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Presse aidant.... .Des échos d'éco et de déco ....

1 Août 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

La déco c’est le fond de commerce de l’émission de télévision de France 5 « C dans l’air », une émission qui peut être regardée quand le tour de table est bien constitué, équilibré pour permettre un débat contradictoire. Mais c’est une émission qui devrait s’appeler « C terre à terre » quand tout le monde ou presque est sur la même ligne  et bavasse inutilement……. c’était le cas aujourd’hui pour une émission intitulée «  Hollande : la crise de croissance ».

  Calvi absent, c’est Thierry Guerrier qui animait l’émission et je dois immédiatement préciser qu’il fut et de très loin le moins mauvais des protagonistes. Les quatre invités étaient Claude Weil directeur de rédaction du Nouvel Obs, Philippe Dessertine Professeur de Finance à Paris Xème, Hélène Pilichowski éditorialiste pour diverses chaînes de télévision ou de radio et enfin Nicolas Beytout journaliste économique directeur-fondateur de « L’Opinion ».

 Ce ne sont pas les invités en tant quel tels qui m’ont dérangé mais le fait qu’ils disaient presque tous la même chose, sans guère de nuances, sur les respects des fondamentaux de l’économie, certes nécessaires mais modulables selon les choix politiques. Que n’a-t-on pensé à inviter un économiste de l’Observatoire  français des conjonctures économiques (OFCE) ou d’Alternatives Economiques par exemple pour apporter une autre musique, un autre air.

 Même Claude Weil s’en est tenu à  cette ligne commune bien qu’il ait quand même rappelé que Sarkozy n’avait absolument rien fait pour endiguer la dérive des déficits publics, même pas de laisser bosser Fillon, son premier ministre, qui lui était conscient du problème. Mais à part ce passage et deux ou trois remarques intéressantes, Weil était là pour la déco et surtout pour la pub de son journal.

 Philippe Dessertine, que j’écoute d’habitude avec intérêt, aurait pu sur ce point, le suivre, lui qui reproche régulièrement à tous les gouvernements d’avoir laisser filer l’endettement depuis vingt ans pour conserver de la croissance et maintenir en état les systèmes sociaux mis en place après guerre. Pour lui l'endettement, source de la crise, aurait été le fait d'une politique volontaire de tous les gouvernements européens. De la déco toujours pour promouvoir son point de vue, ses certitudes et peut-être un prochain bouquin.

 De Nicolas Beytout qui, dit-on, était un des invités du Fouquet’s le 6 mai 2007, il ne fallait attendre aucune indulgence d’autant qu' il était surtout là pour la promotion, de son nouveau journal. De la déco vous dis-je !  Il était dans son rôle et d’ailleurs c’est lui qui a habilement amené les autres sur la ligne consensuelle de l’émission : « C’est vrai qu’il y a de bonnes nouvelles qui arrivent de l’extérieur et c’est ça la mauvaise nouvelle car Hollande ne fera plus que le strict minimum  pour satisfaire Bruxelles comme réformes de structure. »

 C’était d’ailleurs aussi la ligne prudente d’Hélène Pilichowski qui avait participé au diner des journalistes avec le Président, le 19 juillet à la Maison des Polytechniciens. Mais Hélène a des excuses : 1/ ce sont les journalistes qui invitaient le Président et non l’inverse.. 2/ Elle serait une parente de François, cousine dit-on  3/ Il ne semble pourtant pas qu’elle ait voté pour lui, ou du moins on ne peut pas dire qu’elle ait roulé pour lui. Finalement elle a semblé très à l’aise sur la ligne Beytout, la cousine, la déco malgré elle.  

Pour résumer le débat je vais citer une intervention de l’animateur T. Guerrier ; « Vous êtes incroyablement pessimistes. Vous êtes obligés de reconnaître des bonnes nouvelles, voire même d’en annoncer : La Bourse se porte mieux, dans le domaine des grandes entreprises la France est la 4ème puissance du monde devançant l’Allemagne, la croissance va être très forte en Allemagne, la reprise s’amorce dans toute la zone Euro, L'Espagne se porte mieux  etc…. et pour vous ça va de plus en plus mal ! »

« Oui ! reprirent ses interlocuteurs, libéraux et chantres du déclin, car ça va dispenser Hollande de faire les réformes de structures indispensables pour le pays !  

  Suivait une question d’un téléspectateur « Le peuple est-il condamné à souffrir pour permettre de faire de la croissance ?» Seul Claude Weil a osé répondre par une pirouette « La question centrale de la politique ce n’est pas ‘’Que faire ? ‘’ mais ‘’Comment faire ?’' »

Pour en savoir plus et pour quelques jours :

http://www.france5.fr/emission/4f7f1114bb94787338004148/51dfec3ebb94784c070407cb      

Et si Hollande, n'en déplaise à beaucoup, avait  trouvé dès le début de son mandat le bon tempo, sans écouter tous ces oiseaux de mauvais augures qui caquètent en permanence « Coué, coué, coué.... »    

 Rappelons qu'il y a encore peu, le FMI, L’OCDE et Bruxelles demandaient aux pays les plus touchés par la crise de se lancer dans de sévères politiques d’austérité budgétaire pour réduire leurs déficits et qu'il y a  quelques mois ils ont été obligés de reconnaitre s’être trompés dans leurs calculs sur les effets négatifs de la dette publique  quand elle était supérieure à 90% du PIB.    

Rappelons aussi qu’en juin dernier le FMI, reconnaissait quelques mérites aux efforts menés par le gouvernement français ces deux dernières années (sympa  le FMI  associait la dernière année de Sarkozy-Fillon et la première de Hollande-Ayrault )

Bon d’accord Hollande fait peut-être preuve d'excès d'optimisme (mais franchement quand l'écart de prévisions entre la France et Bruxelles n'est que de 0.2% ça reste dans le domaine de la marge d'erreur)  mais n’est-ce pas une nécessité que d’essayer de booster la confiance. Hélène Pilichowski disait à « C dans l’air » que Hollande avait dit que sa plus grande inquiétude était le pessimisme excessif des français et leur peur de l’avenir alors que notre pays, cinquième puissance du monde, avait tant d’atouts pour se réformer et conserver son rang de grande nation.      

 

Reprise du billet le 3 août :  Pour finir ce billet il me faut quand même mentionner quelques échos d’éco et quoi de plus naturel que d’aller les piocher dans le journal « Les Echos » qu'il m'arrive de lire de temps à autres pour information :

Les Echos du 23 juillet dont la ''Une '' était   L'Europe impuissante face à l'envolée de la dette : Editorial de J.M. Victori : Réfléchir à l'effacement des dettes publiques. « C'est intenable. En un an, la dette publique a augmenté de 450 milliards d'euros. En face la production annuelle de richesse a progressé de 30 milliards. Or c'est sur la seconde qu'il faudra prélever de quoi rembourser la première. C'est donc intenable, sauf à augmenter les impôts jusqu'au ciel, sauf à sabrer la dépense publique jusqu'au ravin, sauf à croire que ces déficits jettent les bases de l'avenir alors qu'ils reflètent les errements du passé, sauf à espérer le retour de la croissance alors que cette croissance est étouffée par les excès de dettes, par la politique budgétaire, par la crainte qui empèche l'action.

Pour sortir de l'impasse, il faudra faire marche arrière. Il y a deux manières d'y arriver. La première est une méthode douce, paradoxale. Elle consiste à desserrer le garrot budgétaire dans les pays en difficultés pour redonner un peu d'air à la croissance, laisser un peu plus filer le déficit d'aujourd'hui pour le réduire davantage demain. Le mouvement a déjà commencé sous la pression des événements.  La plupart des organismes internationaux le préconisent après avoir souvent prescrit le contraire. Mais la Commission européenne avance à reculons sur cette marche arrière, alors qu'elle doit jouer un rôle majeur dans la redéfinition des règles du jeu. 

La deuxième manière est sans doute plus violente, mais elle va sans doute finir par s'imposer: c'est l'effacement d'une partie de la dette. En jargon, on parle de restructuration pour ne pas effrayer l'épargnant qui détient cette dette d'une manière ou d'une autre...''     '' La sortie de crise européenne dépendra de notre capacité collective à gérer un effacement des dettes puis les conséquences économiques et sociales. Il est urgent d'y réfléchir.» J'approuve l'essentiel de cet éditorial !

 

  Les Echos des 25 & 26 juillet dont la ''Une '' était : Première éclaircie pour l'économie européenne : Editorial de Eric Le Boucher : La fin de la récession ne dispense pas des réformes. « Les gouvernements européens sont malheureusement enclins à croire que la timide reprise qui se confirme va les dispenser de redoubler d'efforts. Le délai qu'ils ont obtenu des instances européennes pour réduire leur déficit ne sera bien utilisé que s'il permet d'engager résolument des réformes, pas s'il permet de les différer.

Grâce essentiellement à la reprise américaine, l'économie européenne semble avoir touché le fond de la piscine. La confiance des ménages, les ventes de détails et surtout les perspectives de production: ces trois clignotants passés au vert laissent à espérer que la zone euro sortira au troisième trimestre de la récession où elle était tombée depuis janvier 2012....''   ''.... Mais toucher le fond de la piscine n'est pas respirer à plein poumon. La zone euro devrait sortir de la récession cet été mais parler de reprise comme l'a fait François Hollande, est aller trop vite, trop fort.....''    ''.... Encore faudra-t-il que certains facteurs pénalisants ne se montrent pas trop puissants. Le chômage va continué de croître et peser sur le pouvoir d'achat et la consommation. Les crédits bancaires sont toujours trop chichement et trop chèrement accordés aux PME. Les Investissements restent faibles dans la zone euro. Les retards de compétitivité sont loin d'être comblés dans des pays comme l'Italie et la France. Un seul facteur nouveau, indépendant des gouvernements, pour améliorer la qualité de croissance : la baisse du dollar vis-à-vis de l'euro que certains analystes anticipent. Mais personne ne peut-être sûr de cet oxygène-là. 

C'est dire pour les européens que la crise peut repartir d'une défaillance de banque comme de la chute d'un gouvernement. La relance de la construction communautaire reste indispensable. 

C'est dire pour la France que le gouvernement  ne doit pas croire que les mesures qu'il a engagées sont suffisantes pour redonner au pays sa compétitivité et ses emplois. Reprise ou pas, elles ne le sont pas. » Tout n'est pas faux dans ce billet mais quel rabat-joie le mec !

 

  Les Echos des 1 & 2 août dont la ''Une '' était :  Bourses, les raisons d'une euphorie estivale : Editorial de Eric Guillaume Maujean : Mario Draghi, la promesse et le pari. « C'était le mois d'août 2011, il y a tout juste deux ans. L'Espagne et l'Italie étaient à la dérive., la zone euro au bord de l'implosion. On annonçait la faillite imminente de plusieurs banques boursières s'enfonçaient chaque jour un peu plus bas. Qu'il semble loin, cet été meurtrier. Au bout d'un mois de juillet sans nuages, le CAC 40a franchi les 4000 points. Les Bourses de Madrid et Milan sont encore plus en forme, avec des gains qui dépassent 10 %..''     ''...Les gourous des marchés ne jurent plus que par la zone euro.....''    ''....Et tout ce qui pourrait effrayer les marché sest désormais balayé d'un revers de main : l'Allemagne qui met des bâtons dans les roues de l'union bancaire, le gouvernement portugais qui vacille, Fich qui retire le dernier AAA à la France, le FMI qui réclame une deuxième restructuration de la dette grecque.... Ces nouvelles qui en d'autres temps, auraient provoquées de fortes secousses sont désormais absorbées sans ciller par les investisseurs. Comme s'ils avaient décidé que la crise de la dette souveraine était définitivement derrière nous. Comme s'ils étaient convaincu dans une sorte de pari hollandien, que la reprise était bien là à portée de main. Comme si quelques signaux encourageants''.....'' pouvaient permettre de tirer un rideau sur les immenses défis qui se dressent devant la zone euro, que l'on parle de croissance, de désertion , de désendettement, ou d'intégration....... ''     ''.... Et c'est sans doute cette nouvelle marque de confjance que les marchés veulent saluer.»   Tout en restant  très sceptique sur la capacité des marchés à se réguler et plus que réservé vis à vis de Mario Draghi (ex-dirigeant de la banque Goldman Sachs, impliquée dans la crise des subprimes et la crise grecque)  je ne peux que saluer dans ce billet la marque d'optimisme et de confiance dont nous avons tant besoin. Que la droite française et les experts de '' C dans l'air'' en prennent de la graine.   

 

(A suivre)

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