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Presse aidant ....... une politique sociale-démocrate à assumer !

8 Janvier 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

  Plantu1er janvier

C’est la rentrée politique avec la période des vœux, c’est aussi mon retour aux sujets politiques après un temps d’abstinence que je m’étais imposé : il me fallait bien faire le deuil de Sarkozy et des billets si faciles à écrire. Maintenant je dois assumer mon choix pour Hollande lors de la présidentielle et pour mes amis socialistes pour les législatives…. et puis c’était la moindre des choses que de laisser six mois au gouvernement pour qu’il trouve ses marques notamment pour la pédagogie de son action et sur ce point il y a encore du boulot.

Alors en a-t-on vraiment bientôt fini avec les couacs et à la prise aux accusations d’amateurisme ? Pour être franc je n’en suis pas sûr et je crains qu'il me faille bientôt ouvrir la boîte à gifles, comme on disait de mon temps lors des matchs de rugby ; mais bien sûr en tous tiens, tout bonheur et dans le genre ''qui aime bien châtie bien''.

Mais avant d’en arriver là je veux pouvoir, une dernière fois, mettre en évidence, presse aidant, quelques analyses de personnalités de droite ou du centre, en l’occurrence François Baroin et François Bayrou. Un pur hasard s’il s’agit de François comme Hollande (mais ça n’aurait pas pu être des jean-foutre) mais il faut bien reconnaître que sans vraiment cautionner la totalité de leurs propos, ce qu’ils disent n’est pas inintéressant et c’est dans l’ensemble assez modéré sans être dénué d’arrières pensées politiques. (Il reste quelques piques politicardes exagérées comme l’expression ‘’la résurrection du déclin français’’)

 François Baroin dans le JDD du 30 décembre : « Nous attendions cette décision du Conseil Constitutionnel. Mal préparée, cette mesure est inadaptée à un pays comme la France. François Hollande pendant la campagne électorale, en a fait une promesse symbolique de son programme : elle est sortie de son chapeau au cours d’une émission télévisée pour séduire son électorat et bordurer Jean-Luc Mélenchon, dans une grande surenchère contre les riches. Or l’issue de cette mesure était courue d’avance. Le caractère confiscatoire d’une pression fiscale trop élevée a été retenu.

Il est normal que certains participent à la solidarité, mais il y a toujours un point d’inflexibilité qui, ici, est largement dépassé. Cette taxe a poussé les artistes, les patrons, les investisseurs à quitter la France. C’est un couperet dur porté à François Hollande et à son gouvernement, qui a bizarrement fait de la résurrection du déclin français un moyen de conserver une partie de l’électorat de gauche.

L’exécutif peut convoquer un collectif budgétaire à tout moment pour faire plaisir à la gauche de la gauche mais c’est à haut risque. Cela l’oblige à réviser les perspectives de croissance à trouver 8 à 10 milliards supplémentaires. Ce n’est pas avec des impôts qu’il y arrivera, mais en réduisant les dépenses.

François Hollande a opéré un tournant de la rigueur au mois d’août. Il a fait en trois mois ce que François Mitterrand a fait en deux ans. C’est un virage dans la bonne direction. Ce que je lui reproche c’est de ne pas l’endosser. Il mène une politique de rigueur déséquilibrée sur le plan fiscal. François Hollande conduit une politique sociale-démocrate qui ne s’assume pas. Cela va l’obliger à se détacher de la gauche de la gauche : il y aura, à un moment où à un autre, une forme de rupture et un appel du pied à François Bayrou.»

 Bayrou justement qui hier fut interviewé par « Les Echos » (Contrairement à François Baroin, je ne peux pas reprendre l’intégralité de cette interview trop longue).

«…. Si l’on considère que la France est vraiment dans une situation critique, que nous vivons un crash au ralenti, et que notre modèle social n’y résistera pas, alors les annonces de cette rentrée sont très éloignées du nécessaire. Les déclarations du Premier ministre, ce sont des bonnes intentions, des formules sympathiques, plutôt sociale-démocrates, assez floues pour qu’il soit difficile d’être en désaccord. Mais l’effort national, la mobilisation générale qui est la condition du ressaisissement de la France, le projet européen, on ne les sent pas…….

….. j’approuve, je signe et je contresigne l’idée qu’il est impératif de réduire les dépenses publiques et que l’Etat peut-être plus efficace en en dépensant moins. Mais le gouvernement, depuis six mois ne dit toujours pas où il veut faire des économies. De même, la loi sur le marché du travail : son contenu dépend d’une négociation sociale qui, pour l’heure, n’a pas débouché, et le gouvernement annonce qu’il fera une loi en cas d’échec de la négociation. Mais il ne dit pas dans quel sens……

En fait, la seule phrase significative de cette période prononcée par François Hollande lors de ses vœux aux français, lorsqu’il a affirmé qu’il voulait inverser ‘’coûte que coûte’’, la courbe du chômage cette année. Il y a dans ce ‘’coûte que coûte’’ la possibilité d’une politique d’urgence et d’une volonté réformatrice assumée……

….. Je dis donc à François Hollande : assumez le choix réformiste que vous avez esquissé ! Tranchez ! Assumez l’urgence politique qui s’impose, à la Mendès ou à la Schröder. Il n’est plus temps de ruser ! Ne cherchez pas les mots à double sens. Conduisez les changements qui s’imposent, y compris institutionnel, pour que cette politique réformiste trouve son soutien dans l’opinion….. »

  Pour terminer ce tour d’horizon du début d'une année qui sera particulièrement difficile je dois évoquer brièvement le débat d’hier soir à «Mots croisés » entre Cahuzac et Mélenchon. Il est rare que je m’attarde aussi tard devant ma télé mais là je ne le regrette pas car ce fut un grand et bon débat, très instructif et avec l’apport théâtral qui permet de juger de la personnalité et du caractère des personnages et je dois bien avouer avoir été étonné de la performance du Ministre du budget. Je ne connais pas Jérôme Cahuzac au-delà de ce que je lis ou vois. Par contre j’ai eu plusieurs fois l’occasion, dans le passé, de rencontrer Jean-Luc Mélenchon et ce fut toujours très étonnant. Quand il était au parti socialiste, et que j’étais assez loin de ses positions nationalistes et marxistes je ne pouvais pas m’empêcher de reconnaitre qu’il était le meilleur orateur.

 Ce débat devrait faire date parce qu’il risque d’être unique car rares sont ceux au gouvernement qui osent affronter le tribun du Front de Gauche en face à face à la télévision, et c'est dommage. Il fallait avoir la compétence de Cahuzac qui démontra calmement les limites en connaissances économiques et les incohérences de son adversaire sans hésiter à répondre coup pour coup quand il tentait d’allumer le feu (Vous êtes un clown répondant au Cahuzandréou), que Mélenchon eût beaucoup de mal à encaisser.

 Depuis plusieurs semaines je m’énervais que la réforme du budget ne soit pas mieux défendue ; polluée par la mesure à 75% au-delà du million d’euros qui n’était que symbolique et n’avait qu’un rendement médiocre. J’ai aimé le culot de Cahuzac quand il déclara que la grande réforme fiscale était faite et face à un Yves Calvi incrédule qui n’y comprenait rien et qu’il fallut tancer comme un écolier qui ne sait pas ses leçons et à un Mélenchon sonné par l'échange précédent et qui était toujours dans les cordes.

 Le Ministre du budget expliqua que le point important et essentiel de la réforme, c’est d’avoir aligné la fiscalité sur les revenus de l’épargne (intérêts, dividendes et plus-values) sur celle sur les revenus du travail. Ajoutez à cela la tranche supplémentaire de 45% sur l’impôt sur le revenu, cela en fait une réforme fondamentale, même si ce n'est pas tout à fait celle qui était dans le programme du candidat Hollande car il a fallu s’adapter. Il était vraiment temps que quelqu’un rappelle cette importante et juste réforme fiscale.

 Enfin Mélenchon s’est fait à nouveau moucher en beauté sur le rythme de réduction de la dette après avoir déclaré que ce n’était pas de la faute des français mais des dix années de gabegies et de baisses d’impôts pour les plus aisés des gouvernements de droite, ce qui est exact,  et donc qu’on devait repousser ces remboursements à quand on pourrait ! Cahuzac infligeant alors une leçon de réalisme social et économique à Mélenchon, lui démontrant que les solutions qu'il préconisait, mises en application, seraient suicidaires et dramatiques pour les plus pauvres.

 Beaucoup savent, y compris à droite, qu’il faut tenir les objectifs annoncés et les rappeler en permanence, au moins jusqu’aux élections allemandes de septembre 2013 et qu’ensuite il faudra être réaliste et éventuellement lever le pied et si fin décembre le déficit budgétaire n'est que de 3.5 % ça ne serait déjà pas si mal et ça voudra dire que le seuil de 3% devrait être atteint quelques mois plus tard. L’objectif primordial étant l’équilibre budgétaire pour la fin du quinquennat, et je suis sûr qu’on y arrivera ! Il le faut de toute façon.

  Assumons le choix d’une politique sociale-démocrate, ça facilitera les choses, et si des brouilles possibles avec les communistes et écologistes devaient faire perdre quelques municipalités où régions et bien.... tant pis, c’est la vie démocratique !

 (A suivre)

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benjamin borghésio 01/02/2013 17:35

Désolé mais il faut savoir... si tu soutiens Cahuzac sur ce coup là, tu es forcément en gros désaccord avec moi^^
En plus je ne vois pas comment on peut tailler à hauteur de 60 milliards dans la dépense publique sans tuer un modèle social déjà bien entamé...

daniel 30/01/2013 22:21

Je ne suis pas en gros déaccord avec toi. Tu as raison il faut faire la réduction des déficits plus lentement pour ne pas sombrer en dépression..... Sauf qu'il faut aussi un peu mentir dans les
annonces jusqu'au mois de Septembre jusqu'aux élections allemandes.

benjamin borghésio 30/01/2013 20:17

"""Enfin Mélenchon s’est fait à nouveau moucher en beauté sur le rythme de réduction de la dette après avoir déclaré que ce n’était pas de la faute des français mais des dix années de gabegies et
de baisses d’impôts pour les plus aisés des gouvernements de droite, ce qui est exact, et donc qu’on devait repousser ces remboursements à quand on pourrait ! Cahuzac infligeant alors une leçon de
réalisme social et économique à Mélenchon, lui démontrant que les solutions qu'il préconisait, mises en application, seraient suicidaires et dramatiques pour les plus pauvres."""

J'ai beau m'éloigner de Mélenchon pour qui j'ai voté, je tiens quand même à signaler que MÊME LE FMI s'alarme du côté mortifère de la réduction à marche forcées des déficits et reconnaît que ses
préconisations passées étaient des erreurs.
Que nous parlions de réduction des déficits, d'accord mais sincèrement qui peut soutenir que si on passe de 4.5% à 4%, puis 3.5%, puis 3% au lieu de sauter directement à 3% - ce qui signifie en
plus tuer notre modèle social -, les choses seront différentes? Est ce que quand un ménage est surendetté et qu'il passe devant la commission, on ne lui propose pas des échéances accessibles?

Tout va bien: avec les préconisations du Docteur Cahuzac, le malade mourra guéri. Sauf si la grosse banquière teutonne lui signifie qu'il faut faire le contraire: eh oui, outre Rhin on est en
récession parce que l'UE n'achète plus ce que l'Allemagne exporte...