Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presse aidant ....... Eclairer l'avenir, voilà l'urgence !

24 Février 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Après une pause familiale utile et nécessaire il est temps que je me remette au clavier pour proposer un billet ‘’Presse aidant’’ consacré une nouvelle fois à la situation économique et ce suite à la publication vendredi dernier des prévisions de la Commission européenne ; prévisions qu’il convient de prendre au sérieux mais avec circonspection. Rappelons que ces dernières années ces estimations furent souvent contredites : le pire n’est pas toujours sûrs même si parfois  assez souvent le sûr devient  pire. N’oublions pas non plus que lors de la dernière campagne présidentielle Sarkozy et Hollande s’appuyaient sur une perspective de reprise de la  croissance en Europe qui finalement s’est transformée par un recul généralisé. Pour la France la Commission prévoyait pour 2012 une croissance de +1.4 % qui a fini par un piteux +0.1%, (Allemagne : +0.9%, Royaume-Uni :-0.5%, Italie -2.3%, Pays-Bas : -0.5%, Espagne -0.5%, etc….). Pour 2013 les prévisions pour la zone Euro seraient les suivantes : France : +0.1%, Allemagne : +0.5%, Italie : -1.0% : Pays-Bas : -0.6%, Espagne : -1.4%, Portugal : -1.9%, Grèce : -4.4% etc…  Ces prévisions si elles se confirmaient devraient entraîner un climat social très tendu et si, comme lors des dernières années, elles s’avéraient encore trop optimistes la situation sociale deviendraient alors dramatique.  

«……C’est le paradoxe de l’année 2012 marquée par le sauvetage, au moins temporaire, de la Grèce, dont la sortie de la zone euro n’est plus à l’ordre du jour, et par la mise en place d’outils de long terme aptes à assurer la survie de l’édifice, tels une union bancaire qui s’esquisse parallèlement à un contrôle accru de Bruxelles sur les comptes des Etats. Dans le même temps, les pays membres ont connu une aggravation sans précédent du chômage, sur fond de détricotage des filets de protection sociale, des croissances atones ou négatives y compris pour des pays qui, telle l’Allemagne, paraissaient à l’abri. Ce paradoxe accentue l’impression d’un divorce entre les peuples européens, qui ont montré leur exaspération dans les rues ou dans les urnes, et des responsables qui paraissent impuissants à enrayer la montée de la pauvreté et le déclin des économies européennes…. Le Bilan du Monde économique.»

Les prévisions de déficits budgétaires ne sont pas en reste avec pour le Royaume-Uni  et l’Irlande :-7,3%, Portugal :-4.9% Grèce et Espagne :-4.6%, France et Pays-Bas :-3.7%, Pologne, Hongrie et Slovaquie : -3.4%, Belgique : -3%, Italie : -2.1%  (Allemagne restant bon élève avec -0.2%).

Tous ces chiffres déprimants auront peut-être un effet positif, celui d’apporter enfin la démonstration que les cures d’austérité imposées à marche forcée ne sont pas la solution et qu’il convient maintenant d’accepter des corrections de la dette et des déficits publics  certes volontaristes mais intelligentes, flexibles et donc pragmatiques permettant en période de récession d'étaler dans le temps les mesures de consolidation trop sévères. Le FMI a déjà fait son mea culpa en reconnaissant s’être trompé en imposant de brutales politiques d’austérité, la Commission européenne doit maintenant en faire autant, et le gouvernement allemand, qui certes fut le seul au début des années 2000 à avoir mis à temps de l’ordre dans ses finances, doit aussi tempérer ses exigences, son arrogance vis-à-vis de partenaires dont il a économiquement besoin. Et ça ce n’est vraiment pas gagné à quelques mois des élections nationales. Si au moins ces élections pouvaient ramener les sociaux-démocrates aux commandes et un peu de pragmatisme. 

Ces perspectives européennes valident pour l'instant la ligne Hollande Ayrault. L’impératif est de lancer les chantiers qui permettront d’atteindre l’équilibre budgétaire en fin de quinquennat, afin que la courbe d’endettement public commence à décroître avant d’atteindre le seuil fatidique de 100% du PIB et si, lors des étapes intermédiaires les résultats sont un peu à la traîne, ce n'est pas trop grave, l'essentiel étant que la tendance de réduction soit confirmée et les réformes structurelles soient effectuées sans à-coups mais en continue. Le non respect des 3% maxi de déficit budgétaire fin 2013 est  beaucoup moins dramatique que de voir s’envoler la courbe du chômage et celle du nombre de personnes passant sous le seuil de pauvreté.

« …. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets, amplifiés ; nouvelle crue du chômage, nouvel alourdissement de la dette et incapacité de tenir l’engagement de ramener, fin 2013, le déficit public à 3% du PIB. Certes, le gouvernement espère négocier avec Bruxelles un assouplissement de ses obligations pour tenir compte de cette conjoncture exécrable, mais combien même ce sera aux prix d’un engagement réitéré et impératif de maintenir l’effort d’assainissement de ses comptes…...

….. Depuis six mois par étapes, le président de la République a tracé le cap du ‘’redressement’’ qu’il avait promis : désendettement, pacte de compétitivité, accords des partenaires sociaux sur l’assouplissement du marché du travail. La démarche est cohérente et peut porter ses fruits à moyen ou long terme. Mais elle laisse entière, si elle ne l’aggrave pas, la crise qui est brutale. Sauf à laisser s’installer un dangereux mélange de fatalisme, de défiance ou de colère, c’est le devoir de François Hollande d’expliquer aux français comment il entend y faire face. Gagner du temps n’est plus de saison. Eclairer l’avenir est urgent…. Le Monde du 22 février. Chronique de Gérard Courtois. »

Le chef de l’Etat doit tenir un discours de vérité tout en évitant d’alimenter la sinistrose. Le maître mot est confiance et peu importe si les sondages sont mauvais et si la perspective de réélection pour un second mandat s’estompent, tant que les citoyens dans leur grande majorité estiment que le gouvernement fait son devoir et que ce qui doit être fait est fait, même si, par moments, ça fait très mal.

Dans les prochains jours le gouvernement va devoir présenter un programme précis d'économies pour convaincre Bruxelles. Elles seront probablement douloureuses et Hollande devra en faire une pédagogie courageuse et les inscrire dans une perspective d'avenir rassurante. C'est possible : Il faut mentionner les difficultés de l'Etat français et en parallèle rappeler les atouts du pays France qui reste la cinquième économie mondiale derrière les Etats-Unis (15600 milliards $), la Chine (8200 mds$), le Japon (6000 mds$),  l'Allemagne (3360 mds$) on trouve  la France (2580 mds$) qui précède le Royaume-Unis (2430 mds$) et le Brésil (2420 mds$) puis l'Italie (1980 mds$), la Russie et l'Inde (1950mds$). A signaler toutefois que depuis 2008 le PIB de la France stagne, comme tous les autres pays européens voire régressent pour certains mais avec pour la France une augmentation de la population de plus d'un million et demi d'habitants (C'est le pays d'Europe qui a le plus de naissances et où l'on vit le plus vieux. 250000 jeunes arrivent chaque année sur le marché de l'emploi. Une richesse incontestable que n'a pas l'Allemagne et d'autres pays mais qui coûte cher en terme de chômage : on ne peut faire baisser le chômage qu'au delà d'une croissance de +1.5% : c'est dire qu'au delà de mesures sociales de formation coûteuses, Hollande ne pourra pas tenir sa promesse d'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année 2013.)

Une éclaircie en fin de semaine dernière, le satisfecit de l'agence de notation Standard & Poor qui avait dégradé en janvier 2012 la note française suivi quelques mois plus tard par l'agence Moody's  qui vient elle de faire perdre le AAA du Royaume-unis. Je ne vais pas vanter les mérites de ces censeurs parasites mais quand on lit pour une fois quelque chose qui fait du bien autant le mentionner. « …. Standard & Poor évoque notamment les récentes négociations sur le marché du travail et le crédit d'impôts compétitivité . Le couple Hollande-Ayrault a engagé un effort sans précédent qu'aucun gouvernement jusqu'ici n'avait essayé de faire.... Les échos du 22 février.»  ou encore « Dans un document, visant à répondre aux dix grandes questions que se posent les investisseurs sur la crise des dettes souveraines en zone euro l'agence américaine laisse entendre que la note du pays pourrait se stabiliser au niveau acceptable de AA+ (l'équivalent d'un 19/20) ….Les réformes engagées par le gouvernement ont fait forte impression : '' Notre sentiment est, que pour la première fois depuis de nombreuses années, les mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises sont remontées en tête de l'agenda politique''.....Claire Gatinois . Le Monde du 22 février »

Il faut aussi rappeler en point positif que malgré les dégradations du triple A pour un AA+, la France continue à se financer à des taux exceptionnels. En 2012, l'Etat a emprunté près de 180 milliard d'euros au taux moyen de 1.8%: un record absolu, un financement qui fait même faire des économies au pays, ce qui n'est pas une raison pour continuer à faire des déficits. D'ailleurs cette dégradation était normale puisqu'elle sanctionnait dix années de carence des gouvernements depuis 2002. : Déclin industriel (18% du PIB en 2000, 12.5% en 2011) perte de compétitivité (la part de la France dans le commerce mondial est passé de 5.7% en 2000 à à 3.2 % en 2011) et en rappelant qu'aucun gouvernement n'a présenté un budget en équilibre depuis 1974. « …. Finalement si les investisseurs n'ont pas réagi à la perte du triple A français, c'est surtout pour de mauvaises raisons. La crise des dettes souveraines en zone euro s'étant diffusée, les emprunts de la deuxième plus grosse économie de l'union monétaire ont semblé un placement relativement enviable. Préféré aux titres italiens et espagnols, trrop risqués, mais aussi à la dette finlandaise, triple A, pas assez abondanteet même souvent à celle de l'Allemagne , pays trop parfait, dont la dette est si réclamée que le rendement devient parfois négatif. Reste que les effets de la dégradation française existent aussi le gouvernement socialiste a vite pris conscience de son handicap d'image et se sachant sous l'oeil des marchés il tâche de faire montre de sa bonne volonté.... Claire Gatinois et Marie de Vergès. Le Monde du 14 janvier 2013.»

Travail d'équilibriste permanent mais il faut bien arriver à renverser la tendance et cette fuite en avant dans un endettement qu'on va laisser à nos petits-enfants. Le service de la dette pèse énorméent dans les comptes de l'Etat: le versement des intérêts annuels est le premier poste du budget par l'importance devant l'éducation nationale. Une dette qui a augmenté de 50% depuis 2002. Un scandale !

« ….Et si les choses n'allaient finalement pas si mal, voire s'amélioraient. Cette réflexion peut paraître totalement déplacée ou cynique au moment où l'on apprend que le PB français a reculé de 0.3% au quatrième trimestre 2012, que la France est en récession et que l'on pourra s'estimer heureux si elle affiche une croissance, aussi faible soit-elle, cette année. Au moment où le gouvernement , emboîtant le pas de la Cour des comptes, reconnait que notre pays ne parviendra pas à respecter le fameux objectif de 3% de déficit , pourtant considéré il y a quelques semaines encore comme un cap dont il ne fallait absolument dévier. Et pourtant. Si les chiffres ne le traduisent pas encore, certaines réforme adoptées récemment, certains débats lancés au cours des derniers mois vont dans la bonne direction, celle des changements structurels que la France a trop tarder à entreprendre...... Investir, éditorial de Rémi le Bailly du 16 février 2013 » 

 

Il y a plus qu'à éclairer l'avenir....... et le plus tôt sera le mieux.

 

 (A suivre)

 

 Reprise du billet  mardi 26 février en soirée.

J'ai essayé de faire un billet modérément optimiste,  pas un billet militant, mais un billet de confiance malgré une conjoncture difficile. Je ne sais pas ce que le résultat des élections générales en Italie va avoir comme conséquence. .... Il me faudra faire un autre billet après réflexion et lectures d'avis, d'éditoriaux divers. L'Italie est la huitième économie mondiale, la quatrième de l'union européenne, la troisième de la zone euro. Son évolution populiste et ses difficultés de gouvernance ne pourront être sans conséquences dommageables pour ses partenaires et sans parler des risques de contagions populistes aux pays voisins. C'est probablement grave. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'au jour d'aujourd'hui cela ne parait pas vraiment éclaircir l'avenir....... Encore que ....? 

 

(A suivre)

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article