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Ciné-cure.... L'année de tous les dangers.

13 Février 2011 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Voilà un titre de film que j’avais repéré depuis belle lurette, mais que je gardais précautionneusement pour une utilisation adéquate dans cette rubrique « ciné-cure ». J’avais été tenté de l’utiliser début 2009 quelques mois après la panique qui s’est emparée des marchés financiers en septembre 2008, mais j’étais persuadé que les conséquences de cette crise du capitalisme seraient surtout politiques ; il était donc prudent d’attendre. Je crois qu’en ce début d’année 2011 c’est le moment de l’afficher sans pour autant exclure que l’année 2012 ne soit plus risquée (Imaginons un scénario catastrophe et que Sarkozy soit réélu et qu’Obama soit battu en 2012….. Non ! Je ne veux pas penser à ça car je ne suis pas fan des films d’horreur). 

 

Mais commençons par le commencement, à savoir le cinéma et c’est un hommage au    réalisateur australien Peter Weir que je propose en première partie de ce  billet…..

Des films, il n’en a pas fait beaucoup malgré qu’il ait déjà 66 ans. Je décompte dans sa filmographie 13 films dont 8 que j’ai vus. Ca tombe bien car je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à ce billet après avoir du rattrapé le retard lié à mon voyage en Guyane et pour me connecter à internet ; aussi vais-je rentrer immédiatement dans le vif du sujet.  Je cite simplement pour mémoire 4 films que je ne connais pas :

en 1974 : «  Les voitures qui ont mangé Paris »  un film d’horreur- fantastique dit-on…. Que je ne chercherai sûrement pas à voir même en DVD.

En 1975 : « Pique-nique à Hanging Rock. » encore un film fantastique qui eut un grand succès en Australie et qui mériterait, dit-on, d’être vu. Si l’occasion se présente, pourquoi pas !

En 1976 : « La dernière vague » un film encore classé fantastique sur fond de culture aborigène. Prix du festival du film fantastique d'Avoriaz 1978.

En 1981 Weir abandonne le genre fantastique pour se lancer dans le film de guerre avec « Gallipoli ». Il y traite des horreurs de la 1ère guerre mondiale lors d’une terrible bataille en Turquie. Le film serait très correct et la présence de Mel Gibson fait qu’il est disponible en DVD à un prix raisonnable.  Il obtint le prix du meilleur réalisateur aux Arwards australiens.

  

J’aborde enfin les films que j’ai vus et pour la plupart lors de leur sortie en salle.

En 1982 « L’année de tous les dangers » avec Mel Gibson et Linda Hunt en journalistes et Sigourney Weaver en diplomate britannique. Ma découverte et le coup de cœur pour Peter Weir.  Il eut plusieurs nominations aux Arwards Australiens.

L’histoire se passe en Indonésie entre 1965 et 1966. Le président Soekarno père de l’indépendance, sous fond de  tensions sociales, doit composer avec l’armée et le parti communiste ; l’armée elle-même divisée entre officiers de  gauche et Etat-major réactionnaire fascisant. Le 30 septembre  1965, six généraux accusés par des officiers de gauche de  fomenter un coup d'État contre Soekarno sont tués. Le général en chef de l’armée Soeharto organise la répression, une  terrible  purge dans l’armée et ordonne la dissolution du PC, qu’il accuse  d'avoir organisé une tentative de coup d'État. Lors de cette guerre civile il y eut plus de 500 000 victimes. Six mois plus tard  Soeharto força Soekarno, affaibli, à lui transférer le pouvoir. Il fut  nommé officiellement président en mars 1966 avec le soutien du gouvernement américain. Pendant les trente années suivantes, Soeharto exercera un pouvoir  dictatorial .

N’est-ce pas un film à revoir ces temps-ci pour comprendre et rester vigilant sur ce qui se  passe ? La partie n’est pas finie en Egypte comme en Tunisie !

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Suite au succès de ce film, Peter Weir entreprit une carrière hollywoodienne avec en 1985  « Witness » puis en 1986 « Mosquito Coast » ; deux films avec Harrison Ford qui cherchait  alors à changer d’image.

C’est avec « Witness » que se caractérise l’originalité du cinéma de Weir qui est de plonger ses personnages dans des mondes différents ou étranges, ce qui sera le plus souvent le thème conducteur, le leitmotiv de ses films. Dans celui-là il s’agit d’une enquête policière menée par le personnage joué par Harrison Ford dans une communauté Amish et dont le seul témoin est un enfant membre avec sa mère de cette communauté dont ils doivent respecter les règles strictes….. et en plus le flic, pour se simplifier la tâche, tombe amoureux de la mère jouée par Kelly Mc Gillis. Ce bon film eut de nombreuses nominations pour les oscars et fut récompensé pour le scénario.

  Après avoir employé Harrison Ford à contre-emploi dans Witness, Peter Weir récidive avec « Mosquito Coast »  mais cette fois la mayonnaise n’a pas pris malgré la présence dans le rôle du fils, de River Phoenix, adulé par les ados. J’ai lu quelque part que le rôle principal aurait du être tenu par Jack Nicholson, je crois qu’il aurait été plus crédible dans ce film qui tourne à la folie, un peu dans le style Werner Herzog. C’est l’histoire d’un scientifique qui décide de quitter l’Amérique, qui l’exaspère, pour chercher une nouvelle vie au sein de la nature hostile, en Amérique centrale (Honduras). Le héros mystique entraîne sa famille avec lui et sera sévèrement jugé par celle-ci et notamment son fils adolescent. Le plus beau dans le film c’est ce jeu de regards entre Harrison Ford, l’adulte illuminé, et River Phoenix, l’enfant lucide. Le message du film est très ambigu et horriblement pessimiste. Le scientifique fou se voit condamné à l'errance, pour s’être cru capable de créer de la glace dans la jungle. Selon Peter Weir l'expert scientifique isolé seul sans les moyens de la civilisation ne peut se battre contre une  nature dominatrice. J’aimerai bien revoir ce film  25 ans plus tard. 

     En 1987 Weir sortait son chef d’œuvre absolu « Le cercle des poètes disparus », un film que j’ai déjà du voir une bonne dizaine de fois et ce n’est pas fini. Un Carpe Diem épicurien avec  un Robin Williams magnifique entouré d’une pléiade de  jeunes acteurs talentueux. « En dessinant le contours d’une jeunesse gâchée au profit d’ambitions technocratiques, Peter Weir affirme sa révolte d’artiste contre un système pour lequel l’imagination est une tare dangereuse et où l’épanouissement personnel doit se soumettre à la nécessité sociale.Pour cela, il ne pouvait trouver meilleur porte-voix. Robin Williams incarne le professeur non-conformiste dont chacun a rêvé….. » (Denis Parent). Sublime et émouvant le film obtient plusieurs nominations aux oscars et fut césar du meilleur film étranger. 

 En 1990 avec « Green Card » Weir change de registre et il le doit beaucoup au choix de Depardieu pour jouer l’étranger qui accepte un mariage blanc avec Andie MacDowell qui a besoin d’un contrat de mariage pour emménager dans l’appartement de ses rêves avec serre et terrasse ; lui de son côté ayant besoin d’obtenir la carte verte de résident permanent.  Ce mariage symbolise la rencontre de deux stars en puissance: Peter Weir qui s’est fait une solide réputation avec le cercle des poètes disparus et Gérard Depardieu dont le Cyrano a impressionné jusqu’en Amérique. « C’est le mariage de l’eau et du feu de l’eau. Peter Weir l’Australien excelle à ciseler des récits d’initiation pétris de mystère, d’humanisme et d’écologie. Depardieu…… joue dans son registre naturel pas assez souvent utilisé à l’écran : la douceur et l’humour alliés à une certaine rusticité…...(Denis Parent)  Ce qui fait que ce film est optimiste et caustique, tout le contraire de « Mosquito Coast » en partant d’un même point de vue philosophique. Le tout étant de ne pas se gourer de casting : ce qui a raté avec Harrison Ford marche avec Depardieu comme cela avait admirablement marché avec Robin Williams dans le cercle.

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 1993 « Etat second ». Pas vu et je ne sais pas grand-chose  de ce film sinon que son acteur principal est Jef Bridges. Il semble bien que ce soit un retour  de Peter Weir vers l’étrange et le mystique : le héros après avoir frôlé la mort redécouvre sa vie. Peut-être à voir en DVD car il fut tout de ême nominé pour la Berlinade 1994.  

1998 «The Truman Show » Un film sur la télé réalité. Je ne vais trop m’attarder car je n’ai pas aimé ce film. Le thème est nul, l’acteur Jim Carey est nul dans le style Jerry Lewis et Ed Harris ne peut à lui seul sauver le film …. Et puis je n’aime pas le cinéma de farces grossières, que ce soit les chtis ou Truman Show. D’ailleurs je n’ai certainement pas vu le film au cinéma, sans doute à la télé ou en cassette et ça m’étonnerai que j’ai pu supporter ce délire pendant 1 H 50…… et même si le film fut récompensé par des trois Golden globes et nominé pour les oscars 1999. 

2003 : « Master et Commander » : Dans ce nouveau film après cinq ans d’absence Weir nous offre une spectaculaire épopée maritime ainsi qu’une analyse humaniste  des personnages dont le capitaine interprété par Russel Crowe et le scientifique joué par Paul Bettany. «  Outre son aspect psychologique, Master and Commander offre un grand plaisir de cinéma avec des scènes à couper le souffle : L’apparition du navire ennemi dans le brouillard, l’arrivée aux Galapagos, où les combats sont de pures merveilles » Studio magazine. Ce film obtint 2 oscars techniques (photographie et son)  et fut nominé dans huit autres catégories dont celle du meilleur réalisateur.

2011 : « Les chemins de la liberté. », un film vu fin janvier et que j’ai jugé très correct. Je complète cette appréciation par quelques phrases de la critique de Studio Ciné-live. « Retour mi-figue, mi-raisin ….Le film de Peter Weir est pourtant intéressant : sept prisonniers s’évadent d’un goulag sibérien pour rejoindre l’Inde. Un périple vers la liberté de 10 000 km à pied. Tirée de faits en partie réels, le film est une sorte de guide de survie …… dommage en revanche que ce film distille une émotion aussi froide que la Sibérie et aussi aride que le désert de Gobi..»  Les paysages hostiles sont somptueux mais les acteurs semblent s’ennuyer notamment Colin Farrell et Jim Sturgess. Seul Ed Harris est parfait comme d’hab. Par contre on a l’impression que Weir qui a attendu 8 ans après son précédent film a quelque peu perdu ses repères de conteur même si ses fondamentaux sont toujours là (les déserts à perte de vue, remplacent l’océan et ses brouillards).

Je ne vais pas m'attarder sur  la  symbolique géopolitique  du titre de ce billet. On voit bien que les révolutions qui se sont déroulées ces dernières semaines en Tunisie et en Egypte nous laissent plein d'espoir mais aussi avec quelques inquétudes. N'est-on pas en train de revivre un scénario  proche de ceui qu'ont connu les pays communistes entre 1989 et 1990 ? La théorie des dominos va-t-elle se confirmer? Si contagion il y a, j'aimerai qu'elle touche en premier l'Iran et la Lybie, les deux dictatures les plus vomies et puis pourquoi pas la Syrie, l'Algérie.... etc .... mais ne poussons pas à la roue.... examinons, soyons attentifs et à l'écoute des peuples et non de nos chers amis les dictateurs.......  Une société démocratique ne se fait pas en une nuit et il faut que les pays européens et l'Amérique d'Obama et pourquoi pas Israël, aident ces nouveaux pouvoirs à répondre à l'impatience sociale. Sans oublier pour l'Europe  les risques de dégâts colatéraux et notamment les risques d'un nouveau choc pétrolier majeur.  

La France a des devoirs envers l'Algérie c'est le moment de s'en acquitter tout en ayant de fortes exigences démocratiques avec le pouvoir en place. Les algériens ne veulent plus de Bouteflika, de son FLN et et de son armée..... mais trop de sang a été versé dans ce pays il faut une transition en douceur, exemplaire.

 Bien sûr il est peu probable que l'actuel locataire de l'Elysée soit capable de s'en occuper. Il n'y a qu'a voir comment le guignol aux rodomontades gère l'affaire Florence Cassez::  Que de l'arrogance !..... Et quand on sait que c'est la France qui a, cette année, la présidence du G20 ! Certes ce n'est qu'un titre honorifique et pratique d'organisateur de l'agenda, une sorte de secrétariat, mais il est à craindre que l'arrogant ne s'y fasse encore remarquer négativement.

 Parfois l'expression « Année de tous les dangers » est sympathique et c'est le cas quand on pense à ce qui peut arriver à Berlusconi qui devrait avoir maille à partir avec la justice italienne et peut-être ensuite du mal à partir de la scène politique. Si  lui et Sarkozy pouvaient dégager du paysage médiatique........ ça serait chouette.

 

( A suivre )

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