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Souvenirs en vrac...... Un papy rangé des voitures.

10 Mars 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #Souvenirs en vrac

Quand je veux ouvrir la boîte à souvenirs il me faut trouver un thème, un fil conducteur. Lors de mes précédents billets j’ai rappelé des anecdotes qui étaient rattachés à des livres, cette fois je suis des histoires de voitures….. et comme je viens d’arrêter toute activité professionnelle je peux prétendre être un papy rangé des voitures, ce qui ne veut pas dire que j’ai eu une vie dissolue et que je me sois assagi en vieillissant.

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 Ma première pensée va à la B 14 de mon grand -père Marcel ; c’était dans les années 50 et je revois ces voyages qui nous emmenaient de Champigny à Civry dans l’Yonne, mon père suivant la voiture en Derny.

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 Le second souvenir ne m’appartient pas, mais il m’a souvent été raconté par Pilou et son père Luis. C'était lors de leurs premières vacances en Espagne à l’été 1957. Luis venait d’obtenir la nationalité française et pouvait enfin retourner en Andalousie, sa terre natale qu’il avait quittée en 1936 pour échapper aux fascistes. Cette famille de cordonniers venait d’investir dans une Panhard, dont les amortisseurs, maillon faible de ces voitures, ne purent finir le périple et endurer l’état des routes espagnoles de l’époque qu’au prix de nombreux et hasardeux rafistolages chez des forgerons. Finalement la voiture a pu rentrer à Paris et Luis s’en débarrassa rapidement.

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Mon père Roger n’a acheté sa première voiture qu’en 1958 alors qu’il avait 36 ans et c’était une Peugeot 203 immatriculée 522 CM 38. (A quoi ça sert de se rappeler encore de ça ?). Nous habitions, depuis peu, Grenoble et mon père n’a pas trouvé mieux, pour sa première sortie, un dimanche de mars de faire un circuit Grenoble Villard de Lans Grenoble en montant par les gorges de la Bournes. Cette route à flanc de falaise avec des précipices de plusieurs centaines de mètres reste pour moi un cauchemar, et j’entends encore les cris de frayeur de ma mère qui hurlait à Roger de s’arrêter, d’abandonner la voiture et d’appeler au secours. Mon père ne semblait pas très fier non plus, mais il sut conserver suffisamment de sang-froid pour ramener sa petite famille à bon port. J’avais alors onze ans et depuis je n’ai jamais repris cette route…

 Cette Peugeot 203 fut la première voiture de Roger et ce fut presque la seule. Trois ans plus tard au Printemps 1961, et alors que nous habitions Tarascon sur Ariège,  il la changea contre une Ariane, mais tomba malade presque immédiatement après…. Nous partimes, malgré tout, en vacances avec l'Ariane en août, à La Rochefoucauld et Andernos…. Puis au retour chez nous, maman apprit que papa était condamné : un cancer du pancréas. A son décès début avril 1962, elle donna cette voiture à sa sœur, ma tante Mauricette, et à oncle Raymond près desquels nous allions vivre les deux années suivantes à Montpellier.
   Il me faudra, un jour, sur ce blog évoquer cet oncle âgé, à cette époque, de 32 à 33 ans, et qui était plus barjot que ses neveux adolescents. Il m'a notamment laissé conduire, à 15-16 ans, la voiture, en précurseur de la conduite accompagnée, sur une route parallèle à la principale reliant Montpellier à Palavas et ce, assez souvent le dimanche au retour d'une matinée sportive, tennis, football, rugby, promenade en avion Jodel, ou tout simplement bataille frénétique au baby-foot.

 C’est avec cette Ariane que ce jobard de Raymond qui voulait toujours frimer devant ses neveux nous a piégés un jour d'orage, sur une route du Haut Languedoc, au milieu des torrents d’eaux boueuses qui ruisselaient des vignobles, submergeant la route sur plusieurs centaines de mètres. J’ai déjà raconté cette histoire dans un « souvenirs en vrac » fin aout 2008..nous avions été tirés d’affaire, ou plutôt poussés par une sorte de clodo, de Boudu, qui nous avait suivi avec sa grosse bagnole amerloque peu reluisante, immatriculée à Monaco….. C’était Léo Ferré.
 Revenu en région parisienne dès la fin 1964, je ne me suis plus remis au volant d'une voiture avant d'avoir 23 ans en 1969.
 Fin 1968 début 1969, jeunes mariés, Pilou et moi nous avions acheté à bas prix une vieille ondine pourrie, une ondine qui prenait l'eau, et qui nous faisait des caprices électriques. C'est Pilou qui conduisait car elle avait obtenu le permis quelques mois après avoir eu 18 ans. Elle a passé l'examen le 2 janvier 1967 en matinée. elle fut même la première à passer : aucun commentaire ! D'autant qu'elle conduisait très bien, même que Luis, son père, en était très fier.

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Moi j'ai pris mon temps car je prenais le train et le métro pour aller au boulot et j'avais ma conductrice pour les week-ends. J'ai commencé à m'affoler un peu quand on m'a proposé un poste en Guyane.... j'ai fait accélérer la formation, en prenant un minimum d'heures de conduite... et je me suis magistralement planté à Créteil le 2 juin 1969, n'obtenant que le code, et cela 4 jours avant que nous nous envolions pour Cayenne. Il fallait voir la gueule de mon chef d'agence quand je lui annonçai que je n'avais pas le permis et qu'il me fallait un chauffeur pour commencer ma mission. Début août tout rentrait dans l'ordre : je réussis la conduite. Il faut dire qu'à Kourou en 1969, il n'y avait pas de feux rouges vicieux, ni de démarrage en côte, pas même d'occasion de faire un vrai créneau urbain : fastoche donc.....  

 De retour en Métropole, et affecté, à partir d’avril 70, à Fos sur Mer il me fallait enfin acheter ma première voiture. Ce fût une Citroën, une Dyane bleue claire, très jolie, très inconfortable, très soixante-huitarde. J’ai adoré cette bagnole. … d’abord je l’ai choisie tout seul comme un grand, à Marseille (Pilou était à Champigny, chez ses parents, dans l’attente de la proche naissance d’Eric.).

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 Cette Dyane, ne nous a pratiquement jamais posé problème : Les allers-retours Arles Paris, des circuits de week-ends ou de vacances à travers Vaucluse, Bouches du Rhône, Gard, Hérault, Aveyron, Lozère…. avec les amis Jef et Nicky et leur dodoche, Chris et Françoise et leur vielle Ford d'occase. Les yeux fermés notre Dyane parcourait les chemins de Camargue et des Cévennes. La seule vacherie qu’elle nous ait jamais faite fut de rendre l’âme sur l’autoroute à côté de Grenoble, un vendredi soir fin juin 1973, alors que j’étais chargé comme une mule, rapatriant famille, Eric 3 ans et Cécile 1 an et tout le barda de Modane, où je travaillais en Arles…. Cerise sur le gâteau, ce fut galère pour trouver une chambre d'hôtel ce week-end là à Grenoble avec un congrès national du PS et un match de boxe titre mondial des welters entre Napoles et Ménétrey. (J’ai d’ailleurs  déjà raconté cette épisode dans un « souvenirs en vrac » fin juin 2008.).

  Nous n’avons pas racheté de voiture pour finir l’année 1973, sachant que nous devions partir au Zaïre fin octobre. Sur le chantier d’Inga j’ai disposé pendant trois ans d’une fourgonnette et d’une splendide R4 canari, immatriculée DB 1789, ce qui me plaisait bien …. Une voiture largement suffisante pour le peu de sorties possible à effectuer entre Matadi, Boma, Séké Banza et Moanda. J’ai aussi raconté dans le « souvenirs en vrac » de fin juin 2008, la mauvaise surprise que nous avons eu quelque part entre Moanda et la frontière du Cabinda quand nous nous sommes, subitement, retrouvés encerclés de soldats armés qui semblaient se tirer dessus.... l'armée zaïroise était en en train de faire des exercices en se marrant de voir nos tronches de mundélés inquiets (Il y avait de quoi car nous étions quand même pas très lon de la frontière angolaise  en pleine guerre civile)

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 De retour en France en juillet 1976, il nous fallait une voiture : Notre beau-frère Thierry qui travaillait dans un garage nous a proposé une super affaire : une Simca 1307, nickel, peu âgée et ayant peu de kilomètres au compteur mais dont le moteur avait été massacré par absence d’entretien courant. Ok ! C’est vrai que la voiture présentait bien : un moteur remis à neuf et j’avais un vrai bijou pour pas très cher. … sauf que le temps de faire le trajet Champigny Arles et le tableau de bord s'illuminait comme un arbre de noël. J’emmenai la voiture au concessionnaire Simca : a priori c'était juste une petite anomalie !
 Nous prîmes ensuite la route de l’Espagne pour rejoindre les parents de Pilou en vacances à Santander . Nous n’étions pas arrivés que le tableau de bord « s’enguirlandait » à nouveau et réclamait des ajouts d’huile. Nous avons décidé de retourner sur Paris à raison d’une pause tous les  50 kilomètres pour rajouter de l'huile.
 Thierry vachement emmerdé a passé un week-end sur la bagnole, ressortant le moteur,…. et il a fini par résoudre le problème : c'était un joint qui n’était pas complètement adapté… et la voiture est redevenue comme neuve. Nous avons pu, sans problème, rouler, voyager avec jusqu’en octobre. Elle a même si bien marché que Luis qui devait changer de voiture l’a reprise quand, en octobre, je dus rejoindre mon nouveau poste au Maroc. Nous apprîmes par la suite qu'il fut, et Thierry aussi, très souvent embêté par cette putain de bagnole. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.....

 Une petite dernière pour la route,.... et au Maroc, justement puisqu'en octobre 1976,  nous nous y installions pour trois ans. Je n'étais pas trop bien payé et surtout en dhirams ; je ne pouvais transférer que 30% de mon salaire en France, aussi mon intérêt était d'acheter une voiture sur place, en demandant à mon employeur une avance. Cet employeur n'était pas n'importe qui, puisque c'était le laboratoire des Ponts et Chaussées. Une administration n'a en principe aucun problème de solvabilité avec les banques... et bien là oui!  
J'avais donc commandé une Simca 1100, que je devais revenir chercher à Casa, deux semaines plus tard, les mouvements d'argent effectués. Quinze jours plus tard  je profitai du déplacement d'un collègue pour quitter mon chantier de barrage et aller à Casa récupérer ma voiture. Le concessionnaire n'avait pas été réglé et refusait de me la donner.  Je fonçais à ma banque où on m'informa qu'ils avaient rien reçu : Je courus alors chez mon employeur pour râler, menaçant de rentrer en France. Le Directeur m'avoua avoir quelques soucis de trésorerie. il téléphona à sa banque et obtint un accord de remise de fond.... je m'y fis quand même accompagner par un cadre gestionnaire, et c'est ainsi que j'ai pu récupérer en liquide la somme qui représentait un belle quantité  de billets que je fourrais dans une malette et, pas très à l'aise, à grandes enjambées, je dévalai le boulevard Mohamed V pour porter l'argent à ma propre banque avant qu'elle ne ferme. En échange de cette remise de billets j'eus un chèque certifié conforme que je pus ensuite porter au concessionnaire Simca. Je découvrais le Maroc depuis quelques semaines et cet après-midi là j'avais eu l'impression de vivre un film de Melville : Le Samouraï ou le Doulos. J'ai pu récupérer ma voiture avant la fermeture et retourner au chantier situé à 150 km.
 En dehors de ces débuts difficiles, et à part de très nombreuses crevaisons sur les routes marocaines, la Simca 1100  a non seulement bien tenue le séjour, mais on est même rentré en vacances en France avec, en passant bien sûr par l'Andalousie. Ensuite elle me fut encore très utile en France notamment en Alsace pour le chantier de Michelbach. Elle aussi a fini ses jours sur autoroute près d'Avignon en juillet 1983.

 Ensuite nous sommes restés Renault : R 18, R 21, Clio, Mégane, Scénic... sans gros problème et sans anecdote particulière à raconter.....  Même lors de notre dernier séjour en Afrique, au Cameroun entre 1983 et 86, le laboratoire des Ponts et Chaussées m'avait affecté une R 18 Break .... Cette voiture était un tantinet fragile de l'embrayage (2 changements en 3 ans) dans cette ville de collines et de monstrueux embouteillages aux heures de pointe.  


A suivre

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daniel 13/03/2010 08:51


Désolé de vous répondre tardivement Richard, mais j'étais assez pris et j'ai eu quelques difficulté à finir ce billetde souvenirs.
Ok vous pouvez faire un bon usage ce cette photos et du texte.
Salutations. Daniel


Richard 11/03/2010 12:11


Bonjour,
Votre souvenir est émouvant et l'épisode en 203 assez épique !
Votre photo de 203 et le vécu associé à cette voiture m'intéresse beaucoup. J'ose ici vous demander s'il serait possible de publier cette photo et un extrait de votre périple dans les gorges dans
le bulletin interne du club dont je suis membre et consacré exclusivement aux Peugeot 203 et 403 : http://www.amoureux203-403.com
Je comprendrais votre refus étant donné que cette image est liée à votre propre histoire et à la mémoire de votre papa, mais je prie de bien vouloir me tenir informé.
Cordialement,
Richard