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Livre en ligne....... Jérôme Pintoux interviewe Jules Verne.

30 Novembre 2012 , Rédigé par niduab Publié dans #à livre ouvert

J’ai déjà consacré trois billets à Jérôme Pintoux et à ses interviews, notamment en début de cette année, le 25 février pour présenter son curieux et très intéressant livre « Interviews d’outre-tombe », billet suivi de deux autres, suite à des cadeaux que m’avait faits l’auteur en m’envoyant des inédits ; d’une part Oscar Wilde et Charles Dickens en février puis Honoré de Balzac, début avril.  

Jérôme poursuit son chemin de rêves et reste en contact avec ses auteurs favoris. Il aurait même, en réserve plus de 2000 interviews et préparerait un nouveau livre consacré aux écrivains anglo-saxons. En attendant il nous propose par l’intermédiaire du site publie-net une cinquantaine d’interviews de Jules Verne et un peu plus d’Honoré de Balzac.  Devraient bientôt suivre des interviews d’Emile Zola que j’attends aussi avec impatience ayant lu il y a quelques années décennies l’intégrale des Rougon-Macquart.

J’invite, bien évidemment,  mes lecteurs réguliers à se rendre sur le site  suivant : http://www.publie.net/fr/list/collection-2634-ouvrez/page/1/date, où ils pourront, j’en suis sûr, se faire plaisir et s’instruire.

 «…C'est un régal, une excitation formidable. L'intervieweur est tour à tour insolent, rebelle, curieux, il joue de toutes ses armes, y compris l'uchronie (puisqu'il parle depuis notre présent, et l'interviewé du sien). Alors on voit l'œuvre par les coulisses. Les souvenirs de lecture affluent, vous donnent envie de courir reprendre le livre. Et on est somme toute vexé de ce qu'on ne connaît pas, qu'on a envie de dévorer sans attendre. Mais surtout, à ces conversations qui se suivent dans un rythme rapide, sec, nerveux, c'est bien l'interviewé qui surgit dans sa machine d'écriture, ses petits défauts, sa grande bonhommie. Et cette intuition des géants, qu'ici seulement on aura eu le droit de venir voir tout près…. François Bon directeur de publie-net.

  Je ferai très probablement dans quelques temps, un billet des interviews de Balzac, mais je me suis d’abord précipité sur ceux de Jules Verne.

couv 2[1] 

Comment construire ce billet hommage au travail de Jérôme ? Je ne vais pas une nouvelle fois reprendre, en copié-collé,  quelques interviews ; le choix serait difficile et pourrait faire des jaloux. Il tournerait d'ailleurs forcément autour des œuvres majeures car je suis loin d’avoir tout lu..... et ce serait une erreur. 

Je viens justement de me procurer « La Jacanda » dont j’avais vaguement entendu parler mais qui est devenu subitement d’actualité grâce au blog de Benjamin suite à un voyage qu’il faisait au Brésil en octobre. http://borghesio.typepad.com/benjamin/12---br%C3%A9sil-guyane/. (Lire le billet et les commentaires). C’est l’un des rares romans de Jules Verne où l'auteur se prête au genre policier, avec une enquête à mener et une intrigue à résoudre.

Non, je me devais d’innover! Constatant que Jérôme Pintoux a choisi, en conclusion à ses cinquante interviews, de questionner un témoin externe, en l’occurrence l’écrivain Jules Roy, dont j’ai adoré la saga « Les chevaux du soleil » et manifestement grand lecteur de Jules Verne, même si sa mémoire semble lui jouer des tours lors de cette interview posthume. J’ai trouvé cette idée géniale, et je me suis dit, que je pouvais à mon tour répondre aux mêmes questions car après tout Pivot soumettait le même questionnaire à tous ses invités.  Que le bon Roy pardonne au modeste blogueur de  prendre sa place mais que, si mes réponses sont moins pertinentes ou moins caustiques que les siennes, elles ne soient pas moins  sincèrement ‘’Vernissage’’. (Néologisme douteux)

Je prolongerai d’ailleurs cette interview en posant, à mon tour, deux questions à l’ami Jérôme en espérant qu’il puisse m’apporter des réponses en commentaire à ce billet

   Niduab, êtes-vous un grand « fan » de Jules Verne ?

 Oui bien sûr ! Mais je ne peux pas me qualifier d’exégète : entre les romans que j’ai lus quand j’étais enfant, ceux que j’ai lus et relus vingt ou trente ans plus tard quand mes enfants furent en âge de les lire et de les apprécier…. Enfin j’entre actuellement dans une troisième période que j’espère être celle de mes petits-enfants et qui a commencé grâce au billet de mon camarade Benjamin, déjà mentionné, et à vos magnifiques interviews. Curiosité pour les romans que je ne connaissais pas et nouvel intérêt pour certains qui s'éloignent. Un réveil qui, pour être franc, avait commencé en 2005 avec la commémoration du centenaire de la disparition de Jules Verne, et notamment grâce à un hors-série de Télérama qui avait pour sous-titre « L’horizon pour encrier » ; un excellent hors-série que j’ai conservé soigneusement pour une possible exploitation '’blogueuse’’. J’ai d'ailleurs, depuis cette commémoration, racheté quelques romans majeurs que je n’avais plus. Des livres en format poche avec toutefois les illustrations originales d'Hetzel.

Quand vous étiez enfants, les ouvrages de ce grand écrivain, vous les receviez à chaque anniversaire ?

 Non, pas du tout ! Ils étaient là chez mes parents que je ne voyais pourtant pas lire souvent ; peut-être plus ma mère que mon père. J’avais alors un peu moins de dix ans et je voyais ces livres de la '' Bibliothèque verte'' (un vert peu engageant) rangés dans un cosy qui bordait le lit d’une chambre annexe où couchait parfois mon grand-père quand il venait nous voir à Noisy le Grand. Il devait y avoir plus d’une vingtaine de livres, la saga complète des Mousquetaires de Dumas, et d’autres, quelques uns de Victor Hugo, et des ouvrages plus isolés ou naufragés comme « Capitaine Fracasse » ou « Robinson Crusoé » mais surtout et très majoritairement des romans de Verne et Dumas.

Vous en semblez très nostalgique ?

 Bien sûr ça fait remonter des souvenirs à la surface. En fait je n’osais pas toucher ces livres et personne ne m’avait engagé à le faire. Ils ne semblaient être là que pour décorer, mais j’ai été malade, la varicelle, et contagieux et on m’avait isolé dans cette chambre. Je pris et lus d’abord « Vingt mille lieues  sous les mers » puis dans la foulée « L’île mystérieuse » puis « Voyage au centre de la terre » etc…. …

 De cette période de l’enfance je peux presque, pour chaque roman, me rappeler à quel endroit nous étions car à partir de fin 1957, ma famille s’est beaucoup déplacée. En 1958, nous avons passé une année à Grenoble, une année trop courte pour se faire des copains, et avoir des activités ; peut-être un peu de scoutisme. Le loisir principal, hors balades avec la voiture que mon père venait d’acquérir, était la lecture avec en priorité les livres qu’on avait à la maison. Ce fut le temps de « Deux ans de vacances » et « Des enfants du Capitaine Grant »

 Un an plus tard nous émigrions vers les Pyrénées dans l’Ariège où j’allais en pension à Foix, d’abord avec mes livres mais ils commençaient à subir une sacrée concurrence avec ma nouvelle passion, le rugby.

 Avez-vous lu ses romans qui se passent dans l’Océan Arctique, comme les Aventures du Capitaine Hatteras ?

 Non ! Enfant, je n’ai pas lu ce type de roman ni même quand j’ai transmis le virus à mes enfants. J’ai encore à la maison quelques livres de la seconde période, celle de mes enfants lisant Verne, en format jeunesse, «Le tour du Monde en 80 jours » « L’étoile du sud », « Michel Strogoff » et « Capitaine de 15 ans». Il y eut encore beaucoup d’autres lectures parmi les romans majeurs car dans les années 83/86, nous vivions à Yaoundé et faute de télévision toute la famille lisait beaucoup, allant tous les mercredis au Centre culturel français faire le plein de bouquins pour grands et petits. Par contre et pour en revenir à votre question, j’ai relevé dans le Télérama hors-série que « les aventures du capitaine Hatteras » comme « Paris au XXe siècle »  ou « Les Indes noires » sont des romans plus sombres que d’ordinaire avec une vision philosophique éloignée du positivisme  de la plupart des autres romans.  Changement d’atmosphère que l’on ressent aussi dans vos interviews ; les réponses de Jules Verne devenant plus graves avec parfois un brin de susceptibilité.

 Et «Un capitaine de quinze ans » ?

 Je fus moi-même capitaine à quinze ans de mon équipe de rugby en cadet. Il n’y a là rien d’exceptionnel ..... Au-delà de cette boutade ce livre est aussi un souvenir important pour moi. Nous habitions alors dans l’Ariège où mon père avait été muté. Il tomba gravement malade et au bout de quelques mois nous sûmes qu’il ne guérirait pas. C’est son frère, mon oncle Didi, qui était venu de la région parisienne, pour le voir et pour me parler. Ayant appris que je lisais beaucoup et notamment Jules Verne, peut-être de façon symbolique, il était arrivé avec ce livre qu’il m’offrit sans autre commentaire. C’est d'ailleurs le seul livre de Jules Verne qui me fut jamais offert.

 C’était d’autant plus important que je commençais à lui faire des infidélités ainsi qu' à l’ensemble des grands auteurs de notre petite bibliothèque-cosy en dévorant, lors des études au pensionnat de Foix, les romans du héros à la mode, à savoir Bob Morane d’Henri Verne. … J’avais besoin de me changer les idées et de romans plus courts plus rapides à lire avec d'autres voyages extraordinaires et des héros plus bagarreurs ….. Ned Land n’avait vécu que le temps d’un livre et je le regrettais car Nemo lui réapparaissait. D’un certain côté je restais fidèle au nom….. un Verne c'était peut-être un vague cousin ? Il aurait peut-être fallu que je fasse alors la connaissance de « Robur le Conquérant ».

Parmi les héros, il y avait aussi le professeur Lidenbrock et son neveu Axel.

 Oui et je me souviens avoir beaucoup aimé ce « Voyage au centre de la terre » et d’ailleurs ce roman est souvent considéré par les spécialistes comme le meilleur de Jules Verne mais quelle idée de les faire descendre à partir d’un volcan islandais qui peut perturber le trafic aérien. Il ne l’avait pas vu venir  ça l’écrivain visionnaire ? Il avait pourtant bien prévu les problèmes d’Apollo 13, dans « Autour de la Lune » de 1870. N’y a-t-il pas des volcans aussi sympas, géographiquement situés entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne ? Moi j’en connais quelques uns ..... dont deux que j'ai approché de très près.

 C’est mon défaut je m’attache plus aux régions proches de l’équateur que de celles où il peut faire jour ou nuit, plus de vingt heures par jour pendant de trop longues saisons. J’ai bien peur, donc, ne pas être trop réceptif au « Phare du bout du Monde » ou « Au voyage du capitaine Hatteras » pour compléter une réponse à une question précédente. …. Mais je tenterai l’aventure !  C’est promis.

Vous avez donc adoré « Vingt Mille Lieues sous les mers, » comme tout le monde ?

 Bien sûr mais ça va même au-delà. J’ai déjà dit que ce fut le tout  premier vrai livre que j’ai lu. En fait, avec mes parents nous allions beaucoup au cinéma quand nous habitions Noisy Le Grand ; chaque samedi soir quand la météo était clémente et quelques mois avant d’attraper la varicelle nous avions vu  « Vingt mille lieues sous les mers »  Ce film m’avait époustouflé et notamment mon héros, Ned Land, interprété par Kirk Douglas que j’avais déjà vu très souvent en cow–boy. Quand je fus alité près du cosy riche de livres je n’ai vu que celui là !

Vous avez quand même lu des romans moins connus, des Jules Verne dits « mineurs » ou du second rayon ?

 Pas vraiment d’où l’importance de vos interviews : j’ai plein de livres à découvrir. J’ai vu que certains, comme « L’étonnante aventure de la mission Barsa » de 1903 et « le village aérien » de 1901,  se passaient en Afrique à l’époque des aventuriers, ceux qui cherchaient les sources du Nil comme Burton et Speek ou voulaient dépasser les rapides d’Inga du Congo comme Brazza, ou développer le Sénégal comme Faidherbe, ou encore d’autres comme René Caillié ou les Largeau, nos régionaux, qui furent des contemporains de Jules Verne et qui m’ont aussi fait rêver. Je vais essayer de me procurer ces deux livres.

 Je dois aussi avouer, avec un peu de honte pour quelqu’un qui se dit cinéphile, de n’avoir jamais su que « Les révoltés de la Bounty » était une nouvelle de Jules Verne de 1879. Pour ma défense il faut dire que les trois films réalisés, celui de 1935 avec Clark Gable, celui de 1962 avec Marlon Brando et celui de 1984 avec Mel Gibson ne font pas référence à Jules Verne mais sont crédités être basés sur un roman de Charles Nordhoff et James Norman Hall publié en 1932. Donc postérieur à celui de Jules Verne. Les copieurs !

 Par contre je savais que le film «  Les tribulations d’un chinois en Chine » était bien basé sur le roman de Verne, qui lui est crédité au générique, même si l’adaptation est très libre. Tout comme les diverses adaptations de « Voyage au centre de la terre. »

 Les autres films comme « Michel Strogoff » , « Le tour du Monde en 80 jours » et bien sûr « Vingt mille lieues sous les mers » sont assez fidèles.   

Par vos propres voyages vous avez-vous-même bien profité de la vie ?

 C’est vrai et ce furent aussi des voyages extraordinaires, professionnels ou touristiques. Mais si cette question était intéressante pour Jules Roy lors d’une interview d’outre-tombe, je la trouve déplacée pour ce qui me concerne car je pense et j’espère avoir encore beaucoup de voyages à effectuer. J’ai d’ailleurs le projet de faire la road 89, la transaméricaine du Québec au Panama, pour mes 89 ans,  comme j’ai fait la road 66 cette année….. mais j’ai pas loin d’un quart de siècle pour m’y préparer.... et je ne suis pas très pressé. 

 

Cher Jérôme j’ai une question à vous poser : Pourquoi à plusieurs reprises tourmentez-vous le grand écrivain pour l’abus d’expressions anglaises dans certains romans ? Certes vous étiez professeur de littérature française mais je sais par ailleurs et par votre blog que vous êtes fan de chansons pop-anglaises donc a priori disponible à ces mélanges linguistiques.  A titre d’exemple je reporte ci-après un extrait de votre interview de Jules Verne en 1887  pour le roman «Le Nord contre le Sud » :

  « La scène se passait sur ce que vous appelez un « steam-boat » ?

 On sait ce que sont ces bateaux à vapeur, destinés à faire le service des fleuves américains. Véritables maisons à plusieurs étages, couronnés de larges terrasses, ils sont dominés par les deux cheminées de la chaufferie.

Ce sont de grands navires ?

Sur l’Hudson comme sur le Mississipi, ces steam-boats, sortes de palais maritimes, pourraient contenir la population de toute une bourgade.

Vous présentez Texar et ses amis comme de gros beaufs alcooliques, à bord de cette embarcation ?

Je ne vois pas trop ce que vous entendez par « beaufs alcooliques » mais disons que, dans un des box du dining-room, en buveurs, le gosier fait aux fortes liqueurs des bars américains, ils vidaient des verres entiers de gin, de bitter et de Bourbon-whiskey. C’étaient, en somme, des gens assez grossiers, peu comme il faut de tournure, rudes de propos, plus vêtus de cuir que de drap, habitués à vivre plutôt au milieu des forêts que dans les villes floridiennes.

 Mais pourquoi dites-vous qu’ils buvaient des verres de « bitter » dans un « box » du « dining room » ? Ne pourriez-vous pas dire, plus simplement, qu’ils buvaient des apéritifs dans un compartiment cloisonné de la salle à manger ?

Mais vous êtes toujours en train de me reprocher mes anglicismes ! À chaque fois que je vous vois c’est la même chanson. Si j’avais écrit, comme vous me le suggérez, qu’ils buvaient un apéritif dans une des stalles de la salle à manger, on aurait nettement moins eu l’impression d’être sur un bateau à roues à aubes sur le Saint-John ! On n’est pas sur la Seine, que diable ! Il faut utiliser des mots du cru !

 Avez-vous écrit d’autres ouvrages sur la Guerre de Sécession ?

Oui, indirectement. Ce conflit m’a marqué. Dans L’île mystérieuse, que j’ai écrit il y a une douzaine d’années déjà, ce sont des yankees, prisonniers des sudistes, qui se sont enfuis à bord d’un ballon : ils se retrouvent loin de tout, sur une île inconnue qu’ils appelleront l’île Lincoln, en hommage au président abolitionniste.

La frégate qui pourchasse le Nautilus, dans Vingt Mille Lieues sous les Mers, s’appelle également l’Abraham Lincoln ?

Oui. C’est un peu mon père spirituel. Avec quelques autres.

Qui d’autre ?

Defoe, Poe...

Je vous croyais plutôt royaliste ?

Royaliste et abolitionniste. Ce n’est pas forcément contradictoire. »

 Cette dernière réponse, m’invite aussi à vous poser ma seconde question. N’êtes-vous pas quelque peu indiscret en revenant plusieurs fois sur le positionnement politique de Jules Verne ? Même s’il fut en 1888 élu au conseil municipal d’Amiens sur la liste républicaine (gauche modérée) où il siégea durant quinze ans et alors qu’il s’est toujours dit monarchiste, ce n’est manifestement pas un point important de ses romans où il semble osciller entre une éducation conservatrice et une curiosité progressiste. A titre d’exemple un extrait de votre interview en 1865 pour « Paris au XXème siècle ». 

 «  Quand avait-il lancé ce projet d’envergure ?

En 1937. Sous le règne de Napoléon V.

Sous Napoléon V ?! Ah, j’aime votre humour !

Ce n’est pas de l’humour. Je me sens plus monarchiste que républicain...

Je vous prie de m’excuser...

Ce n’est pas bien grave. Je suis un monarchiste... modéré... »

 

(A suivre)

 

Post-scriptum : 

1/ Je me dois aussi de mentionner des billets d'Argoul (voir dans la colonne de droite le lien avec son blog) : « Deux ans de vacances » le 17/12/2010 puis « Voyage au centre de la terre » le 6/8/2011 et un récent billet généraliste du 19/5/2012 intitulé « Jules Verne dans la Pléiade ».

298682-0[1]

2/ Je viens de finir « L’étoile perdue » (Wake of the Perdido Star en V.O) un livre qui  n’a, a priori, rien à voir avec Jules Verne, et pourtant…. Je l’ai acheté par curiosité car l’auteur n’est autre que Gene Hackman, l’immense acteur américain, et quelle ne fut pas ma surprise de trouver un très bon roman d’aventures avec une incontestable influence de Jules Verne. Une histoire de mer, de bateaux, de flibuste, de longs voyages de Cuba à Manille, de naufrages et même d’expériences scientifiques pour aller renflouer un navire coulé grâce  à une cloche bathyscaphe….. Jusqu’au jeune héros qui, comme par hasard, se nomme Jack, et qui pour venger la mort de ses parents doit s’enfuir de Cuba en partant comme mousse puis à la suite de nombreuses péripéties finira par prendre les commandes du navire et, devenu Black Jack, reviendra à Cuba assouvir sa vengeance.

 Un très grand acteur qui se révèle être, sur le tard, un très bon conteur. Une vraie curiosité.  

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jerome pintoux 04/12/2012 19:32

Merci pour ce long billet détaillé, Daniel. Je suis content que mes interviews vous aient plu.
Moi aussi j'ai connu J.V. dans la bibliothèque verte : je revois l'illustration du Château des Carpathes.
En ce qui concerne la politique, j'ai vu une contradiction entre le fait que Verne soit monarchiste et qu'il se dise abolitionniste : il me semble que les royalistes de son époque étaient très
réacs, mais je n'ai pas vraiment creusé la question.
Quant à la question des anglicismes : je l'avais déjà abordée, mais sous un autre angle dans les interviews d'outre-tombe.
Mon livre sur Jules Verne s'intitulait au départ : "Jules Verne, en franglais dans le texte": il me semble que c'est Jules Verne le premier à avoir mélangé ces deux langues : j'ai voulu montrer que
l'abus des anglicismes n'étaient pas une tendance du français contemporain mais qu'il existait déjà il y a cent-cinquante ans.
J'y ai recours, comme tout le monde, je vais sortir un roman intitulé "Vinyles Vintage" : je n'allais pas l'appeler "disques de chevet"' ou "trente-trois tours millésimés", ça n'aurait pas collé à
l'époque…