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Presse aidant.... Sans précédent et sans écho jusque là....

24 Mai 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Sans écho jusque là.... mais il me faut définir le ''jusque'' là car je crois que ça va vite bouger et je l’espère pour le débat.

Hier le président Hollande invité au congrès du parti Social-démocrate allemand, a fait un discours qui marque un virage historique d’un dirigeant socialiste et de toute la journée je n’ai entendu aucun écho, ni à la radio, ni à la télévision, ni dans les quotidien du matin. J’ai trouvé l’information cet après midi vers 16h30 en consultant  par internet le journal « le Monde ».

A 17 H 50 j’ ai mis l’émission politique «  C dans l’air » d’Yves Calvi qui lui aussi a bien compris quel était l'un des thèmes majeurs des dernières 24 heures.

Je pense utile et nécessaire de reporter ci-après l’intégrale de l’article du Monde.

« François Hollande : " Le réalisme, ce n'est pas le renoncement à l'idéal "

  Le charme du consensus à l'allemande semble avoir opéré sur François Hollande. Invité jeudi 23 mai à prendre la parole à Leipzig au cours de la cérémonie célébrant les 150 ans du Parti social-démocrate (SPD), le président de la République a prononcé un vibrant éloge de l'Allemagne et du réformisme.

L'exercice était tout sauf évident. Il s'agissait, pour le chef de l'Etat, de célébrer la social-démocratie sans paraître partisan. Au premier rang d'une assistance rassemblant le gotha de la gauche progressiste mondiale, devant 1 600 personnes venues de 80 pays, siégeaient les anciens chanceliers sociaux-démocrates Helmut Schmidt et Gerhard Schröder, les dirigeants actuels du SPD, mais aussi le président de la République d'Allemagne, Joachim Gauck, le président de la Cour constitutionnelle, Andreas Vosskuhle, le président (CDU) du Bundestag, Norbert Lammert, des représentants des autres partis politiques allemands et Angela Merkel.

La chancelière est venue rendre hommage - sans prendre la parole - au plus vieux parti démocratique d'Allemagne, le seul à s'être élevé contre les pleins pouvoirs accordés à Hitler en mars 1933. Face à un tel aréopage, François Hollande a jugé que " cette cérémonie transcende les clivages politiques, les calculs électoraux et les frontières géographiques. Elle renvoie une belle image de votre démocratie, dont vous pouvez être légitimement fiers

Surtout, le président français a profité de ce discours pour faire l'éloge du réformisme. Une partie de son intervention semblait autant destinée à la gauche française qu'au public allemand. " Le réalisme, ce n'est pas le renoncement à l'idéal, mais l'un des moyens les plus sûrs de l'atteindre. Le réformisme, ce n'est pas l'acceptation d'une fatalité, mais l'affirmation d'une volonté. Le compromis, ce n'est pas un arrangement, mais un dépassement ", a affirmé le chef de l'Etat sous les applaudissements.

M. Hollande a même fait l'éloge des réformes sociales de Gerhard Schröder qui, dix ans après leur adoption, continuent de faire débat au sein de la gauche allemande. " Le progrès, c'est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l'emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles, comme l'a montré Gerhard Schröder. On ne construit rien de solide en ignorant le réel. " Evoquant les controverses liées à ces réformes parfois douloureuses pour les intéressés, François Hollande a même ajouté une phrase importante qui ne figurait pas dans son discours  : " C'est ce qui permet aujourd'hui à votre pays d'être en avance sur d'autres. "

Après un tel éloge, il ne restait plus à François Hollande le socialiste qu'à saluer le tournant réformiste pris par le SPD lors de son célèbre congrès de Bad Godesberg. Lorsque, en 1959, le parti a abandonné la référence au marxisme et à la lutte des classes pour reconnaître le primat de l'économie sociale de marché. Le président l'a fait... à sa façon. " Que de fois de bons esprits ont demandé aux socialistes français de faire à leur tour leur Bad Godesberg comme preuve de leur réformisme ! Ce qu'ils ont d'ailleurs pourtant démontré chaque fois qu'ils ont exercé le pouvoir. C'est bien le signe de votre indéniable succès. Je leur réponds que tout n'est pas transposable. Nos pays sont différents, nos histoires ne sont pas interchangeables. Nos cultures politiques et syndicales sont singulières. Mais je garde de la social-démocratie le sens du dialogue, la recherche du compromis et la synthèse permanente entre la performance économique et la justice sociale. "

Mais Leipzig ne fut pas seulement le lieu où naquit la social-démocratie allemande en 1863. Cinquante ans plus tôt, la bataille des nations faucha, selon les termes du président, " 150 000 jeunes Européens ". " Si nous voulons la paix, n'oublions jamais la guerre ", ajouta, de manière impromptue, le président sous les applaudissements.

Alors que l'entourage d'Angela Merkel a un temps soupçonné François Hollande d'attendre les élections et de miser sur une victoire de ses amis du SPD, le président a indirectement tenu à affirmer l'inverse. " L'Europe est une construction qui dépasse les clivages politiques, qui unit les peuples, qui oblige les gouvernements, et notamment les nôtres, à travailler ensemble. "

Plutôt que de reprendre sa proposition de former un gouvernement de la zone euro avec un président nommé à long terme - une vision trop française pour plaire aux Allemands -, François Hollande a pris le problème sous un autre angle. L'Allemagne veut une union politique ? Donnons-nous deux ans pour réfléchir à " la mise en commun de nos forces et de nos ressources ", pour définir le contenu de " l'intégration solidaire ", a proposé François Hollande, qui a eu droit à une standing ovation, y compris de la part d'Angela Merkel.

Alors que les sondages actuels donnent le parti de la chancelière largement en tête aux élections législatives de septembre, on pouvait humer à Leipzig, jeudi, un parfum de grande coalition (CDU-SPD). En tout cas, manifestement, François Hollande s'y prépare.» Francis Lemaitre.  

 

Suite du billet le samedi 25 mai à 15 H. avec la copie d’un nouvel article du Monde paru ce jour….. et toujours rien dans d’autres quotidiens  consultés ce matin à la Maison de la presse.  

 «  Hollande trouble l’aile gauche du PS

L'éloge par François Hollande de la social-démocratie allemande, jeudi 23 mai à Leipzig, lors des célébrations des 150 ans du parti social-démocrate allemand (SPD), passe mal en France, notamment du côté de l'aile gauche du PS. Même si le chef de l'Etat a expliqué outre-Rhin que " tout n'est pas transposable " entre Berlin et Paris, il a néanmoins salué " les réformes courageuses " lancées par l'ancien chancelier Gerhard Schröder pour " préserver l'emploi et anticiper les mutations sociales ", au point qu'aujourd'hui, l'Allemagne est, selon M. Hollande, " en avance " sur ses voisins européens.

Une ode au " schröderisme " inédite de la part d'un dirigeant socialiste qui a agi comme un épouvantail pour une frange du gouvernement et du PS. " Je me souviens d'une époque, pas si lointaine, où Lionel Jospin et le PS voulaient incarner une "alternative" à Schröder ", a rappelé le vice-président de la région Ile-de-France, Emmanuel Maurel, un des chefs de file de l'aile gauche du parti. " Schröder-Hollande n'est pas mon couple de même sexe préféré, je trouve que Hollande-Le Bourget c'était mieux ", a déclaré, ironique, le député Pascal Cherki, proche du ministre Benoît Hamon, en faisant référence au discours fondateur du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle.

En vantant ainsi l'esprit et la méthode de M. Schröder, le président de la République hérisse ses partisans les plus radicaux selon lesquels le " modèle allemand " a surtout produit de la pauvreté et de la précarité. " Hollande préfère toujours donner des gages aux marchés financiers plutôt qu'à notre électorat, c'est une erreur ", s'agace un élu proche d'Arnaud Montebourg.

Rue de Solférino, on tente d'apaiser les esprits. " Ne nous emballons pas, Hollande fait simplement du Hollande : il s'adapte au terrain. La semaine dernière, à Paris, il dit qu'il est socialiste devant la presse française ; cette semaine, à Leipzig, il dit qu'il est social-démocrate devant le SPD ", minimise un membre de la direction. Il n'empêche, la " tension amicale " entre la France et l'Allemagne, jusqu'ici prônée par l'Elysée, a laissé place à " l'unité ". De quoi nourrir les débats internes au PS lors de la convention du parti sur l'Europe le 16 juin. B. Bo.

 

(A suivre)

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