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Presse aidant..... Ainsi allait le Monde...... Février 2014.

2 Mars 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

 Je poursuis la démarche commencée le mois dernier en m’appuyant sur les éditoriaux du journal le Monde. Avec les tensions internationales qui reprennent de plus belle en ce début d’année y compris en Europe je pense que cet examen légèrement rétrospectif est nécessaire pour ne pas se laisser déborder par l’actualité médiatique dévorante.

 Si je continue cet exercice les mois prochains , et je pense que ça restera nécessaire, je pourrai utiliser les éditoriaux d’autres journaux que je lis aussi, mais que je ne conserve pas, alors que le Monde que je reçois par internet je garde tous exemplaires au moins deux mois.

 Pour le mois de février sur les 26 éditoriaux, trois concernaient directement l’Ukraine plus un sur les jeux olympiques de Poutine où la situation en Ukraine était déjà évoquée. Le sujet est aujourd’hui particulièrement chaud, et demain sans doute encore plus aussi ai-je envisagé un moment, de ne retenir que ces éditoriaux là.

 Finalement je n’ai retenu qu’un seul éditorial sur l’Ukraine, le dernier, auquel j’ajoute un édito sur la question du climat et un autre sur l’Egypte.

 Le mois de mars sera un autre mois, mais j’ai bien peur que les sujets proposés soient sensiblement les même sauf si de nouveaux foyers de tensions font subitement l’actualité….  

    

Editorial du 17/2 : Les Etats face à la réalité des dérèglements climatiques.

 « Pour justifier l'inaction de la plupart des gouvernements dans la lutte contre le changement climatique, il est assez facile d'évoquer la dictature du court terme à laquelle sont soumis les dirigeants pour faire leur choix. Prendre des mesures pour enrayer l'ascension du chômage ou l'effondrement du tissu industriel apparaît toujours plus urgent que de se soucier de la hausse importante des températures d'ici à la fin du siècle, annoncée avec toujours plus de certitudes par les scientifiques. A cette échelle de temps, le chômeur d'aujourd'hui ne sera pas l'électeur de demain.

 " Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l'eau dans son salon. " La formule est de Mohamed Nasheed. En 2010, l'ancien président des Maldives avait ainsi exprimé son amertume, partagée par les dirigeants des pays les plus exposés aux conséquences de la transformation du climat, face à l'indifférence des grands pollueurs.

 Cette heure pourrait bien être venue dans les pays industrialisés situés dans les zones tempérées du globe. Plutôt épargnés jusqu'à présent, ceux-ci sont désormais confrontés à des phénomènes météorologiques extrêmes. Depuis le début de l'hiver, la répétition d'" accidents " climatiques est incessante : sécheresse et froid polaire simultanés aux Etats-Unis, inondations historiques en Grande-Bretagne, chutes de neige intenses à Tokyo, submersion du littoral atlantique en France…

 Même si les scientifiques, toujours prudents, refusent d'établir un lien direct entre chacun de ces épisodes et le changement climatique, l'accumulation des caprices du climat commence à bousculer la quiétude des gouvernements.

 Telle une petite île du Pacifique, la Grande-Bretagne a renoncé à défendre des parties de son territoire contre les assauts de l'Océan. Le président des Etats-Unis doit, dans le même temps, rassurer les agriculteurs de Californie frappés par la sécheresse, et les familles des victimes de la tempête polaire.

 Depuis deux ans, deuxième pays pollueur de la planète après la Chine, les Etats-Unis vivent au rythme des catastrophes naturelles. Barack Obama vient d'annoncer la création d'un fonds climat d'un milliard de dollars pour aider les Américains à s'adapter et à atténuer les effets du réchauffement. En visite en Indonésie, le secrétaire d'Etat, John Kerry, a tenu un discours offensif, dimanche 16 février, sur la nécessité d'agir collectivement contre les changements climatiques en les comparant à une " arme de destruction massive ". Deux jours auparavant, il avait réitéré, avec son homologue chinois, la volonté d'une plus grande coopération entre les Etats-Unis et la Chine confrontée, de son côté, à une considérable pollution de l'air.

 Ces déclarations sont les bienvenues. Il en faudra cependant davantage pour être au rendez-vous de la conférence des Nations unies sur le climat, en décembre 2015 à Paris. L'ambition de cette nouvelle réunion est d'aboutir au premier accord mondial de lutte contre le réchauffement, conclu entre les tous les pays pollueurs. Jusqu'à présent, le principe de précaution ne les a pas conduits à assumer leurs responsabilités. Il faut espérer que le principe de réalité sera plus convaincant. »

 

  Editorial du 18/2. L'Egypte ou la fuite en arrière

 « L'Egypte vit des heures sombres. Trois ans après la chute d'Hosni Moubarak, l'avenir y paraît toujours aussi confus – qu'il s'agisse des perspectives politiques, économiques ou sécuritaires du plus peuplé des pays arabes.

 Depuis le coup d'Etat militaire de l'été 2013, le régime que dirige le ministre de la défense, Abdel Fattah Al-Sissi, doit faire face à une vague de terrorisme qu'il semble impuissant à enrayer. Les attentats se succèdent, semaine après semaine.

 Pour la première fois depuis 2008, l'un d'eux a visé, dimanche 16 février, des touristes étrangers. L'explosion d'une bombe dans un bus de vacanciers sud-coréens a tué quatre personnes et en a blessé treize autres. L'attaque a eu lieu dans l'un des endroits les plus protégés du Sinaï, à Taba, à la frontière avec Israël.

 Il porte un coup au tourisme, au moment où ce secteur, capital pour l'économie égyptienne, souffre de l'instabilité politique du pays. Revendiqué par le groupe djihadiste Ansar Baït Al-Makdis, il confirme le climat de rébellion chronique qui sévit dans la péninsule du Sinaï. Contrebandiers et islamistes lourdement armés se réclamant d'Al-Qaida y tiennent tête aux forces du pouvoir central.

 Celui-ci, qui renversa l'été dernier le président élu, Mohamed Morsi, un frère musulman, avait promis la sécurité. Il impute la vague d'attentats actuelle au parti de M. Morsi – sans jamais en apporter la moindre preuve. Tout se passe plutôt comme si l'interdiction des Frères musulmans – 25 % de l'électorat, au bas mot – avait laissé la porte ouverte aux groupes djihadistes les plus violents.

 Quand il jette en prison M. Morsi, premier président égyptien démocratiquement élu, M. Al-Sissi est porté par l'impopularité croissante des Frères musulmans. La Confrérie, se comportant comme une secte, s'est révélée incapable de gouverner. Mais l'équipe d'Al-Sissi, sans doute toujours relativement populaire, manifeste à son tour un tropisme sectaire, dictatorial et de plus en plus intolérant.

 Elle impose un état d'urgence de facto, multiplie les procès truqués contre les Frères musulmans, muselle la presse libre, et, au nom de la lutte contre l'islamisme, interdit la moindre expression d'opposition.

 Un cortège de pratiques indignes, que la " révolution de la place Tahrir " avait voulu bannir à jamais, a de nouveau cours : arrestations arbitraires, pleins pouvoirs à des forces de sécurité qui torturent. C'est la reprise d'une violence d'Etat qui écrase les espérances d'il y a trois ans et prend la forme d'un retour à l'autocratie qui caractérisait l'ancien régime. L'opposition laïque est, elle aussi, pourchassée, ses militants emprisonnés, leurs locaux fermés, leur matériel détruit. Les organisations de défense des droits de l'homme sont les premières visées.

 A la mi-janvier, le régime a fait approuver une Constitution qui légalise le statut d'intouchables des militaires. D'ici quelques mois, M. Al-Sissi, soutenu à la fois par les Américains et les Russes, devrait se présenter à un scrutin présidentiel. Sans opposants sérieux, il l'emportera sûrement. Par un score " à la Moubarak ". »

    

Editorial du 24/2. L'onde de choc de la révolution ukrainienne

 « Le symbole n'aura échappé à personne : alors que se préparait la cérémonie de clôture des Jeux de Sotchi, conçue comme une apothéose internationale du régime de Vladimir Poutine, se jouait à Kiev la fin brutale et sans appel d'un pouvoir que Moscou avait porté à bout de bras. Le renversement de Viktor Ianoukovitch représente une défaite majeure pour le Kremlin.

 La fuite d'un président conspué par les foules, abandonné à la fois par son entourage proche, par son parti et par les forces de l'ordre, constitue assurément le pire cauchemar de M. Poutine. Son aversion pour les " révolutions de couleur ", ces basculements qui marquent l'émancipation d'une société rejetant un système de pouvoir, de corruption et de clan, n'est un mystère pour personne. En Ukraine, l'effet est particulièrement frappant, car il s'agit de " la " grande république slave sœur, avec des résonances inévitables en Russie. Et aussi parce que le dirigeant russe essuie en Ukraine son deuxième échec spectaculaire en dix ans. Déjà, en 2004, la " révolution orange " avait pris de court les services de renseignement russes. Vladimir Poutine avait cru bon, à l'époque, de s'impliquer personnellement dans le soutien à Viktor Ianoukovitch, se rendant à Kiev pour figurer à ses côtés dans des rassemblements publics. Voir chuter deux fois l'homme lige n'en est que plus humiliant, surtout après un effort financier russe d'un montant annoncé de 15 milliards de dollars.

 Ce qui se joue aujourd'hui en Ukraine aura des répercussions importantes dans l'ex-URSS par la simple démonstration que la domination de Moscou dans " l'étranger proche " peut être très relative. Les événements en Ukraine marquent une sortie de l'orbite et de l'ordre " poutiniens ", qui semblaient jusque-là faire loi. Tandis que la Russie offrait son soft power à Sotchi, elle encourageait la méthode forte à Kiev – avec les résultats que l'on a vus.

 Par quel biais l'ire russe se manifestera-t-elle désormais ? En attisant des séparatismes dans le Donbass russophone ? En activant les réseaux des militaires russes en Crimée ? En dépêchant l'armée, comme à Prague en 1968 ? Les Occidentaux, manifestement inquiets, multiplient les appels à la sauvegarde de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. En août 2008, la 58e armée russe avait partiellement envahi la Géorgie pour priver ce pays de toute option euroatlantique. De tels scénarios, cependant, ne sont pas sans risques, et Vladimir Poutine le sait. Inévitablement, le chaos en Ukraine affecterait la Russie voisine.

 Pour l'Union européenne, qui se retrouve avec une révolution démocratique et nationaliste à ses portes, le défi immédiat est le soutien économique : empêcher un défaut de paiement qui achèverait de plonger l'Ukraine dans l'anarchie. Au-delà, c'est toute la perspective d'un partenariat politique avec l'Ukraine qu'il faudra définir. Et l'UE serait bien avisée de tourner son regard sans trop tarder vers la Moldavie et la Géorgie, les deux républiques qui ont accepté l'accord d'association et qui, à ce titre, pourraient être demain les cibles toutes désignées de nouvelles pressions russes. L'onde de choc de la révolution de Kiev n'en est qu'à ses débuts. »

 

 

Voici aussi des éditoriaux que j’aurais pu reprendre et qui méritent d’être lus.

 http://abonnes.lemonde.fr/jeux-olympiques/article/2014/02/08/vladimir-poutine-ne-merite-pas-de-podium_4362813_1616891.html

 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2014/02/12/la-france-piegee-dans-la-tragedie-de-la-centrafrique_4364851_3212.html

 

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/02/13/the-good-president-hollande-seduit-obama-mais-pas-les-investisseurs_4365820_3232.html

 

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/02/14/syrie-l-atroce-indifference_4366685_3232.html

 

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/02/25/abdelaziz-bouteflika-et-le-danger-de-la-stagnation_4373034_3232.html

 

( A suivre…)

 

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Fanfan 04/03/2014 15:01

Je te remercie de m'avoir apparenté à cet hommage vibrant envers Didi. Il aurait pu être mon oncle à moi; ou bien l'oncle de chacun d'entre nous, les juniors du ''Père Charles''. C'est pour cela
que je me reconnais dans cet éloge et que j'aurai toujours autant de satisfaction à suivre la rubrique ''Didi'' que tu poursuivras pour la postérité d'un homme hors du commun et qui le mérite bien.
Amitié fraternelle.