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Trop poli-tique... Commémoration.com... Union.com.... union

8 Janvier 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #trop poli-tique

   En soirée j’ai téléphoné à des amis toulousains pour un échange de bons vœux. En fait je les rappelais car j’avais vu qu’ils avaient essayé de nous joindre dans l’après midi, pendant notre absence. Après un échange de nouvelles familiales, de promesses de revoyure dans  l’année, Lily m’a passé mon vieux complice des nuits étoilées marocaines, les bottes dans le béton mis en en œuvre pour un gigantesque barrage.

Aladin, toujours aussi mal éclairé, me cherchait amicalement : « J’ai essayé de t’appeler cet après midi mais tu n’étais pas là et j’ai compris ce soir en regardant les infos à la télé : A tous les coups, mon vieux socialo, tu étais à Jarnac ! Ce n’est pas très loin de chez toi !». Eh bien non ! Je n’étais pas à Jarnac et je ne suis presque jamais allé à Jarnac ; mais c’est ce « presque » qui est la raison principale de ce billet.

 Mitterrand

Mitterrand est mort le 7 janvier 1996. Nous savions depuis au moins un an qu’il luttait contre un cancer, et l’annonce de son décès ne fut pas très surprenante ; Sur le coup on est touché par  une telle nouvelle, mais je n’ai guère eu le temps de m’attrister car le lendemain j’apprenais pire. Riquet mon copain, mon cousin était mort aussi, le même jour.

Une mort volontaire sur un coup de déprime, une victime du chômage. Riquet personne n’en a parlé bien sûr, il n’était connu que de sa famille et de proches et il n’eut donc pas l’honneur d’être croqué par Plantu.

Avec Riquet nous avions partagé les vacances d’été de mes vingt ans, en camping à Palavas, et puis quelques années plus tard il avait épousé, ma cousine, ma sœur de lait, ma Jacote.

Alors pensez,  la mort de Mitterrand !!!!!

  Mitterrand, comment dire ? J’ai toujours voté pour lui, j’ai mouillé ma chemise à coller des affiches pour lui, il m’a rendu follement heureux le 10 mai 1981….. Mais c’est aussi pour lui que j’ai adhéré au PS en 1984 pour gueuler ma colère de voir une politique africaine qui, à quelques diamants près, n’était guère différente de celle de son prédécesseur : La  Françafrique. (Il faut préciser que j’ai adhéré au PS à Yaoundé).....Et au sein du parti socialiste j’ai toujours été dans l’opposition à la ligne majoritaire et donc mitterrandiste. ; le plus souvent dans l’opposition rocardienne, plus rarement avec Chevènement et en fin du second septennat avec Peillon.

Alors Jarnac, malgré tout le respect que je dois au grand homme d’état qu’il fut, et déjà peu porté sur les commémorations,  je ne vois pas ce que je serais allé faire au milieu de cet aréopage de fidèles nostalgiques, de souriants primo-candidats laudateurs et même de bruyants absents primo-candidats calculateurs. Pour ce quinzième anniversaire Ségolène était là, bien sûr en tant que présidente de région après avoir été absente il y a cinq ans, mais elle était alors déjà investie et la candidate se devait d’oublier sa présidence régionale pour soutenir Michelle Bachelet en quête de présidence chilienne…. Tout un symbole.

Et l’Arnaud, l’auteur de « La machine à trahir » devenu néo-mitterrandiste et semblant oublier Mendes-France dont il nous rabâchait avec talent les oreilles à l’époque du NPS….. Il faut dire qu’entre les deux il avait fait une courte pause sur la case gaulliste de gauche chez Ruquier. Mais je ne vais pas être trop méchant pour son opportunisme car c’est un politique et puis il vient d’écrire un excellent livre « Des idées et des rêves. » Encore un petit effort Arnaud pour que je vote pour toi plutôt que Strauss Kahn, car on a bien compris que Martine elle n’a pas trop envie …..Son quasi silence est Delors.

Manuel a préféré aller, ce samedi, à « On n’est pas couché » que je viens de regarder…. Il était à la peine le Manu ; Arnaud avait été bien meilleur en décembre malgré son racolage gaulliste. Manuel il a souvent un wagon de retard (sur les 35 H il a 10 ans de retard, aujourd’hui ça ne sert à rien de les déverrouiller) et il aurait mieux fait de prendre le train pour Jarnac. Lui, il fait maintenant référence à Mendès (exit Rocard et Jospin) et même Clémenceau, voilà qui pourrait me plaire comme m’a plu son dernier livre « Pouvoir » fort intéressant…..

Est-ce le désenchantement politique qui, comme l’écrit Françoise Fressoz dans le Monde d’hier, explique le besoin d’aller chercher dans l’Histoire des références politiques, après tout Sarko avait bien récupéré Jaurès et Blum lors de la précédente campagne présidentielle.

Pour la prochaine il va avoir du mal le petit Nicolas : il ne pourra plus emprunter de références à la gauche, pas même Mitterrand dont il rêve en secret, pas même la commémoration  du 10 mai 1981….. Surtout après avoir fait la réforme des retraites…… encore qu’il ose tout (C’est à ça qu’on les reconnait : Audiard « Les tontons flingueurs ») 

  Il y aura bien l’hommage à Césaire au Panthéon mais c’est un peu court, il faudrait d’autres figures, d'autres images d'Epinal.

Seguin mort le 6 janvier 2010, unanimement salué, mais qui n’a pas eu beaucoup de réussite dans sa carrière politique pour être une vraie référence de gagneur : Sarko a laissé à Fillon, Dupont d’Aignan et Guaino le soin de se disputer cet héritage.

 Il ne peut pas non plus espérer que Chirac  casse sa pipe, après l’avoir traité de roi fainéant. Il y aurait bien eu l’hypothèse Le Pen, au cas où, mais il semble solide le bougre, et comment chasser sur ses terres avec son héritière candidate….. ? Il n’a plus qu’à espérer du côté de Giscard …… ça serait bon ça un ex centre-droit libéral pseudo républicain indépendant….. Mais il a l’air encore en assez bonne forme l’ancien accordéoniste.

seguitterrandMitteguin-copie-1.jpg

 Comment ne pas penser aussi au débat qui opposa à la Sorbonne et à la télévision, le 3 septembre 1992 Mitterrand et Seguin avant le  référendum pour la ratification du traité de Maastricht. François Mitterrand, Président et partisan du OUI, emblématique d'une génération marquée par la seconde guerre mondiale et persuadé que l'Europe était la condition de la pérennité de la paix entre des nations. Philippe Seguin gaulliste authentique, redoutant que cette construction européenne n’aboutisse  à l'abdication de toute souveraineté nationale défendait le NON. J’ai aussi le souvenir d’un beau et grand débat et j’ai été admiratif de voir le challenger aussi respectueux de son adversaire tout en argumentant très intelligemment.

Je me souviens parfaitement avoir fait, ce soir là, le choix du NON, certain que c’était Seguin (et Chevènement qui développait les mêmes arguments à gauche) qui avait raison.

  Il y avait dans ce débat une certaine franchise politique : les deux hommes  reconnaissaient que le traité de Maastricht n'était pas encore fédéraliste, que ce n’était qu’une étape. Mitterrand affirmait que les français conservaient leur patrie à laquelle ils tenaient tant, mais qu’ils allaient se découvrir une autre patrie qu’ils apprendraient progressivement à aimer : l’Europe.  Je n’étais pas d’accord avec cette approche sans être particulièrement d’un nationalisme chauvin et je comprenais mieux l’antifédéralisme raisonnable de Seguin…..  Je devais donc voter NON.

 Trois semaines plus tard le 20 septembre 1992 j’ai fait partie des 51% de votants français à choisir le OUI. Manque de courage devant un risque de crise majeure quasi immédiate…. Et puis joindre mon vote à celui du FN ……

Il a fallu le dernier référendum sur la constitution européenne le 29  mai 2005 pour que j’ose dire NON, accompagné en France par 69 % de votants…. Mais on s’est fait rouler dans la farine par Sarko qui a invalidé ce scrutin par un vote des parlementaires en congrès.

Bon ! Après ce tour d’horizon du temps passé façon Brassens «  Il est toujours joli le temps passé, une fois qu’ils ont cassé leur pipe on pardonne à tous ceux qui nous ont emmerdés, les morts sont tous de braves types » je n’ai pas grand-chose à ajouter…. Et puis les dessins de Plantu parlent d’eux même.

 Quoi le « presque » ? J’ai oublié d’en parler ! Bon et bien c’est vrai un jour je suis allé voir la tombe de Mitterrand. Je passais régulièrement par Jarnac, c’était mon chemin quand je travaillais le matin à Cognac et que je devais aller l’après-midi à Angoulême que ce soit lors de contrôles routiers ou les audits de carrières granulats ou de centrales à béton. Le plus souvent je m’y arrêtais pour déjeuner le midi. Le cimetière était à deux pas, mais ça m’emmerdait d’y aller…. Je n’étais pas du fan club…. Mais dans le fond j’étais curieux et j’avais envie d’aller voir….. Il me fallait un prétexte…. C’est ma belle-sœur niçoise qui me l'a donné. Lors d’un échange de vœux début 2003, elle m’a dit que mon frère et elle passeraient par Niort dans le courant de l’été car sa sœur habitait, depuis peu, à Angers ; ils feraient donc d’une pierre deux coups. Or je lui devais une blague de mauvais goût : en 1996, quand j’étais passé à Nice, Dolly nous avait emmenés, à l’occasion d’une petite balade dans un parc, sur la tombe de la famille Médecin…… Je devais donc, à mon tour, l’emmener sur la tombe de Mitterrand..... et en plus je savais que ça lui ferait plaisir malgré qu’elle soit encartée UMP (sans doute RPR à l’époque).

 En avril 2003 l’occasion s’est présentée, j’étais à Jarnac et en sortant du resto j’ai fait un saut au cimetière. Extraordinaire de voir une tombe-caveau aussi modeste, bourgeoisement provinciale....... Le seul bémol c’est que depuis Dolly n’est jamais venue nous voir à Niort…. Elle se serait fâchée avec sa sœur, m’a-t-elle dit un jour…. Sa sœur doit être UMP comme elle, il n’y a qu’à l’intérieur d’une famille politique qu’on se dispute pour de vrai.

 

 (A suivre)

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