen d’exprimer sa détermination et son énergie à mener bataille pour ses convictions républicaines .... Même s’il use et abuse parfois des grands mots, l’Eurodéputé est l’un des dirigeants du PS qui dispose d’un vrai fond politique. Qu’il s’agisse des alliances, des paradis fiscaux ou de l’éducation, par exemple, Peillon est aussi un personnage qui ne se cache pas lorsqu’il s’agit de défaire ses anciennes alliances dés lors qu’il n’y trouve plus son intérêt.

 Que cherchait Peillon vendredi en boycottant « A vous de juger ? ».  D’abord et avant tout à gagner en notoriété. Membre de la bande des quadras, Peillon a pris du retard sur Montebourg, Moscovici et Valls. Il est brillant, passe bien dans les médias mais souffre de ne pas être très connu du grand public. Il s’inscrit donc dans une phase où parler de lui, en bien ou en mal, constitue une priorité...... .... S’il avait ferraillé contre Eric Besson, il n’est pas sûr qu’on aurait autant causé de lui. La politique-spectacle, c’est un métier, bonhomme !......»

  Le côté Fernand Naudin (Lino Ventura) des tontons flingueurs est évidemment très caricatural.... mais à la réflexion il me semble plus pertinent que la troublante impression ressentie, à la dérobée, en écoutant les pleurnicheries de Mme Chabot.    


(A suivre)

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