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Saga guyanaise 2009........ Les caïmans du marais de Kaw

20 Novembre 2009 , Rédigé par daniel Publié dans #saga africa

J'ai, en quelque sorte, découvert le marais de Kaw l'an dernier au cours de ma précédente mission en Guyane. Lors de notre long séjour (6 mois)  de 1969 je n'en avais pas entendu parler ou alors je ne m'en souviens plus... en tout cas je ne m'y étais pas aventuré. Il faut dire qu'en 1969 le réseau routier n'était pas ce qu'il est aujourd'hui et je ne connaissais de la Guyane que la région comprise entre Cayenne et Saint Laurent du Maroni.
 L'an dernier je suis resté une dizaine de jours en Guyane mais en fait je n'y ai passé qu'un week end et même si mon travail m'a conduit jusqu'à Saint Georges de l'Oyapock il m'a manqué du temps libre pour satisfaire ma curiosité. Mes priorités avaient été le bagne des Anamites, Cacao et Roura... et c'était déjà beaucoup pour remplir un samedi et un dimanche... c'est d'ailleurs en allant à Roura puis ensuite aux cascades de Fourgassié que j'ai réalisé que la D 6 menait au marais de Kaw dont tous les guides vantent la beauté....
.... et puis de métropole par la presse et internet je me suis rendu compte que le marais de Kaw était un sujet de polémiques car le site attisait des convoitises : dans ce parc naturel régional un consortium intriguait pour obtenir une autorisation de prospection pour extraire de  l'or. Une parcelle de plus de 30 hectares située à Camp Caïman a déjà été déboisée pour un projet  de mine à ciel ouvert . Quand on connait les techniques d'extraction : explosifs, acides, cyanure, nitrate, mercure, etc... il est évident que cette fièvre de l'or non seulement condamnerait  ce parc naturel, mais aurait aussi des répercussions néfastes bien au delà de Cayenne et de Régina...... En espérant que le Grenelle de l'environnement se souviendra que la Guyane est un département français.... et que le projet qui est aujourd'hui seulement suspendu....... sera très bientôt définitivement abandonné.
 Mon envie de me rendre dans le marais Kaw, se transformait en une impérative nécessité... et nous avons tout organisé pour pouvoir nous y rendre dès le lendemain de notre arrivée en Guyane.....  Le vendredi 13 novembre vers 17 H nous atterrissions à Rochambeau, le samedi 14 novembre à 9 H nous étions au bout de la D6, à l'embarcadère de la rivière Kaw à 70 km de Cayenne, à 50 km de Roura.....


En quittant l'embarcadère la pirogue a pris la direction de l'est vers le village de kaw en passant devant la montagne Favard du nom d'un européen qui s'y était installé vers 1700. Nous avons rejoint, sur la rive sud de la rivière, le village de Kaw où les habitants ne sont que moyennement accueillants (défense de prendre les villageois en photo). Sur ce site amérindien on croise plus de noirs que d'indiens. Notre piroguier était indien.

Ce petit village de moins de cinquante habitants est charmant, il y a une petite auberge "gingembre sirop" , une maison de la réserve naturelle et une centrale solaire (hybride avec en complément aux batteries chargeables par énergie solaire un groupe électrogène)


Après ce passage au village nous avons repris la pirogue et nous avons remonté vers l'ouest le cours de la rivière Kaw. Nous somme repassés devant la montagne Favard et l'embarcadère puis devant kawka une embarcation-bus aménagé pour l'observation ornithologique qui n'est pas utilisable en fin de saison sèche en basses eaux. Nous ne pouvons donc pas nous rendre vers l'embouchure pour admirer le site, la faune et la flore notamment vers le canal de kaw qui fut construit au 18ème siècle par l'ingénieur Guizan pour relier la rivière Kaw et le fleuve Approuague. En descendant vers le sud ouest nous croisons des élevages de zébus. 

Nous atteignons ensuite un carbet flottant où nous avons déjeuné. A l'étage il y  a la partie hôtel (des hamacs séparés par des tentures : ce ne fût pas notre choix d'y rester la nuit ;  nous estimions avoir besoin de récupérer des fatigues du voyage en avion de la veille et de cette journée dans le marais avant que je ne commence ma mission professionnele du lundi.... Des personnes que nous avons retrouvés le lendemain midi à Cacao nous confirmèrent que nous avions fait le bon choix.... en évitant les moustiques et les ronflements.

Après le déjeuner nous avons poursuivi notre périple dans le marais, périple limité quand même quand on sait que cette réserve est, avec 95 000 ha la seconde plus grande réserve de France juste après celle de Nouragues également en Guyane, pas très loin au sud-ouest entre les fleuves Approuague et Oyapok  .

La végétation est abondante entre les "pri-pri", les savanes flottantes de moucou-moucou et les arbres bordant les criques. En remontant le cours d'eau nous atteignons le confluent et abandonnons la rivière Kaw pour pour nous enfoncer vers le sud dans la crique Wapou. 
Le marais de Kaw est le refuge de milliers d'oiseaux. De la pirogue nous avons pu contempler des vols de hérons, de martins-pêcheurs et de cormorans.
 

Au retour, en fin d'après midi nous avons déposé nos compagnons au carbet flottant et le piroguier nous a ramené vers l'embarcadère en prenant le temps d'explorer les "pri-pri" dans l'espoir d'apercevoir un caïman rouge ou un caïman noir (ceux-là peuvent atteindre 3 ou 4 m. Dans les zones où le piroguier sait qu'ils se cachent nous avons entendu du bruit mais nous n'avons rien vu. Il faut les chercher quand la nuit est tombée... j'ai déjà fait une chasse au caïman sans fusil  en 1969 du côté de Sinnamary.... et pendant des heures j'ai vu des caïmans, du moins leurs yeux rouges.... mais pas plus. Selon les compagnons de balade rencontrés le lendemain à Cacao.... ce fut la même chose le soir après notre départ.   

Le caïman, superbe et impressionnant reptile crocodolien qu'il faut préserver, protéger des caïmans humains qui veulent extraire l'or de ce site merveilleux.
Des caïmans de même  type que celui qui servit de modèle à Nanni Moretti pour son film "Le Caïman" et qui s'appelle Silvio Berlusconi.

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