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Trop poli-tique.... Bilan et fidélité.

14 Mars 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #trop poli-tique

 Je commençais un billet politique consacré aux élections régionales lorsque j’ai entendu à la radio l’annonce du décès de Jean Ferrat. Tristesse, nostalgie je me suis mis à l’écoute des nombreux hommages sincères et émouvants avec l'habituel grain de sable, comme la déclaration-récupération de Drucker, au journal de 20 H, que j’ai trouvé déplacée, mais passons… Correctif un an plus tard : J'avais tout faux car j'ai appris en lisant le livre de Robert Belleret que Michel Drucker et Jean Ferrat étaient très amis et que l'animateur est l'un des derniers à lui avoir parlé. Désolé !

  Je vais reprendre mon projet initial, en changeant seulement le titre, pour pouvoir en fin de billet revenir un peu sur la disparition de Jean Ferrat. J’avais envisagé un titre un peu plus rock & roll, « Go, go ! Ségo go.», sur un tempo à la Chuck Berry, tout ça parce que l’icône du Poitou-Charentes en campagne s’est, me semble t-il, une nouvelle fois relookée. Je l’ai vu hier et avant-hier et elle était au top du charme.

 Mes lecteurs réguliers savent que, bien que socialo, je ne fais pas vraiment parti du fan-club de la dame, mais je me surprends parfois à admirer sa facilité et son apparente sincérité quand elle est en contact avec la population, je dis bien parfois, car d’autres fois au contraire sa faconde m’horripile et ça c’est plutôt quand elle intervient en meeting ou dans les médias.... 

 Je trouvais que sa campagne pour ses élections régionales était plutôt bien menée, son bilan de présidente étant excellent, elle n’avait pas spécialement à en rajouter, et puis soudain, il y eut ce dérapage concernant Heuliez. Des annonces prématurées sur l’engagement d’une mutuelle Niortaise dans le soutient à un plan de reprise proposé par le Conseil régional. De bons amis, particulièrement, bien informés, m’ont expliqué le tort que cette annonce à l’emporte pièce faisait à la mutuelle en question… et la comparaison avec les mensonges, le pseudo-volontarisme à la Sarkozy, s’imposait à nouveau.

J’envisageai, un temps, de réserver mon vote socialiste pour le second tour et pour le premier tour, voter nul en rayant le nom de Royal…. J’ai même hésité, un moment, à voter plutôt Front de Gauche ou Europe Ecologie.

 En plus Madame Royal snobait Niort : Une réunion publique était prévue le 6 mars, elle fut annulée…. A la place la fédération socialiste mettait des cars à disposition le 11 mars pour emmener un maximum de personnes au grand meeting régional de Poitiers. Les cars, m'a t-on dit, n’ont pas fait le plein sur le niortais, loin de là.

 Ségolène a su rectifier le tir et nous a donnés rendez-vous vendredi dernier au restaurant Le Trévins ex-restaurant de la Camif et là, une nouvelle fois, elle a su reconquérir son monde, en étant d’un abord aimable voire chaleureux. J’ai revu à cette occasion plusieurs amis un peu perdus de vue, comme les trois Françoise, celle d’Aiffres, celle de Parthenay et celle de Saint Jean d’Angély. Cette dernière, ancienne camarade du NPS et du Conseil national,  m’interpella

«  On ne te voit plus, qu’est ce que tu deviens ?»

« J’ai pris du recul : toujours socialiste encarté mais aujourd’hui hors militantisme actif.» lui ai-je répondu.

« C’est l’essentiel et puis tu as tellement donné pendant des années ». Me traitait-elle de vieux gâteux recyclable au cimetière des éléph-antillons ? Je n’étais pas spécialement ravi de sa réponse.

 Ségolène, souriante, est arrivée en compagnie de Geneviève et au passage m’a salué ….. comme beaucoup de monde d’ailleurs…. et c’est vrai que sa présence fut intelligemment sobre, respectueuse et qu’elle y a sûrement beaucoup gagné. …. Bon du coup je crois que je vais voter pour sa liste dès le premier tour (ce que finalement j'aurais fini par faire...on est socialo ou pas )  

 Hier, samedi, jour de marché, et comme presque tous les samedis nous prenions un café avec quelques amis au café des halles. Geneviève, madame le Maire, demanda à Pilou, son adjointe, si elle  l’accompagnait à l’inauguration du salon de l'horticulture.
« Bien sûr » répondit l'élue de mon cœur… et moi comme un con qu’est ce que je faisais ? devais-je rentrer à la maison pied ? Car j’ai horreur d’être dans ce type de manifestation, de déambuler en groupe, dans les rangs des notables. Je fis finalement office de chauffeur et pour bien marquer ma différence, j’ai payé  mon entrée, comme la veille j’avais réglé ma note de restaurant (tous les militants aussi d’ailleurs)….. et puis ce salon des plantes et des fleurs c’était bien sympathique à visiter tant qu’on ne ressort pas les bras chargés, avec ensuite la nécessité de passer un week-end dans le jardin à faire des plantations.

… et tout à coup je me retrouvai, à nouveau, nez à nez avec Ségolène… Elle était encore là ; à croire qu’elle ne peut plus se passer de Niort et des niortais. Bien joué miss, le coup de la surprise… et c’est là que l’on constate, à voir la réaction du public quelque peu étonné de sa présence, qu’elle est vachement populaire. Elle ne devrait donc pas avoir besoin de mon vote pour l’emporter haut la main,......mais elle l’aura quand même et dès aujourd’hui au 1er tour, cela ne m’engageant nullement pour des choix à venir.

  J’en reviens à la disparition de Jean Ferrat, ardéchois cœur fidèle. Il nous avait déjà quitté depuis longtemps, mais on savait qu’il vivait heureux à Antraigues sur Volane. Il s’est aujourd’hui éloigné un peu plus, c’est triste mais je continuerai à écouter ses chansons.

 Il n’y a que trois chanteurs dont j’ai l’intégrale : Brassens, Brel, et Ferrat c’est tout dire. Je suis aussi richement pourvu des CD de Montand, Reggiani, Nougaro, Ferré, Isabelle Aubret mais je ne pense pas avoir tous leurs disques.

 J’aime les chansons de Ferrat, les siennes comme celles qui mettent en musique la poésie d’Aragon. J’aime aussi sa voix, ses textes, ses engagements, ces coups de gueule. J’aimais quand il savait rester lui même,  humaniste, indépendant, en prenant parfois à contrepieds ses amis politiques.

 « Il se peut que je vous déplaise, en peignant la réalité, mais si j'en prends trop à mon aise, je n'ai pas à m'en excuser. Le monde ouvert à ma fenêtre que je referme ou non l'auvent s'il continue de m'apparaître, comment puis-je faire autrement . Je ne chante pas pour passer le temps »

 « Dans ta voix, galopaient, des cavaliers, et des gitans étonnés levaient leurs yeux de bronze et d’or. Si ta voix se brisa, voilà plus de vingt ans qu’elle résonne encore Federico Garcia Lorca, voilà plus de vingt ans que la nuit règne sur Grenade »

 «  En groupe, en ligue, en procession, en bannière, en slip, en veston, il est temps que je le confesse, à pied, à cheval et en voiture, avec les gros, des petits des durs , je suis de ceux qui manifestent avec leurs gueules de travers, leurs fins de mois qui sonnent clairs... »

 «  Aimer à perdre la raison, aimer à n’en savoir que dire, à n’avoir que toi d’horizon, et ne connaître de saison que par la douleur du partir, aimer à perdre la raison »

 «  Celle du vieil Hugo tonnant de son exil, des enfants de cinq ans travaillant dans les mines, celle qui construisit de ses mains vos usines, celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille, ma France. »

 A Brassens « Est-ce un reflet de ta moustache ou bien le cri de mort aux vaches qui les séduit. De tes grosses mains maladroites, quand tu leur mets dessus la patte, c’est du tout cuit, les filles de joie, les filles de peine, les margotons et les germaines, riches de toi, comme dans les histoires anciennes deviennent vierges et souveraines entre tes doigts. »

 « Tapant des mains et des pieds au rythme fou des sorciers, sous les rubans de papiers, à moi, à moi l’Afrique. Mon enfance retrouvée, tu te reprends à rêver, tous tes livres étaient vrai à moi, à moi à moi l’Afrique. »

  A Santiago  « Le rhum qui coule du tonnerre, la serviette en bandouillère, j'avais l'air de quoi ma mère et moi qui danse comme une soupière.»
« Que restera t-il sur la terre dans cinquante ans. On empoisonne les rivières, les océans, on mange des hydrocarbures, que sais-je encore, le Rhône charrie du mercure, des oiseaux morts. Pour les enfants des temps nouveaux, restera-t-il un chant d'oiseau ?» 

Nuit et brouillard. « Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel, certains priaient Jésus Jéhovah ou Vichnou, d'autres ne priaient pas mais, qu'importe le ciel, ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.»
«  Que serais-je sans toi qui vint à ma rencontre, que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant, que cette heure arrêtée au cadran de la montre, que serais-le sans toi que ce balbutiement. »

« C'est un joli nom Camarade,  c'est un joli nom tu sais, dans mon coeur battant la chamade, pour qu'il revive à jamais...»

«  An nom de l’idéal qui nous faisait combattre et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui.  Mais quand j’entends parler de bilan positif, je ne peux m’empêcher de penser à quel prix et ces millions de morts qui forment le passif, c’est à eux qu’il faudrait demander leur avis… »

 «  Le poète a toujours raison qui voit plus haut que l’horizon et le futur est son royaume, face à notre génération, je déclare avec Aragon, la femme est l’avenir de l’homme »

  Voilà quelques extraits de chansons dont les thèmes, les mots me sont chers et au-delà de la musique merveilleuse et du talent d’interprétation, m’ont fait aimer ce sacré bonhomme.

 Tous mes amis aiment aussi ce poète, et je crois qu'ils ont tous en commun une chanson culte : La Montagne Je l'ai chanté avec Jef et Nickie, les vicois de Lozère, Jipé de cantaloux de Toulouse, Michel le grand cantalou d'Aurillac, Pierrot  savoyard de Strasbourg, tous mes pôtes aarvistes qui séjournent régulièrement  en Haute-Corse à l'invitation de Fanfan le Prolix et beaucoup d'autres, même ceux des plats pays. J'ai aujourd'hui une pensée toute particulière pour Chris et Françoise mes amis rouerguais..... pour qui la vie à la Montagne veut vraiment dire que C'est beau la vie.

 J’ajoute à ça, une petite touche personnelle que je dois quand même partager avec Chris.  Il se trouve qu’avant d’être chanteur Jean Ferrat fut technicien chimiste et qu’il a travaillé quelques années dans un laboratoire d’essais du bâtiment et des travaux publics où Chris et moi nous sommes entrés, une dizaine d’années après que lui l'ait quitté, et dont, n’ayant pas d’autres talents, je suis resté salarié plus de  42 ans. 

  J’ai commencé ce billet en taclant Drucker, mais j’entends à la télévision dans le salon une de ses émissions passées avec Ferrat et Bedos et comme ça me semble très bien, je vais de ce pas me planter devant mon téléviseur avant d’aller voter pour …. La liste socialiste conduite par Ségolène.

 (A +)

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