Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Souvenirs en vrac...Un journal est une lettre que l'auteur s'écrit..

2 Février 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #Souvenirs en vrac

  Un billet de blog c’est un peu comme un journal…. Sauf qu’il n’est pas vraiment intime puisque qu’il est lu par d’autres. Des «autres», heureusement, peu nombreux, quand on est répertorié en catégorie «divers» : les lecteurs sont donc essentiellement la famille, des amis et puis quelques inconnus qui s’égarent en suivant la piste d’un mot clef, mais qui ne paraissent guère s’attarder sur ma prose griotesque.

 Je vais poursuivre ma quête de souvenirs attachés aux livres et je tire, une nouvelle fois, mon titre d’une citation de Julien Green dont, paradoxalement, je n’ai jamais lu un livre….. Comme quoi j’ai encore des auteurs à découvrir. La citation en question mérite d’ailleurs d’être reportée in extenso « Un journal est une longue lettre que l’auteur s’écrit à lui-même, et le plus étonnant est qu’il se donne, à lui-même, de ses propres nouvelles ». Les billets du blog me permettent surtout de remettre en ordre, ma mémoire… ce ne sont donc pas des nouvelles que je me donne mais des souvenirs, des vieilleries, un passé que j’exhume et aide à revivre un peu par le biais de ces quelques lignes mais finalement n’est-ce pas aussi incongru que la citation de Green ?

  A la fin de mon précédent billet mes repères livresques m’avaient ramené en Guinée en 1982. Dans l’attente d’une proposition d'un séjour plus long, plus intéressant et surtout en famille, j’ai du, pendant plus de 18 mois, naviguer d’un chantier à l’autre de l'Alsace au Midi-Pyrénées en passant par le Languedoc, la Provence et la Bresse. Le week-end je rejoignais la famille à Nîmes…

  Ai-je beaucoup lu pendant ces 18 mois ? Sûrement un peu, mais quand on est loin de son foyer on est moins enclin à consacrer du temps à la lecture et  pour passer le temps on se goinfre plus de cinéma et de sport à la télé ….  Je crois me souvenir avoir, quand même, avalé par petites doses feuilletonesques quelques sagas agréables et faciles à lire…..C’est à cette époque que je me suis plongé dans « Louisiane » et sa suite de Maurice Denuzière, et les romans historico-hollywoodiens de James Michener comme «Chesapeake » ou encore les cycles romanesques de Troyat. J’ai adoré «Tant que la terre durera», «La lumière des justes» et «Le Moscovite», les romans qui font du bien à ceux qui sont loin de chez eux…. comme ses malheureux héros socio-révolutionnaires exilés par les tsars au fin fond de la Sibérie.

  En septembre 1983 nous reprenions, en famille, la direction de l’Afrique. Nous nous installions au Cameroun, à Yaoundé pour trois ans.

 Jamais je n’ai autant lu que pendant cette période. D’abord pour la première fois je n’étais pas sur un grand chantier mais j’étais formateur au laboratoire de Génie Civil…. J’avais des horaires d’enseignant et donc beaucoup de temps libre, aucune contrainte de productivité, aucun stress … ce que j'ai appelé ma période pain blanc. Il faut ajouter à cela que le Cameroun en 1983 n'avait pas de télévision qui n’arriva qu’en 1986 avec la coupe du monde de football.... juste avant que nous ne quittions le pays. Enfin et surtout nous étions en famille et nous allions, une fois par semaine, chercher des livres à l’A.M.T. qui était un cercle sportif et culturel des militaires français coopérants instructeurs. Eric y faisait du Judo et Cécile de la danse…. nous ramenions ainsi, chaque semaine, à la maison une douzaine de livres pour quatre accros de la lecture. Je n’ai pas acheté beaucoup de livres sur place pendant ces trois années mais ne pouvant pas me résoudre à ne pas avoir dans ma bibliothèque ceux que j’avais aimés, j’achetais tous ceux qui m'ont paru indispensables dès mes retours en France.

 Je sais que j’ai continué ma cure de Troyat mais cette fois avec les biographies comme « Catherine la Grande ». Je n’ai jamais d’ailleurs arrêté de lire Troyat, même plus tard quand,  avec ses biographies de grands écrivains russes ou français, il fut soupçonné de plagiat… Si je veux faire de la place dans ma bibliothèque il va bien falloir que je sacrifie ces livres ; j’en ai tellement pour la plupart en collection poche.
 J’ai aussi les 7 tomes des « Rois maudits » de Maurice Druon que j’ai dévoré à Yaoundé, les ouvrages de Robert Merle notamment « Fortune de France » dont les 6 premiers tomes furent découverts là-bas et la longue suite poursuivie en France. J'ai aussi fait connaissance avec les 4 tomes de « La  Révolution » de Robert Marguerit.... et encore bien d'autres comme... « Les grives aux loups» de Claude Michelet... ou « Les Thibault » de Martin du Gard.....mais je ne peux les citer tous...

  J’ai aussi profité de ces trois années pour lire presque tout ce que je n’avais pas eu l’occasion ou le temps de lire avant, comme toutes les biographies de Jean Lacouture dont « Léon Blum »« Mendes France » et le dernier alors, « De Gaulle » les tomes 1 et 2 respectivement parus en 1984 et 1985 puis le tome 3 paru fin 1986 que j'ai, par conséquent, acheté en France avec les deux premiers …. plus de 2300 pages que Cécile a lu, très attentivement au cours de l’été 1987, pour me convaincre de la laisser choisir l’orientation Bac littéraire et non Bac scientifique comme ses notes le permettaient….. et elle eut, bien évidemment gain de cause.... un tel effort de persuasion à 15 ans... ça mérite le respect.

  Au cercle de l’AMT on pouvait recommander des acquisitions de livres et c’est ainsi que les « De Gaulle » étaient arrivés à la bibliothèque. J’eus un peu plus de mal avec les 4 tomes de « La guerre d’Algérie » d’Yves Courrière qui venaient d’être réédités. Il y a fallu que je pose la question d’une éventuelle censure de la hiérarchie, à mon copain le colonel Dominique B. pour que la situation se débloque… mais peut-être ne s’agissait-il que d'un retard de livraison (plus de 6 mois quand même). Je conserverai les livres de Lacouture et Courrière ; ce dernier ayant ensuite publié des biographies de « Prévert » et « Kessel » : que du bonheur !

   Le séjour au Cameroun fut l’occasion de rencontres marquantes dans le cadre de l’association ADFE : Pierre Biarnes historien et journaliste du Monde qui, au cours d’une soirée, nous a longuement parlé du livre qu’il était en train de terminer « Les français en Afrique noire de Richelieu à Mitterrand ». Si l'ouvrage est un trésor d’informations, c’est surtout le souvenir de cette soirée magique qui fait que je ne jetterai jamais ce livre. (Voir le billet du 15 octobre 2007, « Le bon et brutal temps des colonies »).

Il y eut aussi la semaine d’amitié franco-camerounaise en avril 1985 avec la venue de Jean-François Bayard qui venait de publier « La politique africaine de François Mitterrand ». Un auteur timide qui fut complètement abasourdi par l’accueil inattendu du public camerounais. J.F. Bayard avait publié en 1979 « L’Etat au Cameroun » qui avait été interdit, et que tous les intellectuels camerounais s'étaient procurés sous le manteau… . Voilà encore des livres que je conserverai (voir le billet du 15 mai 2008 « semaine d'amitié franco-camerounaise »)

 Fin 1986 nous quittions l’Afrique pour nous installer en Poitou-Charentes et longtemps je restais obnubilé par l'Afrique et j'achetais à peu près tout ce qui y avait trait : des romans, des essais politiques, des livres historiques.

J'ai déjà évoqué dans un billet du 22 octobre 2007 ciné-cure...le retour, la découverte du récit « Le grand capitaine» de J.F Rolland sur l'histoire de la honteuse colonne Voulet-Chanoine, sujet qui avait aussi intéressé Joseph Conrad « Au cœur des ténèbres.» livre qui a servi Coppola pour bâtir le scénario de son film Apocalypse Now. 

J'avais aussi réussi à me procurer «l'Histoire de l'Afrique contemporaine de la deuxième guerre mondiale à nos jours » de Marianne Cornevin et je cherchais désespérément le 1er tome écrit avec son mari Robert Cornevin. Un jour, Pilou et Cécile étaient allées acheter des babioles à la foire-fouille de Niort et en rentrant m’annoncèrent qu'elles avaient vu dans un lot de vieux bouquins un « Cornevin» mais que malheureusement c’était celui que j'avais déjà «Des origines à la deuxième guerre mondiale».... !!!! Erreur, c’'était justement celui que je cherchais.... quelques minutes plus tard j'étais dans le magasin, écartant, comme un fou, tous ceux qui fouillaient dans ce bric-à-brac de romans, B.D ou publications insolites et je me saisissais promptement de l'objet de mon désir.... Ouf ! Que faisait ce livre de référence dans un tel fatras. 

J'achetais aussi les livres de Joseph Ki Zerbo, les romans de Mongo Béti et Hampaté Ba.... et j'ai reçu un petit bijou offert par Jipé et Clau, « Azizah de Niamkoko» d'Henri Crouzat,  un livre publié avant les indépendances, que mes amis ont accompagné d'une gentille dédicace « En souvenir de gens que nous avons pu connaître en Afrique...Toute ressemblance etc....etc......».

Plus tard, à la fin des années 90, je fis la connaissance de Kourouma l'ivoirien et Dongala le congolais deux écrivains géniaux. A chacun j'ai consacré un billet en mars 2009.  

41V0M0WHSJL. SL160 [1]

.... et puis les livres d'un grand homme politique même s'il n'a pas fait la carrière qu'eut méritée son exceptionnelle compétence, Edgard Pisani : « La main et l'outil.», «  Pour l'Afrique.», «Je persiste et signe.», etc.. J'ai déjà fait un billet en décembre 2007 qui porte le titre du dernier cité...  je n'insiste pas sauf pour dire que le fait d'avoir pu converser 10 ou 15 minutes en mars 1992, avec ce « monument », reste pour moi, un grand moment. J'ai aussi plaisir à citer la dédicace qu’il m’a faite : «A Daniel, l'Africain, l'Hydraulicien, le Militant, sympathiquement.»

 Bon il me fallait aussi m’intéresser à ma nouvelle terre d’asile : J’avais une passerelle avec René Caillé enfant de Mauzé sur Mignon près de Niort, le premier explorateur à être entré à Tombouctou. De nombreux ouvrages racontent son aventure dont son propre « Journal de voyage ».

En Deux-Sèvres la gloire locale est Ernest Pérochon, Prix Goncourt 1920 pour « Nène ». J’ai lu aussi « Les creux des maisons » et « Les gardiennes » pour m’imprégner rapidement de la culture du terroir poitevin… mais je n’ai pas eu envie d’aller beaucoup plus loin .Quitte à lire des écrivains régionalistes j’ai préféré Christian Signol et sa « Rivière Espérance »  et autres romans ….. mais comme il m’étonnerait beaucoup que je relise un jour ces livres,  ils seront du prochain grand vide bibliothèque programmé.

Début 1990, Geneviève m’a offert « Le voyage d’Anna Blume » de Paul Auster ; ensuite et en continu, j’ai lu tout ce que cet écrivain avait déjà publié et depuis j’ai acheté tous ses nouveaux livres qui sortaient. J’ai fait pareil avec Russel Bank après avoir lu en premier « Affliction » puis j’ai commencé des cycles de J.M. Le Clézio, Jim Harrison, André Brink, Michael Collins, William Boyd… mais sans pouvoir aller très loin ; j’ai réalisé alors que j’achetais plus de livres que je ne pouvais en lire : j’avais les yeux plus gros que le ventre, je n'avais plus le rythme africain  ... et ça s'entasse, ça s'entasse.

 Je n'avais plus le rythme... Faute à mon travail trop prenant, trop de responsabilité, faute à l'offre de cinéma et de télévision que nous n'avions pas en Afrique, faute surtout à la politique qui me bouffait presque tout mon temps libre... en fait je perdais beaucoup trop de temps à lire des livres politiques, des livres inutiles promotionnels …. dont beaucoup n’ont qu’un intérêt bien éphémère, même s’ils ont l’avantage de pouvoir être lu vite et en diagonale le temps d'un aller-retour en train à Paris…. Chez les socialos j’en ai, au moins un, de tous les leaders (sauf Hollande…)... j'en ai même un de Ségolène c'est peu dire…. Tout ça va partir vite fait à la décharge, exceptés ceux, de mes trois copains : Filoche, Larrouturou, et Peillon (chacun a eu droit à son billet sur ce blog). 
 J’ai un souvenir de Pierre Moscovici à qui je dis un jour en 1997 que j’avais lu son dernier livre « Urgence » et qui, laconique, me répondit «Ah ! C’est toi… » . Etait-il vraiment utile que j’achète ce livre ? On ne m’y reprendra plus…. 
 Il y a même un bouquin où l'on parle de moi : Oh! deux lignes insignifiantes.... c'est un livre promo de journalistes, d'avant la dernière élection présidentielle, consacrée à Ségolène. Je fus interviewé par téléphone pendant au moins 40 minutes par Leslie Varenne, mais comme j'ai évité de cracher dans la soupe je ne l'ai guère intéressé et le propos qui fut retenu concernait les élections municipales de 1995. « Ségolène reine d'un jour, reine toujours ? » un livre médiocre, inutile, 18 euros gaspillés... ( Je viens de le foutre à la poubelle... début du vide
bibliothèque).
 J'ai enfin une flopée de livres économiques ou politico-économique, des faux-frères Cohen, de Stiglitz, Fitoussi, Maris, Passet, Lordon et Larrouturou, enfin tous ceux qui dénoncent depuis plus d'une décennie la dérive du libéralisme qui nous envoyait dans le mur... je ferai un tri sélectif avant de m'en débarrasser de quelques uns car dans ce monde d'aveugles... ces voyants méritent le respect. 
  Idem pour les livres collectifs du courant NPS, sensibilité réformatrice et rajeunissement du Parti Socialiste auquel j'ai beaucoup cru.... et dont le bilan m'a finalement déçu... je vais balancer rapidement une bonne partie de ces ouvrages... je balance, je nettoie, je disperse .... même si je garde les livres personnels de mes trois potes déjà cités auxquels j'ajoute le talentueux mais énigmatique Arnaud Montebourg.... avec notamment en 2000 une remarquable analyse des institutions de la Vème République dans «La machine à trahir»

.210610430 L[1]
 A l'invitation de Geneviève il est venu à Niort en janvier 2002 pour débattre de ce sujet et c'est là que j'ai fait sa connaissance «Ah ! C'est toi le socialo du BTP dont m'a parlé Popeye (Peillon) ». Après la réunion publique nous sommes allés, en petit comité, souper dans une brasserie et la discussion a repris : Arnaud évoqua un remarquable livre de 1974 «La monarchie républicaine» en précisant que son auteur était l'ancien directeur du Monde Jacques Fauvet.  Je l'ai repris en lui disant que l'auteur était bien un journaliste du Monde mais qu'il s'agissait de Maurice Duverger et Arnaud d'un ton sec me rétorqua qu'il était certain que c'était Fauvet.... 4 ou 5 secondes de gêne ... avant qu'il ne me gratifie, avec son sourire charmeur, d'un  «Mon cher Daniel » Nous n'en avons jamais reparlé, mais j'avais raison. Talentueux et énigmatique Arnaud.
 Dans ma bibliothèque j'ai aussi de très, très nombreux livres sur « La guerre d'Espagne » et « L'exil des républicains espagnols en France » . Certains, anciens, étaient à Pilou, d'autres, plus récents, sont mon choix, pour apprendre et comprendre, comme ceux de Hugh Thomas et Batholomé Bennassar. Bien sûr ces livres seront conservés... mais ce que j'aimerai bien c'est que Cécile qui squatte ma bibliothèque depuis une quinzaine d'années me débarrasse et rapatrie chez elle de nombreux  livres qui lui ont servi lors de ses études universitaires dont certains, d'ailleurs, sont en espagnol et que je risque donc pas de lire... et là il pourrait y avoir un relativement substantiel allègement de charges de la bibliothèque.... Pitié au moins pour la mezzanine....
 Enfin pour me résoudre à finir ce billet je vais raconter une dernière anecdote : le groupe dont j'étais (et suis encore pour quelques semaines) salarié propose, une fois par an et ce depuis une dizaine d'années, un débat avec une personnalité scientifique, sportif, ou essayiste ; débat ouvert, a priori, à tous mais dont toutes les places disponibles sont généralement réservées aux cadres supérieurs. Une petite place était faite aussi aux représentants du personnel... je n'y étais jamais allé ni comme responsable d'une petite agence ni comme délégué du personnel (Eh oui! Double casquette souvent lourde à porter)... Au printemps 2004 Eliane, la déléguée syndicale CFDT, m'informa que le prochain invité pour le débat de mai serait Jacques Attali et qu'elle aimerait bien s'y rendre et que je l'accompagne.... pour une fois que le débatteur était quelqu'un ayant plutôt le coeur à gauche j'acceptai et je me mis illico en quête de son dernier ouvrage « La voie humaine » ; ouvrage au demeurant fort intéressant. Nous avions bien fait de faire le déplacement car après les présentations polies de notre PDG et divers avant-propos superfétatoires, Jacques Attali a fait un brillant exposé, sensiblement selon le plan de son livre..... et puis il se mit à la disposition de la salle pour le classique échange questions-réponses....  D'habitude la première question est la plus longue à venir, et les autres suivent ; cette fois ce fut le contraire : la première fut très rapide venant d'un directeur d'une société du groupe et fut de tonalité fascisante vis à vis des peuples mendiants du tiers monde qu'il serait judicieux de laisser crever (dixit). La réponse d'Attali a fusé renvoyant l'imbécile penaud en fond de salle ; j'ai adoré cette réaction qui eut aussi pour effet de refroidir l'assistance. Le PDG a bien essayé de reprendre la main mais l'ambiance était plombée.... jusqu'à ce que nous intervenions, Eliane dans son style syndical, poil à gratter, qui faisait, d'ailleurs, sourire Attali, et moi, faux cul, qui avais bien lu le livre, en relançant l'auteur sur les thèmes majeurs de l'ouvrage que dans sa présentation il n'avait fait que survoler..
 Au cocktail de fin de réunion nous avons été, chaleureusement, remerciés par Attali mais aussi par JLS (le Pdg) dont on venait de sauver la conférence. 

 Bon il faut maintenant que je me lance dans l'opération vide-bibliothèque et je ne suis pas sûr que ces deux longs billets vont vraiment m'aider à choisir....

 
A suivre

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article