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Souvenirs en vrac..... Où sont mes racines ? Nostalgie facile !

1 Septembre 2009 , Rédigé par daniel Publié dans #Souvenirs en vrac

 Il est peut-être temps pour moi de réactiver la boite à souvenirs et j’ai envie de parler d’un très bon ami, un copain de jeunesse, que je revois encore, trop rarement bien sûr, mais toujours avec tellement de plaisir. Jean était mon grand copain de la période 1964/1969 : bien qu'il soit mon cadet d’une année et quelques mois, il fut mon partenaire privilégié dans presque tous les domaines : certes au rugby mais il fut aussi mon camarade de lycée, objectif BTS, même si nous n'avons jamais été dans la même classe, et surtout mon joyeux complice de sorties, de conneries diverses, de camping l’été, j'en passe et des « pas trop tristes »…. Il fut aussi mon équipier de job car pour se payer tout ce qui fait le charme de jeunes de 17 à 20 ans il nous fallait un peu d’argent de poche et comme nous étions tous les deux fauchés,  enfants de la classe ouvrière, il nous fallait gagner quelques pécules les jeudis et pendant les vacances scolaires.  Nous avions la chance d’être assez costauds, aussi quand nous nous présentions pour un boulot de déménageur nous étions toujours pris ce qui ne plaisait pas à des postulants âgés qui étaient écartés à notre profit…. Et en plus nous trouvions ce travail facile, une forme d’entraînement complémentaire pour le rugby, d'ailleurs nous ne faisions que rarement des déménagements " poids lourds ". La plupart du temps il s'agissait des déménagements d'administration et nous étions alors encouragés par de jolies filles secrétaires ou d'autres fonctions . Une fois on a fait le job au sous-sol d'une banque parisienne.... Il y avait une quantité incroyable de billets entassés sur les bureaux sous haute surveillance...Nous touchions 5 francs par jour..

 J’en reviens à Jean….En ces temps-là je l’appelais Schmoll parce qu'il aimait bien Eddy Mitchell et moi aussi d'ailleurs. Plus tard, à partir de la saison de rugby 1965/1966, alors que nous commencions à jouer en équipe première, Il se vit attribuer le surnom de Dudule le héros d'une chanson paillarde...moi j'essayais de conserver Schmoll mais je ne faisais pas le poids et lui manifestement trouvait Dudule plus flatteur, plis guerrier. Lors des matchs de juniors, quand Jean distribuait,un peu trop de pralines au sein des mêlées ouvertes et que l’arbitre le renvoyait au vestiaire, il quittait le terrain en souriant et en fredonnant «…toujours un coin qui me rappelle… », c'était bien du Schmol ça ! . Idem à la maison quand lui venait l’envie d’aller au petit coin.

 Ma mère l’aimait bien mais elle se méfiait aussi terriblement du gugusse et de ses tours pendables : un jour qu’il m’aidait à refaire les tapisseries et peintures de ma chambre il n’avait rien trouvé de mieux que de peindre en blanc les pieds d’une chaise vernie… inutile de dire que, quand maman est rentrée, en soirée, je me suis fait copieusement engueuler et que lui, qui avait avoué sa faute en s'excusant tout en se marrant, était immédiatement mis à la porte … jusqu’à la fin de la semaine.
 Tout le monde dans ma famille l'adorait à commencer par mon oncle Didi qui venait parfois nous soutenir au stade. J'ai aimé l'émotion de Jeannot quand, en 2004  pour le cinquantenaire du club, il eut l'occasion de revoir mon oncle.

 Et puis il y avait aussi ma tante Simone qui tenait un magasin d’électroménager, téléviseurs à Noisy le Grand et vendait aussi des disques : Jean et moi nous allions assez régulièrement la voir. On était bien reçu, j’étais le neveu préféré et Jean l’ami préféré du neveu. Bien sûr on aurait du avoir un peu de scrupule d'aller la voir quand Eddy Mitchell sortait un nouveau 33 tours… et bien sûr tout naturellement « Doucement mais sûrement » nous faisions le déplacement pour lui faire une bise… et aussi naturellement nous revenions avec le disque. Le trajet retour était un peu plus rapide, pressés que nous étions de pouvoir écouter le cadeau reçu.... et attendu.
 
  
 Nous étions aussi friands de westerns : «On voyait Gary Cooper qui défendait l’opprimé»  ce fut l’époque de « Hombre, Les Professionnels, Alvarez Kelly, Nevada Smith, la Horde sauvage, la Poursuite infernale... ».
 
J’avais aussi largement contribué à son éducation de cow-boy, rouleur de mécaniques, en l’emmenant au ciné-club voir des films de légende comme « L’homme qui tua Liberty Valance, Vera Cruz, Le train sifflera trois fois, L’homme aux colts d’or, Le jardin du diable, etc… ». La dernière séance avant l’heure.
 Par contre on n’appréciait pas trop les westerns spaghettis « pour une poignée de lires ou pour quelques lires de plus » du moins jusqu’à ce que Sergio Léone réalise « Il était une fois dans l’Ouest ».

Pour ce qui concerne les études, nous étions quand même des garçons sérieux et nous bossions plutôt bien mais en participation : Je lui faisais quelquefois le plan de ses rédactions, voire plus, contre quelques paquets de cigarettes ou d'une aide équivalente, de sa part, pour le dessin industriel (son point fort et mon cauchemar moi qui ne savais même pas à l’époque à quoi servait un embrayage.... Nous n'avions plus de voiture depuis la mort de mon père en 1962.)…

 ...Et puis on s’éclatait vraiment au rugby car nous étions bons dans une très bonne équipe en junior, Jean en deuxième ligne et moi à l’arrière ou à l'ouverture et avec d'autres dont j'ai déjà parlé le Fanfan, le Nine, le Charly… 

   Tout le reste était à l’avenant, « la graine ça pousse où ça dort », en traînant dans des lieux suspects pour assouvir nos autres passions, le billard (il gagnait souvent), le bowling (je gagnais souvent), le ping-pong (il gagnait toujours), et d'autres domaines où nous étions, naturellement, en concurrence... (mais parlons d’autre chose)  et puis  « place des fêtes sur nos mobylettes on singeait James Dean (en fait c'était alors plutôt  Steve Mac Queen dans la Grande Evasion) mais où sont mes racines ? Nashville ou Belleville » 

  En juin 1967, nous avions pu avoir, ,par Pilou qui travaillait à côté de l'Olympia  des billets pour le spectacle d’Eddy Mitchell et nous étions enfin, émerveillés « comme quand on était môme », face à notre idole. Jeannot, au moins, n’eut pas la malchance d’être invité par ma mère pour aller voir, aussi cette année là, Luis Mariano dans le  Prince de Madrid : « Nostalgie facile mais swing pas terrible » ce fut Pilou que je venais de lui présenter qui eut ce privilège … un si bon chanteur d’origine espagnole elle devait adorer…

  Quand en Juin 1968 j’ai dit oui à Pilou, devant monsieur le maire, mon Jean, qui forcément était de la fête, avait quelque peu le bourdon de voir son pote se caser, se faire mettre le grappin dessus comme il disait …. Mais il y avait encore le rugby et en plus je savais qu’il continuerait à faire de belles virées avec mon frère Serge ou d'autres copains « Je vous dérange, fallait pas me provoquer je vous dérange je ne suis pas venu vous chercher… ». 

  Et puis un an plus tard, Pilou et moi, nous avons commencé notre grande vadrouille en voguant vers les tropiques, vers d’autres horizons, vers d’autres choix de vie. Longtemps j’ai écrit à Jean pendant les périodes africaines, mais il était un peu dur de la feuille et encore plus du stylo….

   De temps en temps quand nous rentrions en France je le voyais brièvement, lui et d’autres copains, au bord du terrain de rugby lorsque je venais rendre visite à ma mère et que, par bonheur, « notre » équipe, dont il était devenu le sheriff, jouait à domicile. Je pouvais aussi constater qu'avec les  responsabilités de président de club le surnom Schmoll avait disparu mais pas Dudule.  

  Ma première vraie et grande retrouvaille avec Jean fut en juin 1994 quand il nous invita à son mariage…. Il avait enfin choisi de ne plus rester un cow boy solitaire et acceptait la corde au cou, 26 ans après moi ; il se mariait d'ailleurs quelques mois avant que j’accompagne ma fille Cécile à la mairie ; il épousait la charmante Valérie à peine plus âgée que ma Cécile. Même pour la vie de famille, nous n’avions pas du tout suivi les mêmes chemins….. 

   Quand il m’a présenté à Valérie il lui a dit « Voilà, Daniel, mon copain de jeunesse, celui qui me surveillait pour que je reste un mec sérieux…. Et en plus c’était un fan d’Eddy Mitchell… » Lui avait-il avoué que c’était incontestablement lui le plus rock'n roll, de nous deux ? … D’ailleurs, et cela en est bien la preuve, il a fait un gag très fort pour son mariage car il est arrivé devant monsieur le maire (qui était aussi son témoin de mariage) dans un panier à salade les menottes aux poignées, accompagné par deux policiers de ses amis…. Ca ne rappelle rien ? :«  Je viens vers toi, tu m’attends dans ta robe blanche….je viens vers toi mais pas dans une Rolls blanche… j’ai le droit de me taire et fumer en gardant les menottes aux poignets…. Pour une fois les flics on gagné …. Sur la route de la mairie… »

  Depuis on se revoit régulièrement, au moins une ou deux fois par an : Valérie et Jean ont fondé une bien belle famille avec trois beaux enfants et on se retrouve régulièrement, nostalgie facile, pour des fêtes du rugby, des voyages en Corse, et des anniversaires de potes ou les nôtres.

 Valérie organisa pour son Jean, en mai 2008 une grande fête dans le Morvan (ses racines). Il fut vraiment pris par surprise puisque son anniversaire était passé depuis plusieurs semaines et comme le secret avait été bien gardé, il s'est retrouvé dans une salle des fêtes transformée en mini terrain de rugby (Fanfan te souviens-tu des tonnes de rouleaux de pelouse ?) où l’attendaient, lumières éteintes, tous ses amis ; nous étions plus d'une centaine.
 Il a même fallu, dans l’euphorie, qu'il tente un drop lui qu’il n’en avait jamais réussi quand il était joueur. Le Dudule n’allait quand même pas en réussir un ce jour-là ?… Mais si… enfin presque... sauf que c’est  Pilou qui a reçu le ballon ovale dans la figure… sans trop de bobos. 
Un magnifique week-end :de mai 2008. Happy birthday Rock n’Roll ! 

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Fanfan 03/09/2009 14:17

Mon Daniel,
C'est très bon ce petit coup de retour en arrière avec pour vedette américaine notre ami Jeannot. Ca fait du bien de se dire qu'ils y a des copains qui n'ont rien oublié. C'est ce qui me renforce chaque jour dans l'amitié que je vous porte à tous.
Fraternellement.