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Ciné-cure......... Les Tontons flingueurs ...

3 Décembre 2013 , Rédigé par niduab Publié dans #ciné-cure

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Je me devais de faire un billet « ciné-cure » pour les Tontons et même je préciserai pour mon tonton, mon oncle Didi….. qui a travaillé pour ce film et plusieurs autres de Georges Lautner, dont le suivant « Les Barbouze ». Je suis quand même un peu embarrassé, par l’excès de pub et d’hommages autours de ce film notamment suite au récent décès du réalisateur le 22 novembre dernier. Sans compter que le cinquantième anniversaire de la sortie du film la presse fait feu de tous bois….avec une rediffusion sur France 2, un an après la précédente, qui a cartonné à plus de 6 millions de téléspectateurs. Il faut aussi lire l’excellente analyse de ‘’Marianne‘’ et surtout l’indispensable ‘’hors série du Point’’. Alors par quel axe aborder le sujet :

 1/ Le titre ? Pour une exploitation politique, comme je l’ai fait souvent  …. Non ! Ce n’est pas le moment, il y a actuellement trop d’incohérences et avec en plus tous ces laids nez rouges qui encombrent les routes et les médias …… Les politiques, les vrais, les bidonnants, se tiennent dans l’ensemble à carreau…. Sauf bien sûr Mme Morano, mais j’ai déjà trop abusé d’elle dans cette rubrique. Je ne vais quand même pas en faire une égérie du 7ème art.  

2/ Le réalisateur ? Je dois bien avouer que je n‘ai jamais été un inconditionnel de Lautner. Hormis les ‘’Tontons’’ je n’ai pas forcément aimé tout ses films, du moins ceux que j’ai pu voir, pas même les « Les Barbouzes» qui dénote un peu après les ‘’Tontons’’ Je dois dire que la plupart je les ai vus à la télévision et non en salles. J’ai quand même une certaine tendresse pour les ‘’monocles’’.

  Georges Lautner aura symbolisé la comédie populaire à la française qui, dans les années 1960 et 1970, fit les beaux jours des salles de cinéma. A eux seuls, les films de Lautner – une quarantaine au total – totalisent 50 millions d'entrées. Sans compter leurs innombrables diffusions à la télévision.

 « La carrière de Lautner débute vraiment en 1961 avec Le Monocle noir, un film dans lequel Paul Meurisse interprète le rôle du" le Monocle , un agent du Deuxième bureau (suivront plus tard L'Œil du Monocle et Le Monocle rit jaune). Succès public du Monocle noir et rencontre avec Alain Poiré, qui, à l'époque, est déjà un important directeur de production chez Gaumont. C'est ce dernier qui a l'idée de proposer à Lautner de tourner ‘’Les Tontons flingueurs’’, une adaptation du roman d'Albert Simonin, Grisbi or not grisbi. Le Monde. 

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Interprétée par des acteurs au mieux de leur forme, notamment dans la scène de la cuisine, cette parodie de films policiers raconte les démêlés de Fernand Naudin (Lino Ventura) avec les frères Volfoni, Raoul (Bernard Blier) et Paul (Jean Lefebvre). On y voit Bernard Blier asséner des répliques restées parmi les plus célèbres du cinéma :

« Alors, il dort le gros con ? Ben il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban… Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère… au terminus des prétentieux… »

«  Mais moi les dingues, j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle… Moi, quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite… j'disperse… et j'ventile.»

  Cinéaste dont les films valent surtout ce que valent leurs acteurs et leurs dialogues, Georges Lautner reste avant tout le réalisateur des Tontons flingueurs. « Faut r'connaître... c'est du brutal ! »

3/ Les acteurs ? La plupart d’entre eux, et même Lino Ventura et Bernard Blier, les plus emblématiques, ont surtout été excellents au sein d’une équipe dans une ambiance de copains ; c’est d’ailleurs l’une des  principales caractéristiques  de ce film.

Le rôle de Fernand Naudin devait être tenu par Jean Gabin, mais celui qui sera quelques années plus tard « Le Pacha » avec Lautner et Audiard est en bouderie, mais à  cette époque il était déjà en froid avec Audiard, mais voilà que ça coince avec Lautner et son équipe de tournage : il jette l’éponge et on Ventura arrivait. « Lino présente un double avantage : D’une part il est présenté comme le fils spirituel de Gabin ; d’autre part il a déjà ‘’causé’’ Audiard dans plusieurs fil, notamment dans un « Taxi pour Tobrouk ; de Denys de la Patellière où il était l’objet de la phrase assassine de Charles Aznavour à son égard : «Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche »….. Comme principaux partenaires le cinéaste a choisi Bernard Blier et Francis Blanche. Le premier est incontournable ami de Lautner et en plus « Audiard était souvent très inspiré quand il écrivait pour lui ». Quant au second Lautner l’avait déjà fait joué en 1961 dans « Le 7ème juré ; dans les tontons flingueurs il joue le notaire Maître Folace. « J’aime les acteurs qui sur jouent juste » dira Georges Lautner. Là il a été servi. 

4/ Scénariste et  dialoguiste. 

J’ai fait mon choix, le fil conducteur de ce billet sera Michel Audiard et ses dialogues ciselés, ses répliques cultes. Il faut dire que dans tout ce que j’aime du cinéma français, de Carné, Clouzot, jusqu’à Tavernier, Sautet, Berri et Jean Becker il y a avant tout les dialogues, ceux de Prévert, de Jeanson, Aurenche, Dabadie et bien sûr Audiard. Mais il faut bien reconnaître que les deux meilleurs dialoguistes à la langue truculente, furent Prévert l’anar prolétarien et Audiard l’anar réac.

Dans les « Tontons flingueurs » Audiard est crédité comme dialoguiste, le scénariste étant Albert Simonin, mais les deux hommes ont travaillé de concert. Simonin qui fut orphelin à 17 ans est un enfant de la rue, un vrai parigot, qui, pendant la guerre, eut la malchance de mettre son talent au service de la presse collaboratrice, l’infâme Intransigeant,. A la libération il eut des ennuis et fût condamné et purgea 5 ans de prison. A sa sortie, il se remit à écrire et notamment des polars : «  Touchez pas au grisbi ! Le cave se rebiffe et Grisbi or not grisbi. Les trois romans furent adaptés au cinéma : Le 1 premier porté à l’écran en 1953 par Jacques Becker, le second en 1961 par Gilles Grangier, les deux ayant Jean Gabin comme acteur principal. Pour ces deux films Simonin est scénariste ; il est également dialoguiste pour le premier mais laisse ce rôle à Audiard pour le deuxième. Le troisième film est donc «  Tontons flingueurs » de Lautner, sans Gabin mais avec la même combinaison Simonin-Audiard. « Les cons, ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Il faut dire qu’entre un facho erreur de jeunesse et l’anar réac il y a comme une attirance naturelle. Le duo se reconstitua pour une dizaine de films dont avec Georges Lautner

  « Mais il connaît pas Raoul, ce mec ! il va avoir un réveil pénible. J'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule. Mais maintenant c'est fini, je vais le travailler en férocité, le faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux le voir ! Et je vous promets qu'il demandera pardon, et au garde-à-vous ! »

« Écoute : on te connaît pas. Mais laisse-nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des nervousses brékdones (nervous breakdowns) comme on dit de nos jours. »

« Les Barbouzes » en 1965 (‘’Un barbu c’est un barbus, trois barbus c’est des barbouzes’’)

« Le Pacha »en 1967 (‘’Le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner’’ ou encore  ‘’Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute.").

Mais ils ont aussi travaillé en équipe pour d’autres.

« Mélodie en sous-sol.» d’Henri Verneuil en 1962 avec Gabin et Delon. (‘’Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus.")   

« Le Gentleman d’Epsom » de Gilles Grangier avec Gabin en 1963. (‘’Maintenant que je sais que vous vous  asseyez sur mon honneur, permettez que je m’assoie sur vos conseils‘’)

« Quand passe les faisans » d’Edouard Molinaro  avec Meurisse et Blier en 1965.  (‘’’Dommage...Vous avez de bons physiques. Il se dégage de vous une bêtise lénifiante, une médiocrité sympathique. Eh oui ! Votre présentation vaut mieux que ce que vous vendez ! ‘’)

« La métamorphose des cloportes  » de Pierre Granier-Deferre avec Ventura en 1965. (‘La quatuor, c'est une bonne formation pour orchestre, mais pour un braquage, c'est un peu trop.’’)

 « Le Pacha » fut le dernier film auquel participa Albert Simonin, il retourna à l’écriture de romans avant de s’éteindre début 1980.  

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Entre 1968 et 1974 Michel Audiard se lance dans la réalisation . Les dialogues restent efficaces, ses amis acteurs le soutiennent par leur présence, notamment Bernard Blier, André Pousse, Michel Serrault, Carmet et Annie Girardot, mais malgré des titres racoleurs qui assurent des entrées de première semaine en salle le succès n’est pas longtemps au rendez-vous :

' «Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages » , « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais…..elle cause..», « Le cri du cormoran le soir au dessus des jonques », « Le drapeau noir flotte sur la marmite » «  Comment réussir quand on est con et pleurnichard. » etc.. des films a éviter.

Il travailla beaucoup jusqu’en 1985, et fit d’autres films avec Georges Lautner, mais celui-ci avait changé de ton en faisant des films avec Delon et Belmondo.

Au total de sa carrière Audiart a participé comme dialoguiste ou scénariste à 130 films. Tous ne furent pas des chefs-d’œuvre, mais dans presque tous il y a quelques pépites, répliques cultes, ce qui ne suffit pas toujours pour faire un bon film.

Le top reste donc « Les Tontons flingueurs » ,

« Patricia, mon petit… Je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier… l'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser MENUES! » 

  Que j’aie aimé ou non ces films, ou tout simplement vus  ou non (entre 1973 et 1987, j’ai surtout vécu en Afrique pratiquement sans ciné et sans télé), je dois citer les films dont Audiard fut scénariste ou dialoguiste qui ont fait le plus d’entrées en salles. Box office trouvé sur Wikipédia, enrichi de quelques répliques marquantes trouvées sur Wikiquote.  

1/ Les trois Mousquetaires d’André Hunebelle, sorti en 1953 (5.5 millions d’entrées) avec Georges Marchal et Bourvil. (Planchet-Bourvil : ‘’On devrait créer un syndicat des gens de maison’’)  

2/ Le Professionnel de Georges Lautner, sorti en 1981 (5.2 millions d’entrées) avec Belmondo. (‘’Vous dites l’avoir vu à la morgue, en somme vous êtes le dernier à l’avoir vu vivant’’)

3/ Le Marginal de Jacques Deray, sorti en 1983 (5 millions d’entrées) avec Belmondo. (‘Si je le trouve pas avant que Meccachi le trouve, Alfred, la chimie française sera en deuil... Comme pour Pasteur... Mais y'aura pas de boulevard Alfred.’’)

4/ Un Taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière , sorti en 1960 (4.9 millions d’entrées) avec Ventura et Aznavour. (‘Si t'as pas un grand-père banquier, veux-tu me dire à quoi ça sert d'être juif ?) 

5/  Babette s’en va en guerre de Christian Jaque, sorti en 1959 (4.7 millions d’entrées) avec Brigitte Bardot et Francis Blanche (‘Le monde est plein d'ennemis du Reich, camouflés, clandestins, têtus... Essayez donc de faire avouer à un japonais qu'il est juif. Vous verrez si c'est facile !’’)

6/ Archimède le clochard de Gilles Grangier, sorti en 1958 (4,1 millions d’entrées) avec Gabin (‘Il vaut mieux s'en aller la tête basse que les pieds devant.)  

7/ Les Grandes Familles de Denys de la Patellière, sorti en 1958 (4,0 millions d’entrées) avec J.Gabin, P. Brasseur et B. Blier (‘Nous avons de l'argent tous les deux. Toi, tu représentes le patronat, moi le capitalisme. Nous votons à droite. Toi, c'est pour préserver la famille, moi, c'est pour écraser l'ouvrier. Dix couples chez toi, c'est une réception... Chez moi, c'est une partouze ! Et le lendemain, si nous avons des boutons, toi, c'est le homard, moi, c'est la vérole !)

8/ Flic ou voyou de Georges Lautner, sorti en 1978 (3.9 millions d’entrées) avec Belmondo. (‘Je sais bien que t'as pas buté l'autre imbécile ! Mais t'en a fait flinguer d'autres ! Si on rajoute à ça le racket, la drogue, les putes, ça fait une jolie carrière quand même ! Les vingt ans que tu vas prendre, [c'es]t'un peu la médaille du travail qu'on va te remettre.)    

9/ L’ennemi public n°1 d’Henri Verneuil, sorti en 1953 (3.8 millions d’entrées) avec Fernandel (‘Je sais où ça mènent les pistolets. Surtout quand on s'en sert pas !.)

10/ Les Morfalous d’Henri Verneuil, sorti en 1984 (3.6 millions d’entrées) avec J. Constantin et J. Villeret (‘Oh toi "Dysenterie" fais pas chier les autres!!.

 Il faut bien avouer que dans le Top 10 il n’y a pas que des chefs d’œuvre. Moi, je ne retiendrai que le Taxi, Babette, Archimède et surtout les Grandes familles. Ca s’arrange un peu par la suite mais pour terminer ce billet je ne cite que les films qui ne m’ont pas‘’barbés’’. (il n’y aura donc pas les Barbouzes) 

  11/ Mélodie en sous-sol , déjà cité a fait  3.5 millions d’entrées.

12/ Les Vieux de la vieille  de Gilles Grangier, sorti en 1960 (3.6 millions d’entrées) avec J. Gabin, P. Fresnay, et N. Noel ( ‘’ Et bein, j'dis que quand c'est qu'on est vieux, on sait quand c'est qu'on se baisse mais on sait pas quand c'est qu'on se relève.’’)  

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13/ 100 000 dollars au soleil d’Henri Verneuil, sorti en 1960 (3.4 millions d’entrées) avec Belmondo, Ventura et Blier (’’Dans la vie on partage toujours la merde, jamais le pognon..’’)

14/ Rue des prairie de Denys de la Patellière sorti en 1959 (3.4 millions d’entrées) avec Gabin (’’..Écoute, mon vieux... On causerait politique : que tu t'paumes dans les étiquettes, on admettrait... Mais le sport, c'est un truc propre. C'est pourquoi, quand tu compares les sprinters et les grimpeurs, les pistards et les routiers, ben tu mélanges un peu les pédales...’’)  

15/ Les Tontons Flingueur et oui seulement quinzième avec seulement 3.3 millions d’entrées. Comme quoi il y a des films qui vieillissent mieux que les autres et qui font le bonheur des chaînes de télévision.  

 Il y a aussi des films qui sont encore plus mal classés au Box office, mais qui sont pourtant devenus des chefs d'oeuvre., comme par exemple :

Le Président d’Henri Verneuil sorti en 1961 avec Gabin et Blier. (Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer..’’ ‘’ On ne dit rien à sa femme quand on a épousé une banque. Ça se paye la fortune, c'est ce qui coûte le plus cher. À l'époque de votre mariage, je vous avais pris pour un petit maquereau, mais finalement vous êtes une sorte d'honnête homme. Vous venez de rembourser la dot. Votre beau-père peut être fier de vous)  

Un singe en hiver d’Henri Verneuil, sorti en 1962 avec Gabin et Belmondo ( ‘’C'est pas l'alcool qui me manque, c'est l'ivresse !.’’)

Et sans oublier « Garde à vue » (en 1982) et « Mortelle randonnée » (en 1983) de Claude Miller, « Le Grand Escogriffe » de Claude Pinoteau en 1978…etc…

 

Pour finir ce billet voici deux vidéos trouvées sur Daily motion, une scène des "Tontons flingueurs et une autre hommage à Michel Audiard.  

 

 

 

 (A suivre)  

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Fanfan 12/12/2013 12:37

Et ''les cons ça permet tout, c'est, dailleurs, à ça qu'on les r'connaît''. Amitié profonde.