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Des moments de vie...... Au printemps de quoi rêvais tu ?

21 Mars 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #Les moments de la vie

Il faut bien reconnaître que la météo est conforme au calendrier, le printemps est là et bien là ; c’est toujours ça de gagné ! Pour le reste quoi de nouveau depuis le précédent billet ? Il n’est pas sûr qu’un air printanier souffle sur toute la planète pas même sur tout l’hémisphère nord, car le Japon, n’en déplaise à Cécile Duflot, est bien dans l’hémisphère nord, tout comme d’ailleurs la Libye et la plupart des actuels points chauds.

Avec l’annonce vendredi matin de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, suivie de la réunion de Paris, samedi après-midi à l’Elysée puis des premières frappes « ciblées » il est évident que je n’ai pas pu me désintéresser de l’actualité et me dé-scotcher totalement des informations télévisées ; on ne se refait pas en un jour ! D’ailleurs il va falloir que j’arrête de dire du bien de la diplomatie française car mes amis ne vont plus rien y comprendre et ce d’autant que le guignol de l’Elysée et ses sbires communiquant recommencent à fanfaronner (C’est moi qui y suis allé le premier !…. Un de ces jours il va vouloir faire un concours avec Obama à celui qui pisse le plus loin)….. Les premiers jours de guerre (appelons un chat, un chat) sont les plus faciles puis ensuite ça a tendance à se gâter….. Surtout quand tout le monde ne fait pas la même lecture de la résolution…..

Pour ce qui concerne la situation au Japon on est toujours en attente d’une bonne nouvelle, une vraie, pas seulement une énième rassurante du genre «un nuage passera au dessus de la France métropolitaine mercredi prochain mais il est mille fois ou dix mille fois moins réactif que celui de Tchernobyl…. Un nuage transparent qui confirme la transparence de l’info, c’est bien mais un accident réellement maîtrisé ça serait mieux !».

Le printemps météorologique est donc là ! Faut-il applaudir à cette relativement banale  nouvelle ? J’ai profité de cette éclaircie pour finir le livre que j’avais commencé avant….. (Je cherche le mot) avant les évènements ; un livre que j’aurais du terminer depuis plus d’une semaine si je n’avais pas été accaparé par ….les événements. C’est une remarquable biographie de Jean Ferrat « Le chant d’un révolté » de Robert Belleret. Certes je n’ai pas appris grand-chose mais ça fait du bien de lire quelque chose sur quelqu’un qu’on aimait beaucoup.

Comme le titre de ce billet le laissait entendre c’est aussi un hommage à Jean Ferrat. Même si je n’ai jamais partagé son compagnonnage avec le parti communiste j’ai apprécié, qu’après Prague en 1968 il ait su prendre quelques distances sans s’écarter de ses engagements, de ses espérances. Il est bien difficile de choisir dans son répertoire si riche….une chanson favorite : Ça dépend des jours, que ce soit dimanche ou lundi… Aujourd’hui si je devais en retenir une proche de ces modestes réflexions, je citerais « Je ne chante pas pour passer le temps » dont il signa musique et paroles. « Il se peut que je vous déplaise en peignant la réalité, mais si j’en prends trop à mon aise je n’ai pas à m’en excuser. Le monde ouvert à ma fenêtre que je referme ou non l’auvent, s’il continue à m’apparaître Comment puis-je faire autrement ? Je ne chante pas pour passer le temps….. ». Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, il ne s’agit pas d’un poème d’Aragon, Ferrat prenant au contraire le contre-pied du poète qui, lui, clamait « Je chante pour passer le temps » un poème d’ailleurs mis en musique et interprété par Léo Ferré.)

Samedi, fut une bien belle journée, ensoleillée et en plus nous avions les enfants à la maison, Cécile et François et les mouflets Hugo, Thomas et Dorian plus tonton Didier qui est venu nous rejoindre en début d’après-midi. Après un pot au feu de poissons qui a séduit petits et grands il y eut d’abord des défis par des jeux informatiques dont une mémorable bataille au bowling avec Hugo : une lutte avec des scores variant entre 150 et 200 points et au cours de laquelle j’ai longtemps conservé une courte avance jusqu’à ce qu’Hugo réalise une partie parfaite à 100% de strikes soit 300 points : Là je n’avais plus qu’à m’écraser. Quel manque de respect ! Vivement que le vrai bowling soit enfin ouvert à Niort que je puisse me venger grandeur nature en profitant de ma supériorité physique… du moins si ça ne tarde pas trop car l’aîné de mes petits-enfants va bientôt avoir 10 ans et moi, un mois plus tôt j’aurai franchi le seuil des 65 berges….. Et donc, puisque Hugo est du mois de septembre et qu’il n’a aucune raison de vouloir grandir trop vite, il n’a, et jusqu’à nouvel ordre, que neuf ans…..qu’on se le dise ! « Au bout de mon âge qu’aurais-je trouvé ?.... Vivre est un monde  pour lequel il faut bien rêver.

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Après ces batailles numériques j’ai pu retrouver un peu de prestige en emmenant les enfants dans le jardin pour une initiation au rugby avec des jeux de passes, des petites mêlées, les trois contre papy, des touches réduites où Thomas et Dorian luttaient contre Hugo. Je manageais…en conseillant à Dorian, le plus petit, de gêner Hugo en le tirant par le tricot pour permettre au cadet Thomas d’attraper  le ballon.

Le soir il y eut le match de rugby France-Pays de Galles. Après l’humiliation contre l’Italie la semaine précédente j’eus le plaisir de voir des joueurs français qui mouillaient le maillot, qui se battaient et gagnaient en nous offrant un beau spectacle. Je devais aller voir le match retransmis en 3D dans la grande salle du CGR ; mais Didier ne pouvant pas m’accompagner je suis resté à la maison pour regarder, en père peinard, le match à la télé. Sacrée lucarne, on ne peut la quitter bien longtemps ! Rien à dire de plus sur le rugby, c’était juste un bon moment pour conclure une belle journée en oubliant un peu la Libye, le Japon, Sarkozy et les Le Pen …… ce monde ouvert à la télé « avec sa dulie, ses horreurs, avec ses armes et ses reîtres, avec son bruit et sa fureur…. »

Dimanche c’était jour d’élections….. Je dois bien avouer que je me suis dans l’ensemble désintéressé de la campagne des cantonales (et aussi parce que j’ai été absent jusqu’à début mars)…. Ici, chez moi, je ne pouvais d’ailleurs pas faire campagne contre ma famille et je ne pouvais pas cautionner des erreurs de casting et de choix. D’une manière générale je craignais le pire pour l’abstention… Il y eut l’abstention, plus le FN. C’est terrible de constater que les démocraties ont tant de mal à empêcher la résurgence des idéologies d’extrême-droite…. Et comme dans les années 30 on voit des politiciens de la droite républicaine tentés d’accompagner les peurs populistes. J’ai aimé la prise de position de Borloo, cet après midi, qui contraste avec celle de « Sar-copé »

 Dans les Deux Sèvres on ne devrait pas avoir de bouleversement politique encore que..... malgré une gauche globalement en hausse sur le papier, le plus probable est que la majorité socialiste perdrait un siège, tout en conservant la présidence. Attendons dimanche prochain car ce ne sont pas les additions qui font une élection mais les électeurs ; à Ménigoute comme partout ailleurs.

A Thénezay, ça n’a pas souri pour Muriel B., la seule femme candidate présentée par le PS dans le département (cherchez l’erreur). Je ne connais pas bien Muriel, et bien que je ne sois pas de son canton très conservateur (relevez la gageure), c’est à elle que fut destiné mon trop petit chèque de soutien établi le 8 mars (cherchez la raison)

Dans la circonscription niortaise où trois cantons étaient renouvelables, le PS et l’ensemble de la Gauche ont fait de bons résultats : Dans le canton de Prahecq, notre ami Alain M. malgré un résultat à plus de 51% devra revenir en seconde semaine n’ayant pas franchi le seuil de 12.5% des inscrits. Dans le canton Niort Ouest Gérard Z. a fait une belle campagne et est largement en tête à 42% et avec un potentiel de plus de 60% pour le second tour. Seule petite déception, le canton Niort-Est, où nous vivons et votons : Rodolphe C. avec un potentiel de près de 75% n’a pas de soucis à se faire pour le second tour mais, avec seulement 32 % au premier tour il est très loin de retrouver le niveau des précédentes élections et ce malgré un résultat très médiocre de la candidate UMP à 25% et l’absence du FN.

Virginie L. l’excellente et sympathique candidate écologiste loupe de quelques dizaines de voix la seconde place et le second tour en doublant les précédents scores des verts. Un second tour PS Vert qui aurait eu de la gueule et eut laissé une chance d’avoir au moins une femme élue au Conseil général. Ca aurait pu le faire si un MRG et un divers-gauche tendance « Cercle des poètes disparus » n’avaient pas fait un tour de piste inutile gaspillant au total 5 % des voix qui se seraient probablement, en grande partie, réparties sur les deux candidates de gauche car je me dois aussi de mentionner Christine A. pour le Front de gauche qui a fait un très honorable 10%. Mes amis lecteurs niortais reconnaitront tous les candidats dont je ne mentionne que le prénom pour éviter d’être envahi par les oiseaux de passage de google. 

Hier a commencé pour trois jours le printemps du cinéma. Dimanche je ne pouvais pas, mais aujourd’hui je suis allé voir deux bons films : A midi un excellent thriller « Sans identité » et ce soir le dernier Ken Loach « Route Irish ».

Je me dois de finir ce billet avec Jean Ferrat et je vais évoquer un épisode de sa vie, que je connais depuis 43 ans et qui est mentionné dans la biographie de Belleret : «…. Pour aider sa mère, Jean cherche un travail et réussit à se faire employer, vraisemblablement fin 1947 dans un laboratoire du bâtiment et des travaux publics 12 rue Brancion dans le XVème arrondissement de Paris…. ‘’ On effectuait des tests de résistance sur des poutres et je passais mes journées à gâcher du béton. C’était un travail technique plutôt évolué mais comme tout le monde, j’étais lié à l’autorité d’un chef….Ensuite je suis rentré au service chimique et c’était intéressant. Le soir je fréquentais le Conservatoire des arts et métiers et j’ai obtenu une douzaine de certificats tout en travaillant.’’….. Il ne fut pas très loin d’obtenir le titre d’ingénieur ; quelle perte c’eût été pour la chanson… » Je ne sais pas en quelle année Jean Ferrat a quitté le CEBTP, ce n’est pas mentionné dans la biographie. Tout me laisse à penser que ce fut en 1953. Une quinzaine d'années plus tard, en novembre 1967, un jeune homme, qui me ressemble, entrait à son tour au 12 rue Brancion pour s’y faire embaucher. Lui y resta mais ce ne fut pas une perte pour la chanson, ni pour autre chose d’ailleurs n’ayant alors aucun talent particulier sauf peut-être un tout petit peu pour le rugby ce qui à l’époque était insuffisant pour nourrir son homme.

Je constate que pendant mes deux premières années j’ai suivi le même cheminement que Jean Ferrat jusqu’à étudier le soir au CNAM après avoir gâché du béton toute la journée. Je ne suis resté que deux ans rue Brancion mais au total 43 années au CEBTP sous différentes latitudes et pour finir, à partir de fin 1986, à Niort.

Hommage à Jean Ferrat que j’ai aimé mais jamais rencontré, ni même vu en spectacle. 

Au printemps de quoi rêves-tu ? D’un printemps ininterrompu ! …..

 

(Utopie à suivre)

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