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Presse aidant.... Et si c'était bien mieux que si c'était pire ...

9 Août 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Voilà un titre de billet peu original : En fait j'ai mixé une partie du titre de l'éditorial d'Yves Thréard dans Le Figaro du 7 aout « C'est mieux que si c'était pire » et le titre de l'éditorial de Laurent Joffrin du Nouvel Observateur hier, 8 août, «Et si Hollande avait raison....' » Pour mon titre on relèvera que j'ai retenu plus de mots de Théards mais que j'ai éliminé son affirmation provocatrice en l'atténuant par l'ajout d'un adverbe superlatif. De Joffrin j'ai pris l'essentiel à savoir le ''Si'' interrogatif et malgré tout optimiste.... Et tout ça fait suite aux derniers échos sur l'évolution de l'économie qui naissent en ce milieu d'été et qui méritent d'être analysés sans excès d’optimisme mais aussi sans parti prit...... enfin le moins possible !

 Ces deux éditoriaux font suite à la publication du rapport du FMI sur les perspectives de la zone euro, pays par pays et il faut bien reconnaitre que le jugement et les conseils donnés au gouvernement français ne sont pas trop désagréables et c’est le moins qu’on puisse dire. Ce rapport du FMI confirme le pré-rapport du mois de juin ; il est même un tantinet plus gentil ce qui énerve un peu plus l’opposition et la presse de droite.

Il y en a même qui ont anticipé la sortie officielle, comme Nicolas Baverez dans Le Point  du 1er aout dans un éditorial intitulé ''François Hollande est le Gamelin de la guerre économique''. Rien que, ça fichtre ! Extraits : « ….. Dans ce moment d’accélération de l’histoire, la France de François Hollande se veut une île immobile au milieu des flots déchaînés, mettant en œuvre, toutes proportions gardées, les même principes qui firent la déroute de 1940…’’     ‘’……Surtout la France de 2013 comme celle de 1940 souffre de l’absence de leadership et de stratégie…’’  ....''A l’égal de Gamelin, François Hollande fait partie des hommes qui font plus de mal à leur pays par leur incapacité que nombre d’ambitieux…. » Je crois que je n’avais rien lu dans la presse respectable de plus abjecte depuis des lustres, le pire ! Et même si l’on sait que Baverez est un économiste libéral considéré comme chef de file des ‘’déclinistes’’.

Le même jour Le Monde proposait un éditorial relativement critique sur la première année de mandat, mais c’était une critique constructive et respectueuse :

«’’Si je reçois le mandat du pays d'être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : (...) est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu'en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! (...) Ce n'est pas un engagement à la légère que je prends. C'est pour mobiliser toute la nation par rapport à cet enjeu’’.  C'était le 22 janvier 2012 au Bourget, le candidat François Hollande s'adressait à une jeunesse " trahie ", " sacrifiée, abandonnée, reléguée " et proclamait : "C'est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. "………..En dépit des promesses rien ne change pour la jeunesse. Il reste quatre ans à M. Hollande pour réaliser son ambition et même si il n'est pas resté inerte. Malgré les contraintes budgétaires, il a confirmé sa priorité à l'éducation nationale, avec 60 000 postes supplémentaires prévus en quatre ans, mais ce choix quantitatif peut-il, à lui seul, venir à bout de l'échec scolaire ? Le président a lancé des " emplois d'avenir " pour les jeunes en mal d'insertion, et inventé le " contrat de génération ", mais les emplois aidés sont une panacée, pas forcément une solution. Un plan européen pour l'emploi des jeunes a été esquissé et l'apprentissage va être développé.

Mais la fracture générationnelle est toujours là. Le 12 mars à Dijon, M. Hollande en a fait " un risque pour notre cohésion nationale ". " Faites confiance aux jeunes, a-t-il lancé, parce que vous permettrez à la confiance dans le pays de revenir. " Il faut aussi que les jeunes retrouvent cette confiance en leur avenir qui fait tant défaut. Cela ne se fera pas sans réformes tant du système éducatif que du marché du travail. Président, n'oubliez pas votre promesse ! »

Voilà où nous en étions le 1er aout entre ceux qui n’acceptent pas que Hollande ait remporté l’élection présidentielle et qui ne reculent pas devant l’insulte, et ceux qui font correctement leur travail de journaliste et n’hésitent pas à l’alerter et à lui rappeler ses promesses et plus particulièrement sa promesse majeure concernant l’avenir de la jeunesse.

 Quatre jours plus tard le FMI publiait son rapport et c’est avec intérêt et une très grande curiosité que j’ai fait le plein de journaux pour comparer les différences d’analyses. 

En résumé le rapport du FMI souligne les points suivants (Source Orange):

«D'ici la fin 2013, le gouvernement aura réalisé aux deux tiers l'effort entrepris en 2011 pour stabiliser les déficits. Étant donnés ce bilan et le caractère toujours hésitant de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme de l'ajustement", argumente l'organisme international dans son rapport annuel sur l'économie française....   …… Le FMI prévoit que la France termine 2013 avec un déficit de 3,9% du produit intérieur brut (PIB), contre 4,8% en 2012. Il s'établirait ensuite à 3,5% en 2014 et ne retomberait sous la barre des 3% qu'en 2015, à 2,8% du PIB. ….          

…..Le gouvernement français table officiellement sur un déficit de 3,7% cette année, mais le ministre de l'Économie Pierre Moscovici a reconnu la semaine dernière qu'il pourrait être "légèrement au-dessus"……

…..Le FMI juge par ailleurs que cette réduction du déficit devrait se faire davantage par une diminution des dépenses publiques, et moins par des augmentations fiscales.

……Pour autant, le Fonds constate "de récentes améliorations des indicateurs économiques" qui "soutiennent la prévision d'une reprise progressive au second semestre 2013"….

……Citant les conditions de crédit favorables et le faible endettement des ménages et des entreprises parmi les facteurs de soutien à la croissance, il confirme prévoir une contraction du PIB de 0,2% cette année et une croissance de 0,8% en 2014…..

…….Mais au-delà de cette "reprise cyclique", le potentiel de croissance de la France est "entravé par des rigidités structurelles sur les marchés du travail et des biens, qui ont, au fil du temps, contribué à une perte progressive de compétitivité et de performance dans les exportations", diagnostique l'institution internationale…..

…..Aussi, tout en saluant les "progrès" déjà accomplis, les auteurs du rapport encouragent le pays à "poursuivre les réformes structurelles pour soutenir le rebond de la demande privée et renforcer la compétitivité", appelant notamment le gouvernement français à réformer les retraites  à approfondir la réforme du marché du travail et à ouvrir davantage à la concurrence les marchés de biens et services…..

  Sur le plan social, ils estiment que le chômage poursuivra son ascension à 11,2% fin 2013 et 11,6% fin 2014, avant de refluer à 11,4% fin 2014. Le taux de chômeurs dans la population active cessera d'augmenter au cours de l'année 2014. ....

.....Les enquêteurs du FMI notent par ailleurs que "les risques en matière de stabilité financière ont considérablement diminué, car les banques ont atteint leurs objectifs de désendettement et renforcé leurs matelas de capitaux et de liquidités".... .....L'organisme souligne toutefois que le "bas niveau de rentabilité des banques" françaises et "la faiblesse des perspectives de croissance" incitent à maintenir la vigilance. Il estime également que "le système financier français a encore des progrès à faire pour s'adapter pleinement aux nouvelles exigences prudentielles internationales". »

Voyons maintenant ce qu'en pense la presse nationale : 

 Le Figaro du 6 août  : « Retraite, emploi : le FMI exhorte la France à se réformer. Dans son rapport annuel, le Fonds monétaire international estime que notre pays est ''entravé par des rigidités structurelles'' qui contribuent à une ''perte progressive de compétitivité''....... Si le FMI estime que notre pays devrait ralentir le rythme de réduction du déficit public pour soutenir la reprise économique, il suggère néanmoins au gouvernement de réduire les dépenses de son programme plutôt que de procéder à de nouvelle hausses d'impôts....... Pas de croissance sans réforme estime le FMI.........» Titre et commentaires sans surprise. 

 Libération du 6 août  analyse de Luc Peillon : « Pour la France le FMI préconise moins d'austérité, à la rigueur. Une pierre de plus dans le jardin des rigoristes budgétaires. Confirmant des recommandations provisoires publiées début juin, le FMI , dans un rapport publié hier, suggère à la France de lever le pied dans sa politique de réduction des déficits publics, afin de ne pas briser une reprise fragile...... Par ailleurs le FMI ne renonce pas à demander des réformes de structurelles (Retraites et marché du travail)  et d'accentuer les économies dépenses publiques.....  « Sterdyniak estime que le revirement du FMI ne s'accompagne pas de perspectives de reprise. Le FMI qui en 2011 a demandé aux pays touchés par la crise financière de se lancer tête baissée dans des politiques d'austérité budgétaires, reconnait maintenant la catastrophe consécutive à cette politique. Depuis 6 mois, le FMI met de l'eau dans son vin en leur intimant d'adoucir leur politique d'austérité.   

   Les Echos du 6 août« Dans son rapport annuel sur l'économie française, le FMI recommande au gouvernement de renoncer à l'ajustement de 0.3% du PIB sur les prélèvements et ne conserver que les économies prévues sur les dépenses publiques. ''L'abandon de cet ajustement fiscal de 6 milliards pourrait être rattrapé par le maintient d'un rythme régulier d'ajustement structurel.......D'ci à la fin 2013 le gouvernement aura réalisé les deux tiers de l'effort entrepris depuis 2011 pour stabiliser les déficits. Etant donné ce bilan et le caractère toujours hésitants de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme d'ajustement..... Le Fonds constate de récentes améliorations des indicateurs économiques qui soutienne la prévision d'une reprise progressive au second semestre.''.... Le FMI adresse un satisfecit appuyé à la France sur les réformes engagées : crédit d'impôts compétitivité, accords sur l'emploi. Mais il recommande au gouvernement d'aller plus loin et même d'accélérer..... »   

   Ca fait du bien de lire que la France s'est vu adresser un satisfecit appuyé ! Je n'ai  entendu cela dans aucun journal télévisé, pas même à ''C dans l'air''     

 Le Monde du 7 aout : «  Arrêtez d'augmenter les impôts si vous voulez que la France renoue avec la croissance ! Au moment où il est prévu que les taux de prélèvements obligatoires dans l'Hexagone atteignent un pic de 46,5 % en 2014, c'est un message très clair que le rapport annuel sur la France, publié lundi 5 août par le Fonds monétaire international (FMI), lance au gouvernement français. Certes, François Hollande peut savourer le satisfecit décerné par les experts du Fonds à sa politique budgétaire.......En apparence, le FMI va dans le sens d'un infléchissement de l'austérité souhaité par Paris : " D'ici à la fin 2013, le gouvernement aura réalisé aux deux tiers l'effort entrepris en 2011 pour stabiliser les déficits. Etant donné ce bilan et le caractère toujours hésitant de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme de l'ajustement. "......

......Pourquoi cette préconisation ? Parce que la France - tout comme l'Europe - est engluée dans une crise de confiance qui tétanise les consommateurs et les chefs d'entreprise........ ''Une clarification fiscale serait l'un des éléments qui permettrait de la restaurer. Les entreprises seront sensibles notamment à un effort fait sur les dépenses plutôt que sur les impôts ".....

.......François Hollande peut se féliciter de voir son optimisme au sujet de la conjoncture validé par le Fonds : oui, la reprise a commencé. Les experts du FMI constatent " de récentes améliorations des indicateurs économiques " et parient sur " une reprise progressive au second semestre 2013"» . La priorité est bien de ramener la confiance et les médias et l'opposition devraient eux aussi lire ces journaux (ou mon blog si ils ont loupé quelque chose)

  Il est temps de terminer ce billet et je me dois d'y reporter quelques extraits des éditoriaux de Thréard et Joffrin qui m'ont inspiré son titre.

 Le Figaro le 7 aout : « Conjoncture : C'est mieux que si c'était pire. Pour changer l’avenir, faut-il mentir sur le présent ? Le tube de l’été 2013 semble s’appeler « la reprise ». L’air est entonné à Washington, Londres, même à Madrid et Athènes. À Paris, François Hollande le fredonne depuis le 14 juillet. « Quelque chose se passe », a-t-il encore chantonné mardi. On a beau écouter, on a beaucoup de mal à se laisser bercer par pareil optimisme........''      "......Certes, quelques indices conjoncturels sont plutôt moins mauvais que d’habitude. Mais ce n’est pas de reprise qu’il convient de parler, mais d’un début de sortie de récession. La fin d’un tunnel dans lequel la France est plongée, lestée d’une croissance en recul, depuis plusieurs trimestres. On en est à ce stade. Certes, c’est mieux que si c’était pire, mais loin d’être suffisant pour vaincre le chômage et les déficits. D’autant que François Hollande ne donne pas de raisons d’espérer........''      ''.....S’il n’est pas avare de mots, il agit peu. Comme s’il se laissait porter par l’élan des autres pays, dont les efforts commencent à produire des résultats...» 

  Le Nouvel Observateur le 8 aout : « Et si Hollande avait raison...« ......Après  avoir essuyé pendant douze mois les quolibets méprisants de ses adversaires ce président français, prétendument incapable, pourrait bien avoir été plus lucide et plus professionnel que cette droite qui le regarde de haut.......

......Rien de tout cela, évidemment, n'est aujourd'hui acquis. L'irresponsabilité des milieux financiers peut encore provoquer une catastrophe. L'inégalité des revenus entrave la consommation et obère la croissance, les réformes qui restent trop prudentes, la désindustrialisation massive qui a frappé le pays pendant l'ère Chirac-Sarkozy, la dette toujours excessive et qui ne se réduit pas, sont des handicaps majeurs pour la France......... Ce sont là les défis auxquels le monde politique devrait s'attaquer, avec énergie, au lieu de débattre vainement de l'illégitimité supposée d'un président élu pour cinq ans, rideau de fumée destiné à masquer l'indigence des projets de l'opposition....... Au lieu d'exciter ses partisans contre la personne du président dans une polémique outrancière et factice, une droite intelligente élaborerait un programme alternatif. Il est vrai que c'est beaucoup demander.

 

 (A suivre)

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