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Presse aidant.... En alternative, une revue de bilan.

13 Avril 2012 , Rédigé par daniel Publié dans #Presse aidant

Je ne vais pas être faux-cul, je n’attendais rien du programme du candidat-président sortant, dont j’ai lu la teneur dans la presse ; je n’attendais rien et je n’ai donc pas été déçu. Heureusement qu’il ne s’est pas décidé à présenter son projet sous la forme du livre dont on nous annonçait la sortie imminente depuis quelques mois, renouvelée encore il y a quelques semaines. Ces derniers temps on nous disait que ce serait une lettre aux français, comme l’a fait Mitterrand en 1988. Je ne sais pas si quelqu’un a reçu quelque chose, moi pas !  Ce devait être une lettre aux journaux quotidiens qui nous en transposaient l’essentiel comme les mesures préconisées pour réformer le permis de conduire.

 

Bon ! C’est vrai que la proposition de faire passer les épreuves du code de la route aux jeunes dans le cadre du programme scolaire, ce n’est pas con ; mais déjà qu’une simple bafouille non reçue et synthétisée par les quotidiens ça fait un peu court comme projet global, alors imaginez s’il avait fallu remplir un livre avec ce sujet ou d’autres du même acabit ! Même un tout petit livre, comme celui de Stéphan Hessel, il y aurait eu de quoi s’indigner ! Comment aurait-il pu faire autrement ? D’ailleurs il n’aurait pas pu être trop petit ; il fallait au moins un livre de 166 pages et dire des choses comme de parler de son bilan, puisque que le livre de Hollande « changer de destin » sorti en janvier en fait 165 ….. C’est le principe des vases communiquant un peu comme le meeting de dimanche prochain à la Concorde puisque Hollande avait décidé d’en faire un à Vincennes…. Il lui fallait aussi le sien à Paris, au Sarko. Le mois dernier il a vu Hollande à la télévision qui parlait en anglais, il a réussi le tour de force en moins d’un mois d’apprendre deux phrases, qu’il a pu adresser au président Obama devant une caméra de télévision, innocemment présente.  

 

« Et si on passait aux choses sérieuses ?.....C’était le titre de l’éditorial du Monde du vendredi 6 avril au moment où la plupart des médias blablataient sur divers sujets intéressants comme le permis de conduire ; un éditorial dont voici un extrait. « La campagne officielle pour l’élection  présidentielle, va enfin commencer. Espérons qu’elle sera l’occasion de répondre aux véritables questions des français…… dont les principales préoccupations des français sont le pouvoir d’achat, l’emploi, l’avenir de leurs enfants. Voilà ce qui, en cette période de crise, les inquiète, ce sur quoi ils attendent des propositions concrètes. La réponse passe impérativement par un retour de la croissance. Comment y parvenir ? … Les chiffres qui caractérisent l’état de l’économie française sont accablants. La dégradation du commerce extérieur les pertes de parts de marché, l’effondrement de l’emploi industriel et la désertification de certaines régions obligent à un consensus. Les crises récentes (celles des subprimes, de Lehman Brothers ou de la dette souveraine) n’expliquent pas tout….. et un peu plus loin  S’il y a un début de diagnostic partagé, en revanche il y a pas de consensus sur la thérapie à appliquer….».Tu m’étonnes ! Le président sortant évite justement de présenter son bilan, son boulet, car la politique  menée depuis 2007 est responsable du décrochage de la France. En restant dans le flou artistique ça lui permet de se camoufler derrière la responsabilité de la seule crise financière, d’erreurs dues à ses prédécesseurs et une certaine incapacité européenne qui commence même à agacer Merkel. 

La majorité élue en 2007 pensait disposer pour les années à venir d’une assez bonne croissance qui permettrait de réduire assez nettement un chômage dont la décrue était amorcée, selon les pronostics des économistes libéraux, et le programme du candidat Sarkozy, se voulait accompagnateur de ce supposé printemps économique. En fait c’est la pire crise économique et financière depuis 1929, qui est tombée sur le monde occidental. Le président nouvellement élu a persisté à mettre en place son programme notamment par la mise en place de la loi ‘’tepa’’ qui a amputé les recettes de l’Etat, creusé les inégalités et relancé spectaculairement le chômage. « C’est surtout en matière de finances publiques que les erreurs de Nicolas Sarkozy, ont été lourdes de conséquences. Alors que le modèle social français si abondamment décrié durant la campagne de 2007, a permis d’amortir davantage le choc de la crise en France que dans bien d’autres pays européens, la politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy avant le déclenchement de la crise à l’automne 2008 a privé les pouvoir publics de marges de manœuvre qui seraient bien utiles aujourd’hui. Alternatives économiques Janvier 2012.»

Dans ce dossier bilan, ce mensuel souligne à juste titre que si le gouvernement français a commencé à revenir, en fin de mandant sur certaines des dispositions qui ont le plus contribué à la dégradation de la situation économique de notre pays (abolition du bouclier fiscal, révision du régime social des heures supplémentaires) cette prise conscience était bien trop tardive pour redresser la barre.

De plus et c’est sans doute cela le plus grave, ces erreurs initiales ont contraint le président français à s’aligner systématiquement  sur les positions de la chancelière Allemande, Angela Merkel, qui poussait l’Europe dans une politique d’austérité rigoureuse, conduisant à la récession généralisée sauf en Allemagne dont le commerce extérieur est florissant notamment dans ses échanges avec le reste de l’Europe. Sans ces erreurs de gestion la France eut pu s’opposer à l’Allemagne et obtenir une politique plus équilibrée dans la zone Europe. Même les marchés réclament aujourd’hui une relance la croissance. C’est la quadrature du cercle faire une politique permettant à la fois de réduire les déficits et endettement publics tout en boostant sensiblement la reprise économique. C’est ça ou mourir guéri. Il apparait clairement que le plus mal placé pour réussir cette mutation indispensable est incontestablement Nicolas Sarkozy. C’est ce que semblent commencer à comprendre  certains milieux financiers.

 

Dans un article du Monde d’aujourd’hui intitulé « Dette : la droite dramatise, le marché temporise » on peut lire : « ….. Que M. Hollande ait brandi la menace de renégocier le pacte budgétaire européen pour y inscrire une stratégie de croissance a certes frappé les investisseurs. Mais la croissance est justement devenue un thème de préoccupation des marchés, indique un financier.

Dans un éditorial publié le 10 avril le ‘’Financial Time’’, quotidien de la City, explique ainsi que l’Europe a besoin d’un ‘’agenda de croissance’’ appuyant explicitement M. Hollande.

‘’Les marchés ne sont pas stupides’’ résume Mathieu Plane de l’Observatoire français des conjonctures économiques ….. »

 

Voici en complément quelques éléments de bilan, tirés d'Alternatives économiques de janvier 2012.

 

Finances publique : De l’art d’aggraver les choses.

« En 2007, la dette des administrations publiques se situait à 64% du PIB (59 % en 2001 sous Jospin et 60% en 1997) soit juste au-dessus des 60% réclamés par le pacte de stabilité et croissance et le déficit public était de 2,8 %. Fin 2011 la dette était de l’ordre de 1770 milliards d’euros soit 85% du PIB avec un accroissement de 500 milliards (+40%). Quand au déficit il se situe en 2011 à 5,8% après être grimpé à 7,6 % en 2009….. La crise explique une part non négligeable de la situation actuelle : entre 31% et 38% selon les estimations de la Cour des comptes. Mais la compression des recettes (0,6% entre 2007 et 2011) a résulté aussi de choix politiques : Baisse des impôts des plus aisés, allègements des droits de succession, récente réforme de l’ISF, réforme du crédit d’impôt et de la taxe professionnelle, baisse de la TVA sur la restauration, etc….

Les choix directement imputables à la politique budgétaire sont venus s’ajouter à une conjecture internationale très difficile et au final ils ont encore aggravé les conséquences d’une crise d’ampleur historique. »

 

Emploi : Pas à la hauteur de la crise.

« Entre fin 2007 et octobre 2011, plus d’un million de personnes sont venues grossir les fichiers de Pôle emploi, et jusqu’à aujourd’hui le flux ne s’étant pas ralenti, ils comptent désormais près de 5 millions d’inscrits.

 Bien sûr la crise a changé la donne par rapport à début 2007 où le chômage était orienté à la baisse. Reste que, face à elle, la politique de l’emploi mise en œuvre par le gouvernement n’a pas été à la hauteur de la situation. Certaines mesures sont allées dans le bon sens comme le renforcement du dispositif du chômage partiel et les contrats aidés mais de façon trop timide surtout comparée à celles de l’Allemagne. A noter que les RTT vilipendées ont permis aux entreprises de limiter les licenciements.

Surtout les exonérations de charges sur les heures supplémentaires censées briser le carcan des 35 heures ont continué à jouer contre l’emploi. Elles représentent l’équivalent de 400 000 emplois à temps pleins en coûtant plus de 4 milliards d’euros par ans aux finances publiques soit l’équivalent du coût de 100 000 emplois. Quand à la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC à marche forcée dans un contexte d’explosion du chômage eut pour conséquence une désorganisation du Pôle emploi et une nette dégradation de la qualité de service aux chômeurs… Plus la réduction des emplois publics, plus l’accélération de la réforme des retraites qui fait exploser le chômage des anciens, plus, plus….. »

 

Protection sociale : Des réformes injustes.

Il faut commencer par la réforme des retraites sans doute nécessaire mais réalisée sans véritable concertation avec les partenaires sociaux qui étaient prêts à faire des concessions. Résultats « des mesures qui pénalisent surtout les travailleurs peu qualifiés ayant commencés à travailler jeunes, les femmes ayant interrompu leur carrière, mais aussi dans le contexte actuel les nombreux seniors contraints de rester deux ans de plus au chômage avant de pouvoir liquider leur droit à la retraite.

Pour ce qui concerne notre cher système de santé, « le gouvernement a procédé à une série de déremboursements de médicaments, à l’instauration de nouvelles franchises médicales, à la hausse du forfait hospitalier et, plus récemment à une forte augmentation de la taxe sur les mutuelles….  sans mettre le holà à la dérive aux dépassements d’honoraires des médecins libéraux…. Tout ça pour ne réduire le déficit de la sécu, toutes branches confondues, que de 2 à 3 milliards entre 2010 et 2011 qui s’affichait à près de 19 milliards d’Euros  (ces comptes étaient excédentaire en 2001 et n’ont fait que se détériorer depuis ; 2011 étant la première année marquant un changement de tendance)

 

Réforme de l’Etat : Une approche comptable contreproductive.

Dès le début du quinquennat un principe est affirmé, en cette période de nombreux départs en retraite, pour les fonctionnaires d’Etat on ne remplacera qu’un départ sur deux «  C’est ainsi que les effectifs la fonction publiques d’Etat ont été réduits de 160 000 agents (baisse de 7 %). En terme de réduction des coûts budgétaire, les résultats sont incertains, inférieurs dans tous les cas aux 3,6 milliards annoncés, si l’on prend en compte le recours accru à la sous-traitance auprès du secteur privé et aux nombreuses compétences transférées aux collectivités territoriales sans accompagnement de dotations équivalentes  qui ont du de ce fait embaucher de nouveaux agents et leur dépenses de fonctionnement et hausse des impôts locaux.

 

Education : L’école de l’inégalité des chances : Une approche comptable contreproductive.

«…. En cinq ans le système scolaire a été profondément bousculé. La moitié des enseignant partant en retraite n’ont pas été remplacées ce qui s’est traduit par la suppression de 66 000 postes dans la seule éducation national. Dans le même temps le nombre d’élèves est, lui, reparti à la hausse. Résultat : les classes sont de plus en plus surchargées alors que la France se distinguait déjà des autres pays de l’OCDE par un taux d’encadrement des élèves particulièrement bas, surtout en primaire. Pour absorber cette chute des effectifs enseignants le gouvernement a renoncé à scolariser les enfants en maternelle dès deux ans. (13,5% en 2010/2011 contre 24,5% en 2005/2006)…. »

 

Pauvreté : Une politique en échec.

« Réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans tel était l’objectif affiché par Sarkozy en 2007. La création du revenu de solidarité active (RSA) devait être l’instrument principal de cette politique…… De fait c’est une version à minima qui a été créé en 2008. Le RSA ‘’socle’’ a remplacé le revenu minimum d’insertion (RMI) sans aucune revalorisation de la prestation. Le montant du RMI était de 467 euros au maximum en 2011pour une personne seule soit moins de la moitié du seuil de pauvreté qui s’établissait à 954 euros en 2009.Il y avait en France métropolitaine fin 2010, 3,2 millions d’allocataires de minima sociaux en France, contre moins de 3 millions courant 2007.

 

Dans ce dossier ‘’Sarkozy : Le Bilan’’ le mensuel ''Alternatives économiques'' traite encore de quatre autres thèmes dont je me contente de donner le titre. Les lecteurs intéressés pourront les retrouver, ainsi que l’ensemble des articles sur :

http://www.alternatives-economiques.fr/sarkozy--lebilan_fr_art_1128_56970.html

 

Environnement : Un tournant inabouti

Insécurité : Tout reste à faire.

Immigration : L’acharnement contre les sans-papiers.

Mondialisation : De la coupe aux lèvres.

 

Une dernière info pour finir ce billet ; une info trouvée dans le ''Monde'' d’aujourd’hui  :  Nicolas Sarkozy fait volte-face sur la proposition d’encadrement des loyers. Dans un premier temps, le 29 janvier il avait brocardé cette proposition de François Hollande : « …ça n’a marché nulle part, même à l’époque de l’Union Soviétique ».

Dans une interview à l’hebdomadaire ‘’Femme actuelle’’ qui paraitra lundi prochain il promet d’encadrer les loyers en citant l’Allemagne en exemple « C’est une bonne idée, je la reprends. Il ne s’agit pas de bloquer les loyers mais bien d’encadrement. C’est en cela qu’elle est intéressante. Je l’appliquerai. »  Etonnez-vous que l’économie du pays soit si bien gérée avec une telle girouette, avec un tel guignol. A virer !

 

(A suivre)

 

 

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Félix PROST dit Fanfan de dax 16/04/2012 10:46

C'est faire affront aux girouettes et aux guignols qui eux , au moins, servent à quelque chose. Amitié.