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Cine-cure....... Goodbye Bafana & Invictus.

21 Février 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

 Le 11 février 1990, après 27 années de captivité, Nelson Mandela était libéré. Vingt ans plus tard, le 11 février 2010, naissait Gabriel, mon dernier petit fils, ce qui explique mon léger retard, d’une dizaine de jours, pour évoquer l’évènement que le monde entier attendait. 

 Sans être superstitieux je prends pour un heureux présage, cette coïncidence qui s’ajoute au choix, pour mon petit-fils, d’un prénom annonciateur de liberté. (Voir le billet Saga guyanaise ….la crique Gabriel) 

 Je revois encore Mandela sortant de prison ; ce devait être un dimanche car, informé dès le matin par la radio, j’étais à la maison devant mon poste de télévision pour assister à l’évènement en direct.

 Je crois que la meilleure façon de parler de Mandela (Madiba pour son peuple) est d’évoquer deux excellents films qui lui furent consacrés « Goodbye Bafana » sorti en 2007 et le récent « Invictus » 

 « Goodbye Bafana » n’eut pas le succès qu’il méritait. Bille August, le réalisateur danois, était pourtant apprécié par les cinéphiles et avait déjà obtenu deux palmes d’or à Cannes pour « Pelle le conquérant » en 1987 et pour « Les meilleurs intentions » en 1992. Pour ce dernier film il obtint aussi un Golden Globe et l’Oscar du meilleur film étranger.

 Certains critiques furent sévères, jugeant le film trop mièvre, trop propret, rendant compte d’une manière trop édulcorée de la violence de l’apartheid.

 Moi j’ai beaucoup aimé ce film, les acteurs Dennis Haysbert, en Mandela, et Joseph Fiennes, dans le rôle du maton, sont excellents. Le film est tiré d’un livre écrit par James Grégory gardien de prison qui avait été chargé pendant plus de vingt ans de surveiller Mandela d’abord au pénitencier de Robben Island puis lors des dernières années en résidence surveillée à Victor Vester.

 Gregory avait vécu son enfance dans la même région que Mandela (Dans le Transkei) et parlait couramment le Xosha. L’intérêt du film tient dans les rapports amicaux qui, au fil du temps, se sont noués entre deux hommes qui, malgré l’apartheid,  sont imprégnés  d’un même amour de leur terre et d’influences culturelles proches que symbolisent les jolies scènes de luttes-danses au jeu de bâtons.

 C’est de cette complicité et de ces jeux que vient le titre, Bafana qui en xhosa signifie « garçon ». Enfant, Grégory, fils de fermier, avait un ami Bafana…. 

« Malgré une mise en scène très convenue et le recours à des symboles un peu faciles, le film est porté par la force de son sujet. De ce classicisme sans fioritures, servi par la sobriété du duo d'acteurs, émerge une émotion discrète mais bien présente. En montrant comment la conscience du gardien s'affranchit au contact du prisonnier, Bille August éclaire, sans insistance, l'aura d'un être d'exception, que trois décennies d'emprisonnement n'auront pas suffi à faire oublier de son peuple. » Cette critique de Télérama me paraît très juste. Parmi les « symboles faciles » il y a la mort du fils de Mandela (accident de voiture ou assassinat déguisé) au début du film et la mort par accident de voiture, en fin du film, du fils de Grégory.

  Je retiens aussi cette attention de Mandela pour Grégory anéanti de chagrin et  pleurant la mort de son fils : « Ne laissons pas le remords et le désespoir assombrir notre chemin ».

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 Le film de Clint Eastwood est plus ramassé, quelques mois seulement au début de la présidence Mandela : les 14 mois séparant son élection le 27 avril 1994, et la finale de la coupe du monde de rugby le 24 juin 1995.

 Je ne vais guère m’étendre sur le talent de réalisateur de Clint Eastwod à qui j’ai déjà consacré un billet en septembre 2008, j’aime mieux m’intéresser à Morgan Freeman, d’autant qu’il est à l’origine du film. C’est lui que l’écrivain journaliste John Carlin a contacté pour suggérer qu’un film soit tiré de son livre. Freeman convaincu et admirateur de Mandela a acheté les droits d’adaptation au cinéma et a ensuite entraîné dans l’aventure, son ami, Clint Eastwood qui accepta d’assurer la réalisation du film.
 Quand Nelson Mandela fut informé du projet, il approuva l’idée et invita Morgan Freeman à venir le rencontrer, pour l’observer, l’étudier. L’acteur fut transcendé par cette expérience comme il le confia à la presse « Je ne suis pas un politicien. Je suis un acteur, un conteur d’histoires. C’est donc l’histoire d’un animal politique au travail, qui unifie son peuple, de façon douce mais persuasive. « En vingt-sept ans de prison, j’ai eu le temps de réfléchir », a dit Mandela, qui a su pardonner à ses geôliers et réfléchir à la façon dont il pourrait aider son peuple une fois qu’il serait libéré. Tout le monde peut réfléchir et… pardonner. Oui, cette histoire parle de pardon. Quant à Mandela lui-même, je l’aime. C’est un homme tellement bon ! C’est sans doute l’expérience la plus forte de ma carrière. D’autant que j’étais entre de bonnes mains avec Clint » 

 Ce rôle sera-t-il celui de la consécration pour Morgan Freeman ?  Freeman qui a déjà obtenu un Golden Globe de meilleur acteur en 1990 pour « Miss Daisy et son chauffeur » de Bruce Beresford et l’Oscar du meilleur second rôle pour « Million dollar Baby » de Clint Eastwood

 La filmographie de Freeman, né il y a 72 ans à Memphis, est riche de plus de 50 films mais il a fallu le rôle de chauffeur de Miss Daisy pour qu’il éclate vraiment même si ce fut le plus souvent pour tenir de très beaux seconds rôles. Citons encore entre autres : «Robin des bois » de Kevin Reynold aux côtés de Kevin Costner  « Seven » de David Fincher avec Brad Pitt, « Impitoyable » avec Eastwood et Gene Hackman, « Les évadés » de Frank Darabont avec Tim Robbins ou encore « Amistad » de Spielberg, « Le collectionneur » de Gary Fleder, « Crime et pouvoir » de Carl Franklin, « Suspicion » de Stephen Hopkins avec encore Hackman, « La vie inachevée » de Lasse Hallstrom avec Robert Redford et le récent « Gone Baby gone » de Ben Affleck.

 Dans « Invictus » à côté de Mandela-Freeman il y a pour interpréter François Pienaar le capitaine des springboks un excellent « faire-valoir » en Mark Damon.

 Studio Ciné Live intitulait sa critique « Eastwood s’intéresse au rugby et à Mandela : Magnifique »

«  L’état de grâce permanent. Clint Eastwood, réalisateur, enchaîne les longs métrages avec efficacité et la justesse d’un sage. Ce nouvel opus s’intéresse à l’année 1995, celle ou l’Afrique du Sud organise la coupe du monde de rugby. Le nouveau président Mandela (Morgan Freeman sublime) entend se servir de cette grand-messe pour réconcilier son pays. Eastwood parvient à toucher à l’intime en laissant entrer un lyrisme assumé et des nobles sentiments propres à bâtir de la mythologie. Le plus bluffant est sa façon de filmer(*) prodigieusement les matchs de rugby. Proche des corps et de l’âme humaine, au cœur de la bataille, voilà où se situe le cinéma d’Eastwood.

 J’ai un petit désaccord avec le critique : je dirai que le rugby n’est pas trop mal filmé sauf la finale… qui est la séquence sportive la plus longue… et c’est bien dommage : L’Afrique du Sud battit la Nouvelle Zélande 15 à 12. Tous les points furent obtenus par pénalités ou drop-goals et manifestement les figurants jouant les rôles de Stransky, le buteur springbok, et Mehrteens, le buteur all black, sont loin d’être des champions du monde.

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 Un dernier mot pour dire que ces deux films sont un merveilleux hommage à Nelson Mandela. Arrêté le 5 août 1962, condamné à perpétuité, il ne fut libéré que le 11 février 1990. En 1993 il reçu, conjointement avec le président De Klerk, le prix Nobel de la paix. Il fut élu à 77 ans Président de la République en 1994 et se retira de la vie politique en 1999.  Il a aujourd'hui 92 ans.

 Le film de Clint Eastwood, a pour titre, Invictus, un poème de William Ernest Henley ; un poème qui aidait le prisonnier Mandela à tenir le coup.

 « Dans la nuit qui m'environne, dans les ténèbres qui m'enserrent,

Je loue les Dieux qui me donnent une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation je ne veux pas me rebeller.

Meurtri par les tribulations, je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d'opprobres et de pleurs, je ne vois qu'horreur et ombres

Les années s'annoncent sombres mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin, bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme

Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme. »

 

 (A suivre)

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