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Presse aidant ..... Les voeux télévisés du Président de la République.

3 Janvier 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

  Les voeux du Président..... et les miens, plus modestes mais existentialistes, qui suivront ces deux très pertinents éditoriaux. Les miens, pour ceux qui sont impatients, pourraient se résumer à la tirade d'Hamlet : To be or not to be, that is the question !   

Editorial du Monde du 2 janvier 2013.

Savoir saisir la chance d'être français et européen

Et si la France cessait de broyer du noir ? Si elle en finissait avec l'auto-flagellation ? Si elle rompait avec ce désenchantement lancinant qu'elle semble s'inspirer à elle-même ? C'est le souhait de François Hollande. Son vœu pour 2014. Le chef de l'Etat l'a résumé en trois phrases lors de son allocution télévisée du 31 décembre : " Plus que jamais, il faut aimer la France. Rien n'est pire que le dénigrement de soi. Etre lucide n'a jamais empêché d'être fier. "

Le diagnostic du chef de l'Etat est juste. L'histoire l'a montré : il n'est jamais bon que les nations soient saisies d'un doute existentiel irrationnel ; il n'est jamais souhaitable de voir le sentiment de déclassement l'emporter ; ce n'est pas sur le terreau du déclin que se forge un destin. Pour une nation, la haine de soi – parce qu'elle n'est souvent que l'autre face de la jalousie à l'égard des autres – peut être un poison mortel. Si le chef de l'Etat a raison, c'est aussi parce que son appel au ressaisissement est balisé. La fierté nationale est aux antipodes du repli hexagonal. Un siècle après le début de la guerre de 1914-1918 et en cette année d'élections européennes, elle s'inscrit dans une ouverture aux autres et dans le projet européen. " Ce n'est pas en défaisant l'Europe que l'on fera la France de demain. C'est en la renforçant qu'elle nous protégera davantage. Et je ne laisserai pas faire ceux qui nient l'avenir de l'Europe, qui veulent retourner dans les vieilles frontières, en pensant qu'elles les mettraient à l'abri, qui veulent sortir de l'euro. "

Le message est très politique. Il est le révélateur des spectres que le président de la République, en proie à une impopularité record, veut chasser. Au premier chef, celui du Front national. Quoique jamais nommé, le parti d'extrême droite, au plus haut dans les sondages, était en toile de fond des vœux du 31 décembre. Ne pas laisser le FN préempter le thème de la fierté nationale, en faire même au contraire le fossoyeur de la grandeur de la France : voilà la logique qui a semblé animer François Hollande. On pensait en l'écoutant à ce qu'avait dit Manuel Valls de Marine Le Pen le 23 septembre 2013 : la présidente du FN, avait déclaré le ministre de l'intérieur, " n'aime pas la France ".

Pour être totalement convaincant, le président devrait préciser sa pensée. Quand il appelle la France à être " lucide " sur elle-même, nul ne peut être en désaccord. Mais l'injonction est étonnante de la part d'un homme qui s'est toujours refusé à tenir un clair discours de vérité sur l'état du pays. Dès l'automne 2012, le constat lucide sur le déclin de la France a été fait par le rapport Gallois, mais il faut l'incarner politiquement. Pas pour se lamenter mais en prenant des mesures de redressement efficaces et solidaires, qui ne soient pas homéopathiques.

Il en va de même pour l'Europe. Pour que l'ode du président ne soit pas incantatoire, un projet précis doit être présenté. " Je prendrai dès le printemps prochain des initiatives avec l'Allemagne pour donner plus de force à notre Union ", s'est engagé le chef de l'Etat lors de ses vœux. Il est plus que temps. " Oui, c'est une chance d'être français dans le monde d'aujourd'hui ", a dit François Hollande. Si être français et européen est une chance, il faut la saisir.

 

Les Echos du 2 janvier 2013. Editorial de Pierre-Alain Furbury

L’Elysée avait promis des vœux de « confiance » et de « combat ». François Hollande y a ajouté une proposition : un « pacte de responsabilité » avec les entreprises. « Il est fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social », a expliqué le chef de l’Etat dans son allocution télévisée de la Saint-Sylvestre. Un donnant-donnant au nom de l’emploi, toujours érigé au rang de première « priorité ». « Nous aurons besoin de la mobilisation de tous pour gagner cette bataille », a-t-il plaidé. De tous et notamment des entreprises, sans lesquelles le président sait qu’il n’y aura pas de reprise. D’un côté, il a tenté d’apaiser les Français en évoquant une baisse des impôts « à terme » ; de l’autre, il a cherché à apaiser les entreprises en donnant, selon un de ses proches, « un cadre et une visibilité » à la réforme fiscale.

Le Medef, qui réclamait de longue date une nouvelle baisse des charges avait un temps menacé de « quitter la table » des Assises de la fiscalité. Dès mercredi, l’organisation patronale a salué l’initiative du chef de l’Etat et s’est dit « prêt à relever le défi ». « Le Medef est prêt à participer et à s’impliquer activement pour bâtir concrètement le pacte annoncé. (...) Il faut avancer rapidement, car il y a urgence », a prévenu son président, Pierre Gattaz. Ce dernier avait assuré récemment pouvoir créer 1 million d’emplois en cinq ans contre des allégements de charges.

Ce faisant, François Hollande a pris acte de résultats encore insuffisants dans la lutte contre le chômage , resté à « un niveau élevé ». Au risque de faire grincer des dents à gauche, il a aussi nettement plus assumé une politique de l’offre, sociale-libérale. Ceux qui rêvaient encore d’un changement de politique en ont été pour leurs frais. Son « pacte de responsabilité » s’inscrit dans la droite ligne du « pacte de compétitivité » né fin 2012 du rapport Gallois et qui avait donné naissance au Cice. « J’ai confiance dans les choix que j’ai faits pour le pays », a-t-il souligné. Le chef de l’Etat a confirmé son intention de simplifier les démarches administratives et la création d’entreprises (« tout doit être rendu plus facile ») et de réduire la dépense publique (« les impôts sont trop lourds » ). Les économies n’épargneront ni les collectivités locales ni les « abus » et « excès » de la sécurité sociale.

Quelles charges baisser ? Pour quels montants ? A quel rythme ? François Hollande n’a donné aucune précision sur ce « pacte » et la manière dont il pourrait s’articuler. Mais le chef de l’Etat a plusieurs rendez-vous en ligne de mire. Notamment la conférence de presse du 14 janvier et les vœux aux forces économiques, prévus dans la seconde quinzaine de janvier. En saisissant, le mois dernier, le Haut Conseil du financement de la protection sociale, Jean-Marc Ayrault avait la volonté de réduire les charges qui pèsent sur les salaires au-delà du crédit d’impôt compétitivité. Le Haut Conseil doit remettre son rapport d’ici au printemps. Dès janvier, Bercy doit organiser les Assises de la fiscalité. Le chef du gouvernement, à l’initiative de la « remise à plat » fiscale, a promis de premières décisions avant l’été. Une nécessité pour qu’elles puissent être inscrites dans le budget 2015.

 

« To be or not to be, that is the question ! ».

En fait les questions que je me pose, sont plutôt celles-ci. :

Suis-je toujours un supporter du Président de la République ? Aux questions traditionnelles des sondages, je ne répondrais pas ''très favorable'' mais ''plutôt favorable''. Ceci dit si je devais choisir, aujourd’hui, entre Sarkozy et Hollande, mon bulletin de vote serait sans la moindre hésitation pour François Hollande.

Si j’observe honnêtement ce qui a été mis en place depuis 18 mois, je suis dubitatif, et ce malgré des réformes engagées, suite au rapport Gallois, qui vont dans le bon sens, mais les résultats sont loin d'être probants et franchement, à ce jour, je n’apprécie pas trop le bonhomme de l'Elysée et sa  constante recherche de compromis, de synthèses et son refus de choisir clairement et d’assumer sa ligne social-démocrate. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment une surprise pour moi qui ai voté Aubry, lors de la primaire socialiste ; non pas que je pense qu'il y ait une grande différence d'orientation politique entre les deux ex-dirigeants du PS (La fille de Delors n'est pas l'idéologue gauchiste que certains médias caricaturent ou fantasment.) mais j'avais plus confiance dans le volontarisme de Martine Aubry.  

En écoutant et en analysant les vœux du Président, j’ai fait le même constat  que ceux  formulés par les deux éditorialistes. Le mot qui qualifie cette impression est ''ENFIN''.

Enfin il assume la nécessité pour combattre le chômage, de s’appuyer sur le secteur marchand en assouplissant les contraintes qui pèsent sur les entreprises. Une politique de l’offre qui est aussi une des deux facettes, selon les circonstances,  d’une politique économique néo-keynésienne. ….. En espérant qu’il aille jusqu’au bout de cette démarche sans oublier, toutefois, sa grande et seule vraie promesse de campagne : résorber les déficits publics pour arriver avant la fin du quinquennat à inverser la courbe de l’endettement public. La charge de la dette représente aujourd’hui 15% du budget de l’état avec 45 milliards d’euros, le deuxième poste juste après l’éducation nationale et devant la défense nationale. Impossible de ne pas réagir et de laisser ce fardeau aux générations futures.  

Sur la base de ses bonnes résolutions j’ai donc envie de lui faire encore crédit  ….. mais il faudra que très rapidement, notamment lors de la conférence de presse du 14 janvier, il étaye, sans faux-semblants, ses bonnes intentions

 

Mon problème est plutôt d’être ou ne plus être socialiste ; ça c’est la vraie question, la question récurrente depuis qu'en 1984 j'ai adhéré. J'ai souvent mené des combats si minoritaires que je me suis souvent demandé ce que, je foutais dans ce parti : contre la France-Afrique de Mitterrand (à l'origine de mon adhésion alors que je vivais à Yaoundé), dans les années 90 contre les maas-tricheurs, puis contre le quinquennat qui allait empécher tous risques de cohabitation qui était la respiration démocratique de notre constitution monarchique, et même contre les 35 h du moins pour les cadres par le biais des RTT, et pour l'alignement des statuts de fonctionnaires sur le privé (retraite, jours de carence etc) et encore aujourd'hui pour privilégier la hausse de la TVA plutôt que les hausses d’impôts directs, etc…. Je suis fatigué d’entendre le catéchisme Jurassic-Parc en réponse à mes arguments. Ceci dit je dois avouer que cet engagement politique, vieux de bientôt 30 ans, m'a aussi permis de rencontrer des gens magnifiques (mais d'autres moins) et de me faire de bons  amis comme Geneviève, Vincent, Arnaud, etc.... 

Je n'avais pas d'envie pour un mandat local mais j'ai eu mon bâton de maréchal  lieutenant en siégeant pendant 9 ans à la commission nationale des conflits.

L'engouement des socialistes fin 2006 pour Ségolène  (y compris mes bons amis)  fut la déception de trop et là je pris mes distances.  Je ne participais plus à rien, mais comme les municipales approchaient et que Pilou allait être élue à la mairie de Niort sous l'étiquette socialiste, j'ai encore différé mon retrait et ce d'autant que durant tout ce mandat j'ai toujours été très fier du travail effectué par l'équipe municipale.   

Pilou ne renouvellera pas son mandat en mars prochain et, le sachant  j’annonce depuis déjà quelques temps qu’en mars 2014 je prendrai définitivement ma retraite du PS.

On y arrive …….. Dommage que ça tombe au moment où Hollande commence à m’intéresser ….., mais je rassure ceux qui me connaissent, je reste de gauche, de gauche républicaine mais pragmatique (y compris sur l'Europe pour laquelle je pense, depuis la mise en place de l'Euro, qu'on ne peut plus revenir en arrière), mais une gauche non encartée, libérée.

 

(A suivre bien évidemment……. non pas pour ma résolution, mais celles de Hollande.)

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PROST 13/01/2014 10:59

Je partage, pour les avoir menés, les mêmes combats que toi, camarade.

daniel 05/01/2014 11:30

Je crois qu'Hollande pourrait arriver à remettre le pays sur la bonne voie en fin de son mandat (budget équilibré ou presque, tendance inversée de l'endettement public, décrue du chomage si
......
Si il acceptait l'idée qu'il ne sera pas réélu et qu'il ne faudrait même pas qu'il soit candidat.
En a t-il le courage ? Je serais le premier surpris mais qui sait?
Quelle connerie ce quinquennat !

argoul 05/01/2014 11:13

Ton billet est très équilibré et ta conclusion coule de source. "Être de gauche" ne se pose pas, c'est un tempérament ; mais "être socialiste" (encarté) se pose en effet. Je crains le PS trop
investi d'installés pour changer. Il y aurait bien les écolos, mais leur myriade d'ego arrivistes et leur idéologie du surveiller et punir n'est pas meilleure. Restrnt alors quel parti ? Les
centraistes parfois (s'il n'y avait pas Bayrou aux relents trop souvent pétainistes) ? En bref, aujourd'hui comme jamais restons libres. D'évaluer, de critiquer, de voter. Et ce n'est pas
"dénigrer
la France" que de mettre au jour ce qui va mal et que NUL POLITICIEN ne veut changer, pas plus Hollande qu'un autre (Sarkozy avait au moins tenté, avant de sombrer dans l'histrionisme).
Je ne croirai Hollande que lorsqu'il donnera des actes : ses paroles sont un miel qui font soupçonner aboulie et procrastination.

daniel 04/01/2014 18:58

Merci pour tes bon vœux Argoul, et je te confirme les miens.
J'ai préparé ce billet hier soir mais je n'avais pas pu le terminer, et aujourd'hui j'étais trop pris pour y apporter ma conclusion..... ce qui est fait à cette heure. Mais peut-être y
reviendras-tu !

argoul 04/01/2014 12:30

Entre ce qu'il dit, le Président, raisonnable, et ce qu'il fait, idéologique, il y a de la marge... Tous mes voeux pour l'an neuf 2014 pour toi, ta famille et tes réflexions sur ton blog.