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A livres rouverts...........L'Africain et l'Azizah (2)

7 Août 2010 , Rédigé par daniel Publié dans #à livre ouvert

  Ce billet doit être lu après celui du 3 août  

Azizah

 La lecture de récits ou de romans sur la période coloniale est très instructive pour comprendre le mode de fonctionnement et la façon de penser de la société coloniale et « L’Azizah de Niamkoko » est un modèle du genre. Ce livre eut un succès considérable à sa sortie en 1959 notamment dans le milieu colonialiste, à l’heure des indépendances, où chacun croyait reconnaître sa colonie, ses collègues (surtout ceux qui étaient les plus caricaturaux, les plus ridicules), et ses vagues connaissances africaines (surtout ceux qui étaient cauchemardés, fantasmés, les parvenus et les intellectuels....).

Le nom du village de brousse, Niamkoko renvoie à un micmac géographique de l’Afrique de l’Ouest, Niamkoko étant la contraction de Niamey + Conakry + Cotonou. De même, Kobilonou le chef-lieu est la combinaison de Conakry - Abidjan - Lomé - Cotounou. Ce fut donc une sorte de  jeu pour les colons, ou anciens colons, de reconnaître, au fil des pages, des personnages connus ou des situations, des histoires vécues ou entendues.

Je ne sais pas grand-chose de l’auteur qui était architecte urbaniste : Il a vécu au Togo où on lui doit l’hôpital Tokoin et le plan d’urbanisme de la ville de Lomé. Il aurait aussi travaillé dans plusieurs pays voisins comme consultant (??). L’auteur fait une curieuse confidence (page 312) : « Tout français se sent parfaitement apte à exercer deux professions : architecte et ministre des Affaires étrangères » ; ce n’était dans doute pas innocent.

Ce livre mérite d’être lu, relu et encore relu car à chaque lecture on fait la découverte de petites perles caustiques ou de grosses vacheries ignobles. La première fois que je l’ai lu j’ai adoré cette bluette : la petite métisse qui vient trouver son père à la mort de sa mère et lui, le vieux ronchon, raciste, désabusé ne doute pas un instant que cette jolie fille est bien sa fille et devient quasiment sur le champ, sa raison de vivre, son bonheur, sa survie. Enny le commerçant, le plus ancien blanc de Niamkoko qui en cette journée de 1946 «se demandait ce qu’il était venu foutre dans ce foutu pays….. Il y avait près de vingt ans qu’il était là dans cette case à moitié pourrie…L’Afrique marquait d’homme et lui, petit employé d’une maison de commerce, sans espoir et sans avenir, avait cru rencontrer dans le dépaysement le bonheur auquel tout homme aspire. Il s’était engagé dans la Compagnie Africaine de Commerce et après un stage très court au chef-lieu, avait été envoyé dans cette factorerie de brousse. Puis on l’avait oublié. »

«…. Pas un seul instant il ne lui vint à l’idée de mettre en doute sa paternité. Il ne voulait s’avouer qu’elle lui faisait plaisir. Si une vieille négresse quelconque était venue lui dire qu’elle avait « gagné petit » avec lui, il lui aurait ri au nez et administré une bonne raclée pour lui apprendre les convenances. Mais voilà qu’il trouvait une grande fille, tout faite, tout poussée, et qui lui ressemblait…. Pour que le visage de cette fille l’ait frappé il fallait qu’il l’eût déjà aperçu autrefois. Et où cela ? Dans son miroir pardi,….. Il ne s’agissait pas bien entendu de son visage de maintenant. Maintenant il n’était pas beau, mais de son visage jeune celui de ses quinze ans… »

Et puis son collègue Olivier, l’autre plus ancien des colons, qui eut la délicatesse de le comprendre : Ah ! Ce n’était pas vraiment un ami, Olivier, car on ne mélange pas les torchons et les serviettes… il était vicomte ; c’était un compagnon d’infortune riche…. « Le vicomte Marc Antoine Olivier de Villevieu de Guerland était une force de la nature …..Le foie n’était peut-être pas des plus métropolitains et par contrecoup la taille s’était un peu épaissie mais le vicomte supportait gaillardement ses quarante ans d’âge dont vingt deux d’Afrique….. Il était de la race de ceux qui ont de leurs mains bâti un pays démesuré, à l’échelle de leur courage, de leur audace, de leur foi… » Pipeau ! C’est un raté, un parasite, un prédateur…. Il avait monté une société grâce à l’argent que sa famille lui avait envoyé, trop contente de se débarrasser de lui… il a donné du travail ou plutôt il a exploité les indigènes, tout en se désintéressant de son entreprise préférant se consacrer à la chasse, à agrandir son cheptel de moussos (femmes indigènes) et à chaque fois que l’occasion se présentait de l’épouse d’un fonctionnaire français. Ce type profondément antipathique on se demande, au fil des pages, s’il doit être pris au premier degré comme un fantasme de l’auteur ou au second comme une caricature ….. Quand on découvre en fin de roman qu’il va épouser la belle et jeune Azizah on a la confirmation qu’il est un fantasme. Mais qu’importe la tournure « conte de fée » débile du roman l’essentiel n’est pas là… et on peut accepter les félicitations d’Olivier au vieil Enny :

«  C’est une très belle fille ! Tu as de la chance. Elle est très belle. Oui, très belle ! Et spontanément il ajouta, fier d’avoir enfin trouvé les mots qui convenaient : Je te félicite. Puis avec un bon sourire comme il l’aurait fait à la sacristie après une cérémonie européenne, il tendit la main à Enny. Le vieux commerçant la saisit avec empressement et secoua de bon cœur. Maintenant sa fille était bien à lui…. »

C’est cet aspect de l’histoire et les descriptions caricaturales des colons usés et des élites africaines arrivistes qui ont fait la renommé du livre dont fut même tiré un téléfilm à la fin des années 90, qui a bien marché notamment dans les pays africains.

Le plus important c’est le fond politique et philosophique de l’histoire. Rappelons que l’action se déroule en 1946 et 1947 dans un contexte d’abandon du code le l’indigénat et l’amorce d’un balbutiement de début de démocratisation des colonies. Crouzat a fini l’écriture du roman en 1953 qui ne fut publié qu’en 1959 juste après le référendum de septembre 1958 et avant les indépendances de 1960. Entre la fin d’écriture de 1953 et la publication en 1959, l’auteur a-t-il actualisé son roman ? Je serai enclin à le penser en relevant, en plus de classiques diatribes anticommunistes, des sous-entendus clairement antigaullistes.

Ce qui est également intéressant à relever à la lecture du roman c’est que plus l’indigène est évolué plus c’est une « ordure » alors que c’est rigoureusement le contraire pour les colonisateurs. Chez les africains seul le bon sauvage est peint positivement et c’est le cas de Barkovani le pisteur du vicomte, qui ne sait ni lire ni écrire, ne parle pas français mais a scellé un pacte de respect avec les lions. 

On rencontre d'abord Akou, le piroguier qui a amené Azizak à Niamkoko. Il est fils d’un chef traditionnel et fut un vaillant soldat de  l’armée française. Il avait ramené une épouse, une blanche qui pensait bien trouver en Afrique un palais de roi et qui fut rapidement rapatriée en France pour finir en asile psychiatrique.

« …Comme cet homme était grand et fort ! Il avait l’air bon et malheureux. » pensait Azizah qui lui a demandé s’il connaissait Enny et si lui aussi était bon « Il répondit : Aucun blanc n’est bon » Akou s’attacha à Azizah et il voulut la dissuader de rejoindre les blancs « Je hais les blancs, Azizah, ils ont joué avec mon cœur ils m’ont mangé mon âme, ils ont vidé ma poitrine de sa joie mais ils ont rempli ma tête de fureur.»

Il y a aussi le brave Yao, le boy d’Enny « lors de son arrivée au territoire, Enny avait savouré avec ivresse la puissance sociale que donne la possession d’une domesticité.. » Au départ Yao était un prisonnier mis à disposition ; le bougre ne savait même pas pourquoi il était prisonnier pas plus d’ailleurs que l’administration, sans doute une victime du code indigène. Il avait donc été content de devenir boy « Yao ne fut pas très malheureux et Enny ne fut pas trop mal servi. Entre eux se créa  tacitement un pacte de non-agression. La paix ne s’acquiert pas, elle s’échange…. Cela durait depuis dix-huit ans. Ni l’un, ni l’autre ne le savait, ne s’en doutait même, mais ces deux hommes s’aimait. »

Enfin il y a les « évolués » : d’abord Kouffo  qui gère le négoce d’Enny « Il était malin Kouffo, et s’il n’avait pas eu la peau noire il aurait été plus fort qu’un blanc. Ca lui aurait permis de mépriser les autres nègres…. » Ambitieux Kouffo estime que son patron qui lui doit tant devrait lui donner Azizah pour épouse… un cran au-dessus du subordonné, il y a les notables de village comme Agboko Toyavi écrivain public et agent d’affaire « C’est un homme gras et lourd, qualité enviable car l’embonpoint confère de la dignité et est signe de richesse…. Lui aussi avait des visées sur la jolie Azizah « … A Niamkoko personne d’autre que lui ne pouvait épouser la fille d’un blanc. Il était d’une profession libérale, c’était marqué sur sa patente. Et un jour il serait quelqu’un de très important, quand la politique lui permettrait d’accéder aux plus hauts postes….. ». Mais le poste de conseiller représentant le collège indigène de la nouvelle Assemblée échappa à Agboko comme il échappa aux autres notables corrompus de Niamkoko car les manœuvres politiciennes débarquaient aussi en Afrique, accompagnatrices de la démocratie.

L’avocat Kadjalla, pur produit du colonialiste, éduqué par les bons prêtres, bénéficiaire d’une bourse qui lui a permis de faire son droit en France, était revenu politisé en Afrique et était le leader d’un parti révolutionnaire, le P.U.D.I.A. Habile manœuvrier il avait besoin d’un candidat qui avait la haine des blancs : il jeta son dévolu sur Akou et, avec talent, il réussit à en faire son second et le candidat pour la région de Niamkoko. La seule erreur que fit ensuite Kadjalla, lorsqu’il devint président de l’assemblée consultative, fut de s’intéresser à son tour d’un peu trop prêt à Azizah. En voulant protéger son amie, le solide Akou tua, presque par accident, son camarade Kadjalla…. Pas de chance pour l’élite africaine…. On sentait bien que l’auteur ne l’aimait pas ce révolutionnaire nationaliste…. Mais les autorités françaises veillaient et, grâce à la plume de Crouzat, elles purent magouiller le crime en mort naturelle ce qui leur permettait de se réconcilier avec le bon Akou, qui finalement avait été un si courageux soldat qui s’était bien battu pour la France…...et, bien encadré, ferait un bien beau et fidèle ami de la France pour diriger le futur pays.

 Pour décrire les blancs l’auteur n’hésite pas à les ridiculiser lorsqu’ils sont en bas de l’échelle. Par contre il est très complaisant pour les hauts fonctionnaires qui désapprouvent l’évolution vers la décolonisation… Il montre aussi une certaine tendresse pour les nouveaux arrivants, excepté pour le jeune juge Eugène Conil qui, l’indigénat supprimé, venait pour appliquer à tous les lois de la République Française. L’auteur ridiculise le juge avec l’appui de l’exécrable vicomte qui sort le discours raciste récurent et mensonger des africains qui ne sont jamais entrés dans l’histoire. Après cette scène d’anthologie du repas de réception déjà citée dans le précédent billet Henri Crouzat suicide le jeune juge dont il n’a plus besoin et qui avait d’ailleurs eu la mauvaise idée de tomber amoureux d’Azizah. L’auteur n’aimait pas plus ce juge humaniste et fidèle aux principes républicains que l’avocat africain idéaliste Kadjalla.

Alors que reste-t-il chez les colons ? Peu de gens intéressants à Niamkoko ; ils ne sont utiles que pour les scènes des repas de cercle. L’auteur s’intéresse un peu au gendarme Jasmin partenaire de belote d’Enny ce qui laisse du temps au vicomte pour s’occuper de sa femme. Un autre fonctionnaire Chignole a été retenu par l’auteur parce qu’il était en France un honnête militant communiste et qu’en arrivant en Afrique « se jugeant enfin supérieur, et ce grâce à ses seuls mérites, dédaigna les nègres. Parce qu’il ne pouvait plus vivre sans différence sociale, il reporta sur eux la haine qu’il avait vouée en France à ceux qui le commandaient… »

Il y a aussi l’épisode Bonnemouse, administrateur adjoint qui, à peine arrivé, lorgne sur Azizah et s’en ouvre directement à Enny. Celui-ci s’efforçant de maîtriser sa colère lui répondit «  Dois-je comprendre, Monsieur l’Administrateur que vous demandez la main de ma fille ? » et l'ignoble individu, éclatant de rire, répondit « Elle est bien bonne celle-là. Vous voulez que j’épouse une négresse. Ca alors ! elle est bien bonne.. ». Menaçant le vieil homme se leva et Bonnemouse ahuri recula… puis s’enfuit.

Enny fut alors appelé à se rendre au chef-lieu à la demande du gouverneur Jihenne. Un gouverneur particulièrement bien vu par l’auteur comme en témoignent les propos qu’il lui fait tenir «  ….Regardez en France l’affolante stupidité de ceux qui font vivre les partis politiques et vous voulez qu’ici les électeurs soient plus intelligents ? Non mon vieux, l’Afrique sera d’abord communiste, avec de-ci de-là quelques îlots de dictature de pacotille. Plus tard, peut-être, quand ils en auront bavé, mais ça sera trop tard, il faudra repartir à zéro. Pour le moment on va essayer de s’en tirer sans trop de casse…. »

Et le gouverneur Jihenne de proposer au père Enny d’être le représentant de Niamkoko pour le collège des colons de la future Assemblée consultative et de s’en expliquer à son épouse qui attendait plutôt le choix du vicomte de Villevieu : «  Parce que je n’en ai pas d’autre. Il me fallait un blanc du commerce….or le père Enny est depuis vingt ans à Niamkoko et s’il n’a pas beaucoup d’amis on ne lui connait pratiquement pas d’ennemi …. De plus il connait bien les nègres et on m’a dit qu’il avait fabriqué une rudement jolie petite métisse. Ca l’aidera beaucoup… » Quand à Villevieu Il est trop intelligent.. « La plus grande qualité du père Enny est encore d’être un brave imbécile. J’en ferai ce que je veux…. »

La fin du roman après l’élection de l’Assemblée se banalise avec la venue d’’un ministre et la mise en pensionnat d’Azizah au couvent de Kolibonou pour une formation civilisatrice accélérée. Mais elle est tellement intelligente cette jolie petite dont Enny et même Olivier sont si fiers qu’elle devint vite grâce aux bonnes sœurs une jeune fille modèle.

Enny très pris par ses nouvelles fonctions politiques qui font honneur à ses employeurs qui l'avaient oublié, voit débarquer, pour l'aider à tenir son négoce, un jeune couple bien sympathique. Le vicomte qui trouve la fraiche jeune femme à son goût se ramasse un bon râteau sans compter le mari qui est à deux doigts de le flinguer lors d’une partie chasse parce qu’il importune son épouse. Décidément l'esprit colonial changeait  …. Du coup le vicomte rentre prendre quelques longs mois de vacances en France histoire de se re-civiliser un peu.

Entre temps Azizah est tombée amoureuse de Roger Bouly un jeune adjoint au cabinet du gouverneur dont c’est le premier séjour en Afrique, et manifestement Azizah lui plait beaucoup…. Mais le prétendant ne dédaigne pas, pour passer le temps, de goûter aussi aux charmes d’une mousso ; mais cet idiot se fait surprendre par Azizah furieuse. A quoi ça sert qu’elle se décarcasse à devenir une vraie blanche si celui qui lui plait préfère les négresses. Fin de l’idylle….. ce qui arrange bien l’auteur qui fantasme sur Olivier et la belle métisse …. il arrive donc à ses fins qui est de les fiancer en fin de roman…. Une honte ! Ce vieux débris réactionnaire avec cette jolie môme qui pourrait être sa fille.

Un roman très instructif à lire absolument et à relire encore car je n’ai guère cité les commentaires du narrateur ; ils valent leur pesant de cacahouètes !… 

A titre d’exemples  et pour justifier le code de l'indigénat : « ....cette liberté était une arme à double tranchant. Selon celui qui l'employait, elle devenait bénéfique ou détestable. dans tout groupement d'individus, il y des hommes d'élite et des ratés. La chance de la France (et de l'Afrique) a voulu que parmi ceux qui ont fait ce pays il y ait eu en majorité des hommes sincères et loyaux. Mais, hélas! Il y en a eu certains autres... »   Réactionnaire le Crouzat.... mais, hélas ! .....à lire quand même et à relire.... pour bien assimiler le cruel raffinement de la pensée coloniale.    

genere-miniature[1]

Pour finir ces deux billets sur la période coloniale je reviens un court moment avec Le Clézio et son roman « Onitsha ». Ce livre publié en 1991 raconte sensiblement la même histoire désespérée que « L’Africain » mais de façon romancé. Parmi les différences marquantes, l’Africain ce n’est plus le père qui, ici, se prénomme Geoffroy, mais serait plutôt la mère Maria Louisa ou Maou, du moins en fait-elle la tentative. L’auteur, enfant devient Fintan et il n’a plus huit ans mais douze ans car Le Clézio a voulu évoquer sa découverte de la sexualité. Geoffroy le père n’est plus un médecin, seul européen isolé sur un vaste territoire, mais un agent commercial subordonné à une hiérarchie coloniale britannique. L’époque reste celle d’après guerre et le début de la fin d’un type de colonisation basée sur l’exploitation forcée des indigènes. Miaou se révolte contre les injustices qu’elle découvre alors que son époux, dont elle fut séparée durant de longues années, elle en Europe lui en Afrique, est un individu fade, soumis qui se réfugie dans l'inaccessible  rêve de trouver au bord du Niger des traces de passage de Méroé la mythique reine égyptienne. Comme chez Crouzat on croise des colons exécrables comme Simpson le distric Officer ou Rodes un vieil anglais qui semble tout droit sorti d’un roman de Joseph Conrad… et puis il y a l’Afrique passive et doublement hostile : par le comportement des colons  mais aussi des indigènes troublants, incertains, inquiétants…  

  «….On avait servi la collation, à l’ombre de la varangue….. Les invités parlaient fort, riaient aux éclats, mais Maou ne pouvait pas quitter des yeux le groupe de forçats qui commençaient à creuser la terre, à l’autre bout du jardin. Les gardes les avaient détachés de la longue chaîne, mais ils restaient entravés par les anneaux autour de leurs chevilles. A coups de pioche et de pelle, ils ouvraient la terre rouge, là où Simpson aurait sa piscine. C’était terrifiant ! Maou n’entendait rien d’autre que les coups dans la terre durcie, le bruit de la respiration des forçats, le tintement des anneaux autours de leurs chevilles……

….. Tout à coup Maou se leva et la voix tremblante de colère ….. elle dit : «  Mais il faut leur donner à manger et à boire, regardez ces pauvres gens, ils ont faim et soif !... »….

Il y eut un silence stupéfait, pendant une très longue minute, les visages des invités tournés vers elle et la regardant, et elle vit même Geoffroy la considérer avec stupeur…. ;

Gerald Simpson reprit ses sens le premier, il dit simplement « Ah oui, je suppose… ».

Il appela le boy, il donna des ordres. En un instant les gardes eurent emmené les forçats hors de vue derrière la maison. Le D.O. dit encore en regardant Maou avec ironie : « Eh bien, ça va mieux comme ça, n’est-ce pas, ils faisaient un foutu bruit, on va pouvoir se reposer un peu nous aussi. »  Les invités ont ri, du bout des lèvres… » 515ANQMWTRL. SL500 AA300 [1]

 

 (A suivre)  

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daniel 02/09/2010 20:46


Je reporte ci-après un commentaire de René qui a été placé après le billet ciné-cure qui suit: Content de voir que René de Montréal a vécu (comme moi) au Cameroun où il a découvert (comme moi ) ce
livre sur le tard: Peut-être s'est-on vu au Cameroun, j'y étais entre Septembre 83 et fin juillet 86.

"Je viens tout juste de retrouver ce livre culte dans une librairie de Montréal. Ma première lecture était en 1986 au Cameroun. Puis, il s'est égaré au fil de mes changement de pays. Que de
souvenirs à relire! J'aimerai bien retrouver les 4 épisodes de la série télévisé. je crois que le titre était "Azizah, la fille du fleuve" . René.